De l’évolution mentale

De l’évolution mentale

109. DE L’EVOLUTION DE L’HOMME
Cette évolution de l’homme conceptuel vers l’homme perceptuel mental est naturelle car elle ne procède que du développement d’une perception mentale intime, comparable à notre perception sensorielle biologique, que l’homo sapiens possède déjà, qu’il utilise ou qui apparaît pour certaines choses, non pas dans la proprioception, une sensation interne de notre corps qui passe encore par un récepteur sensoriel physique, mais dans la sensibilité émotionnelle, ou a lieu au cours de la méditation profonde, de la transe hypnotique, et du rêve lucide. Ces percepts sont des saveurs de nos fonctions mentales, de leurs émergences, de leurs produits et de leurs interactions, que la langue française, ni aucune autre, ne permet d’exprimer car les termes lui manquent, qui ne sont qu’inconscientes chez un homme ordinaire. Et encore, il est sans doute inapproprié d’employer ce terme ici, car si les phénomènes que cette perception révèle sont bien inconscients mais réels, leur perception elle-même ne l’est pas puisqu’elle est tout bonnement absente. Cette faculté perceptive mentale est potentielle chez l’homme, toutes les structures qui permettent de la développer sont présentes en lui, sinon nous ne pourrions le faire, et il peut la découvrir grâce à des techniques mentalistes, c’est par contre impossible tant qu’il reste enfermé dans l’imaginaire spéculatif de sa pensée conceptuelle. L’exercice de cette faculté perceptive mentale est indispensable et mène naturellement aux capacités nouvelles que nous avons citées, qui toutes en dépendent. Il n’y a rien ici qui soit véritablement extraordinaire ou magique, mais une suite d’implications successives logiques et de conséquences dans le cadre des lois et des principes qui gouvernent l’évolution générale des espèces vivantes, qui après avoir mené avec l’homme l’évolution biologique à son terme, se poursuit par son évolution mentale.

113. BERNARD DE MONTRÉAL : supra-conscient ou imposteur ?
Au vu de son site et ses livres, c’est un homme respectueux, froid, honnête et authentique, ayant vécu une expérience mystique toxique jeune, qui lui a laissé des séquelles mais qu’il a fini par maîtriser par un effort sur lui même.
Points positifs :
Un esprit très analytique recherchant une cohérence, plus pratique que théorique. Vitesse d’élocution qui révélerait une pensée holistique. Absence de trouble émotionnels (son emportement contre la misère de la civilisation humaine n’était peut-être qu’une posture, ce qui n’invaliderait pas une ataraxie). Critique le matérialisme, comme les errances de l’ésotérisme religieux. Son intelligence psychologique est indubitable. Ses convictions sont personnelles, fondés sur un esprit critique acéré. Dualiste de substance. Non aliéné social.
Points négatifs :
C’est un channeling sous l’influence d’un plan astral imaginaire. Emploie un jargon hermétique occulte. Parle d’une supraconscience au delà de la conscience physique. Parle de la conscience comme d’une entité dotée de nombreux pouvoirs. Confus quant-aux termes d’esprit, d’âme, de mental. Croit en des univers parallèles, en des forces cosmiques maléfiques, Confusion conceptuelle et sémantique. Mort d’un cancer à 64 ans qui invaliderait un état psychique harmonique.
Lacunes :
Des points importants manquent à sa théorie évolutionniste de l’homme : la pensée infralingue non verbale, les fonctions mentales non cérébrales. Sa perception des structures mentales semble se limiter aux superficielles.
Cet homme semble lutter avec un certain succès contre un imaginaire mythique qu’il s’est créé en réaction d’une expérience malsaine, ce qui montre aussi un bon niveau de raffinement mental et une certaine maîtrise de lui-même. Le terme de supramental emprunté à Sri Aurobindo est conçu comme un changement de plan faisant apparaître une nouvelle conscience et non l’aboutissement harmonique d’une évolution mentale continue, ce qui prouverait des insuffisances de perception mentale. Son influence culturelle n’a cependant pas été nuisible auprès de ses auditeurs.

114. CONSCIENCE SUPRAMENTALE OU PLEINE CONSCIENCE SÉMANTIQUE ?
J’utilise moi-même depuis peu de temps ce terme de conscience supramentale emprunté à Sri Aurobindo car il a le mérite d’exister, mais je me demande s’il est bien approprié. En effet, le terme : conscience est polysémique et demande à être explicité, et si le terme mental est clair car il désigne notre nature non physique, le terme de supramental évoque un au delà vide d’autre sens et peut prêter à des confusions, et à une mauvaise interprétation de la réalité d’un état mental qui se caractérise par une pleine conscience sémantique, une omniscience structurelle et un état mental harmonique.
Si je souscris totalement à la thèse de Sri Aurobindo qui affirme que notre état mental est évolutif et gravit des paliers successifs, je rejoins les critiques qui disent que quoi qu’il ait atteint, il est resté totalement à l’intérieur de son mental, il n’a pas pu passer dans un au delà du mental, qui n’existe pas, car ce serait inventer une troisième nature qui se substituerait à la deuxième. Enfin, quelle que soit son évolution, aucun état mental n’est suprême ou ultime; Quoi que nous fassions et que nous accomplissons, il restera toujours des états plus raffinés et supérieurs au nôtre. Un principe universel nous interdisant de devenir parfaits et de nous confondre ainsi avec la nature du permanent métaphysique immuable, en échappant au règne du vivant qui est le nôtre à jamais.
Si l’évolution mentale est continue, elle parcourt une multitude de micro discontinuités. En effet, chaque transformation ou restructuration successive de nos structures mentales est ponctuelle. Certaines d’entre elles sont minimes et secondaires, d’autres sont majeures, structurellement importantes, et marquent des étapes obligées par où cette évolution mentale doit passer. La pleine conscience sémantique ataraxique est l’une de ces étapes majeures obligatoires.

115. L’HOMME EST LE PREMIER MAILLON DE L’EVOLUTION MENTALE
Aucun n’est sans remarquer que l’espèce humaine présente quelque chose de spécial inconnu chez les autres espèces, et certains on pu croire à une intervention divine. Non, l’homme est toujours un animal. Ce qui a changé, c’est un basculement dans son architecture mentale. L’évolution biologique étant achevée, parce qu’anatomiquement et grâce à des outils son potentiel physique n’a plus de limite, en l’état de veille, la fonction volontaire est devenu dominante à la place de la fonction pathologique, source des émotions. Avec pour première conséquence que la reproduction génétique n’est plus l’objectif fondamental de l’espèce, la sexualité humaine est devenue volontaire et non plus déterminée par des structures réactives pulsionnelles, comme précédemment.
Deuxièmement, la nouvelle interaction forte entre les fonctions analytique, conscience et volontaire dominante, fait que l’homme est, pour la première fois dans l’évolution du vivant, conscient de son ignorance. Sa soif de la combler est donc devenue obsessionnelle. Seulement, comme il est le premier maillon d’une nouvelle forme d’évolution, il naît dans une confusion totale face à une marche immense. En l’absence de la maîtrise des bases qui lui permettraient d’y parvenir, son imaginaire ne peut répondre que maladroitement aux questionnements de sa fonction volontaire. Cependant, les activités inconscientes de ses fonctions mentales ne sont pas en reste : elles vont s’obstiner à lui créer des problématiques insolubles en son état, pour le pousser à évoluer mentalement. Avec pour conséquence, des désordres psychiques et mentaux multiples, d’où des souffrances de tous ordres, des tumultes sociaux et des guerres, qu’aucun progrès technologique n’est capable de résoudre. L’équation est ainsi posée sur le plan mental.
En conclusion, l’objectif fondamental de l’espèce humaine n’est pas de résoudre ses problématiques, mais d’évoluer mentalement afin d’y parvenir.

120. STRUCTURE MENTALE DE PLEINE CONSCIENCE HOLISTIQUE (1)
Comme je le mentionne dans le premier chapitre d’une leçon de Wikiversité, l’élève-ingénieur mentaliste est transformé à mesure de ses apprentissages et de l’acquisition de techniques de plus en plus performantes en une suite de paliers successifs, en s’engageant et en accomplissant les exercices du cours de développement mental sémantique DMS de l’Académie Sémantique et Fonctions Mentales. Ce cours, s’il est suivi avec succès, mène au seuil d’un état mental supérieur à celui de l’homme ordinaire. Franchir ce seuil demande un effort particulier d’intégration des structures fondamentales de la fonction analytique 2, dont les éléments sont donnés dans les monographies 47 à 49. Il faut comprendre que c’est en exerçant cette fonction à résoudre des problèmes de plus en plus complexes qu’elle progresse elle-même dans sa restructuration jusqu’à franchir ce seuil. Plusieurs restructurations mentales ont déjà été vécues dans cette démarche évolutive, mais elles n’étaient que partielles et concernaient l’acquisition de nouveaux outils, alors que cette fois-ci c’est une restructuration globale, dont l’effet est quelque peu surprenant. L’analytique l’opère en une fraction de seconde et nous ne sommes pas conscients de toutes les procédures qu’il utilise. Cette transformation ne s’accompagne d’aucune expérience mystique. D’ailleurs le mentalisme scientifique n’est pas une mystique, même si un mentaliste peut se balader dans des états modifiés de conscience et vivre, par plaisir ou selon l’inclination de sa personnalité, des expériences que certains qualifient de mystiques.

121. PLEINE CONSCIENCE HOLISTIQUE (2)
Certaines personnes parlent de supraconscience, d’hyper-conscience, ou comme Sri Aurobindo de conscience supramentale. Comme je trouve du psittacisme dans ces termes, je préfère désigner cet état du terme de pleine conscience holistique. D’une part parce que j’ignore si nous parlons de la même chose, que c’est toujours la même fonction conscience avec une extension de facultés et non une nouvelle, et d’autre part que “pleine” et “holistique” me paraissent plus qualifiant et plus suggestifs que “supra”.
Cet état mental implique une ataraxie harmonique, une absence de trouble, d’émotion et de stress. Si j’évite aujourd’hui de mettre cette caractéristique en avant, c’est qu’environ 30% des personnes y réagissent négativement, dans un éventail qui va de : “Je ne peux pas vivre sans mes émotions” à “C’est débile de mépriser les émotions comme tu le fais, tu t’es perdu dans un cul-de-sac stérile”. Et bien non, je ne peux pas mépriser ce que je ne vis plus, et je m’abstiens de lui dire que la haute maîtrise qu’il revendique est une voie sans issue inconsciente de la réalité de l’évolution mentale. Les gens qui n’en n’ont pas fait l’expérience, imaginent la chose sans pouvoir en juger. L’ataraxie était le Graal de de l’école grecque épicurienne, et est à rapprocher du nirvana ou du tao des écoles orientales. Ce n’est pas seulement un état de sérénité permanente, une autre relation à son corps et à son moi psychique, plus agréable à vivre. Si l’analytique 2 l’installe, c’est pour que notre mental reste efficace à chaque instant, sans être perturbé par des émotions. Il est possible de rester au seuil de cet état. Cependant si on s’en rapproche de trop près, l’analytique peut le déclencher à l’improviste, surtout s’il repère un désir subconscient d’y basculer. Cet état est irréversible, il n’est pas possible de revenir en arrière, car il résulte d’une nouvelle structuration mentale profonde. Au delà, il s’ouvre sur un nouvel espace d’évolution vers un nouveau seuil encore plus élevé, et ainsi de suite, car l’évolution mentale n’a pas de fin.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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