Google et la question

Google et la question

… il n’y a rien de plus inhumain que l’ataraxie du sage qui ne se pose plus de questions et contemple de haut l’agitation du monde. Nous avons besoin de désirs, d’actions et de problèmes à résoudre.

https://jeanzin.fr/2020/07/20/homo-sapiens-google-et-la-question/

Un article de Jean Zin, philosophe matérialiste marxiste et militant écologiste français.

Le désir de savoir à l’ère du numérique

Jean Zin

Du point de vue extérieur de l’évolution, Homo sapiens se confond avec l’Homo faber, ses capacités cognitives étant avant tout pratiques, techniques, vitales, assurant sa conquête de la planète entière. C’est le plus avancé qui gagne sur les populations archaïques. Les enjeux de l’intelligence sont d’abord matériels, le savoir est un pouvoir. Cela n’empêche pas que, du point de vue subjectif, le savoir ne soit pas seulement utilitaire et qu’il y ait un désir de savoir détaché de son utilité, libido sciendi postulée par Aristote, curiosité futile mais propre à notre espèce. Sa définition de la philosophie (reprise du Théétète), comme venant de l’étonnement et des questions qu’il pose, peut être accusée d’édulcorer la dialectique socratique et le choc qu’elle a pu représenter, révélant non seulement notre ignorance et nos questions irrésolues mais, bien pire, qu’on se trompait avec arrogance à croire savoir ce qu’on ignore. En effet, à l’origine, il n’y a pas la vérité vraie ni un esprit vierge et un rapport direct au monde mais l’erreur, l’opinion, les préjugés, les mythes, des représentations fausses qu’il faut surmonter, pas seulement la pure ignorance. La recherche de la vérité n’est donc pas une activité innocente, ce que savent tous les pouvoirs qui s’en méfient, les enjeux en sont bien réels touchant au social comme au plus intime de notre être, mettant en cause nos croyances et nos appartenances religieuses ou politiques.

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https://jeanzin.fr/2020/07/20/homo-sapiens-google-et-la-question/

Quelques remarques

Jean-Louis Tripon

Éprouves-tu toi-même un ressenti ataraxique pour pouvoir le juger ? Tu n’ignore sans doute pas que nos ressentis sont des qualia ineffables. Méfie-toi, l’imaginaire joue des tours aux esprits des hommes.

Si le sage holistique ne se pose plus de questions, c’est qu’il se contente de voir venir les réponses. Les pathologies et la néoténie des hommes constituent un grand sujet d’étude pour le sage ! Qui des deux est le plus inhumain : la brute épaisse, autant dire le sous homme, ou le surhomme qui a accompli une évolution mentale le menant à l’ataraxie ?

Que les hommes soient à différentes étapes de l’évolution spirituelle naturelle de leur espèce est bien moralement ennuyeux ! Le sage aurait préféré que tous progressent au même pas. Mais voilà, qui pouvons nous, si c’est la règle universelle ? Le sage doit il mentir et affirmer que nous sommes tous égaux en tous points… et surtout, concernant leurs capacités mentales.

Agir sans agir, faire sans faire, c’est à dire sans désir faire, est la principale acquisition d’un maître harmonique, qui faute de dissonance cognitive ne prend plus aucune décision volontaire, à l’image de lao-tseu, il se laisse conduire par le Tao et va sous le ciel sans rencontrer le moindre obstacle. Je dois avouer que c’est très reposant.

Un ataraxique ne ressent aucune émotion, ni trouble, ni stress. Il vit dans une sorte de félicité au delà du bonheur. De ce fait, son cerveau produit beaucoup moins de toxines. Il n’a besoin de guère plus de trois heures de sommeil, et ne peut être affecté par la migraine ou les névralgies.
D’ailleurs, son cerveau inconscient ne pense pas, c’est lui qui pense et le dirige. Il n’a pas véritablement besoin de problème à résoudre, mais son intuition en résout sans cesse ! Faut-il le déplorer ?

En vérité, l’ataraxie est le devenir de l’homme, comme l’homme fut le devenir du singe ! Dans cette évolution, le savoir est totalement inutile, surtout quand il est technologique, ce qui compte c’est de faire. Et quand on sait faire, on a aucunement besoin de savoir ou de croire. L’esprit de l’homme est un être du faire et non du savoir, et son évolution ultime le mènera, comme les fantasmes divins, à savoir (presque) tout faire…

Et pour terminer, Jean Zin, philosophe matérialiste, ne peut détenir qu’une vision fausse et vide de sens de lui-même et du monde, car fondée sur des croyances imaginaires et non sur la réalité de notre être, En particulier :
§ Nous ne sommes pas notre cerveau, un organe biologique inconscient, ni ce corps.
§ L’ennui de l’absence de désir témoigne de la pathologie et de la néoténie de notre être, et non de la condition naturelle de l’esprit humain.
§ Le désir de savoir, qui tente de vainement combler le gouffre de notre ignorance, est d’autant plus pathologique que tout savoir est formellement faux car parcellaire.
§ Notre raison de vivre repose sur notre capacité à élaborer notre évolution spirituelle. Tout le reste est futile et dérisoire.
§ Les véritables questions sont existentielles et concernent notre évolution mentale. Ne peuvent y répondre que des qualia sémantiques intuitives, dont Google est absolument dépourvu. Google ne détient que des informations codables sur le monde mesurable et sans valeur pour notre être intime. Pire, illusoires et confusionnelles, car l’information codable en un langage est formellement distincte du sens sensible ineffable.

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Boris

Humaniste passionné de sciences politique

Cet article a 6 commentaires

  1. Jean-Louis Tripon

    Bonjour Boris,
    J’ai mis l’image en avant et localisé dans la section philosophie, un bon texte dont j’ai copié le premier paragraphe avant le renvoi du texte vers ton lien. Malgré tout cela reste un peu léger et mono discursif.
    Tu as de la chance Boris, tu viens de rencontrer un véritable ataraxique holistique structurel ! Nous ne sommes que 10 au monde, dont deux français. Aussi je te propose un dialogue dialectique constructif. Nous verrons bien si tu sors grandi d’une confrontation avec le Grand Jeu Permanent Universel.
    Conserves les italiques blanches, je prends une couleur. Il te suffira de répondre sur les interlignes.
    Bonne chance, Boris !

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  2. Boris

    JLT, pourquoi n’engagerais tu pas toi même la dialectique directement avec Jean Zin. Son site s’y prête. Moi je n’ai ni l’intelligence de l’un ni celle de l’autre. Je serais très intéressé à suivre une discussion entre vous. Cdlt

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  3. Boris

    Oups! je viens de voir que tu n’avais pas eu besoin que je te sollicite pour publier sur la page de Jean. Vu aussi qu’il ne t’encourageait pas à la dialectique… Désolé.

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  4. Jean-Louis Tripon

    Bonsoir Boris,
    Tu as vu que j’avais commenté son article, relevant ses présupposés matérialistes. Il m’a répondu en me traitant de petit con après avoir jeté un coup d’œil dur mes techniques de développement personnel et en les méprisant alors que c’est un domaine où il ne connait rien. C’est un philosophe marxiste, un vieux con d’universitaire, imbu de lui-même, bardé de diplômes et fermé comme une huître comme il en existe beaucoup en France. J’aurais pu lui répondre sur le même ton que j’espérai que ce qu’il a lu de notre site ferai réagir son inconscient, mais a quoi bon ?
    Si je me suis adressé à toi c’est que tu avais posé le problème du sage et de l’ataraxie, de impossible égalité de l’évolution spirituelle des hommes, et du problème moral que sera pose à notre humanisme, dont Jean Zin ne parle pas dans son article qui illustre ton post.
    Cordialement,

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  5. Boris

    Oui, j’avais vu. Si j’en partage quelques-uns, ce n’est pas le cas de tous les qualificatifs que tu lui attribues (comme vieux con, imbu de lui-même…). Et puis, c’est un philosophe plus marxien que marxiste.
    Réjouissons nous qu’il ne t’aie pas ignoré.
    Cordialement

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    1. Jean-Louis Tripon

      Ces manières désagréables s’étendent à un grand nombre d’universitaires français, les étudiants s’en plaignent.
      Par contre, comme tu portes un prénom russe, les choses sont très différentes en Russie, J’ai eu un très bon entretien en anglais sur la messagerie Fbk avec Maria Falikman, Doyenne d’un département du Lomonosov Moscou, reconnue comme la plus grande experte en neuroscience cognitive de Russie. J’adore cette femme ! J’avais traduit un de ses articles écrit pour mon ami peintre russe Alexandre Beridze https://developpement-mental-semantique.com/le-figuratif-mental-dalexandre-beridze-et-les-metaphores-de-la-conscience/. Et ben, au cours de la conversation, elle m’a avoué qu’elle n’était pas matérialiste comme en France, Stanislas Dehaene. Et que nous étions tous les deux du même coté du miroir d’Alice. J’espère pouvoir la rencontrer en 2021 en Russie lors d’une exposition de mon ami, au musée des arts contemporains à Moscou (reportée à cause du covid 19).
      J’en reviens à ma question première : Comment tranches tu en humanisme le problème de l’inégalité spirituelle et mentale des hommes dans un monde peuplé de tant d’imbéciles, de demeurés, de crétins, de pervers, de malades mentaux, de sous cultivés, de psychotiques et analphabètes, le bon sens et la droiture morale n’étant certainement pas les choses les mieux partagées au monde.

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