Architecture de l’anatomie de notre esprit

Architecture de l’anatomie de notre esprit

Anatomie animale humaine

L’anatomie, du latin anatomia : “dissection”, est la science qui décrit la forme et la structure des organismes vivants et de leurs parties. Si les anciens ont pu longtemps spéculer sur la composition et les parties de notre corps biologique, c’est véritablement grâce à la dissection de cadavres que cette entreprise a pu devenir une science empirique et se détacher de la philosophie. Les termes “anatomie” et “dissection” sont donc intimement liés.
Dans le corps humain, les organes forment des systèmes dont les huit principaux sont les systèmes digestif, pulmonaire, circulatoire, nerveux, reproductif, osseux, musculaire et la peau. Chacun d’entre eux remplit une fonction organique particulière et dispose d’une différentiation cellulaire appropriée. Sans faire du raisonnement analogique une preuve décidable, pourquoi n’en serait-il pas de même pour notre esprit comme pour notre corps ?
Le problème dans cette affaire, c’est que d’un coté nous disposons d’un organe sensoriel qui nous permet de voir à l’intérieur d’un cadavre que nous venons de découper et d’en tirer des conclusions, alors que de l’autre nous ne disposons pas du couteau pour découper notre esprit comme il le faudrait, ni d’une optique pertinente pour y voir.
A ma connaissance, aucun philosophe n’a pris le parti de considérer notre esprit comme un ensemble d’organes mentaux opératifs. Au contraire, et même René Descartes, ils ont affirmé le caractère unitaire et indivisible de notre esprit, constitué d’un moi volontaire, issu de la révélation du “je” du cogito cartésien et de ses diverses capacités annexes comme de penser, raisonner, s’émouvoir, et diriger les mouvement d’un corps biologique, comme l’amalgame indifférencié dune chose seule et entière dans laquelle aucune partie ne pouvait être distinguée (René Descartes – Les méditations métaphysiques, méditation sixième).

L’approche ésotérique

l’astrologie

L’astrologie est née il y a 5 000 ans en Mésopotamie d’une croyance que les astres étaient mus par une volonté divine, cette même volonté impliquant les destinées des hommes. Il s’agit donc au départ d’une religion fataliste qui est devenue par la suite une simple pratique divinatoire.
Ce que l’astrologie a de particulier, c’est que chaque astre concerne une faculté, une propriété, ou un domaine d’activité de l’esprit humain que cet astre est sensé influencer. Ainsi Vénus ce sera l’amour, Mercure l’intelligence, la Lune l’imaginaire et le soleil la sensibilité profonde de la personne. L’astrologie dessine donc des types et des traits de personnalité en rapport avec les organes opératifs de notre esprit.

Les autres systèmes symboliques

Partant de Mésopotamie, l’astrologie a fortement influencé les cultures grecque et sémite, puis romaine et de là, notre culture occidentale : nous comptons le temps en base 60 comme les astrologues babyloniens, et nos jours portent le nom des sept planètes des anciens. Ainsi lundi est le jour de la Lune, mardi celui de Mars, mercredi celui de Mercure, etc. L’astrologie faisait partie de l’enseignement diffusé dans les universités du Moyen-Âge en Europe. Nous ne sommes donc pas étonnées de retrouver une correspondance astrologique avec les symboles de la cabale hébraïque et ses 7 lettres doubles, 12 simples et trois mères, avec les 22 lames majeures (7 + 12 + 3) du tarot des imagiers du Moyen Âge, un autre instrument à la fois initiatique et de divination, et enfin dans la structure des éléments alchimiques où nous retrouvons les sept métaux dominés par sept planètes et empruntant leurs symboles : l’or par le Soleil, l’argent par la Lune, le cuivre par Vénus, le fer par Mars, l’étain par Jupiter, le vif argent par Mercure, et enfin le plomb par Saturne.
Ces systèmes ésotériques sont vécus par les initiés comme des grilles initiatiques d’une transformation ou d’une évolution spirituelle les invitant à une réalisation intérieure. Ils font donc nécessairement référence d’une façon hermétique sibylline aux différentes composantes de notre réalité spirituelle. Cependant, ils s’inscrivent dans le cadre d’une connaissance fondé sur un imaginaire dont l’origine se perd dans de soi-disant écoles de mystères et de sciences occultes égyptiennes, pythagoriciennes ou rosicruciennes Elle sont sujettes à l’interprétation personnelle des initiés et ne se présentent pas comme des sciences empiriques partageables fondées sur l’expérience.

La démarche psychologique

La théorie freudienne

Au début du vingtième siècle, le docteur Sigmund Freud fut le premier a proposer un modèle du psychisme humain comportant plusieurs opérateurs distincts : le moi, le ça, le surmoi, auxquels il a ajouté les concepts du conscient et de l’inconscient, pour tenter de comprendre et de traiter les désordres mentaux. Malheureusement cette théorie spéculative tirée de l’analyse des actes quotidiens de ses patients souffre de plusieurs incohérences et de nombreuses lacunes. En particulier, il n’existe pas d’entités mentales telles que le conscient et l’inconscient, mais une fonction révélatrice, protégée par des filtres, des activités de toutes nos fonctions mentales. Par ailleurs, des aspects très critiqués de la théorie, comme le surmoi et le complexe d’œdipe, semblent avoir été des perversions propres à Freud, plutôt que des propriétés générales du psychisme humain.
La psychanalyse fut sur le plan thérapeutique un échec complet, incapable de résoudre la maladie mentale, et un traumatisme pour des milliers d’autistes qu’elle tenta de réduire et de normaliser. Elle finit par se diviser en une multitude d’écoles conflictuelles dont les promoteurs voulurent imposer le cas personnel des mécanismes de leur psyché comme modèle explicatif général et non seulement comme un exemple illustratif particulier, d’où les ruptures entre Sigmund Freud, Carl Gustav Jung et Jacques Lacan.

Les sciences cognitives

Les processus cognitifs ont été mis au jour par un petit groupe de psychologues de Harvard dans les années 1955-1960, notamment autour de Jerome Bruner et de George Miller dans ce qui a été désigné comme la « révolution cognitive ». Critiques vis-à-vis des échecs du béhaviorisme d’alors, qui interdisait toute hypothèse sur le fonctionnement mental, ils vont, au contraire, modéliser le fonctionnement de la pensée en termes de régulation permanente entre perceptions et actions et l’unifier, en un ensemble d’apprentissages informatifs et adaptatifs.
Les sciences cognitives reposent sur l’étude et la modélisation de phénomènes aussi divers que la perception, l’intelligence, le langage, la mémoire, l’attention, le raisonnement, la résolution de problèmes, la prise de décision, les émotions, l’esprit ou même la conscience. Nous pouvons parler à ce sujet de fonctions cognitives, mais sans trancher pour l’instant sur le rôle que joue le cerveau dans ces processus cognitifs, car le problème est de découvrir les fonctions essentielles par lesquelles notre esprit opère, et non pas de valider une quelconque théorie neurocentriste. Est-ce bien donc des fonctions mentales, ou simplement une classification conceptuelle hétéroclite de moyens dont dispose la pensée humaine en fonction de ses objets à traiter, et non pas des qualités de ses sources de traitement ? Cette démarche conceptuelle des sciences cognitives rejoint celle d’Antoine de la Garanderie et de sa gestion mentale, visant à améliorer l’apprentissage des enfants à l’aide de cinq gestes mentaux qui sont : l’attention, la mémorisation, la compréhension, la réflexion et l’imagination.

Anatomie mentale humaine

1 Remémoration, 2 Analytique, 3 Affective, . . 4 Motrice, 5 Conscience, 6 Concentration, . 7 Volontaire, 8 Energie, 9 Joker

On trouve dans la littérature la plus ordinaire, des romans autobiographiques et de fiction, la présence des produits de nos facultés mentales, telles que la direction de notre corps, des émotions, des intentions, des jugements, une conscience de nos activités, des raisonnements, une concentration, et de la remémoration. Ces différents produits ont des propriétés trop distinctes les unes des autres et sont trop éloignés dans leurs processus créatifs pour que nous puissions raisonnablement les affecter à une seule source.
Je suis passionné par ces questions depuis ma petite enfance, et j’y ai consacré plus de trente années de recherches à temps complet. L’étude de nos fonctions mentales ne peut pas se faire sur la base de l’analyse des comportements extérieurs physiques, ni sur l’examen de l’activité neuronale des patients, trop éloignés des sources de l’activité mentale, et qui sont trop sujets à des interprétations conceptuelles imaginaires. Ces recherches doivent pouvoir accéder à notre réalité mentale pour être véritablement pertinentes et empiriques, ce qui suppose de disposer de techniques spéciales d’introspection pour ne pas se retrouver devant les murs de pages blanches mentales muettes et inaudibles. J’ai mis au point ces méthodes grâce à la grille ennéanaire ci-contre et des cartes heuristiques.
Ces méthodes m’ont permis d’ajouter une source d’énergie mentale nécessaire au fonctionnement de leur ensemble et une fonction confiance péremptoire validant les apprentissages que j’ai nommé : le joker. Enfin, la source des intentions et des jugements s’est avérée être une seule fonction : la volontaire. Ces techniques qui ont fait l’objet d’un enseignement sont partageables et donc validables. Elles offrent de nombreuses applications pratiques qui accompagnent le chercheur dans une transformation spirituelle jusqu’à l’ataraxie, un stade avancé d’évolution, qui se distingue d’une façon remarquable par une réforme du système émotionnel supprimant le stress et les émotions perturbatrices de notre fonction volontaire.

Pour une description sommaire de ces 9 fonctions mentales, voir la page : https://developpement-mental-semantique.com/dms/
Et pour en savoir plus, voir nos ouvrages : https://developpement-mental-semantique.com/6-de-levolution-mentale/

Conclusion

Le nouveau modèle de l’esprit humain que je propose, constitue une véritable anatomie de notre esprit qui fournit non seulement un cadre explicatif pour l’ensemble de nos activités mentales, mais aussi un outil thérapeutique pour traiter des troubles mentaux, comme nous l’avons montré pour la paralysie du sommeil, la colère pathologique et l’angoisse des enseignants face aux apprenants. Nous espérons également appliquer cet outil pour augmenter le potentiel de traitement de troubles mentaux par l’hypnose et d’autres thérapies brèves de pleine conscience. Ce modèle et les outils qu’il propose sont de nature à révolutionner la philosophie et l’ensemble des sciences humaines et sociales, au point de pouvoir créer, comme le fut la médecine, une nouvelle science : la mentale.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 4 commentaires

  1. antoine valabregue

    je trouve cet article intéressant. Par contre je ne vois pas ce qu’apporte l’analogie avec les organes du corps et je pense qu’il y a d’autres gens que Lagaranderie qui ont travaillé sur la notion de fonctions mentales , en parlant de formes d’intelligence par exemple . je pense aussi que cela serait bon de les repérer et d’en parler.

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    1. Jean-Louis Tripon

      Tu n’ignores pas que je n’accorde aucune valeur au raisonnement par analogie. Mais ici, ce n’est pas cela : comme A (le corps) et B (l’esprit) sont dans une interaction forte, nous ne pouvons pas exclure arbitrairement (comme font les philosophes) le possible que B possède une organisation du type multiorganique propriété générale de A, même si ces organes répondent à d’autres nécessités d’un autre monde.
      On parle de plus en plus de parties du psychisme, c’est le cas en hypnose.

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    1. Jean-Louis Tripon

      Les chiffres ne désignent pas des nombres mais des icônes ou des numéros d’ordre pour ne pas définir une fonction mentale par un nom, ce qui serait de nature à induire en erreur.
      La place des fonctions dans le triangle, leur localisation géométrique, possède un certain sens. Au trois pointes nous trouvons des fonctions sans lesquelles il serait impossible de vivre : la conscience 5 (pôle sensible), l’énergie 8 (pôle concret), la confiance 9 (pôle conceptuel). Sur la base des fonctions élémentaires assez simples : l’affective 3 et la motrice 4, et sur les montants les deux fonctions complexes de gouvernance de notre vie mentale, très interactives : la volontaire 7 et son satellite : la concentration 6 à droite, et l’analytique 2 et son satellite : la remémoration 1 à gauche.
      Nous pouvons aussi remarquer que cette disposition est en grande partie mnémotechnique : le double de 5 est dix et tous les couples des fonctions adjacentes sur les cotés parallèles ont également pour sommes dix. ainsi 3+7=10, 4+6=10, 2+8=10, 1+9=10.

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