(Con)Science de la vie mentale

(Con)Science de la vie mentale

101. RÉPONSE A LA THÈSE DE CLÉMENT ROSSET (décédé il y a un mois) : “Le réel est un ensemble non clos d’objets non identifiables”
Paix à son âme ! Les gens ne préfèrent pas, ils sont simplement inconscients de leur être et de l’univers dans lequel ils vivent. Cette thèse rajoute de la confusion à celle qui existe déjà, celle d’un aveugle qui veut enseigner la lumière à d’autres aveugles… Une carte n’est pas le territoire mais le représente car il y a un rapport géométrique d’échelle entre les deux. Un texte est un ensemble se signes destinés à suggérer du sens, or le sens est de même nature que nos qualia, qui sont ni transmissibles, ni codables, ni comparables. Nos qualia sont notre seule réalité, leurs propriétés sont par leur nature et leur structure autres que celle des concepts imaginaires d’objets que nous propose la philosophie spéculative. Tout est réel dans un quale, y compris les constructions imaginaires qu’il peut contenir. Ce qui caractérise ces constructions qui sont des produits bien réels de nos fonctions mentales, c’est que notre fonction volontaire désire qu’ils représentent fidèlement quelque chose de la même manière qu’une carte représente un territoire, ce qui est formellement impossible, vu le différentiel qualitatif et structurel qui les sépare. Il y a en effet plusieurs discontinuités (ou gap en anglais) de plans de réalité entre signe et sens, concept et percept, contenu et contenant, conscience et matière, imaginaire et chose à représenter. La pensée holistique peut concevoir la multiplicité de ces relations, dont certaines sont paradoxales, mais ne peut pas résoudre ce problème, elle ne peut que le constater, de même qu’elle constate des limites infranchissables telles que la vitesse de la lumière, le mur de Planck, les principes d’indétermination et l’irréversibilité du temps, car ce sont des contraintes formelles universelles.

104. MANIFESTE POUR UNE (CON)SCIENCE DE LA VIE MENTALE
J’ai décidé de changer le nom de ce groupe en lui ajoutant un préfixe. Science devient donc (Con)Science de la vie mentale. La raison, c’est que depuis plus d’un siècle les sciences ne s’inscrivent que dans une théorie philosophique matérialiste illusoire niant notre conscience, nos qualia et tout ce que nous sommes (la culture dominante médiatisée est tellement biaisée de nos jours que scientifique = matérialiste). Donc si j’aspire à la création d’une science nouvelle ayant pour objet la réalité de notre être, l’étude de nos qualia, de nos fonctions mentales, leurs synergies ou états mentaux, et leurs interactions, je préfère la distinguer radicalement des autres sciences en la désignant ainsi.
La première tâche d’un laboratoire de cette (con)science serait d’établir un lexique de 10 000 termes et signes permettant de parler de son objet d’une façon plus précise que ce que permet le langage ordinaire, car l’objectif d’une science c’est de dire ce qui est. Ensuite d’établir des protocoles de validation spécifiques pour notre expérience mentale, et enfin seulement de construire en CAO des représentations en 3D de nos différentes synergies et “aventures” mentales.

107. ILLUSION D’OPTIQUE
A un mètre de distance vous voyez 4 cercles car le détail des carrés disparaît. Plus proche, il y a distorsion optique, car votre fonction analytique qui structure l’image puise pour la construire dans sa mémoire visuelle des colliers. Or dans celle-ci les axes des perles déterminent un polygone régulier qui figure le cercle sur lequel elles sont enfilées. Ici cela ne fonctionne pas, l’assemblage est fait de biais non naturels qu’il rejette comme non rationnels, donc il présuppose qu’il va y avoir des sécantes comme lui disent la convergence des axes des carrés de deux colliers proches, bien qu’en suivant un cercle il s’aperçoit qu’il n’en coupe aucun autre. Comme le disait Bergson, notre perception est en grande partie un acte de remémoration. Les illusions d’optiques démontrent également que nous ne percevons pas une image brute construite par notre cerveau, mais une interprétation de celle-ci par notre fonction analytique non cérébrale en vue du partage d’une information enrichie de sa connaissance des choses avec toutes nos fonctions mentales.
Maintenant regardez de près le cercle central, et en les comptant constatez qu’il y a 9 carrés noirs formant une figure ennéanaire que notre fonction analytique connaît bien puisque c’est sa grille fondamentale de complémentarité qu’elle partage avec le centriole, l’interface Physique/Mental. Aussitôt il change de registre mémoriel et un collier de perles rectangulaires familier, non sécant vous apparaît. Le cercle central se distingue alors nettement des autres et reste distinct ensuite rompant avec la distorsion optique du reste de la figure, ce qui montre que la distorsion n’est qu’affaire de registre mémoriel sur lequel il s’appuie pour structurer cette image.
Ce qui est intéressant dans cette histoire c’est qu’elle démonte la position de Daniel Dennett concernant les qualia. Par un processus de pensée vous pouvez transformer un quale, alors que l’information transmise par le cerveau ne change pas. Ces qualia n’ont donc pas de fondement physique. Ils existent bien, votre mémoire constate bien qu’ils ont changés, ce sont des phénomènes mentaux qui prouvent l’indépendance de votre être du cerveau biologique qui exécute mais ne pense pas.

119. PROPRIÉTÉS DES QUALIA
Un quale rouge n’existe pas, personne n’a jamais affirmé avoir éprouvé un quale rouge pur. Et même si c’était le cas, cette personne serait dans l’erreur car se serait oublier qu’un quale s’accompagne nécessairement de conscience qui le révèle, et la conscience n’est pas rouge, elle est d’une autre nature que les couleurs. L’inverse est aussi vrai : toute expérience consciente révèle un quale car nous nous ne pouvons pas éprouver la conscience de rien, d’une absolue absence. Dans l’hypothèse extrême de l’expérience d’une vacuité pure, il resterait de la conscience révélant sa propre qualité, et ce serait encore un quale, un quale de conscience pure. Conscience et quale sont donc intimement liés, ils ne peuvent exister l’un sans l’autre. L’une est un contenant révélateur de l’autre qui est son contenu. De ce fait, nier l’un (le quale) implique la négation de l’autre (la conscience).
La conscience d’un quale est un fait mental ineffable, car nous ne pouvons pas communiquer la réalité de nos états mentaux. Les physicalistes ne reconnaissent que les faits physiques, et les dualistes qui reconnaissent également la réalité des faits mentaux leur reprochent de nier l’existence de la moitié mentale de l’univers. Si nous pouvons dire les propriétés de nos faits mentaux, nos dires sont subjectifs et donc faillibles. Cependant, nous appartenons tous à la même espèce humaine, et par empathie nous reconnaissons à l’autre humain vivant la même capacité de conscience et de penser, de vivre du sens, nous estimons qu’il est doué des mêmes capacités que les nôtres. Et même si nous ne pouvons pas physiquement prouver que l’autre qui nous parle n’est pas un zombie inconscient et vide de quale, c’est une évidence partagée par tous (un autre quale). Dire que l’autre est un zombie, que tous les autres sont des zombies, serait dire que tous les autres sont des sous-hommes et que nous sommes le seul homme sur cette planète. Le bon sens n’est certes pas partagé par tous, mais celui là, qui affirmerait cela, pourrait faire l’objet d’un examen psychiatrique, qui révélerait sans nul doute, qu’il souffre d’une pathologie mentale grave, qu’il est irresponsable de ses actes et de ses dires, et que son dire ne peut être pris en considération par la société humaine, ni par la science. Les zombies n’existent pas. Ce qui n’existe pas ne peut étayer un démonstration par l’absurde quoique elle veuille prouver. La conscience existe donc comme une capacité mentale humaine, reconnue par le premier article de la Déclaration des droits de 1948, et donc les qualia existent bien, même si la science est actuellement en peine de le prouver, et que de multiples théories contradictoires se répandent semant la confusion dans les esprits. Les sciences sociales sont jeunes encore, et nous savons que la science est volage. Le passé nous a démontré que ce qu’elle nie un jour, elle pourra l’affirmer plus tard avec plus de force encore.

134. NATURE INFORMATIONNELLE DE L’UNIVERS ?
Je n’accorde aucun crédit à la théorie de la nature informationnelle de l’univers pour les raisons suivantes :
— L’information signifie qu’il y a eu un processus de codage d’une réalité préexistante, et que même si c’était le cas, c’est une copie de seconde main de la réalité primitive.
— Si le codage de la nature physique de l’univers est possible, car la nature du code est physique, il n’est pas possible de coder un quale dont la nature est sémantique, qualitative et non quantitative.
— La science que nous nommons la physique a pour objet l’étude de la substance physique de ce qui est. Elle ne dispose ni des grandeurs, ni des protocoles expérimentaux pour étudier ou affirmer quoi que ce soit hors de son domaine, la physique.
— La conscience n’est ni une chose, ni paradoxale, c’est un pouvoir opératif du vivant qui observe les principes et des lois de sa propre substance non physique, et qui ne peut pas être décrite, ni pensée, avec les concepts de la physique.
— La physique, comme la science mentale, étudient toutes deux, comment sont les existences de leurs substances respectives, elles ne pourront jamais remplacer, ni développer l’étude métaphysique du pourquoi elles sont, ni de la cohérence globale souveraine de tout ce qui est.


Réagir
1

Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 2 commentaires

  1. Jean-Louis Tripon

    Nous pouvons accéder à vivre notre réalité mentale, même si ce n’est pas possible des inachevés du fait de la néoténie mentale de l’espèce humaine, Mais chacun peut au moins éprouver les qualia fortes de notre conscience et de nos émotions.
    Par contre, il nous est impossible de percevoir la réalité intime de la matière, que ce soit celle des neurones, des atomes ou des corpuscules. La nature physique, n’est donc qu’une hypothèse raisonnable, à partir du moment qu’elle ne présente pas d’incohérence formelle. Je rappelle que Karl Popper était un dualiste de substance, niant toute valeur au physicalisme scientiste.

    Réagir
    1
  2. Jean-Louis Tripon

    Je ne pense pas que les physiciens et les mentalistes parlent de la même chose quand ils utilisent le terme de conscience. Une question délicate résulte de la distinction entre les informations conscientes et la conscience d’information, c’est à dire entre un contenu informationnel et un contenant révélateur qui ne participe pas lui-même à l’élaboration de ce contenu. L’information pouvant être ou non consciente et indépendante de notre fonction mentale de révélation (la conscience, à ne pas confondre avec l’éthique, la perception sensorielle, la révélation, ou l’intuition d’une découverte). D’une part, il y a confusion totale chez les physicalistes, qui assimilent systématiquement cérébral et mental. D’autre part, nous ne révélons pas consciemment la nature physique des choses, mais une création sémantique qualitative, propre à notre analyseur mental. Ainsi, la couleur rouge, le quale rouge, n’existe ni dans la nature (ce n’est pas une longueur d’onde), ni dans le cerveau (comme l’affirme S. Dehaene, les qualia sont dépourvus de tout rôle dans le traitement de l’information, ne sont pas codables par le cerveau. et sont niés comme une idée étrange de l’ère pré scientifique). Ce point est extrêmement important dans le débat de la philosophie de l’esprit, puisque reconnaître l’existence des qualia revient à détruire la position matérialiste.
    En physique quantique, on constate une interférence du moyen d’observation, sur l’objet observé lui même, donc sur le résultat de l’observation. Par ailleurs ces mesures sont des informations codable par l’informatique pour être consultables et vérifiable par tous les chercheurs. Ce qui fait dire à certains que cet univers physique est de nature informationnelle. Ces résultats sont des contenus, des informations, non conscientes dans un ordinateur, qui peuvent devenir conscientes dans l’esprit des chercheurs.
    Cela se complique du fait que l’informatique ne peut coder que des informations cognitives, donc physiques, et non du qualitatif sémantique comme le quale rouge, et plus encore quand il s’agit de perceptions mentales pures, comme la conscience, les émotions, les intentions, les jugements subjectifs, et la confiance en soi, etc. C’est ainsi que si on considère les informations concernant une expérience quantique, l’information peut devenir consciente par l’observateur, sans contenir elle-même la moindre trace de conscience sémantique d’information.
    C’est pourquoi, tout en ignorant ce dont la physique quantique parle avec ce désignatif de conscience, et ce n’est peut-être qu’un feed-back entre des phénomènes, j’estime que nous ne parlons pas de la même chose, bien que nous employons le même terme.

    Réagir
    1

Laisser un commentaire

Article suivantRead more articles