Changer d’imaginaire : passer d’une logique de prévention à une logique de préparation

Changer d’imaginaire : passer d’une logique de prévention à une logique de préparation

Nos sociétés articulées sur la prévention doivent, à  l’époque des catastrophes virales, changer de façon de voir les choses et se préparer aux épidémies de demain. C’est la thèse  de Frédéric Keck que je relaie de façon concise :

Les virologues sont des chasseurs, alors que nos sommes dirigé par des pasteurs. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas compris par nos politiques qui en sont restés  à la croyance qu’on a domestiqué les maladies. 
Nous les écolos disons dans le désert depuis des années, qu’on n’a pas gagné la bataille contre la nature, et maintenant vous, les politiques productivistes acharnés, vous  aller changer de paradigme ou vous mourrez.
Cela a commencé avec Ebola en 1976 (issu des chauves-souris d’Afrique centrale), le Sida en 1981 (issu des singes), la vache folle en 1996 (les bovins), la grippe aviaire en 1997 (les poulets, les oiseaux migrateurs), le Sras en 2003 (les chauves-souris, les civettes) et le Mers-CoV en Arabie Saoudite en 2012 (qui vient des dromadaires)… Et ne parlons pas de ce qui nous attend avec les insectes : la dengue, transmise par les moustiques, est aux portes de l’Europe, et dans cinq ans, on risque de rejouer le confinement contre la cette maladie ! 

Jared Diamond, le théoricien de l’effondrement, parlait  des maladies de la société domestique.

Le sauvage a été délogé, il est contraint de trouver d’autres niches, y compris dans les espaces urbains. Nous avons été de bons pasteurs, ce pastoralisme nous a permis d’affronter les maladies du Néolithique. Il nous faut désormais redevenir des chasseurs-cueilleurs. C’est à dire dépister les signes avant coureurs, dans les marchés et dans les élevages industriels (en y mettant des poulets non vaccinés), des catastrophes de demain. La fermeture des frontières comme solution au problème n’est pas réaliste.

EN AVANT TOUTES

Essayons d’être le plus concis possible.
Il est inutile de répéter pour la énième fois que nous ne sommes pas gouvernés par des cadors, que les cadres politiques de tous bords ne parviennent pas à se saisir des enjeux du monde, du fait que nous avons changé d’ère etc.. qu’ils soient ultra libéraux ou pas ne change guère les choses. 
Il y a plusieurs options possibles :
a) croire qu’on repartira de plus belle en faisant des réformes à la marge 
b) attendre la fin du monde et la mort plus ou moins rapide 
c) tenter de définir les conditions d’un renversement profond des habitudes et des modes de gouvernance.
Nous sommes un certain nombre à opter pour la troisième option 

Quels pourraient en être les contours ?

1. Regrouper des gens crédibles qui ont fait la preuve de leur perception du futur, de leur capacité à faire des propositions pour créer un noyau dur et sans doute s’associer avec un groupe pilote type les 150 citoyens de la convention climat ( juste faut voir si c’est faisable à distance)

2. Proposer un spectre de mesures immédiates intelligentes pour se crédibiliser, 
du genre : réquisition des cliniques privées, commande massives de test de dépistage, arrêt de toutes les paperasseries jusqu’en septembre, gel des charges jusqu’à la fin du confinement et report de celles-ci ( impôts électricité, gaz etc)
créer un site des bonnes initiatives financé par le gouvernement, mise à disposition d’une chaîne de télé pour ne parler que des expériences positives, exiger commune par commune, région par région, secteur par secteur des interlocuteurs pour enregistrer les propositions d’amélioration de la situation, annoncer la suppression de tous les examens pour cette année ( en instaurant un programme obligatoire de connaissance de soi) et le report des concours sans doute fin août.
demander la réouverture des librairies avec sécurité , des marchés de producteurs sécurisés, s’inspirer des pays de l’est, arrêter le parlement et mettre tous les députés à l’écoute des pbs en leur confiant une mission d’intérêt public, arrêter de foutre des bâtons dans les roues des gens qui vont travailler, annoncer des camps de rééducation à vie pour les gens qui piquent les masques etc.. ( genre nettoyage des forets sauvage dans le monde ou quelque chose d’approchant et de signifiant ) réquisitionner les logements vacants pour héberger tout le monde, assurer la nourriture de tout le monde, rendre obligatoire des cours de français pour ceux qui ne parlent pas français en échange. Réouvrir les espaces verts en s’organisant pour qu’il n’y ait pas trop de monde (on peut réguler par ordre alphabétique ou par plein de moyens)et inciter les gens à faire de la marche en respectant les distances. 

3. Redéfinir les principes fondamentaux sur lesquels devrait s’appuyer une nouvelle gouvernance. 

4. Communiquer massivement les propositions.

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antoine valabregue

Ancien jardinier de l'esprit à Education Nationale

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