D’où venons-nous ?

D’où venons-nous ?

Petit cours de philosophie

Matérialiste ou spiritualiste ?

Si vous choisissez de défendre la thèse matérialiste, vous vous trouverez face, comme dit Madame Tallon – Baudry du CNRS, à un gouffre explicatif impossible à franchir pour monter comment la matière peut être consciente et penser, car se sont deux types de propriétés qui s’excluent, et que la physique ne dispose pas des concepts pour penser les secondes.
Aussi, s’il vous sera facile de démolir les thèses adverses en trouvant chez elles la chose qui pèche, et vous les aiderez à la résoudre, vous ne pourrez jamais démontrer la vôtre. Et dire : on trouvera demain, n’est évidemment pas un argument acceptable. Donc, et à contre cœur, il vous faut mieux opter pour le spiritualisme.

Tous les vivants sont conscients et pensent

Monisme neutre de double aspect, dualisme de substance, ou multisubstancialisme, cela n’a pas beaucoup d’importance. Le premier point incontournable sera d’admettre et de défendre que tous les êtres vivants sont conscients et pensent, jusqu’aux plus minuscules d’entre eux, c’est à dire les bactéries, les unicellulaires, et par voie de conséquence : toutes les cellules de votre corps biologique. Ce premier point franchi, la suite sera beaucoup plus facile.

Duplication et division

Le diplosome

Les bactéries eucaryotes se reproduisent en se divisant. En ce qui concerne leur nature physique (celle qui ne pense pas), nous savons que cette opération duplication + division est assuré par un organite que nous nommons le diplosome. Cet organite est aussi un centre perceptif et cinétique (il est relié par un système tubulaire au organes de perception et de locomotion de la cellule, qui sont son flagelle et ses cils). Et comme il faut être conscient et penser pour faire les choix et prendre les décisions nécessaires pour se déplacer comme il faut, avec un but particulier comme se nourrir ou au contraire échapper aux prédateurs, ce diplosome est relié à la nature consciente de la bactérie, sans être lui-même cette entité (car il est purement physique). Nous dirons qu’il est une interface physique/mentale relié à ces deux natures.
Que ce passe-t-il donc au cours de la reproduction cellulaire ? Nous voyons en premier les deux centrioles qui constituent le diplosome se détacher puis s’éloigner l’un de l’autre à des opposés de la masse du cytoplasme, puis se dupliquer avant de reproduire tout le reste. Et enfin, toutes ces opérations de duplication terminées, la cellule s’étire jusqu’à la rupture du boyau formé dans sa partie centrale et donne naissance à deux individus identiques, deux bactéries au lieu d’une.
Qu’advient-il de l’entité pensante de la cellule au cours de cette reproduction ? Comme les deux cellules filles en ont autant besoin pour vivre que leur cellule mère, cette entité est nécessairement obligée de se dupliquer et de se séparer l’une l’autre de la même manière que la nature physique au moment de la duplication du diplosome dont ses deux conséquents restent naturellement attachés au deux diplosomes fils qui se sont créés, même si leur nature ne nous est pas visible.
Le vivant, c’est à dire l’apparition du premier ancêtre cellulaire de tous les vivants restant un mystère, mais pas plus que le surgissement de la matière du Big Bang.

Qu’en est-il pour nous les humains ?

C’est un peu plus compliqué car notre corps est une colonie cellulaire, un métazoaire constitué de centaines de milliards de cellules, et que nous ne sommes pas plus ce corps que l’entité pensante d’une bactérie n’est son entité biologique.
Tout d’abord, nous ne sommes pas l’enfant de nos parents, comme nous avons tendance à croire mais le produit de deux gamètes mâle et femelles, le spermatozoïde et l’ovule, qui tous deux possèdent un diplosome et une entité pensante. Cela fusionne et se divise, et se divise, par méiose, tout comme font les cellules des monocellulaires, et ce cycle de reproduction traverse toute les étapes à travers la morula et la blastula pour enfin aboutir à l’embryon. A chaque division des entités biologiques, se divisent également leurs entités conscientes et pensantes, et à un moment de ce processus apparaît une entité pensante surnuméraire. Cette entité, c’est ce que nous sommes. Difficile de dire quand, mais elle est indispensable à la survie des être vivants un peu complexes, comme les méduses et les diploblastiques.
Il est prudent de fixer l’apparition de cette entité pensante surnuméraire pendant organogenèse, au delà de la cinquième semaine après la fécondation. Ceci afin de ne pas poser de problème moral aux femmes désireuses de pratiquer une interruption volontaire de grossesse.

Que dire du survivalisme et de la réincarnation ?

La thèse que nous défendons implique que tous les êtres vivant actuellement, vivent d’une façon ininterrompue depuis plus de quatre milliards d’années sur terre, à travers tous leurs ascendants successifs, sans aucune rupture de continuité de leur entité consciente et pensante, sinon des duplications. Tous ceux-ci n’étant jamais morts, le problème de la survie et de la réincarnation ne se pose pas pour eux. Mais à coté d’eux, des millions de milliards meurent à chaque instant dans probablement des milliards de galaxies, et cela ne change pas grand chose si la terre, notre planète, est le seul réceptacle possible des êtres vivants dans tout l’univers. Qu’arrive-t-il donc à tous ceux qui meurent ?
Il nous faut d’abord éliminer la thèse de la réincarnation, non seulement pour sa complexité technique avec une loi de jugement karmique, mais parce que le réincarnant devrait prendre la place d’un autre issu du processus naturel de reproduction des espèces décrit dans le paragraphe précédent. ce qui ne lui serait pas possible dans le cadre des lois qui le gouvernent.
Le survivalisme supposerait donc l’existence d’une sorte de cité ou d’empire céleste, un paradis, une maison des chants, comme le suggèrent de nombreux textes sacrés des religions révélées. Ce qui serait moins incohérent que la réincarnation, mais ce qui reste peu probable vu la complexité des infra et des superstructures à mettre en place dans quel outre monde immatériel et par qui ? Dieu n’étant pas une hypothèse raisonnable.
Le plus rationnel et le plus probable, étant donc que cette entité immatérielle consciente et pensante, au delà des quelques heures de survie à son symbiote biologique, ainsi que l’atteste les expériences de mort imminente, rejoigne, se confonde et se néantise dans une communion avec la source mystérieuse de vie qui lui a donné naissance, il y a bien longtemps. Une hypothèse qui ne fait pas appel à d’autres infrastructures complexes, ni a des théories mystiques anthropomorphiques généreuses, compatissantes, mais trop tarabiscotées pour être raisonnables.

Conclusion

Cette thèse a le mérite d’être relativement simple à expliquer et à comprendre. Elle est de nature à dénouer un certain nombre de paradoxes qui bloquent actuellement les avancées scientifiques en sciences de l’esprit. Elle ne fait pas appel à des processus extraordinaires, ni à des idéologies théologiques, et s’appuie sur des connaissances biologiques et psychologiques. Elle pourrait faire l’objet d’expérimentations et de validations au moins partielles par des protocoles scientifiques avant la fin de ce vingt-et unième siècle.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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