Créer l’avenir

Créer l’avenir

J’ai retrouvé ce petit texte datant de 15 ans !

Le choix peut être le plus délicat concerne notre avenir. Nous savons d’ores et déjà que nous avons dans toute situation une marge de manœuvre, en particulier dans celle qui consiste à créer notre avenir. Comment la déployer ? Créer est différent d’inventer. `La création échappe à son créateur, un peu comme le ‘pouvoir de’ échappe heureusement à celui qui l’exerce. A la différence du « pouvoir sur », qui veut garder le contrôle. C’est ainsi que fonctionnent la mafia et tous les intégrismes. Et pourtant une création devrait être assumée jusqu’au bout, un peu à la manière dont on tente d’élever ses enfants dans l’autonomie. C’est important qu’ils volent de leurs propres ailes, mais c’est aussi important que nous puissions nous regarder dans une glace lorsqu’ils sont devenus grands et être fier de nous-mêmes, en tout cas ne pas avoir honte. La création de son avenir paraît pourtant pour beaucoup de jeunes un mur infranchissable. Je me souviens d’une jeune fille qui avait du mal à envisager l’avenir. Elle voulait en effet avoir un mari qui l’attend à la maison, des enfants, une vie indépendante. Elle voulait aussi voyager et avoir des amants. Et elle n’était pas d’accord pour que son futur mari en fasse autant. Ces désirs étaient des composantes de son être. Mais la simultanéité des réalisations n’était pas possible. Il lui fallait faire un travail de deuil sur cette instantanéité, et envisager une succession de moments, pour satisfaire tous ses désirs. Je me souviens d’un jeune garçon de quinze ans, dont le regard reflétait le désespoir de n’être capable de rien et de ne rien pouvoir envisager pour sa vie. Il avait été présenté par son professeur comme trublion grave. Au bout d’un quart d’heure d’échange avec cet adolescent, je n’avais encore rien découvert qui trouve grâce à ses yeux, et sa noirceur prenait des proportions inquiétantes. Heureusement que je suis structuré par une foi dans le résolutoire ! J’ai fini, au bout d’une demi-heure, par voir une lueur s’allumer dans ses yeux lorsque nous en sommes venus à parler des petits enfants. Un avenir possible était apparu, même s il se croyait à l’instant présent peu capable d’y arriver. Dans une école très pauvre de Harlem, un programme systématique pour envisager l’avenir a été distribué dès la classe de 6e à des enfants très défavorisés. La réussite de ces enfants a été considérablement supérieure à celle des classes voisines qui n’avaient pas connu la même stimulation (quasiment tous ont eu le baccalauréat). Exemple vécu d’un jeune 14 ans dans un collège parisien à venir à la place de Harlem. J’ai une amie qui a créé pour des jeunes un module de trois jours de formation appelé « projet de vie ». Une partie de ceux qui ont eu la chance de le suivre en ressortent transformés. Il savent s’interroger pour mieux conduire leur vie. Comment se fait-il que la possibilité de suivre ce genre de démarche ait du mal à s’étendre ? Je trouve dommage que l’on ne mette pas en place tout de suite des programmes pour que tous les jeunes puissent envisager l’avenir, dès leur plus jeune âge. Non qu’il faille savoir à quatorze ans exactement ce que l’on veut, mais parce qu’on sait pertinemment que tous ceux qui ont une idée de leur avenir n’ont aucun problème majeur dans leur existence. 

“Mais parce qu’on sait pertinemment que tous ceux qui ont une idée de leur avenir n’ont aucun problème majeur dans leur existence.” est le genre de poncif sclérosant aggravant que je déteste, de la psycho du niveau de madame Soleil (je ne sais pas ce que Jean-Marie en penserait mais dans le doute protège tes oreilles !). Ben tu seras charcutier ou OS chez Renault comme ton père ou femme de ménage comme ta mère, et toi tu feras science-po comme ont fait tes parents qui savaient rien faire de leurs mains.
Sans me vanter, j’ai un niveau enviable et surtout jamais eu le moindre problème de toute ma vie, et bien je n’ai jamais eu la moindre idée de mon avenir, seulement des principes non négociables : Acquérir une sécurité financière le plus tôt possible en exploitant les opportunités qui se présentent, pour me consacrer exclusivement à mes passions sans tenir compte de personne, ni des savoirs, ni des us et coutumes des autres, dans une rupture sociale totale, Seul pour moi, et vous pour tous ! C’est ce que j’enseignerais au enfants pour les libérer de leur aliénation déjà fortement enkystée à 14 ans.

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antoine valabregue

conseil en possibles cohérents avec la fragilité du vivant

Cet article a 2 commentaires

  1. Sylvain Chiron

    Moi non plus, pas d’idée précise de mon avenir, mais enfin, des ambitions quand même ! Mais cela ne m’a pas empêché d’avoir des « problèmes majeurs » dans mon existence. Qu’on sache toutefois que ces problèmes n’ont causé de tort qu’à moi, je n’ai nui à personne !

    Oui, un tel processus d’échange avec les enfants sur leur avenir me convainc assez peu. Je ne pense pas que ce soit le rôle des adultes de gérer ça, ce devrait plutôt être aux enfants d’apprendre à s’écouter les uns les autres, à dialoguer pour préparer la société de la nouvelle génération ! Les adultes ont des problèmes complexes, et en s’intéressant à la personnalité des enfants, ils risquent fort de les aliéner, de les accabler d’une emprise cloisonnante, limitant leur ouverture d’esprit et leurs perspectives. Normalement, les enfants ont ce privilège (du fait de leur logique innocence) d’une certaine intimité dans leurs songes et leurs échanges.

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