Affirmations scientifiques et respect des êtres vivants
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Affirmations scientifiques et respect des êtres vivants

Le “philosophe” américain Daniel Dennett avait coutume de dire que nous ne pouvions pas exprimer une réalité (sous entendu : une vérité) scientifique, sans blesser moralement quelqu’un ! Cet énoncé prend tout son sens quand on sait que Dennett se qualifiait lui-même de philosophe “naturaliste”, soit dit crûment : de physicalisme, ou scientisme borné à ne considérer que les données des sciences de la nature, soit la physique, à l’exclusion de toutes autres, et contre toute évidence qui sera alors qualifié d’illusoire pour préserver les sacro-saintes pétitions de principes sans lesquelles cette science s’effondre (toute réalité est mesurable, et toute mesure, toute validation, toute perception, ne peut être que physique) !
Sans en avoir beaucoup l’air, cette définition de la science est une déclaration de guerre au sens commun, à la philosophie et à la morale, qui implique évidemment le premier énoncé de Dennett : nos convictions scientifiques vont blesser des tas de personnes, ce qui impliquera leurs réactions négatives “préscientifiques” et une avalanche de coups dans la gueule, insultes et sarcasmes ! Comme dit : c’est la guerre depuis le début du vingtième siècle, et pas seulement une querelle au fleuret entre deux écoles : physicaliste et dualiste de substance.
Mais il y a pire : les questions de respect des hommes et d’une façon générale, des êtres vivants, car ce naturalisme qui réduit l’homme à son aspect biologique, conduit la science à se questionner sur son altérité physique et à valider une nouvelle spécialité : le racisme scientifique ou raciologie où ces “pseudo” scientifiques se sont engouffrés tel l’écrivain français Joseph Arthur de Gobineau, célèbre pour son Essai sur l’inégalité des races humaines, paru en 1853 ! Bientôt suivis par des eugénistes, et des idéologies politiques qui ne vont pas s’embarrasser de morale pour distinguer des races inférieures méprisables, justifier leur domination raciale et plonger l’humanité dans les pires barbaries de son histoire !

C’est là où nous voyons que des positions de principes, en apparence anodines, et toutes les théories qu’elles induisent et qui s’appuient sur elles, peuvent avoir des conséquences dramatiques sur note culture, notre civilisation, les systèmes politiques et même économiques qui régissent nos sociétés.
Le pire, c’est pour moi, qu’on ne va pas au fond des choses, qu’on ne détruit pas le mal à sa racine, qu’on se contente de couper une branche ou de poser un écriteau : “On ne va pas par là, interdit par la morale !” sans remettre en cause le tronc qui lui a donné naissance et qui continuera son œuvre et son influence pernicieuse, tel un souvenir refoulé, dans l’inconscient collectif de l’humanité.

Et ce n’est pas un cas isolé, c’est en fait toute la physique qui a pris la posture de nier la réalité humaine. C’est assez simple à comprendre : les lois physiques se devant d’être universelles, extra personnelles et immuables, cette science ne pouvait pas accepter que l’homme et son libre arbitre fausse le jeu de la belle mécanique déterministe de la nature et introduise des effets humains aléatoires dans l’univers. Solution retenue : exit l’homme, ses ressentis et son originalité, tout n’est qu’illusion, vous n’existez donc pas, comme un fantôme sans conséquence dans l’univers. Comme aime à le dire Stanislas Dehaene : “On s’étonne que des notions préscientifiques comme les qualia puissent encore exister de nos jours”. Et il y a pire : dans la théorie de l’univers bloc de Thibaut Damour, membre de l’académie des sciences et médaille d’or du CNRS, le temps n’existe pas, tout est déterminé, même votre futur. Le physicien se plait à observer les quatre dimensions de l’univers comme un tout figé, niant la liberté de son propre regard.

Il y a pire qu’être un esclave, il y a pire qu’être un delta dans le brave new world d’Aldous Huxley, il y a pire qu’être un sous-homme, il y a pire qu’être un animal, une bactérie,… une bête. Il y a n’être rien, une chose sans futur, sans passé, sans présent, dans l’univers physique de Thibaut Damour, car si je suis, toute sa science s’effondre, si j’éprouve la réalité d’un quale, celle du moindre ressenti subjectif, c’est toutes les théories des neurosciences, du cerveau biologique qui fait tout, qui se cassent la gueule. Nous sommes sortis du Charybde des fantasmes du catholicisme romain pour tomber dans le Scylla des pétitions de principe scientifiques.

Mais si je ne suis rien, si mon destin de chose est totalement déterminé par les lois de la physique, c’est que ma révolte, mon insoumission, ma haine, sont parfaitement légitimées par vos principes stupides et vos conventions absurdes avec lesquels vous tentez de gouverner le monde par l’aliénation de l’humanité. J’ai le droit moi aussi de vous manquer totalement de respect, de vous considérer comme des sous-hommes, des demeurés, des attardés mentaux, des merdes auxquelles je n’accorde pas le droit de vivre. Aussi ne vous plaignez pas si je n’accorde aucune valeur à vos paroles, si je me torche le cul avec vos écrits, si je vous pisse à la raie. Vous ne méritez pas mieux et j’attends avec gourmandise, les lamentations et les souffrances de l’extermination de votre sale race, moi qui selon vous, ne suis pas !

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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