Blob et Conscience – Partie 1

Blob et Conscience – Partie 1

Ce blob n’a pas fini de nous surprendre

Connaissez-vous le blob ?

Ce drôle d’animal vit essentiellement dans nos forêts. Animal vous ai-je dit ? Pas vraiment. Pas du tout en fait. C’est un être unicellulaire. C’est une seule et unique cellule. UNE cellule. Et que fait cette cellule toute seule dans la forêt ? Elle vit sa vie… Une chercheuse française Audrey Dussutour s’est penchée sur ce drôle d’oiseau (non ce n’est pas un animal on vous a dit !). Son vrai nom d’ailleurs c’est physarum polycephalum ou… le « blob » pour faire plus simple, en clin d’oeil au film “The Blob” avec Steeve McQueen et aussi, pour ne rien vous cacher, on aime bien sa ressemblance avec Bob l’éponge. Voilà déjà dix ans que cette chercheuse en biologie y travaille. Et qu’a-t-elle trouvé, Audrey, dans son laboratoire ? Le blob se déplace. Il mange et il a des préférences alimentaires. Il chasse d’ailleurs. Il marque son territoire. Il sent les odeurs. Il sait résoudre des labyrinthes. Il sait apprendre. Il possède une mémoire. Il communique. Il sait transmettre des informations à son entourage. Face à une autre individu de son espèce, le blob adapte son comportement. Il s’allie, il partage. Il chasse, il tue. Cela ne vous rappelle pas…un animal ? Et pourtant, cela n’est pas animal. Je vous le rappelle, c’est juste une cellule.

Mais qu’a-t-elle donc cette cellule de plus que les autres ?

Rien, c’est juste une cellule semblable aux autres cellules. La vraie différence, c’est qu’on peut l’observer à l’oeil nu. Elle est géante par rapport aux autres. Elle appartient au monde macroscopique (à la différence de microscopique). Elle est donc la star des cellules et devient un sujet d’étude privilégié. Elle évolue dans notre monde, à notre échelle. 

Des découvertes incroyables

CNRS, Centre de recherche sur la cognition animale, Toulouse

Alors Audrey et son équipe du CNRS lui soumettent plein de tests, d’épreuves, de labyrinthes que le blob valide avec brio. Ils vont de découverte en découverte. C’est incroyable tout ce dont est capable de faire une cellule ! Car là est bien tout l’enjeu…c’est une simple cellule….sans jambe, sans bras, sans patte, sans coeur, sans yeux, sans nez, sans dents… Ah si, quand même, avec un sexe ! Et pour être plus précis, il y a même 720 sexes différents (mesdames imaginez un peu). Le blob peut donc se reproduire, le tout étant de tomber sur un sexe différent (facile avec 719 possibilités sur 720). Il se déplace sur terre et il sait marcher sur l’eau (il rampe sur l’eau pour être plus précis). Autre particularité, en condition de laboratoire, c’est-à-dire en l’absence de prédateurs, le blob est immortel (!) Vous comprenez toutes les possibilités de champs d’études ? Bon, nous, ce qui nous intéresse vraiment dans cette cellule surnommée blob, c’est qu’il n’y a pas de cerveau. Je répète. Pas de cerveau. PAS DE NEURONE.

Ce blob n’a pas fini de nous surprendre

Voilà. Je vous laisse réfléchir un peu. « Mais comment c’est possible? » « comment une cellule, aussi simple, peut-elle faire tout ça ? »  Parce qu’on est d’accord, dans une cellule, il y a …une membrane, avec à l’intérieur une solution aqueuse (de l’eau) et puis de toutes petites choses (néanmoins très importantes) comme un noyau, de l’ADN, de l’ARN, des protéines, des mitochondries et d’autres organites,… mais pas de neurone en vue !

Pas de Cerveau. Pas de Neurone. Et pourtant…

Elle doit pouvoir assumer des fonctions vitales de base, comme vivre et survivre, manger, digérer, se déplacer, se reproduire… il faut bien qu’un centre dirige ces fonctions vitales, on pourrait dire ces fonctions motrices.

Elle possède des récepteurs sur sa membrane, lui permettant de sentir des substances… il faut bien qu’un centre reçoive l’information, l’analyse, décide et commande une action.

Elle sait analyser et prendre des décisions, comme par exemple résoudre un labyrinthe, trouver le chemin le plus court, établir des réseaux, mais aussi chasser et tuer…il faut bien qu’il y ait un centre analytique.

Sans cerveau. Sans neurone.
Quel est donc ce centre analytique ? Et où est-il dans la cellule ? Qui es-tu ? Où es-tu ?

A suivre…

Sophie Krzyzak

Quelques liens sur le blob :

Arte – 28 minutes C’est quoi le blob ? https://www.youtube.com/watch?v=Cl8wmM1XNwA
Conférence d’Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS, spécialiste du comportement des organismes unicellulaires18/09/18 Espace des sciences, Rennes https://www.espace-sciences.org/conferences/le-blob
Wikipédia le physarum polycephalum https://fr.wikipedia.org/wiki/Physarum_polycephalum
Communiqué de presse CNRS du 21/12/16, le blob capable d’apprendre et de transmettre ses apprentissages http://www.cnrs.fr/fr/le-blob-capable-dapprendre-et-de-transmettre-ses-apprentissages
Sources images en haut et en bas https://www.echosciences-sud.fr/articles/le-blob-une-creature-mysterieuse

A LIRE : Blob et Conscience – Partie 2

Blob et Conscience – Partie 2
« Tout ce que je sais, c’est que je sais rien » nous disait Socrate «  Cogito ergo sum » « Je pense donc je suis » nous disait René Descartes.  Etudier et comprendre la conscience est un sujet qui a toujours été, de tout temps, d’actualité et demeure encore, un sujet … Lire la suite de

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Sophie Krzyzak

Citoyenne du Monde. Je crois en un monde meilleur. "La vie est pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.”

Cet article a 1 commentaire

  1. Jean-Louis Tripon

    Excellent ! Je l’ai mis en catégorie Sciences, et l’image mise en avant, afin qu’elle soit cliquable lors d’un partage, car elle est plus belle que notre logo.
    Je te communique ci-après ce que j’ai déjà écrit concernant les fonctions mentales nécessaires à la vie d’un unicellulaire, que les comportements du blob semblent pouvoir démontrer, qui pourront t’inspirer pour la rédaction de la partie 2 :
    Ce qui distingue les organismes vivants de la matière inerte c’est d’être capables de se mouvoir par eux-mêmes dans leur environnement. Or pour se mouvoir il leur faut disposer d’une fonction motrice, d’une fonction qui la dirige et d’une fonction qui décide. Pour décider cette dernière a besoin d’une fonction analytique et d’une autre qui juge ce qu’elle fait et la guide. Ce qui nécessite aussi une fonction qui lui révèle et qui partage ce que toutes ces fonctions font, cette fonction c’est la conscience.
    Donc tous les êtres vivants, y compris les unicellulaires et leur ancêtre le DACU-LUCA, sont conscients et pensent. Dans le principal empire du vivant, les eucaryotes, dont nous faisons partie, on trouve un organite : le centriole, présent dans toutes les cellules animales et certaines végétales comme celles des fougères et des algues. Cet organite géométrique composé de neuf groupes de trois tubules est invariable depuis plusieurs milliards d’années, c’est donc une constante biologique. Il est responsable de la division cellulaire, de la perception et de la locomotion par des flagelles et des cils qui comportent la même structure ennéanaire et un point basal auquel il est relié par des tubules.
    Le diplosome (constitué de deux centrioles) ne pense pas mais il est capable de coder des informations et les instructions qu’il reçoit des fonctions pensantes pour les exécuter. Par sa nature il est compatible avec la nature physique, et par sa structure avec la nature mentale consciente du vivant. Il est l’interface que cherchait Descartes pour prouver l’interaction entre nos natures physique et non physique, donc son dualisme.
    L’article complet : https://developpement-mental-semantique.com/le-centriole/

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