Arnold Schönberg (1874-1951) et son Traité d’harmonie

Arnold Schönberg (1874-1951) et son Traité d’harmonie

Nocture pour orchestre à cordes et Harpe

https://www.youtube.com/watch?v=pnAyMl-JXYw

“Gurrelieder: Part 1”

https://www.youtube.com/watch?v=fXuGOLkdnRQ

La nuit transfigurée (1899)

https://www.youtube.com/watch?v=vqODySSxYpc

Pierrot lunaire (1912)

https://www.youtube.com/watch?v=KsIATAaR-X0

https://www.youtube.com/watch?v=bd2cBUJmDr8

Pélleas und Melisande op.5 (1903)

https://www.youtube.com/watch?v=-2SvMeyeOgQ

String Quartet No. 2 Op. 10 (1908)

https://www.youtube.com/watch?v=3AnZc3SKdKc

Suite for Piano, Op.25 (1923)

https://www.youtube.com/watch?v=bQHR_Z8XVvI

Piano Concerto, Op. 42 (1942)

https://www.youtube.com/watch?v=JEY9lmCZbIc

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnold_Schoenberg

Arnold Schönberg, ou Arnold Schoenberg

est un compositeur, peintre et théoricien autrichien né le 13 septembre 18742 à Vienne, et mort le 13 juillet 1951 à Los Angeles. Deux siècles après Jean-Sébastien Bach et Jean-Philippe Rameau, qui avaient posé les fondements de la musique tonale, il chercha à émanciper la musique de la tonalité et inventa le dodécaphonisme, qui aura une influence marquante sur une part de la musique du XXe siècle.

Sommaire

1. Biographie

Arnold Schönberg fut avant tout autodidacte. Il reçut uniquement des leçons de contrepoint de celui qui devint son premier beau-frère, le compositeur Alexander von Zemlinsky. Il fonda avec ses élèves Alban Berg et Anton Webern la seconde école de Vienne, avant de s’installer à Berlin pour y enseigner la musique. Pédagogue et théoricien de réputation mondiale, Schönberg eut pour autres élèves notamment Hanns Eisler, Egon Wellesz, Otto Klemperer, Theodor Adorno, Viktor Ullmann, Winfried Zillig, René Leibowitz, Nikos Skalkottas, Josef Rufer, Roberto Gerhard et John Cage avec lequel il entretenait une relation très amicale.

A. Schönberg par Egon Schiele, 1917

Après des œuvres qui procèdent de son admiration pour Richard Wagner et Richard Strauss, dont il a assimilé l’art avec une prodigieuse maîtrise (La Nuit transfigurée, sextuor à cordes, 1899 ; Gurrelieder, cantate profane en deux parties pour chœurs, solistes et grand orchestre, 19001911 ; Quatuor à cordes nº 1, 1905), il élimine au terme d’une profonde évolution (dont les étapes principales sont le Quatuor à cordes nº 2, 1908, avec sa partie pour soprano dans le dernier mouvement, sur un poème approprié de Stefan George affirmant « je respire l’air d’autres planètes » ; les Cinq Pièces pour orchestre, 1909 ; les six petites pièces pour piano, 1911) les relations tonales et élabore le mode de déclamation du « Sprechgesang » (« chant parlé ») avec Pierrot lunaire pour soprano et huit instruments solistes en 1912. Cette composition l’établit définitivement en tête des compositeurs les plus influents de son temps. Igor Stravinsky (Trois poésies de la lyrique japonaise) et Maurice Ravel (Trois poèmes de Mallarmé) l’imitent, Darius Milhaud le fait jouer à Paris et Ernest Ansermet à Zurich, tandis que l’Europe musicale se divise en atonalistes et anti-atonalistes. Ces derniers perturbèrent le concert du 31 mars 1913 (qui fut appelé par la suite « Skandalkonzert »). Il ne put aller à son terme. La première audition du Sacre du Printemps de Stravinsky, à Paris, en mai de la même année, donna lieu à une « bataille » tout aussi célèbre, comme l’avait été celle d’Hernani, drame de Victor Hugo, en 1830). Certains opposants demandèrent également le renvoi de Schönberg de sa chaire de professeur.

Patriote autrichien dans l’âme (et plus tard nostalgique de l’empire des Habsbourg), il se porte, malgré son âge relativement avancé, volontaire durant la Première Guerre mondiale et sert à l’arrière. Cet engagement lui vaudra l’animosité de Claude Debussy, tout aussi patriote que lui, mais du bord opposé.

Recherchant de plus en plus le systématisme de la construction musicale dans l’esprit du classicisme du XVIIIe siècle tel que synthétisé par Johannes Brahms, mais dans une expression moderne — il s’agit donc d’une double transcendance de l’esprit bacho-mozartien, car c’est finalement dans le « conservateur » Brahms que Schönberg reconnaît le véritable novateur — il inaugure en 1923 une technique de composition fondée sur la notion de série qui le place à l’avant-garde du mouvement musical : Suite pour piano (1923), Quatuor à cordes nº 3 (1927), Variations pour orchestre (1928), Moses und Aron (Moïse et Aaron, opéra inachevé, 19301932). Durant un séjour à Barcelone en 1929 où il vit dans le quartier de Vallcarca près du parc Güell, il compose morceau pour piano, op. 33a.

A. Schönberg en 1928.

Après l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne et avec la promulgation de la “Loi sur la restauration de la fonction publique” en avril 1933, Schönberg doit démissionner de ses activités, notamment des classes de composition qu’il donne à l’Académie prussienne des arts. Considéré par le régime nazi comme « dégénéré », il est contraint de fuir son pays. En 1938, il fait l’objet d’une section entière (intitulée « Schönberg et les théoriciens de l’atonalité ») au sein de l’exposition Musique dégénérée organisée à Düsseldorf par les partisans d’Alfred Rosenberg3. Dans le catalogue de l’exposition qui paraît la même année, le commissaire de l’exposition Hans Severus Ziegler écrit : « L’atonalité, en tant que résultat de la destruction de la tonalité, représente un exemple de dégénérescence et de bolchevisme artistique. Étant donné, de plus, que l’atonalité trouve ses fondements dans les cours d’harmonie du Juif Arnold Schönberg, je la considère comme le produit de l’esprit juif.4 »

En 1933, après un court séjour en France, Schönberg est à New York, ainsi qu’à Boston où il enseigne au Malkin Conservatory. Une année plus tard, il déménage et s’établit définitivement à Los Angeles où il développe un dodécaphonisme « classique » : Concerto pour violon (1936), Ode to Napoleon Bonaparte pour baryton, quatuor à cordes et piano (1942), Concerto pour piano (idem), Trio pour cordes (1946), Un survivant de Varsovie (oratorio dramatique, 1947).

En 1944, il est mis à la retraite par l’Université de Californie où il enseignait depuis 1936, ce qui le pousse à donner des cours particuliers. En parallèle, il écrit des œuvres qui démontrent son intérêt pour un retour à une forme de tonalité : achèvement de la Seconde « symphonie de chambre » (Kammersinfonie, commencée en 1906, terminée en 1939), composition d’œuvres vocales d’inspiration religieuse juive (Kol Nidre 1938, Psaume 130 et Psaume modernemoderner Psalm1950).

Le 2 août 1946, le compositeur faillit mourir d’un arrêt cardiaque à la suite d’une violente crise d’asthme et s’en sort grâce à une injection médicamenteuse.

Vivant dans un certain dénuement, Schönberg continue d’enseigner jusqu’à sa mort. C’est à des mécènes comme Elizabeth Sprague Coolidge et à des musiciens comme Leopold Stokowski, le pianiste Eduard Steuermann ou encore le violoniste et beau-frère du compositeur Rudolf Kolisch que nous devons les commandes de la plupart de ses œuvres de la période américaine.

Bien qu’installé à seulement quelques pâtés de maisons de Stravinsky, Schönberg, qui le détestait car il le jugeait futile, refusait obstinément de le voir ou même d’entendre parler de lui. Stravinsky le lui rendait bien, mais ne s’opposa plus à ses théories après sa mort, et sut lui rendre hommage.

1.1. Famille

La famille Schönberg (1907) par Richard Gerstl.

Arnold Schönberg se maria deux fois. En octobre 1901, il épousa Mathilde Zemlinsky, sœur d’Alexander von Zemlinsky, avec qui il eut deux enfants, Gertrud (1902–1947) et Georg (1906–1974). Le peintre et ami de Schönberg Richard Gerstl entretint une relation amoureuse avec Mathilde Schönberg. Après la découverte par Arnold Schönberg de la relation adultérine, Richard menace de se donner la mort. Le couple Schönberg décide de rester ensemble pour les enfants ; le 4 novembre 1908, Richard Gerstl se pend devant un miroir.

Mathilde Schönberg mourut en octobre 1923 ; en août 1924, Schönberg épousa Gertrud Kolisch (1898–1967), sœur de son élève, le violoniste Rudolf Kolisch. Ils eurent trois enfants : (Deborah) Nuria, Ronald (Ronny) et Lawrence (Larry), ce dernier conçu à l’âge de soixante-six ans. Nuria deviendra l’épouse du compositeur italien Luigi Nono.

Randol Schönberg, l’un de ses petits-fils (notons les anagrammes — Ronald, ou Arnold — que forment son prénom) est, quant à lui, un important avocat américain, spécialiste du droit de succession et tout particulièrement des restitutions de biens spoliés par les nazis, dont les débuts sont décrits dans le film La Femme au tableau.

2. De la rupture avec le système tonal au dodécaphonisme

Portrait d’Arnold Schönberg par Richard Gerstl (v. 1905-06)

C’est le musicologue et chef d’orchestre René Leibowitz qui a le plus fait pour introduire dans une France ravélienne et debussyste le système dit « de composition avec douze sons » (Schönberg refusait le terme « atonal »).

Au début de sa carrière, Schönberg est un compositeur très romantique, dépositaire d’une tradition musicale essentiellement germanique. C’est un admirateur inconditionnel de Wagner et de Brahms, de Mozart, de Beethoven et de Bach. Personne n’a peut-être mieux compris Brahms et Wagner que lui, deux prédécesseurs desquels il arrive à concilier les influences, ce qui semble à l’époque contradictoire.

Schönberg en est arrivé à créer son système au terme d’une analyse très personnelle de l’évolution de l’harmonie à la fin du romantisme où il voyait à l’œuvre des forces irrépressibles de désagrégation de la tonalité. Selon Schönberg, l’accumulation des modulations se succédant de plus en plus vite, l’usage croissant des appoggiatures, des notes de passage, des échappées, des broderies et autres notes étrangères à l’accord habituent l’auditeur à « supporter » des dissonances de plus en plus audacieuses.

Et de fait les premières œuvres de Schönberg, à savoir ses premiers lieder (évoquant Hugo Wolf, « La Nuit transfigurée », poignante, inquiétante et « tristanienne », ainsi que les gigantesques « Gurrelieder » et le déjà ambigu « Pelleas und Melisande »), comportent des passages très chromatiques où la tonalité semble déjà plus ou moins suspendue.

Le processus se poursuit avec le premier quatuor (1905), déjà « atonal » à l’oreille non exercée. La suspension des fonctions tonales est complète dans le second quatuor, op. 10 (1908).

Caricature d’un concert, 6 avril 1913

Il semble que Schönberg se soit alors trouvé à cette époque face à un redoutable problème artistique. La suspension de la tonalité avait déjà été tentée (même si Schönberg l’ignorait) par d’autres compositeurs (« Bagatelle sans tonalité » de Franz Liszt (1885) n’est que semi-atonale), mais Schönberg était arrivé à ce stade non par tâtonnements mais par un processus compositionnel très progressif et très contrôlé. Il ne pouvait plus reculer mais, en même temps, abolissant toutes les règles de l’écriture, il venait d’anéantir à la fois le contrepoint, l’harmonie et la mélodie, sans système « organiseur » alternatif. Que faire ?

Sans tonalité, les douze sons qui constituent notre système musical occidental n’ont plus de fonction définie : plus de degrés, donc plus de dominante, de sous-dominante, etc. Schönberg mit donc au point un système qu’il baptisa « Reihenkomposition », ou « composition sérielle », destiné, en fait, à organiser le chaos sonore qu’il redoutait de voir se substituer à la tonalité. Il décréta ainsi que tout morceau devrait être basé sur une « série » de douze sons, les douze sons de l’échelle chromatique : do, do dièse, ré, ré dièse, etc., jusqu’à si. L’on peut donc faire se succéder ces douze sons dans l’ordre que l’on veut (au gré de l’inspiration « sérielle »), et l’on ne doit pas répéter deux fois le même son. La série peut ensuite être utilisée par mouvement inverse, puis par miroir, être transposée, puis par fragment, et enfin sous forme d’agrégation. Tout le morceau découle donc d’une série préalablement établie, ce qui donne donc un cadre formel substitutif de la tonalité.

La première œuvre de Schönberg rigoureusement écrite selon ce principe est le « prélude de la Suite pour piano opus 25 » écrit en juillet 1921 et non comme il est coutume de l’annoncer la valse (dernière des « Cinq pièces pour piano op. 23 » écrite elle en février 1923). La série du prélude est : mi, fa, sol, ré bémol, sol bémol, mi bémol, la bémol, ré, si, do, la et si bémol.

3. Schönberg et Hauer

Composition dodécaphonique pour l’opéra Moïse et Aron

La question de la paternité de la dodécaphonie en tant que composition avec douze sons a longtemps été le sujet d’âpres disputes. Un contemporain et compatriote viennois de Schönberg, le compositeur Josef Matthias Hauer (18831959), avait en effet développé, à la même époque que lui, un système dont le rigorisme et le concept de base semblait en tous points similaire.

Schönberg et Hauer se connaissaient, se fréquentaient et, au début, s’estimaient assez pour tenter de concilier leurs deux méthodes qui se distinguaient tout de même par certains aspects (le système de Schönberg est plus flexible que celui de Hauer, qui, lui, ne permet la répétition de la série de base que dans le sens où celle-ci est écrite, et non pas également à l’envers — en crabe (Krebs) —, transposée d’un ton, etc.). Mais peu à peu, l’intransigeance méthodologique de Hauer, combinée au manque de reconnaissance qu’il expérimentait par rapport à son rival et aux élèves de celui-ci, le rendit assez amer pour que les deux hommes se séparassent. Hauer a longtemps revendiqué pour lui-même le rôle du garant d’un dodécaphonisme (Hauer n’utilisant pas de séries au sens strict) réellement orthodoxe. Alors que Schönberg n’avait jamais cessé de se tourner, dans l’image qu’il se faisait du rôle du compositeur, vers un passé qu’il idéalisait, Hauer annonce dans son radicalisme novateur certaines écoles « anti-schönbergiennes » des années 1970, notamment le minimalisme.

Quant au terme « dodécaphonisme », il a été utilisé pour la première fois par René Leibowitz.

4. Schönberg et le judaïsme

Document attestant le retour au judaïsme en 1933 d’Arnold Schönberg, Marc Chagall étant témoin

Converti au protestantisme en 1898, comme de nombreux juifs « arrivés » ayant choisi à l’époque l’assimilation, gage d’une certaine respectabilité, Schönberg dut néanmoins se préoccuper de l’antisémitisme, ce qui l’amena à repenser sa propre religion.

A priori, l’origine de Schönberg, compositeur on ne peut plus germanique de tradition, n’a pas d’intérêt musical. Or il est clair que des œuvres comme l’oratorio inachevé Die Jakobsleiter (l’échelle de Jacob), l’opéra inachevé (coïncidence ?), Moses und Aron (Moïse et Aaron) – également superstitieux, Schönberg élimina le second a d’A(a)ron afin de ne pas se retrouver avec un titre de treize lettres – et la pièce de théâtre Der biblische Weg (le chemin biblique) marquent l’évolution et l’approfondissement de son interrogation.

Face à la montée de l’antisémitisme, qu’il subit lui-même, bien que converti, lors d’un séjour en vacances à Mattsee en 1921, il devient, surtout à partir de 1923, de plus en plus amer et virulent. En 1933, il se reconvertit au judaïsme à la synagogue de la rue Copernic, à Paris, avec comme témoin Marc Chagall.

Aux États-Unis il esquissera même un projet de sauvetage des juifs d’Europe et, pour le réaliser, évoquera même la possibilité d’abandonner la musique ; mais ce projet ne se réalisera pas. Au cours de la dernière décennie de sa vie, il tentera de proposer un nouveau type de liturgie juive, et même une reformulation complète de certaines prières (le Kol Nidré, prière qui ouvre le Yom Kippour). Il sera très enthousiaste lors de la création de l’État d’Israël en 1948, composant pour la circonstance : Dreimal tausend Jahre opus 50a (Trois fois mille ans) et une cantate qui restera inachevée Israel exists again (Israël existe à nouveau)5,6.

5. Autres centres d’intérêt

Outre ses œuvres et essais portant sur la situation sociale et historique du peuple juif, Schönberg écrivit de nombreux ouvrages : des pièces de théâtre, de la poésie, des ouvrages théoriques sur la musique (le célèbre Traité d’harmonie). Il entretenait également une abondante correspondance, dont le ton désarçonne quelquefois par sa méfiance ou sa virulence7.

Schoenberg conçut dans les années 1920, un (al) jeu d’ échecs de la coalition appelée « variante d’échecs pour quatre joueurs »8 ; aussi un ensemble de cartes à jouer ou une machine à écrire tactile en 1909, une méthode documentaire pour le jeu de tennis dont il se passionnait, des modèles de meubles…

5.1. Peinture

Schönberg fut aussi un peintre suffisamment accompli pour que ses œuvres soient présentées aux côtés de peintures de Franz Marc et de Vassily Kandinsky. Il peignit en particulier de nombreux autoportraits, dont un, assez étonnant, de dos9.

Enfin, Schönberg fut un joueur de tennis amateur passionné. Voisin de George Gershwin, il aimait à aller le défier sur son court.

  • Quelques œuvres picturales d’Arnold Schönberg
  • Weibliches Portrait, 1910
  • Landschaft, 1910
  • Denken, 1910
  • Bund, mai 1910
  • Autoportrait bleu, 1910

6. Docteur Faustus

La méthode de composition développée par Schönberg servit d’ailleurs, par le truchement d’Adorno, d’inspiration à celle inventée par Adrian Leverkühn, le héros du roman Le Docteur Faustus de Thomas Mann, écrit à l’époque où tous les trois vivaient en relatif voisinage dans l’exil californien. Le compositeur poursuivra le romancier et le philosophe de sa vindicte, accusant l’un et l’autre de l’avoir « pillé », de s’être « appropriés indûment » son invention. Les tentatives de conciliation de Mann, notamment une dédicace explicite dès le second tirage, s’avérèrent infructueuses. À la question de savoir pourquoi il n’avait pas crédité également Hauer de l’invention de la méthode de composition à douze tons, Mann répondra en substance : « Il ne fallait pas faire mourir le vieux colérique. »

7. Honneurs

Rue Arnold Schoenberg à Urdenbahe à Düsseldorf (Allemagne)

Plusieurs lieux rendent hommage à Arnold Schönberg : en 1952, son nom est donné à une place à Vienne à Penzing, orthographié Schoenberg ; un jardin à Berlin-Weissensee (1998), une rue à Düsseldorf ou Munich (Allemagne) ; des rues dans plusieurs villes d’Autriche, en Suisse ou en Israël ; un square à Barcelone (Espagne) ; une rue à Amsterdam, Almere ou Utrecht (Pays-Bas) ; une rue à Guyancourt ou Bures-sur-Yvette, une place à Lyon (France).

En 1990, l’astéroïde 4527 est nommé Schoenberg10.

Des instituts portent son nom notamment Arnold Schönberg Center11 à Vienne, qui est un référentiel culturel de l’œuvre et de l’héritage de Schönberg, ou à Berlin12.

Sa maison natale de Mödling est devenue un musée ouvert au public depuis 1999.

Schönberg est également mécène du (de) Prix Arnold Schoenberg décerné depuis 2001 pour récompenser l’œuvre d’une vie artistique. .

8. Œuvres

8.1. Liste complète par numéro d’opus

Opus 1 : 2 Gesänge pour baryton (1898) Opus 2 : 4 Lieder (1899) Opus 3 : 6 Lieder (1899/1903) Opus 4 : Verklärte Nacht (La Nuit transfigurée) pour sextuor à cordes (1899) Opus 5 : Pelleas und Melisande (Pelléas et Mélisande), poème symphonique (1902/03) Opus 6 : 8 Lieder pour soprano (1903/05) Opus 7 : Quatuor à cordes no. 1, en ré mineur (1904/05) Opus 8 : 6 Lieder avec orchestre (1903/05) Opus 9 : Kammersymphonie n° 1, en mi majeur (1906) Opus 10 : Quatuor à cordes n° 2 en fa dièse mineur (1907/08)

Ensemble de la première du Pierrot Lunaire d’A. Schoenberg à la chambre Berliner Choralion. Collaborateurs : Albertine Zehme (récitation), Hans W. de Vries (flûte), Karl Essberger (clarinette), Jakob Malinjak (violon), Hans Kindler (violoncelle), Eduard Steuermann(piano), 16 Octobre 1912. Opus 11 : Drei Klavierstücke (Trois pièces), pour piano (février-août 1909, publication en 1910 ; le n° 3 a été révisé en 1924) Opus 12 : 2 Balladen (1906) Opus 13 : Friede auf Erden (1907) Opus 14 : 2 Lieder (1907/08) Opus 15 : 15 Gedichte aus Das Buch der hängenden Gärten de Stefan George (1908/09) Opus 16 : Fünf Orchesterstücke (1909) Opus 17 : Erwartung, monodrame (opéra) en un acte, pour soprano et orchestre (1909) Opus 18 : Die glückliche Hand, drame (opéra en un acte) avec musique, pour voix et orchestre (1910/13) Opus 19 : Sechs kleine Klavierstücke (Six petites pièces pour piano) (1911, publication en 1913) Opus 20 : Herzgewächse pour soprano (1911) Opus 21 : Pierrot lunaire (1912) Opus 22 : Funf lieder für orchester (1913/16) Opus 23 : 5 Stücke (Cinq pièces), pour piano (1920-1923, publication en 1923) Opus 24 : Serenade (1920/23) Opus 25 : Suite pour piano (1921/24, publication en 1925) Opus 26 : Quintette pour vents (1924) Opus 27 : 4 Stücke (1925) Opus 28 : 3 Satiren (1925/26) Opus 29 : Suite, pour septuor (1925)

Page titre de la partition de 1929Opus 30 : Quatuor à cordes nº 3 (1927) Opus 31 : Variations pour orchestre (1926/28) Opus 32 : Von heute auf morgen opéra en un acte (1928-29), sur un livret de Max Blonda, pseudonyme de la seconde femme de Schönberg, Gertrud. Opus 33 : 2 Stücke für Klavier (Deux pièces pour piano), Op. 33a (1928-29, publication en 1929) et 33b (1931, publication en 1932) Opus 34 : Begleitmusik zu einer Lichtspielszene (1930) Opus 35 : 6 Stücke pour chœur d’hommes (1930) Opus 36 : Concerto pour violon (1934/36) Opus 37 : Quatuor à cordes n° 4 (1936) Opus 38 : Kammersymphonie n° 2, mi bémol mineur (1906/39) Opus 39 : Kol nidre pour chœur et orchestre (1938) Opus 40 : Variations sur un récitatif pour orgue (1941) Opus 41: Ode pour Napoléon Bonaparte pour voix, piano et quatuor à cordes (1942) Opus 42 : Concerto pour piano (1942) Opus 43a : Thème et variations pour orchestre (1943) Opus 44 : Prélude à la Genèse, Suite pour chœur et orchestre (1945) Opus 45 : Trio à cordes (1946) Opus 46 : Un survivant de Varsovie (1947)13 Opus 47 : Fantaisie pour violon et piano (1949)

Rue à son nom à Barcelone rappelant son séjour en 1929. Opus 48 : Drei lieder (1933) Opus 49 : Drei lieder (1948) Opus 50a : Dreimal tausend Jahre (1949) Opus 50b : Psaume 130 « De profundis » (1950) Opus 50c : Psaume moderne (1950, inachevé)

8.2. Sans numéro d’opus

9. Écrits

Carte de Noël au compositeur A. Schoenberg par son fils George, 1940.Fonctions structurelles de l’harmonie (Structural functions of harmony, 1954, 1969), édition révisée, traduction, introduction et commentaires de Bernard Floirat, préface de Nicolas Meeùs, collection Musique Recherches sous la direction de Jean-Jacques Nattiez et Jean-Michel Bardez, Sampzon, Delatour France, 2017 (30 p., 230 p.) ; Fondements de la composition musicaleManuel de composition musicale (Fundamentals of musical composition, 1967), traduction de Dennis Collins, annotations de Jean-Loup Cataldo, collection Pedago, Rousset, Mediamusique, 2013 (308 p.) ; Le style et l’idée (Style and Idea, 1950, 1951, 1975), traduction française de Christiane de Lisle, Paris, Buchet-Chastel, 1994 (389 p.) ; Traité d’harmonie (Harmonielehre, 1911, 1922), traduit et présenté par Gérard Gubish, collection Pédago, Rousset, Mediamusique, 2008 (592 p.) ; (en)Arnold Schoenberg Self-Portrait,a collection of articles program notes and letters by the composer about his own works, edited by Nuria Schoenberg Nono, Belmont Music Publishers, Pacific Palisades, 1988 (128 p.) ; (en)Coherence, Counterpoint, Instrumentation, Instruction in Form (Zusammenhang, Kontrapunkt, Instrumentation, Formenlehre), traduction anglaise de Charlotte M. Cross et Severine Neff, Lincoln et London, University of Nebraska Press, 1994 (72 p., 135 p.) ; (en)Models for Beginners in Composition (1942, 1943, 1972), nouvelle édition revue et corrigée par Gordon Root, Oxford University Press, collection Schoenberg in Words, volume 2, 2016 (264 p.) ; (en)Preliminary exercises in counterpoint (1963, 1964), édition revue et corrigée par Severine Neff, Schoenberg on Counterpoint, Oxford University Press, collection Schoenberg in Words, volume 3 ; (en)Schoenberg’s Program Notes and Musical Analyses, textes réunis par J. Daniel Jenkins, collection Schoenberg in Words, volume 5, Oxford University Press, 2016 (504 p.) ; (en)The Musical Idea and the Logic, Technique, and Art of its Presentation (Musikalische Gedanke und die Logik, Technik und Kunst seiner Darstellung), traduction anglaise de Patricia Carpenter et Severine Neff, New York, Colombia University Press, 1995 (462 p.).

10. Citations

Projet d’une machine à écrire tactile par A. Schoenberg, 1909

(à propos du dodécaphonisme) : « Mon invention assurera la suprématie de la musique allemande pour les cent ans à venir. »
(à propos de l’antisémitisme, lettre à Kandinsky datée du 20 avril 1923) : « Ce que j’ai été forcé d’apprendre l’année dernière, je l’ai enfin pigé, et je ne l’oublierai jamais. À savoir que je ne suis pas un Allemand, ni un Européen, pas même un humain peut-être (en tout cas, les Européens me préfèrent la pire de leurs races), mais que je suis Juif… J’ai entendu dire que même un Kandinsky ne voyait dans les actions des Juifs que ce qu’il y a de mauvais, et dans leurs mauvaises actions que ce qu’il y a de juif, et là, je renonce à tout espoir de compréhension. C’était un rêve. Nous sommes deux types d’hommes. À tout jamais ! »14 Il faut noter que les propos antisémites de Kandinsky, n’étaient que des ragots rapportés par Alma Mahler, qui était elle-même antisémite. Elle a donc été à l’origine de la rupture entre les deux artistes
(à propos de son retour à une tonalité maîtrisée) : « Il y a encore tant de belles choses à écrire en ut majeur. » « Si c’est de l’art, ce n’est pas pour tout le monde. Si c’est pour tout le monde, ce n’est pas de l’art. »

11. Discographie

Moses und Aron par Georg Solti, avec Franz Mazura et Philip Langridge

Kammersymhonie 9Moses und Aron par Michael GielenPierrot lunaire et Le livre des jardins suspendus, par Jan DeGaetaniPierrot lunaire et Erwartung par Pierre Boulez (Sony) Erwartung et Brettl-Lieder par Jessye Norman et James LevineLe livre des jardins suspendus par Brigitte Fassbaender (EMI) L’échelle de Jacob par Kent NaganoGurre-Lieder par Seiji Ozawa avec Jessye Norman (Philips) Gurre-Lieder par Giuseppe SinopoliL’Œuvre chorale, par Pierre Boulez (Sony) Symphonies de chambre nº 1 et nº 2 et Concerto pour piano par Michael Gielen et Alfred BrendelConcerto pour violon par Esa-Pekka Salonen et Hilary Hahn (Deutsche Grammophon) Concerto pour violon par Rafael Kubelík et Zvi Zeitlin (Deutsche Grammophon) Concerto pour violoncelle par Yo-Yo Ma et l’Orchestre symphonique de Boston dirigé par Seiji OzawaCinq Pièces pour orchestre par Hans RosbaudLa Nuit transfigurée (Verklärte Nacht) (version originale pour sextuor), par le Quatuor de Hollywood (Testament) Nuit Transfigurée par l’Ensemble intercontemporain, sous la direction de Pierre Boulez (Sony Classical) Nuit transfigurée (version pour orchestre), Pelléas et Mélisande, Variations pour orchestre par Herbert von Karajan (Deutsche Grammophon) Pelléas et Mélisande, Variations pour Orchestre et La Nuit Transfigurée par Bruno MadernaNuit Transfigurée (transcription pour piano) par Michel Gaechter. Tamino SPM 1670 380 CD (2002) EdiSonSpm. Œuvres pour piano par Maurizio Pollini (Deutsche Grammophon) L’Œuvre pour piano, par Glenn Gould (Sony) Intégrale de l’œuvre pour piano par Michel Gaechter (Éditions sonores SPM15) Quatuors à cordes par le Quatuor LaSalle (Deutsche Grammophon)

12. Filmographie

Les cinéastes Danièle Huillet et Jean-Marie Straub ont porté à l’écran trois pièces de Schönberg :

  • Einleitung zu Arnold Schoenbergs „Begleitmusik zu einer Lichtspielscene“ (Introduction à la « Musique d’accompagnement pour une scène de film » d’Arnold Schoenberg, d’après Schönberg et Brecht, 16 mm, couleur & noir et blanc, 15 min, 1973.
  • Moïse et Aaron (Moses und Aron), 35 mm et 16 mm, couleur, 105 min, 1975.
  • Du jour au lendemain (Von heute auf morgen), 35 mm, noir et blanc, 62 min, 1997.

13. Expositions (peinture)

14. Notes et références

  1. ? L’orthographe Schoenberg est également courante, notamment dans la littérature savante. Le compositeur a lui-même opté pour le remplacement du ö par oe quand il s’est installé aux États-Unis, ainsi qu’on peut le lire dans sa correspondance (JC Lattès). En allemand, le ö (o avec umlaut) représente une ligature verticale entre un o et un e. L’orthographe oe est donc une alternative courante, notamment quand le signe ö n’est pas disponible.
  2. ? Né (et, ironiquement, mort) un 13, il conserva toujours une horreur superstitieuse de ce chiffre et du vendredi, allant jusqu’à numéroter les mesures de ses partitions avec un 12 bis.
  3. ? Élise Petit, Musique et politique en Allemagne, du IIIe Reich à l’aube de la guerre froide, Paris, PUPS, 2018, p. 66-69
  4. ? Élise Petit, Musique et politique en Allemagne, du IIIe Reich à l’aube de la guerre froide, Paris, PUPS, 2018 (ISBN 979-10-231-0575-9), p. 44
  5. ? (de) Bayerischer Rundfunk, « BR-KLASSIK: Die ganze Welt der Klassischen Musik | BR-Klassik », Br-Klassik,? 22 novembre 2018, Schoenberg (lire en ligne [archive], consulté le 22 novembre 2018)
  6. ? « L’œuvre juive d’Arnold Schönberg – Institut Européen des Musiques Juives » [archive], sur iemj.org (consulté le 22 novembre 2018)
  7. ? Isabelle Piette, Littérature et musique: contribution à une orientation théorique (1970-1985), Presses universitaires de Namur, 1987 (ISBN 9782870371381, lire en ligne [archive])
  8. ? (de) Linus SchöpferRedaktor Kultur@L_Schoepfer et Jan DerrerLeiter Tamedia Webvideo@JanDerrer, « Spielen wir doch 12-Ton-Schach », Tages-Anzeiger, Tages-Anzeiger,? 19 novembre 2013 (ISSN 1422-9994, lire en ligne [archive], consulté le 22 novembre 2018)
  9. ? « Dossier pédagogique : Arnold Schönberg. Peindre l’âme » [archive], sur Musée d’Art et d’histoire du Judaïsme
  10. ? (en) « MINOR PLANETS AND COMETS » [archive], sur Minor Planet Center, Cambridge, 5 septembre 1990
  11. ? (de) « Home » [archive], sur schoenberg.at (consulté le 22 novembre 2018)
  12. ? « L’institut Schoenberg va quitter Los Angeles pour Berlin. », Libération.fr,? 12 septembre 1996 (lire en ligne [archive], consulté le 22 novembre 2018)
  13. ? « Un Survivant de Varsovie » [archive], sur Académie de Nice
  14. ? Arnold Schoenberg : letters, University of California Press, 1987, p. 88 [archive]
  15. ? www.ild.tm.fr [archive]

15. Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alban_Berg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Webern

15.1. Bibliographie

Dr Tayfun Belgin, Pr Ralph Melcher, Jacqueline Munck, Andrei Nakov, Marc Restellini, Pr Raimund Stecker, Denise Wendel-Poray, Detmar Westhoff, Dr Roman Zieglgänsberger, Expressionismus & Expressionismi – Der blaue Reiter vs Brücke – Berlin-Munich 1905-1920, catalogue de l’exposition de la Pinacothèque de Paris, 2011, 376 p. (ISBN9782358670241) Pierre Boulez, « Schoenberg est mort (1952) », dans Relevés d’apprenti, textes réunis et présentés par Paule Thévenin, Paris, Éditions du Seuil, 1966

Tombe de A. Schoenberg au (al) cimetière central de Vienne 11 (Autriche).Esteban Buch, Le cas Schönberg. Naissance de l’avant-garde musicale, Gallimard, coll. « Bibliothèque des Idées », 2006, 356 p. (ISBN2070779246) Bernard Floirat, Les Fonctions structurelles de l’harmonie d’Arnold Schœnberg, Eska, coll. « revue Musurgia VIII nº 1 », 2001, 37-55 p. (lire en ligne [archive]) Vincent Jolit, Harmony Harmony, éditions de La Martiniere, 2014 (ISBN9782732466798) Paul-Gilbert Langevin, Le Siècle de Bruckner, Richard Masse, coll. « la Revue Musicale », 1975, 180 p.René Leibowitz, Schoenberg, Éditions du Seuil, coll. « Solfèges », 1969, 194 p. (ISBN2020002507) Élise Petit, Musique et politique en Allemagne, du IIIe Reich à l’aube de la guerre froide, PUPS, Paris, 2018, 394 p. Élise Petit et Bruno Giner, Entartete Musik. Musiques interdites sous le IIIe Reich, Paris, Bleu Nuit, 2015, 176 p.  (ISBN978-2-35884-047-7) Olivier Revault d’Allonnes, Aimer Schoenberg, Christian Bourgois, 1992, 235 p. (ISBN2-267-01113-1) Charles Rosen, Schoenberg, Éditions de Minuit, coll. « Critique », 1980, 110 p. (ISBN2707302910) Erwin Stein, Praktischer Leitfaden zu Schönbergs Harmonielehre : ein Hilfsbuch für Lehrer und Schüler (1912), Wien, Universal-Edition, avec une préface de Schoenberg et une préface de Stein, 1923, 48 p. Hans Heinz Stuckenschmidt, Alain Poirier, Arnold Schoenberg, Fayard, coll. « Bibliothèque des grands musiciens », 1993, 816 p. (ISBN221302796X)

15.2. Liens externes

Notices d’autorité :

Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : American National Biography [archive] • Brockhaus Enzyklopädie [archive] • Enciclopédia Itaú Cultural [archive] • Encyclopædia Britannica [archive] • Encyclopædia Universalis [archive] • Gran Enciclopèdia Catalana [archive] • Munzinger Archiv [archive] Ressources relatives à la musique :

Ressources relatives aux beaux-arts :

Œuvre juive de Schönberg sur l’Institut européen des Musiques juives [archive] (al) Maison Schönberg à Mödling [archive] Arnold Schönberg [archive] sur le site holocaustmusic.ort.org/fr Partitions libres de Arnold Schönberg sur l’International Music Score Library Project(en)« Discographie complète établie par Wayne Shoaf » [archive] (consulté le 30 janvier 2015) (en)« Arnold Schoenberg Center » [archive] (consulté le 30 janvier 2015) (de + en)« Pierrot Lunaire Ensemble Wien » [archive] (consulté le 30 janvier 2015) « Arnold Schönberg » [archive], sur le site de l’IrcamExtraits d’archives sonores d’œuvres de Arnold Schoenberg [archive], sur ContemporaryMusicOnline (portail de la musique contemporaine).

Traité d’harmonie

https://www.journaldepapageno.fr/index.php/post/2009/06/22/L-Harmonie-selon-Schoenberg

La rédaction du Traité d’Harmonie (achevée en 1911) se trouve placée pour Schoenberg sous le double signe d’une création artistique d’une rare intensité et d’une activité pédagogique non moins riche, puisqu’à Vienne, son petit groupe de fidèles comprend depuis quelques années déjà deux élèves devenus maîtres: Alban Berg et Anton Webern.
Une obsession quasi mystique de la quête du mépris du but, voilà ce que Schoenberg entend communiquer à ses élèves. car, dit-il, si le but est naturellement de trouver, c’est aussi le terme de toute aspiration.

Tout son propos est placé sous le signe d’une mise en garde permanente contre ces fameuses lois esthétiques qui réglementent la plupart des traités officiels depuis deux siècles. Ainsi, à l’opposé de toutes les méthodes d’harmonie existantes, Schoenberg nous montre comment concevoir puis construire nous-mêmes l’harmonie. Et d’emblée, l’essentiel d’une nouvelle authentique démarche nous est révélé.

Cette traduction en France du traité d’harmonie suscitera non seulement un vif intérêt chez la plupart des musiciens professionnels et amateurs, mais encore – et ce sera là sans doute sa plus haute vocation – elle devrait orienter enfin irréversiblement dans les écoles et les conservatoires ce fameux enseignement officiel de l’harmonie, en le débarrassant une fois pour toutes de ces scories, de ses tics, de ses vaines complications et traditions fallacieuses, qui trop souvent firent écran à une vérité plus complexe – ou plus simple. Gérard Gubisch

L’Harmonie selon Schoenberg

Par Patrick Loiseleur le lundi 22 juin 2009, 22:40 – LivresLien permanent

Le traité d’harmonie d’Arnold Schoenberg a été récemment réédité dans la traduction française de Gérard Gubisch, Il y a quelques mois encore il fallait la lire dans la traduction anglaise de R. E. Carter (curieusement intitulée Theory of Harmony) ou encore en version originale, en allemand.

On a tendance à l’oublier, mais Schoenberg a écrit de la musique tonale quasiment toute sa vie, et s’est montré attaché à la forme et à la tradition plus que tout autre, en dépit de sa réputation méritée de dynamiteur de la musique post-romantique allemande. Ce traité d’harmonie, qui se veut au départ une méthode (Harmonielehre) est aussi l’occasion d’affirmer des conceptions très personnelles mais très stimulantes intellectuellement.

La conception de l’harmonie qu’il rejette vigoureusement est celle qui voudrait qu’il n’y ait qu’une seule harmonie, que celle-ci procéderait naturellement des propriétés physiques du son (comme la consonance) et d’une notion universelle et intangible du Beau. C’est un point de vue aujourd’hui encore très répandu chez les professeurs d’harmonie et de contrepoint, surtout chez les moins brillants, qui appliquent les « règles » de préparation de la 7e ou d’évitement des quintes parallèles sans jamais chercher à justifier ou à questionner leur origine. Ce que démontre Schoenberg avec force détails, c’est que l’harmonie telle qu’on l’a pratiquée de 1600 à 1900 environ en Europe comporte certes des éléments tirés de la consonance acoustique, mais d’autres qui sont purement conventionnels et relèvent de choix collectifs validés par la tradition mais que d’autres choix tout aussi valides et compatibles avec les lois de l’acoustique auraient été possibles. Ainsi il montre que les rencontre entre les partiels justifient que la résolution naturelle de la sixte-et-quarte (sol do mi) sur l’accord de dominante (sol si ré), mais que le traitement qui lui est réservé, le type de préparation et de résolution qu’on trouve dans les cadences traditionnelles qui ont fini par tourner au poncif (Debussy dénonçait « l’odieuse sixte-et-quarte ») sont purement conventionnels.

C’est avec un certain plaisir, après avoir pratiqué l’harmonie scolaire et évité les quintes parallèles comme un gamin ayant peur de se faire taper sur les doigts, ou au contraire enchaîné les accords parallèles avec le petit frisson de celui qui brave l’interdit, qu’on apprend que la règle des quintes parallèles n’a rien d’absolu; qu’elle n’a pas toujours existé; que son importance a évolué dans le temps; qu’elle a été ignorée par des compositeurs aujourd’hui placés parmi les plus grands; que si elle est tout à fait recommandable pour écrire un choral ou une fugue dans le style de Jean-Sébastien Bach, le même Jean-Sébastien Bach usait de cette « règle » comme des autres avec la plus grande liberté, en gardant l’oreille pour seul guide.

Parce qu’elle aide à prendre du recul, parce qu’elle explique sans jamais asséner de vérités toutes faites, parce qu’elle est pédagogique mais pas scolaire, cette Harmonie selon Schoenberg forme non un remplacement mais un salutaire complément à l’enseignement scolaire de l’harmonie. Quiconque a souffert sous la férule d’un professeur d’harmonie despotique, autoritaire et étroit d’esprit – et ils le sont tous, ou bien ils le deviennent – accueillera les explications du professeur Schoenberg avec une reconnaissance émue. Et se sentira plus libre d’apprécier aussi bien la musique tonale que celle qui cherche d’autres chemins.

(certains lecteurs auront remarqué que le titre de cet article est un clin d’oeil à l’Harmonie selon Lamartine)

Métaphores politiques dans le Traité d’harmonie de Schoenberg Esteban Buch

https://www.cairn.info/revue-mil-neuf-cent-2003-1-page-55.htm

Arnold SCHOENBERG : Fonctions structurelles de l’harmonie

https://www.researchgate.net/publication/301302303_Les_Fonctions_structurelles_de_l’harmonie_d’Arnold_Schoenberg

Ouvrage posthume, Fonctions structurelles de l’harmonie synthétise la conception schoenbergienne de l’enseignement de l’harmonie. Les principes examinés sont : les progressions des fondamentales, que Schoenberg classe en trois catégories ; les substituts et les transformations, qu’il décrit comme des emprunts aux modes anciens ; la monotonalité et les régions, classées selon leur éloignement de la tonique ; enfin, l’harmonie errante (septièmes diminuées, etc.) et la tonalité étendue. L’article signale des extensions possibles de la théorie et replace le traité dans le contexte des ouvrages qui lui sont contemporains.

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phil project

J'aime la musique du monde et ethno : classique, autant populaire que tribale. Ces musiques ont en grande partie influencé mon travail musical. J'utilise le mode métrique et non tempéré composé. J'ai aussi été influencé par beaucoup d'autres genres de musique.

Cet article a 5 commentaires

  1. Jean-Louis Tripon

    Un bon article très détaillé, très technique qui plaira aux spécialistes. Mais le lecteur et amateur moyen de musique cherchera à écouter des extraits des œuvres. En fouinant on trouve (j’ai moi même trouvé des archives audio de la BBC en suivant les liens), mais cela demande des efforts et un certain savoir faire en matière de recherche. Aussi je pense qu’il serait bon comme nous avons fait pour l’article sur Alain Daniélou d’ajouter des liens directs à quelques archives sonores choisies, à placer en tête de l’article et en tête du paragraphe 8. Œuvres.

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    1. phil project

      Je ne penses pas, hormis le Pierrot lunaire pourtant déjà ardu a entendre, mais si sensuel pour une oreille de poète à l’écoute de la narration, car l’auditeur non préparé se trouvera dérouté voir rebuté. Le propos de l’article et son objectif final était de présenter le livre (traité d’harmonie) qui traite de la théorie classique mais avec l’approche explicative d’ Arnold Schoenberg. Cela risque de dépiter plus le monde, plutôt que d’ouvrir sur l’intérêt génial de ce traité qui libère des carcans des conservatoires. C’est par ce livre plus que d’autres, que j’ai fait mon apprentissage de l’harmonie (liant le contrepoint), loin des embarrassantes règles qui disent : “tu dois et ne dois pas “, sans expliquer pourquoi. Un livre/traité intelligent à mon avis. Avec plein d’exercices.

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  2. Dizzy Blue

    Bonjour, c’est très détaillé. Impressionnant même. J’ ai bien aimé un commentaire sur la page suivant le lien, Le marteau sans maître .:. Elle commence quand la musique? C’est drôle et très révélateur. Du coup, je me demande. Ce Monsieur A.Schonberg, est un philosophe ” musicaliste “. Je partage tout a fait l’ idée ou la conception de l’ harmonie qu’ il rejette . “L’ exemple”, du marteau sans maître. Il faut taper et taper pour comprendre. Enfin, il n’ y a pas que le Blues ou la Trance, il y aussi Schonberg. Il faut des personnalités très intuitive aussi. Toujours se conformer a ce que l’ ont a appris est ennuyeux. Merci pour cet article, je connais désormais cet’ Artiste. Love, be free. Cordialement

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