Boycott : Analyses

Boycott : Analyses

Pourquoi le boycott ne marche pas ?

Emile Thyeff

ET : Quand on consulte les différents sites, force est de constater que leurs administrateurs sont très actifs et virulents et que leurs cibles sont diverses et nombreuses. Les angles d’attaque sont variés, là l’atteinte à l’écologie , là à la dignité humaine, là à la probité fiscale et économique, là à la santé humaine … etc
Pourtant si les consommateurs d’un produit incriminé, quand on les informe sur les manquements de l’entreprise qui le fabrique, acquièsent en baissant les yeux, culpabilisent un court instant d’avoir acheté ce produit, et disent benoitement qu’ils essaieront d’y penser à l’avenir, ( la vidéo sur le boycott de Starbuck Café est édifiante à ce sujet) , il n’en demeure pas moins que cet effet de sidération passé, toujours assorti de la phrase de justification : ah zut, je n’étais pas au courant !, ils reprennent au bout de quelques temps leurs habitudes de consommation, même s’ils ont cliqué sur une des innombrables pétitions électroniques qui appellent au boycott et qui inondent quotidiennement leur espace numérique. Pour résumer trivialement, le coeur s’insurge un instant mais le corps veut sa dose régulière de « plaisir » , enfin ce qu’il croit en être un.
Peu de personnes ont la force mentale nécessaire pour juguler les envies et «  besoins » du corps, surtout, à leur décharge, si ces besoins ont été artificiellement créés par les industriels, soit par la publicité hypnotique, soit par la chimie des substances dites appétence rajoutés dans les compositions des produits. ( nourriture et cosmétiques et produits parfumés).De savoir que des dauphins ou des orang outans sont tués pour fabriquer tel dessert ou tel plat cuisiné ne pèse pas lourd devant la stimulation adéquate des papilles gustatives.
Pour revenir sur l’exemple de Starbuck, l’interviewer dit aux clients de l’enseigne que cette compagnie n’a jamais payé le moindre centime d’impôts en France malgré les énormes profits réalisés. Les clients disent que ce n’est pas normal, que ce n’est pas éthique, tout en se tortillant car ils savent pertinemment qu’ils ne pourront jamais se passer du capucino à la banane qui est si bon ou de ce thé glacé qui est une «  tuerie ». Ces arguments éthiques certes sont à dire mais à la finale, ils ne font que créer une dissonance cognitive très vite dissipée par l’ intense plaisir ressenti en avalant la première bouchée et par le comblement du manque. Le match est perdu d ‘avance car les dés sont pipés.
Sur un des sites, il est expliqué que pour attirer les jeunes de 18 à 24 ans à se mobiliser pour le climat ( cible très difficile de l’avis de l’organisateur) , ils ont créé de l’événementiel, un « climapéro » fréquenté par les jeunes mais par des moins jeunes également. Evidemment on y sert de la bière, artisanale mais de la bière quand même, donc de l’alcool donc un produit dit dépendant, sur lequel les industriels ont toujours beaucoup compté pour fragiliser et court circuiter l’esprit critique des consommateurs. D’où un premier paradoxe mais qui est symboliquement de taille. Pour convaincre et grossir les rangs des troupes on se sert des mêmes artifices que ceux que l’on veut combattre et à qui on reproche de se servir d’artifices déloyaux.
Mes premières conclusions portent sur les énormes contradictions entre les bonnes intentions éthiques, fraternelles, etc etc, je t’épargnerai la longue litanie des mots qui touchent la corde sensible de nos contemporains et leur comportement quotidien de consumériste envoûté, sans libre arbitre et dans une servitude plus que volontaire, pour reprendre La Boétie, vis à vis des grands groupes industriels qui les manipulent et qui, il faut bien l’avouer possèdent d’innombrables ficelles pour séduire les gogos.

J’en suis à me poser la question si tous ces sites de boycott en ligne ne sont pas sciemment financés par le Capital, afin de donner une bonne conscience éphémère au troupeau qui consomme concrètement, grâce à des clics de souris innofensifs et sans danger. Pourvu qu’il y ait encore du coca dans le frigo !! mais je dois voir le mal partout ! En outre, il y a pléthore d’offres de boycott tant il est vrai que les problèmes s’amoncellent, mais c’est bien connu, trop d’un produit tue le produit, trop de boycott tue le boycott.
Voilà mon premier jet, l’audit comme on dit. C’est un peu brouillon mais j’ai posé sur le papier des constatations simples. Je concède que c’est pas du tout rose. L’ennemi est de taille et semble pour le moment invincible… Comment désenvoûter les foules ? Comment «  reformater » le mental  pour ne plus être « addict » , c’est à dire dans la démesure. Comment réapprendre la mesure en toute chose ? La mesure dans ce qu’on consomme, dans ce que l’on veut et dans ce que l’on est aussi …
Voilà des chantiers qui a mes yeux méritent d’être entrepris. Tâche longue et ingrate surtout dans des pays de cocagne comme la France, qui commence à l’être moins et c’est peut être un angle d’attaque…
Tes amis africains auraient ils des expériences à donner, des pistes, des idées s’ils ne sont pas gagnés par l’envie intense de consumérisme débridé comme nous l’avons connu ces dernières décennies ?
À plus bonne soirée

JLT : Il faut d’abord distinguer le conseil sanitaire de non consommation de produits toxiques pour soi ou nuisibles pour la nature, du boycott d’une entreprise ou d’une personne morale, suspensif à l’acceptation d’une demande.
Dans le premier cas, il peut y avoir de la difficulté à se passer de la consommation d’un produit nuisible, alors que dans le cas du boycott, il faut obligatoirement disposer d’une alternative (le vendeur B) pour boycotter le vendeur A, l’objet (O) du boycott étant nécessaire et distinct du sujet (S) du boycott. (Par exemple : les décideurs A et B sont deux chaînes d’hypermarchés, O l’ensemble des produits mis en vente par A, le sujet S du boycott pouvant être de remettre un poste de caissière humaine au distributeur de carburant, ou toute autre demande).

TAG: Je suis d’accord avec ce constat. C’est dire que c’est plus une affaire d’éducation ou de rééducation pour les citoyens déjà formatés et conditionnés à être des consommateurs pavloviens que de simples boycott. Le problème est toujours mental. Il faut soit repenser l efficacité du boycott, soit changer de fusil d’épaule.

Le conseil sanitaire

Jean-Louis Tripon

JLT : Le conseil sanitaire concerne des consommations nuisibles qui peuvent être alimentaires, médicamenteuses, et s’étendre à tout le secteur industriel. Ces nuisances et ces productions toxiques peuvent concerner à la fois la santé physique et mentale humaine, la survie de la biodiversité, l’exploitation abusive des hommes et des enfants, la pollution et l’épuisement des ressources limitées de la planète.
Sauf dans certains cas précis, quand ce n’est pas le produit lui-même qui est en cause, mais le processus de production ou le comportement éthique de la société (Starbuck qui ne paye pas d’impôts en France, ou tel autre qui exploite les enfants ou épuise l’eau potable d’une région du tiers monde), ce sont des produits toxiques, le meilleur exemple étant l’alimentaire industriel trop gras, trop salé et trop sucré, donc nous ne sommes pas dans le contexte d’un boycott, qui lui est suspensif dès que l’on a gain de cause. Bien qu’il y ait des cas ou les deux sont proches, si on demande à un producteur de modifier le contenu ou l’apparence de son produit, il est préférable, d’un point de vue sémantique de bien distinguer les deux afin de réduire le confusionnel culturel ambiant. il s’agit ici de faire prendre conscience d’une nocivité qu’il ne faut pas encourager par sa consommation.
Comme le souligne Emile Tyeff, il peut y avoir une accoutumance, une addiction, voir des pathologies lourdes, comme la boulimie, le tabagisme, l’alcoolisme, l’oniomanie (troubles du comportement d’achat), la dépendance au jeu, etc., liés à des faiblesses psychologiques qui réclament non seulement une solide éducation préventive dès l’enfance mais des thérapies individuelles spécialisées. Il faut savoir aussi que ce conseil sanitaire affronte les lobbys industriels qui eux, font à l’inverse tout ce qu’il peuvent, y compris la désinformation, le mensonge et la corruption politique, pour poursuivre et augmenter les ventes, donc les consommations sources de profits quelle que soit leur toxicité.

Le boycott

Cas de l’éolien

éoliennes nuisibles pour la santé humaine

JLT : J’ai récemment été contacté par un démarcheur d’une société privé concurrente d’EDF, qui vend de l’électricité fournie par ses champs d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques subventionnées par l’état. Par le biais de montages financiers très révélateurs de ce qui se passe dans cette imposture écologique que l’on nomme transition énergétique (notez ce premier pas de novlangue).
Dans le cas de l’éolien le sujet S du boycott est de supprimer les installations de ces machines à vent toxiques pour l’homme et nuisibles à la nature, voire de les faire démanteler à terme.
Les décideurs A, Ai => An, boycottables, constituent un vaste ensemble dans lequel chacun joue un rôle qui peut bloquer les procédures d’installation des machines, aucun d’eux n’est à négliger. Nous avons à considérer les suivants :
— Le propriétaire du terrain de l’installation, le plus souvent un agriculteur ou une collectivité locale.
— Les strates politiques décideuses qui vont de la commune, à la communauté de communes, au département, à la région, aux états et à l’Union Européenne.
— Les sociétés opératrices qui démarchent les collectivités locales, les maîtres d’ouvrages et les sociétés financières pour le compte desquels, ils travaillent.
— Les entreprises installatrices des machines, les fournisseurs de ces machines à monter, les transporteurs et les réparateurs (les techniciens).
— Les banques qui soutiennent toute cette activité lucrative, par des avances de trésorerie et des prêts.
— EDF qui vend du courant électrique, qui perçoit la taxe CSPE qui finance toute cette affaire, agit sur ordre de l’état, et qui semble se désengager, ayant flairé que les choses pourraient mal tourner et engendrer de grosses pertes à terme. EDF pourrait devenir un allié car, nous l’avons vu plus haut, il a des concurrents privés, qui vendent de l’électricité éolienne subventionnée, à des tarifs plus compétitifs que les siens, mais EDF est encore engagé par ses filiales dans le secteur.
— Les sociétés privées, fournisseurs d’énergie, concurrentes d’EDF, qui pour le moment profitent de l’aubaine, assuré de la puissance des lobbys du secteur agissant sur tous les niveaux politique, et de leur protection par l’Union Européenne…
— Les clients de ces dernières sociétés vendeuses d’énergie, qui peuvent être des particuliers, mais aussi, des entreprises, des services publics, des commerces, des agriculteurs et des banques.
Comme nous le voyons ça fait beaucoup de beau monde, à gêner de s’engraisser sur les pauvres citoyens, qui en payent toutes les conséquences physiques, financières et morales. Mais chacun de ces A doit faire l’objet d’une attention particulière et d’un boycott spécifique.
Il serait évidement plus simple d’interdire la construction de ces machines après avoir pris le pouvoir politique. Cependant le boycott reste la seule arme citoyenne pertinente tant que ce pouvoir l’est pas acquis. Reste trois questions essentielles pour parvenir au succès d’un boycott :
a) Que le sujet S du boycott soit une évidence bien argumentée, ne souffrant d’aucun doute sinon de malveillances. C’est le cas des éoliennes dont l’imposture écologique est prouvée et le risque pour la santé humaine patent. Voir :
https://developpement-mental-semantique.com/eoliennes-lequation-financiere-dune-imposture-ecologique/
b) Que des sources équivalentes (B) soient toujours prévues pour tous les décideurs (A) boycottés, afin que le boycott des sources (A) ne crée pas de difficulté de satisfaction des besoins naturels ou non des citoyens boycotteurs.
c) Que le boycott atteigne un maximum d’audience auprès des citoyens pour être efficace, car c’est le nombre qui importe au succès de l’affaire. Ce qui demande une bonne promotion dans les médias sociaux, une participation effective de toutes les associations concernées, et un mouvement fédéraliste solidaire. Une décision de boycott pouvant être prise au vote par un ensemble d’associations fédérées avec la règle d’obéir aux décisions de boycott de la majorité, même quand le sujet est éloigné de leurs priorités d’action.
a) et b) demande un bon travail technique conceptuel, pour que tout soit bien explicite et bien clair, alors que c) demande un travail de militant afin d’approcher et de convaincre le maximum d’associations et les fédérer dans l’idée générale d’abord et dans chaque objectif particulier ensuite.
Je crois que ces conditions peuvent être réunies, même si cela demande du travail, en ce qui concerne la lutte contre l’éolien. Qu’en penses-tu Emile Tyeff ?

Notion de boycott entéléchiste

David Millemann

DM. Je me permets d’étendre un peu le sujet de la notion de boycott (entre autre parce que je n’ai pas d’avis sur les éoliennes et pas de réseau de boycott actif dans mes contacts, c’est donc peut-être la seule modeste pierre que je peux apporter au sujet à cet instant.)
Comme ET l’a énoncé précédemment, on peut considérer que le boycott reste un principe de consommation (négative, mais sans changement profond de paradigme, puisqu’il est toujours lié à la notion de “choix” que prône l’économie de consommation en arguant que notre liberté de nous exprimer et d’agir sur la société, c’est de choisir ce que l’on consomme et comment on oriente ses choix. J’en rajoute une couche en disant qu’à l’ère du marketting neuronal ou du principe qu’on va “récompenser” ou “punir” les individus en orientant les sécrétions hormonales, la grande majorité des personnes auront de très (trop?) grandes difficulté à reprendre leur vouloir conscient en main.

Avant de développer cette notion de boycott entéléchiste, je fais une petite analogie : je considère la société actuelle comme une toupie, c’est à dire, un “objet” extrêmement déséquilibré dont la stabilité n’est garantie que par le mouvement et l’énergie qu’on applique à l’objet. Sans ce mouvement, la toupie s’écroule et le déséquilibre fondamental apparaît et force à redéfinir l’objet (si l’on veut qu’il perdure).
Partant de cette idée, on peut considérer trois moyens d’agir sur l’objet :

  1. Orienter le mouvement. C’est je crois le propos de la notion de boycott défendue précédemment. On cherche à orienter le mouvement de “l’objet” pour l’emmener sur un terrain où il sera obligé de travailler sur la nature de son déséquilibre fondamental pour maintenir son équilibre. Comme dit précédemment, on reste sur le terrain de “l’ennemi”, mais ce n’est pas rien tout de même. (je critique pas la chose d’ailleurs, je tente juste d’emmener son développement conceptuel plus loin)
  2. L’excès d’énergie. C’est la manifestation, l’insurrection, voire la révolution. Une telle énergie émane alors, que la quantité de mouvement est supérieure à ce que peut supporter le design de l’objet et donc, la toupie dérape, et il faut redéfinir l’objet. Le problème étant que ça ne marche que lorsque l’énergie amenée dépasse celle du pouvoir en place (l’énergie qu’il déploie à freiner le mouvement de l’objet) et si le rapport reste en faveur du pouvoir, au contraire, il lui permet de créer des outils de régulation du mouvement de l’objet. (autoritarisme, surveillance, police de la pensée etc etc) c’est selon moi la situation actuelle avec les gilets jaunes.
  3. Le boycott entéléchiste (ou la mise en perspective du déséquilibre par la diminution de l’apport énergétique qui permet l’équilibre de l’objet.) J’entends par là, qu’il serait possible d’imaginer que toute une partie de la population (elle n’a pas besoin d’être majoritaire, loin de là) finirait par penser que l’écroulement du système actuel serait moins nocif que la poursuite de son état actuel (même en considérant ses possibles évolutions selon les cartes politiques que l’on peut constater). Dans ce cas ci, la notion de boycott ne s’applique plus qu’à la consommation, mais clairement aussi à la production, la transformation, le travail. Ces personnes feraient un peu l’équivalent d’un vœux de pauvreté, ou du moins de non participation à la société. C’est à dire quelque chose de bien plus fort que la grève générale. Les gens arrêtent de travailler dans la logique économique, ils démissionnent, vivent des aides qu’on leur donne et se débrouillent pour subvenir “seuls” (avec l’aide des autres personnes dans ce choix ci). C’est à dire la création d’une nouvelle “classe” qui parasiterait le système actuel pour développer une alternative aux notions d’échange monétaire. Beaucoup de gens ont des savoirs, des compétences et ne voudront jamais arrêter de les développer (tant mieux) mais ils les poursuivront sans la notion de travail, de société ou d’économie. Les gens travaillent par amour du faire, de l’ être (pourquoi pas d’un certain avoir aussi) et de toutes les connexions entre ces notions mais laissent la société s’écrouler, voir même accentuent certains de ses travers afin de faire éclater le déséquilibre fondamental.

Voilà où j’en suis de mes réflexions sur la notion de boycott. Sur les éoliennes, je suis sans avis, manquant trop de références indéniables pour mesurer les avantages et inconvénients à la chose. (même si je suis convaincu que la première chose c’est la décroissance radicale, je ne pense pas qu’il faille se passer d’énergie, et même en diminuant, la question de “quelle source” reste centrale.)

JLT : La solution 3 que tu as avancée est celle que je pratique depuis presque les plus anciens souvenirs de ma petite enfance. Je me suis débarrassé très vite de mes parents en étant conscient de les exploiter dans la mesure du possible, et je suis en rupture totale avec une société à laquelle je ne dois rien. J’ai bossé comme ingénieur conseil en aménagement pendant dix ans dans une filiale d’ingénierie de la Caisse de Dépôts et Consignations. C’est plutôt drôle, n’est-il pas ? alimentaire, et un double jeu, tu vis comme un alien masqué d’une autre galaxie, tu ne peux dire la vérité à personne. C’est une situation de moine solitaire, et tu as raison de dire que c’est du parasitisme assumé d’une société et d’un système pathologique décadent en fin de vie. On finit par retrouver des copains et des copines qui nous ressemblent un peu dans l’underground. Facebook permet des rapprochements de personnes, mais ça reste encore exceptionnel, et ne doit pas nous faire négliger le militantisme social classique intelligent (conseil sanitaire + boycott) à la portée de tout le monde.
J’ai démissionné la dernière fois à 38 ans en 1986, ma sécurité financière assurée (et chacun se débrouille à sa façon), et ça permet de vivre hors de tout circuit commercial, sans placer un seul maravédis puisque tu n’as pas besoin d’argent ! Tu deviens non imposable, tu dépenses presque rien en vivant frugalement, et considéré comme pauvre tu reçois de l’Etat des chèques énergie de 150 €, alors que tu subventionnes pour 12 000 € par an des projets qui te tienne à cœur, sans contrepartie car c’est du don. C’est là que tu t’aperçois que dans l’économie du don, pour un euro donné tu en reçois l’équivalent de dix, et c’est pour cela que j’ai pu aller si vite à construire tout ça. J’ai écris un article à ce sujet dans notre Blogger associé Economie Humaniste :
https://economiehumaniste.blogspot.com/

DM. Je me doutais que ce principe trouverait résonnance, mais je ne me doutais pas que tu y étais déjà tant engagé.
Je pense que dans le futur, les trois visions de travail sur la “toupie” sociétale seront abordées simultanément par beaucoup ou que les autres choisiront l’un ou l’autre selon leurs affinités, mais que ces principes auront de l’impact et une grande efficacité si ils se cumulent tous.

JLT : Nous avons fait une grande partie du tour du sujet. A présent il faut attaquer un cas concret. Emile est très motivé par l’éolien, qui a déjà fait des ravages là où il vit, et il fait partie d’une fédération de plus de 100 000 personnes qui n’arrive à presque rien, sans avoir tenté que du banal. Et c’est une affaire très clivante entre divers courants écologiques, beaucoup d’acteurs, des politiques, l’UE, une masse de fric, des financiers étrangers et leurs lobbys qui sucrent la patte des associations. C’est un face à face direct avec l’empire néo libéral, qui se remplit les poches, finance des rapports scientifiques à dormir debout contre d’autres rapports australiens. Une lettre récente d’Antoine Waechter, un des fondateurs historique de l’écologie en France, viré par EELV :
https://ecologieglobale.blogspot.com/2018/12/le-scandale-eolien.html

DM Oui, je comprends bien et les arguments de l’article sont solides !

C’est juste que je suis un peu surpris de voir mis une “priorité” sur ce domaine. C’est clair que c’est une hypocrisie folle et une manipulation libérale de laisser penser qu’on pourra remplacer tout par ce type d’énergies renouvelables de start upper au lieu de faire de grandes centrales solaires et autres projets collectifs d’envergure et de rationaliser la consommation électrique mais je me demande si c’est vraiment un bon bout pour attaquer le problème. Décroissance ou pas, on ne passera pas de l’état actuel à quelque chose d’écologique instantanément (hors catastrophe j’entends) et ne devrait on donc pas lutter pour faire fermer des centrales nucléaires au lieu d’enlever des éoliennes ? (Je suis évidemment d’accord pour ne pas en mettre de nouvelles évidemment.) C’est un débat troublant, car de mon point de vue, j’ai beau être d’accord avec tout ceci ,je me dis que c’est un problème secondaire. (j’ai tout de même bien conscience que la lutte s’effectue sur de nombreux tableaux à la fois ou même dans l’idéal sur tous à la fois et dans tous les cas, je soutiens évidemment toutes les entreprises de lutte contre l’hypocrisie néo libérale écocidaire.)

JLT pour DM : Lutter contre les centrales nucléaire c’est déjà fait avec les moyens énormes de Greepeace, c’est lutter de front contre l’Etat français, et Greenpeace ne pratique pas le boycott (il faudrait tenter de les convaincre ce cette pertinence) mais des grandes opérations médiatiques qui servent leur publicité, et donc leur récolte de dons.
L’intérêt de la lutte contre l’éolien, c’est que n’attaquons pas directement l’état, mais un ensemble d’intervenants et de décideurs dont un seul peut bloquer l’engrenage de l’installation de ces machines. Donc nous sommes dans un cas idéal où le boycott peut être particulièrement performant. D’autre part, il y a une grosse masse d’associations derrière, déjà bien médiatisée qui pourrait se mobiliser pour un boycott d’envergure. Enfin, nous sommes ici dans un cas typique de collusion et de corruption entre les politiques, les partis, les lobbys industriels et financiers, les clubs libéraux, l’académie des sciences, etc. Il faut savoir que cette industrie finance les associations de protection des oiseaux pour qu’elles ferment leurs gueules, car nous les avons déjà approché sans succès pour qu’elles se joignent à nous(ces machines provoquent une hécatombe de grands oiseaux). Donc, ce serait aussi une occasion de révéler toutes les magouilles de la collusion de l’économie et de la politique que l’on retrouve dans les dossiers plus importants, sans exclure d’autres luttes.

Cas du glyphosate

nous voulons des coquelicots

JLT : Pour le glyphosate il faut étudier les circuits de distribution de ceux qui s’en servent et pour quelle production. Les pesticides sont commercialisés par des réseaux de vente dédiés à l’agriculture sur lesquels les citoyens n’ont guère de prise (à vérifier), il faut donc trouver d’autres moyens de pression. On peut menacer la FNSEA et d’autres syndicats agricoles qui conseillent toujours l(usage de ces pesticides de boycotter tel type de production de telle région française, par exemple les pommes de terre bretonnes, le bœuf du charolais, ou les vins du Languedoc, puis faire monter la pression sur les chaines de supermarché en tournante, Auchan, puis Carrefour, puis Casino, Lidl (on achète plus chez vous tant que vous vendez des vins du Languedoc ou telle autre production alimentaire)
Il faut savoir que le boycott n’est ni juste, ni moral, car il ne s’agit pas d’attaquer directement les fautifs mais là où ça fait le plus mal en faisant pression sur les décideurs, qui ont le moyen de supprimer l’usage du glyphosate, en menaçant l’existence des filières locales (mais en concevant une capacité de consommer des produits équivalents ailleurs).
Imaginez = Pour ce trimestre on arrête la Bretagne et Carrefour, on sait que c’est immoral et injuste, mais c’est un bon moyen de pression contre le glyphosate qui nous rend malade et qui tue la nature
A transmettre aux responsables des Coquelicots et nous dire ce qu’ils en pensent.

Cet article a 3 commentaires

  1. Emile Thyeff

    Bonjour courte réponse à DM :

    La lutte contre les éoliennes menées par les riverains qui en subissent les nuisances, sans bénéficier d’aucun avantage concret immédiat, faut il préciser en l’état du système actuel, n’est pas tant contre le principe de la machine en lui même, car ce n’est pas une mauvaise idée que de capter l’énergie du vent pour la transformer en énergie ” utilisable ” par nos appareils. ***
    En fait nous sommes confrontés au diktat de l’ industrie ultra libérale qui imposent des machines au process de fabrication coûteux et très énergivore, des machines qui ont une durée de vie finalement extrêmement limitée dans le temps par rapport à leur impact financier et environnemental ( seulement 30 ans ce qui n’est rien quand on veut bien se donner la peine de réfléchir à tous les ratios)
    La manière d’agir de ces compagnies est une menace très grave pour nos sociétés que nous avons encore la faiblesse d’appeler démocratiques car elles font fi des avis des populations concernées, manipulent voire soudoient les personnels politiques à tous les niveaux, au niveau local pour obliger les maires à signer rapidement sans concertation les baux emphytéotiques et au niveau national en forçant le pouvoir à voter des lois qui leur seront de plus en plus favorables pour contrer et annihiler carrément les éventuels recours intentés par des associations d’opposants. Fort heureusement certains résistent car il y a encore un suffrage universel et donc des élections à gagner ou à perdre mais le combat est très inégal, surtout actuellement avec un pouvoir exécutif qui n’a d’oreille que pour les sirènes du grand capital libéral et ouvertement opposé à toute forme de préservation de l’environnement ( le glyphosate, la mine d’or de Guyane, l’éolien industriel, la chasse, etc etc ), tout ce qui pourrait mettre un frein au profit financier.
    Couvrir le pays d’éoliennes pour les voir dans 25 ou 30 ans arrêtées définitivement ( car ne soyons pas naïfs, elles ne seront jamais démantelées ( vous n’avez qu’à voir ce qui se passe aux États Unis actuellement où des milliers d’éoliennes pourrissent gentiment au beau milieu d’étendues sauvages définitivement perdues ) ) revient à appliquer le principe de la toupie qui doit tourner sans arrêt ainsi que vous l’avez décrit. Le programme éolien c’est simplement un petit coup supplémentaire sur la manette de la toupie. En plus ça permet de recycler et sauver les industriels allemands qui avaient énormément investi en Allemagne il y a 15 ans quand l’éolien était la panacée. Mais depuis 3 ans ils stoppent des 4 fers leur programme. Vous irez vous renseignez pourquoi .
    La France, bonne fille, avec ses contrées vierges du sud et ses terres agricoles pourries par des décennies de pesticides a décidé de reprendre le flambeau en ouvrant le marché de l’éolien pour que les fabricants allemands continuent de faire tourner leurs ateliers.
    Comme les possibilités étaient jugées trop faibles, elle a même modifié la loi qui régit la distance légale entre une habitation et une éolienne , en la réduisant de 1500 mètres à seulement 500 mètres. !!
    ( classe politique manipulée et soudoyée ainsi que dit plus haut )

    Placez vous à 500 mètres d’une grosse éolienne de 200 mètres de haut et vous verrez si vous pouvez supporter le bruit des pales, sans parler des ultras sons générés qui vont dans un proche avenir être l’objet d’un scandale sanitaire de grande ampleur. Pour le moment tout va très bien Madame la Marquise car les instances d’expertises médicales nationales sont toujours muselées et soudoyées , mais ça ne pourra pas durer éternellement devant les nombreux cas pathologiques dus à ces infrasons auxquels les grands professeurs d’hôpitaux sont de plus en plus confrontés. Nous pourrions aussi parler des animaux d’élevage et des problèmes économiques que cela est en train de créer…

    Voilà pourquoi il faut absolument résister à cette invasion programmée et réfléchir à des systèmes d’énergie plus petits, plus adaptés aux paysages et topographies différentes, plus respectueuses des habitants et de la santé humaine, plus autonomes localement, ce qui constitue une grosse épine dans le pied de l’ultra libéralisme à la française qui veut bien la libre concurrence et la loi du marché mais dans le cadre d’une situation monopolistique et sous la férule d’un appareil d’état répressif et très colbertiste.
    O appelle ça un oxymore n’est ce pas .. ou un paradoxe ou une contradiction. mais si vous saviez sur combien de contradictions s’asseoir régulièrement le grand capital, vous n’aimeriez pas voir l’état de ses caleçons …

    bonne journée

  2. Emile Thyeff

    *** l’énergie dite utilisable pour nos appareils est électrique car nous avons fait ce choix, peut être choix contraint à cause de la limitation de nos connaissances scientifiques.
    Au départ le vent fut utilisé pour ce qu’il était: une masse d’air qui se déplace avec force. L’homme a simplement utilisé cette force pour lui aussi se déplacer . il n’a fait que construire une carcasse en bois, tendre une voile et vogue la galère !
    Maintenant l’énergie du vent est censée faire marcher un grille pain ou un poste de radio. C’est certes intéressant et l’homme prouve encore une fois son pragmatisme mécanique, mais n’est ce pas aussi un dévoiement ?
    Tout ce qui souffle, qui pousse qui gémit sur cette planète est dévolu à créer de l’électricité soit du carburant.
    Il serait peut être temps à réfléchir à d’autres formes d’énergie. Une machine à laver ” psychique ” ?

    hihi je plaisante à l’intention de mon ami Jean Louis ..

    mais je plaisante sans plaisanter …

    on continue la lutte et la réflexion

    1. Jean-Louis Tripon

      Pourrait-on mener un opération de boycott de grande ampleur avec toutes les associations de la Fédération FED ? Tu les connais mieux que moi, j’ai déjà un peu dégrossi ce qu’il y a à faire, il faut maintenant préciser le type de boycott à mener pour chaque décideur, de l’agriculteur à l’état. Mais il faut aussi décider la FED à faire quelque chose dans ce sens plutôt que de manifester devant une préfecture aux portes closes !

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