Délinquance ou révolte contre l’oppression ?

Délinquance ou révolte contre l’oppression ?

La délinquance se doit d’être réprimée par les forces de l’ordre qui assurent la sécurité des populations au sein du territoire national, par ailleurs le droit à la révolte contre l’oppression est inscrit dans la constitution française en vigueur, comme le quatrième droit de l’homme et du citoyen de 1789. Où s’arrête la délinquance et où commence la révolte légitime ? Qu’est-ce qui constitue un trouble à l’ordre public ? Un état de droit est-il possible dans un régime qui se permet d’avoir une raison d’état pour torturer et tuer sur ordre donné, mais jamais avoué, à ses services secrets. La toute puissance de l’état est-elle souhaitable en toute circonstance, autrement dit, la dictature autoritaire sans partage est elle nécessaire à la bonne gestion de la cité ? Un système fictieux, dans lequel le mensonge et la falsification des faits, sont des pratiques courantes admises des hommes politiques peut-il revendiquer d’être démocratique ? Les récents événements de la crise des Gilets Jaunes soulignent la pertinence de ces questions. La Science Politique peut-elle y répondre de façon satisfaisante ou, devons-nous glisser toutes ces questions sous le tapis, afin de ne pas troubler l’inconscience des choses œuvrant dans le sens du bien public ?

L’Etat n’est qu’un ensemble de moyens mis au service des hommes politiques pour gérer la cité. La liberté d’action des hommes ne pouvant pas être contrainte par la loi, qui n’est qu’une incitation à bien faire assortie de sanctions en cas d’infraction, ne faudrait-il pas mieux réduire les moyens de l’Etat plutôt que de discourir et légiférer sur la légitimité et les limites de leur utilisation par les hommes politiques au pouvoir ?

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 11 commentaires

  1. antoine valabregue

    Réduire les moyens de l’Etat, je ne sais pas mais les réorienter fortement vers des pistes plus résolutoires, certainement. une formation générale de la police pour traiter correctement es gens et répondre à leurs préoccupations en lien avec justice citoyens etc est de la plus autre urgence. Après, faire la part des choses entre les manifestants et les casseurs ( parfois payés d’ailleurs pas l’Etat, mais pas toujours) est un problème plus délicat. il n’y a bien sur aucune question tabou, mais par contre faire en sorte quelle soit prise en compte est une autre paire de manche et nécessite de s’organiser plus collectivement intelligemment

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    1. Jean-Louis Tripon

      La première question de fond me semble : “Les politiques peuvent-ils tout se permettre pendant une législature pour maintenir ce qu’il conçoivent être l’ordre public ?”, car ça peut aller jusqu’à envoyer les tanks comme en Chine, ou tirer à la mitraille (plus efficace que les boulets contre des insurgés) comme Bonaparte le 13 vendémiaire an IV à la demande de Barras, résultats : 300 morts lors de la canonnade de St Roch, et la promotion immédiate de l’aventurier corse au titre de général de division.
      C’est une question d’école, car en cas de sédition populaire, il faut s’attendre à tout, plutôt que de miser sur la lâcheté du camp adverse (on l’a vu en Libye et en Syrie). Doit on former les matraqueurs armés de fusils militaires à cogner avec une plus grande délicatesse les femmes et les vieillards désarmés, ou bien les armer de plumeaux de plumes de paon, pour prévenir des blessures graves pour le corps et l’âme des manifestants.

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    2. Jean-Louis Tripon

      Voir le point de vue de David Millemann plus bas concernant le partage du pouvoir ( sans doute à inscrire comme un point important des débats politiques qui vont s’ouvrir). Tu commences toujours à organiser cela le 24-4-2019 ? J’ai installé un traducteur Google en pied de page pour nos amis étrangers et Vernon cherche un meilleur traducteur anglais (l’espagnol, l’italien et le portugais ne posant pas de problème). Des milliers de Plugin sont disponibles pour d’autres fonctions à ajouter (votes par exemple), WordPress n’étant pas Facebook mais sans limite.

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  2. David Millemann

    La ligne sur laquelle joue les forces de l’ordre depuis le début des gilets jaunes, c’est justement qu’ils rendent très flou la différence entre “désobéissance” et “délinquance” et les manifestants sont perdus entre les valeurs de respect du vivre ensemble et la volonté d”exprimer, plus qu’une colère, un vouloir de changement. La pouvoir a déjà dépassé le stade de l’utilisation de la violence qu’ils disent légitime pour jouer avec le fait que les personnes ne savent plus à quel moment cette violence est justifiée. Et dans de très nombreux cas actuels, elle ne l’est pas. On assiste donc à des débordements réguliers, organisés et impunis. Légiférer sur ces sujet n’est jamais une mauvaise chose, mais à priori la chose est déjà théorisé et inscrite dans des textes mais le problème actuel est que personne ne fait vraiment respecter les textes. Selon moi, il est important si le concept de violence légitime étatique est défendu de surtout parler des contre pouvoirs qui l’encadrent.

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    1. Jean-Louis Tripon

      Cela pose en effet le problème du respect des textes et des usages par le pouvoir exécutif dans un état de droit. Ces lignes sont déjà difficiles à définir dans des textes (je crois qu’au Royaume Uni, l’usage prévaut, et qu’en France on se réfugie plutôt derrière des textes depuis Philippe IV Le Bel). Mais quand l’option de l’exécutif est de ne respecter aucun texte pour son confort (donc au delà de défendre sa légitimité), l’état de droit devient un leurre et on tombe dans un régime arbitraire. C’est donc une question essentielle ! Et en supposant que le droit soit suffisamment clair sur la distinctions de ces nuances dans les actions populaires, comment et par qui, faire respecter le droit, quand les médias (sauf internet) sont au service du pouvoir, quand la novlangue est généralisée, quand il n’y a pas de cour suprême, ni de sénat, pour s’exprimer, que le conseil d’état est sommé de se taire, et les députés godillots. Le seul rempart reste le peuple, qui ne peut sanctionner le pouvoir que tous les cinq ans ! C’est ainsi que j’ai entendu des députés LREM justifier leur opposition au RIC révocatoire : “Ceci existe déjà, ce sont les élections législatives”.

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  3. David Millemann

    Tout ceci est lié au partage du pouvoir. A l’heure actuelle, le seul pouvoir des gens, c’est de choisir à qui il donne les plein pouvoirs et éventuellement, choisir quelle partie de l’opposition ils soutiennent. A échelle plus locale, ils peuvent un peu demander des comptes directement aux élus, mais n’ont pas plus de pouvoirs pour autant. Donc il est toujours question, sur la violence et le droit, de qui ou quoi fait respecter le droit, quel contre pouvoir et quel degré d’indépendance a-t-il pour vérifier que ceux qui ont le pouvoir n’en abuse pas. Au delà de la violence et du droit, dans l’orientation du vouloir politique, le peuple n’a pas vraiment de poids direct non plus, il n’est pas consulté autrement qu’à titre symbolique (on a bien vu le grand débat).
    Selon moi, beaucoup des problèmes actuels viennent de ce rapport hypocrite entre les décideurs/acteurs et les spectateurs /consommateurs. La solution, c’est que le peuple soit plus acteur de sa politique, il a moins besoin d’inventer des contre pouvoirs s’il use de son pouvoir au sein de la cité et si on lui en donne plus. Donc pour répondre à la question initiale : je ne pense pas qu’il faille moins de pouvoir à l’état, mais je pense au contraire qu’il faut plus de pouvoirs aux collectivités et moins de pouvoirs aux individus et que toutes les factions du peuple soit plus acteurs, c’est ainsi qu’on crée un ordre qui tolère mieux tous les micros désordres du vivre ensemble, qu’on intègre assez les gens pour ne pas amener des décisions en force et qu’on peut s’appuyer moins sur le concept de violence légitime.
    En ça, de mon point de vue, le RIC CARL est clairement un outil qui permet de tendre vers ça tout en restant dans un fonctionnement global assez proche de ce qu’on connaît déjà. Mais dans le fond, je suis plus pour un changement de régime plus profond, mais ce n’est pas le sujet de cette discussion

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  4. antoine valabregue

    Bien sûr qu’il y a besoin de plus de pouvoir aux citoyens. Il existe par ailleurs, et n’est pas forcément pris suffisamment en main ni correctement exercé. L’exercice du pouvoir nécessite un apprentissage et des règles. Il ne suffit pas de mettre en place des votes, il y a d’abord besoin de se mettre d’accord sur les dossiers prioritaires et leurs échelles de temps et ce n’est pas du ressort du RIC. Avec des gens de bonne foi, et qui roulent pour autre chose que leur personne ce n’est pas un pb. C’est même à cela qu’on les reconnait. Moi justement, je propose une méthodologie qui marche à tous les coups. On réunit tous ceux qui veulent s’exprimer, on donne la consigne élaborer vos accords partagés puis mettez-vous d’accord sur les désaccords et enfin élaborez les scénarios conséquent en soumettant au vote les indécisions.

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