Ça suffit !

Ça suffit !

https://www.liberation.fr/chroniques/2019/09/29/un-grand-ca-suffit-parcourt-la-planete_1754362

“Ça suffit”, est le thème d’une tribune de Libé par l’ancien responsable du département philo de Normale sup. Elle exprime le raz le bol qui traverse la planète et qui réclame autres formes de régulations. Est-ce que ce “ça suffit” est suffisant ? Bien entendu non. 

Un autre monde possible ne se créé pas, sans faire l’effort de trouver les accords sur ces formes de régulations, ni en faisant l’impasse sur les sujets qui fâchent. Il y a besoin, en outre, de se mettre d’accord sur des stratégies partagées. 

Plus personne ne peut

  • sérieusement oser dire que l’Homme n’a pas un impact négatif sur son environnement. A quelle hauteur ?  C’est encore à affiner.
  • nier que nous sommes insérés dans un réseau mondial que certains pays comme la Chine brident. Qu’est-ce qui nous empêche d’en profiter pour se regrouper autour de réseaux intelligents qui pourraient dessiner les nouvelles frontières ?
  • affirmer que les richesses sont bien réparties. Comment faire mieux?
  • oser dire qu’il n’y pas des formes de terrorisme, des  violences, des intolérances  insupportables….

Nous pourrions continuer la liste et une formule pourrait résumer: il n’est plus possible de croire que nous faisons le maximum pour affronter les problèmes qui se dessinent.


Quelles sont les forces en présence ? Il me semble qu’on peut y voir les :

  • nostalgiques du passé 
  • partisans des seuls rapports de force
  • inconditionnels du carpe diem 
  • ceux qui parient sur la robotisation  du monde
  • ceux qui veulent maintenir leurs avantages
  • ceux qui ne sentent victimes
  • ceux qui parient pour le dialogue pour redéfinir les priorités, piloter la nécessaire résilience locale pour mieux affronter les  tempêtes tout en tissant des liens nécessaires à travers la planète. 

Si la liberté désigne le cadre du mythe dominant qui monte depuis la Renaissance,  elle ne s’inscrira de façon probante que si elle fixe des règles équitables permettant de maximiser l’auto-régulation à tous les niveaux. Ces règles ne se feront qu’autour d’accords sur les échelles de temps pertinentes et d’instruments d’évaluation permettant de rectifier les choses.

JLT : Le principe de liberté n’est pas en cause. Si le monde a faillit au cours des barbaries du XX ème siècle, c’est que la sauvegarde des principes et des normes passe par la violence des entités souveraines : les nations, et quand ces nations sont toxiques comme ce fut le cas avec la Russie, l’Allemagne et la Chine, il n’y a plus de frein aux pires des crimes tant que d’autres nations ne s’y opposent dans des guerres sanglantes épouvantables pour les populations qui les subissent.
Mais hors de ces épisodes tragiques, on oublie la toxicité des acteurs secondaires comme le néolibéralisme et ses lobbys, qui agissant presque invisibles sous le couvert des intérêts et des alliances, corrompent le monde et polluent notre environnement à pas feutrés, jusqu’à l’intime, sans que les souffrances et les morts ordinaires qui en résultent n’apparaissent clairement dans notre paysage du monde, jusqu’au jour où trop tard, nous sommes étouffés, victimes de notre insouciance, et alors ce cri dans l’obscurité opaque : “ça suffit”.
Il n’en reste pas moins que chacun est le gardien de la sauvegarde de ses principes, ses valeurs et ses normes, bien au delà des entités souveraines des états, mais que notre pertinence va dépendre de notre puissance et du raffinement de notre évolution mentale, donc que les masses confuses de la néoténie humaine seront livré en pâture de toutes les entreprises toxiques, privées ou collectives qui agitent notre monde, qui continueront à imposer leurs nuisances quoi qu’on fasse individuellement faute de faire masse agissante, plutôt que servile.

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antoine valabregue

Ancien jardinier de l'esprit à Education Nationale

Cet article a 19 commentaires

  1. Emile Thyeff

    Avant de parler de meilleure répartition des ” richesses” il faut tout d’abord parler de meilleure répartition des ” biens de première nécessité” .
    Car si on affirme que l’on est inséré dans un réseau mondial, le terme ” richesses” ne concerne qu’une partie de la population mondiale, en gros le monde occidental, avec ses énormes disparités dans la répartition, et quelques classes dominantes des autres pays.

    Pour beaucoup de citoyens de cette planète, il manque carrément les biens de nécessité qui ne sont pas uniquement constitués que par la nourriture mais par la possession d’un logement décent, même petit, d’habits décents même modestes, de la possibilité de se transporter même épisodiquement, de la possibilité d’accéder à des soins même rudimentaires, et de quoi se chauffer l’hiver pour ceux qui vivent dans des contrées plus froides.

    Le terme ” richesse” est totalement inadéquat si l’on se place dans cette approche globale mondialisée car la richesse des uns entraîne ipso facto la pauvreté des autres dans un monde fini tel que le nôtre.

    Le premier geste à faire si l’on désire effectivement l’avènement d’un monde meilleur et partageant est de faire son audit personnel et sincère:
    Qu’est ce que je possède ?
    Cela correspond il à ma nécessité d’être humain ( il faudra être le plus objectif possible vis à vis de cette notion et donc le plus humble )
    Possède- je des choses en trop, par rapport à mes besoins simples de nécessité ?
    Que faire pour corriger ces écarts, surtout si je m’aperçois objectivement que je possède trop ?

    Après il sera assez simple de mettre en place des systèmes de pondération et de rééquilibrage, mais avant tout il faut accepter de passer sous les fourches caudines d’un tel constat , de se débarrasser de certaines peurs enfouies, celle de manquer en particulier qui implique le plus souvent cette tendance à la sur possession, ce en quoi les apprentissages de maîtrise de notre mental proposés par ce site SIC ITUR seront d’un grand secours.

    merci de votre attention

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    1. antoine valabregue

      le mot richesse ne concerne pas que les occidentaux, (il y a des paquets de millionaires en Chine par ex) Meilleure réparation, excellente idée. Faire son audit tout à fait. qui le contrôle ? et dire que tout sera simple est une aimable plaisanterie qui ne tient pas compte de la complexité.

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      1. Jean-Louis Tripon

        Cet article me semble correspondre à la catégorie dont nous venons de discuter au téléphone “Régulations” ou un autre terme à trouver qui convienne mieux, concernant les accords et désaccords globaux à négocier afin de faire avancer la résolution des problèmes.

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          1. Jean-Louis Tripon

            OK, c’est fait, il sera toujours temps de distinguer des articles à mettre en avant plus tard.
            il y aura donc :
            — L’introduction à la méthode
            — 16 articles regroupés par 4 : Constats, Causes, Objectifs, Discussion
            — 2 articles généraux = (vers un regroupement) et (ça suffit)
            Restructuration terminée, j’ai dû réintroduire des commentaires au sein des articles.

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  2. Emile Thyeff

    si chacun accepte de faire son ” audit” sincèrement, même en laissant une petite marge de confort, la fameuse poire pour la soif, ou la boite de cassoulet de dépannage, les rééquilibrages seront de facto simples car effectués dans l’acceptation et la concertation.
    La complexité d’une situation vient le plus souvent des dénis et des refus des différentes parties concernées, générés par des craintes souvent inconscientes.
    La libération mentale permet de dissiper les craintes et d’atteindre la simplicité.
    C’est aussi répétons le un des buts de ce mouvement de parvenir à cette libération.
    Il y a deux façons de défaire le nœud gordien , la voie de la complexité ou la voie de la violence qui n’est en rien simplificatrice de par les effets qu’elle génère.
    Et puis il y a la 3ème voie, on dira taoïste, celle de la pure simplicité, ne pas attacher les bœufs ensemble et les laisser libres …
    mais c’est bien mon cher Antoine on dirait que tu commences à comprendre et être sensible aux aimables plaisanteries.

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  3. Jean-Louis Tripon

    Les hommes n’ayant pas acquis le mode de pensée opérative sont incapables de transformer sérieusement leurs structures mentales, et même de seulement pouvoir y accéder. Presque tous ne disposent que du mode de pensée conceptuelle spéculative imaginaire, avec lequel ils débattent et disputent de leurs croyances, de leurs solutions subjectives et leurs apprentissages comportementaux. Dans ces conditions, comment croire qu’ils peuvent se réformer et devenir des partenaires valables pour un autre monde possible, alors qu’ils n’en disposent pas des moyens quoi qu’ils puissent promettre et continueront à vivre dans des représentation illusoires ?

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  4. Jean-Louis Tripon

    La résolution des problématiques collectives de l’espèce humaine passe par celle des problématiques de l’intime personnel. Or, cette dernière nécessite l’apprentissage du mode résolutoire de la pensée opérative, dans une civilisation libérale qui privilégie l’excellence de l’activité physique économiquement exploitable, au détriment d’une performance mentale propre à remettre en question les pouvoirs des positions dominantes. Cet apprentissage de la pensée opérative devrait naturellement se faire dans le cadre obligatoire de l’éducation scolaire, qui se trouve malheureusement toujours dans l’emprise de la hiérarchie académique d’une élite versée dans la pratique de la pensée spéculative rationnelle matérialiste, qui ignore ou qui nie tout autre mode de pensée, tout autre objectif, et toutes autres valeurs que les siennes. En conséquence, les individus désorientés ne commencent à chercher des processus résolutoires, quand leurs souffrances sont devenues intolérables. Et là, ils tombent en pâture de l’offre mercantile des guides spirituels auto proclamés, dans un éventail qui s’étend du thérapeute ingénu sincère au gourou pervers à tendances sectaires. Dans ce contexte, il est donc très peu probable que l’humanité puisse éviter les solutions barbares simplistes qui appartiennent à l’ordinaire de son passé.

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    1. Jean-Louis Tripon

      Désolé, mais s’il peut y avoir plusieurs techniques pour atteindre le mode de pensée opérative résolutoire, il n’y a qu’une modalité de pensée opérative qui se caractérise par son perceptuel mental intuitif, comme il n’y a qu’une modalité de pensée spéculative qui se caractérise par son conceptuel symbolique imaginaire. Et cette dernière ne vaut rien pour résoudre les problématiques intimes des hommes. Si tu en doutes, je te prie d’aller visiter les prisons et les hôpitaux psychiatriques qui montrent crûment la réalité humaine, que la pensée spéculative et les théories des élites n’ont pas su résoudre, ni dans le passé, ni à présent, ni jamais. Et pour cette raison, si on braille : “ça suffit”, on ne sait toujours pas faire, et l’humanité n’échappera pas à une extinction de masse.

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  5. Jean-Louis Tripon

    Cher Antoine, Cela fait 7 000 ans, depuis la naissance des premiers empires, que les politiques tentent de gouverner l’espèce humaine comme une meute de loup ! seulement l’homme n’est pas un loup ! et tous se prennent pour des louves et des loups alpha ! donc ça ne peut pas marcher, et ne fonctionnera jamais avec un mode de pensée conceptuelle qui peut être utile pour construire des ponts, mais pas pour diriger des hommes qui ne sont pas des ponts ! Et ce n’est pas dans les 20 ans qui restent à cette espèce coincée dans le corner de son extinction de masse qu’elle va changer de mode de pensée résolutoire, alors qu’elle n’a pas su le faire en 7 000 ans. Le diagnostic est bon, ça a déjà commencé à voir l’état des mers, des terres et de la biodiversité, et pour la solution survivaliste demande à Yves Cochet !

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  6. antoine valabregue

    Jean-louis , même si tu avais raison ce que tu dis est inaudible pour le péquin moyen. Je répète tu dirais “les hommes n’ayant pas acquis un mode de pensée opérationnel, parce qu’ils bâtissent essentiellement à partir du conceptuel et non de leurs ressentis que j’appelle percepts, …la première tâche serait de faire en sorte qu’un maximum de gens accèdent à cela.” cela ne poserait aucun pb. je parle à aucun moment de technique et de toutes façons je te dis depuis le début que plus ce que tu proposes est important plus il est important de le proposer en mode soft. Tu t’améliores, mais il y a encore un peu de boulot,

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    1. Jean-Louis Tripon

      Il faut construire un nouveau mythe, comme à la renaissance, dans une civilisation qui s’effondre sur les plans culturels, scientifiques, économiques, écologiques et politiques. “Ça suffit” témoigne d’une lassitude sans l’ombre d’une alternative, et ce n’est pas la révolte estudiantine dérisoire de Hong Kong contre l’Empire Céleste (qui en a vu d’autres), ni une espérance de règles nouvelles venue d’en haut que souligne la fin de cet article qui fera avancer les choses.
      Une renaissance est avant tout culturelle, et c’est avant tout dans le ventre mou de la culture qu’il faut bâtir pour construire un nouveau mythe, et pas dans un affrontement direct avec des forces politiques. Avec quelques slogans simples, mais volontairement clivant face à l’ancien paradigme :
      Je ne suis pas mon cerveau, mais un être non physique,
      Je ne suis pas à l’image d’un dieu, mais un être évolutionnaire,
      Je ne suis pas mentalement achevé à ma naissance, j’ai toute une vie pour me construire,
      Nous ne sommes pas égaux ni physiquement, ni mentalement, mais d’une égale dignité civile, à condition de nous conduire raisonnablement afin de ne pas en être privés.
      Je dispose de deux modalités pour penser : la spéculative et l’opérative,
      Ma réalité intime et les moyens dont je dispose pour l’exploiter sont plus importantes que toutes les richesses de la terre,
      Il me tarde de faire des conférences à Paris pour les copains du soir, mais comme je suis un scientifique et non un mystique, j’ai besoin de labos et de débats avec des chercheurs du CNRS en philo, en psycho, en linguistique et en neurosciences.

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      1. Emile Thyeff

        On nous a souvent rabâché que le progrès technologique croissait beaucoup plus vite que nos pauvres mentalités de “péquin moyen” et ces crétins de transhumanistes se désespèrent de rattraper le retard sur la ” machine” en voulant créer l’ homme augmenté.
        Coluche s’il était encore en vie aurait pu dire: moi je veux bien être augmenté à condition d’en avoir un plus long …

        Or en lisant tes dernières lignes Jean Louis, je m’aperçois qu’il n’en est rien.
        Les envies de mythes ou d’aventures de l’homme sont beaucoup plus évoluées et puissantes que les pauvres machines qu’il est en mesure de créer à l’heure où j’écris ces lignes.
        Depuis la nuit des temps Il veut la ceinture d’Orion mais il doit se contenter de celle de Van Allen .. hihi !

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  7. Jean-Louis Tripon

    Le plus grand nombre des gens a peur de la mort. C’est le seul levier dont on dispose pour influencer leurs comportements. Les autres, peu nombreux, sont libres, et ne se soucient pas plus de la disparition de l’espèce humaine que de leur propre disparition.
    Deux types chez ceux qui ont peur de la mort : Les conservateurs pour qui le modèle socio-technologique actuel est nécessaire à leur survie personnelle, et ceux pour qui ce modèle condamne la planète et leur espèce.
    Rien n’a bougé depuis la Cop 21 il y a 4 ans à Paris en 2015, ce qui montre que le pouvoir économico-politique est aux mains des premiers qui, comble de dissonance cognitive et comme les transhumanistes, sont prêts à détruire la planète pour survivre ! Et non aux mains des seconds qui sont prêts à se sacrifier pour la survie de l’espèce et donc de la planète.
    Ces deux positions sont inconciliables. Leur conflit s’achèvera dans une lutte à mort car il est question de survie, la valeur suprême des deux partis. La lutte s’amplifie, car les seconds ont bien vus, au bout de 4 ans passés, que les pouvoirs politiques ne font que servir les premiers, en dépit de promesses et mensonges, mais il est déjà trop tard pour sauver l’espèce et une civilisation en train de s’auto-détruire. Cependant, une faible partie des seconds survivra, échappant aux convulsions de la guerre écologique, en fuyant dans des refuges éloignés de toute relation socio-économique avec le reste de la société humaine.
    La disparition du grand nombre est la solution la plus probable du corner écologique. Il faut espérer que les survivants élaboreront une civilisation apte à résoudre à jamais ce problème, mais rien n’est moins sûr sans la transformation de leurs structures mentales.

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