Et si nous apprenions à notre mental à sauver la planète ?

Et si nous apprenions à notre mental à sauver la planète ?


Pastiche d’un texte scientiste publié par le REV, le terme (cerveau) ayant été remplacé par (mental) afin de montrer que la culture matérialiste est arbitraire.

Il est aujourd’hui difficile de nier la réalité et la gravité du changement climatique et de la 6e extinction animale de masse. Les études scientifiques se succèdent et pourtant, tant le grand public que nos dirigeants, ne semblent prêts à changer de mode de vie pour éviter d’aller droit dans le mur. Pourquoi agissons-nous de la sorte ?
Plus les preuves scientifiques du dérèglement climatique s’accumulent, moins la population semble concernée. Pire, les sceptiques montent au créneau de plus belle, à l’instar de Donald Trump qui n’hésite pas à assumer qu’il ne croit pas à la réalité d’un phénomène pourtant indéniable. Pourquoi le monde ne se réveille-t-il pas de façon globale et radicale pour inverser la vapeur ?

Notre mental, ce responsable
Selon le psychiatre norvégien Per Espen Stoknes, le principal problème est d’ordre psychologique. En effet, l’information ne manque pas, nous ne pouvons donc pas accuser l’ignorance de nous conduire aujourd’hui à la catastrophe décrite en détail par le monde scientifique. Pire, plus les études sont alarmantes, plus cela semble contre-productif. 
Le coupable dans l’histoire ? Notre mental, qui cherche à tout prix à éviter les problèmes. Il met donc en place des mécanismes pour se défendre face à l’horreur de la réalité, avec pour résultat une inaction qui pourrait nous coûter cher.
Sébastien Bohler, docteur en neurosciences, rappelle qu’après 300 000 ans d’évolution, « le cerveau n’a qu’un objectif : produire de la dopamine pour nous rendre heureux ». Il n’est pas concerné par la menace d’extinction de l’espèce humaine. Notre mental, censé gérer ce problème, favorise les comportements les plus automatiques et les plus rassurants possibles afin de diminuer la création de stress. 
Plus concrètement, notre mental qui régit nos comportements, nous a habitué à poursuivre 5 objectifs avec pour but la survie de l’espèce : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s’imposer face à autrui. Le problème c’est qu’en devenant de plus en plus performant et en imposant l’homme comme le mammifère dominant la planète, il réclame toujours plus de récompenses. Tel un drogué, il ne peut discipliner sa tendance à l’excès. À aucun moment, il ne cherche à se limiter. « Hier notre mental était notre allié, il nous a fait triompher de la nature. Aujourd’hui il est en passe de devenir notre pire ennemi », explique le scientifique également rédacteur en chef du magazine Cerveau & Psycho. Il existe donc des barrières mentales qui nous empêchent de voir la réalité en face. Parmi ces barrières, citons la dissonance cognitive. 

Dissonance cognitive
Le réchauffement climatique fait peur, tout comme l’idée de voir disparaitre une à une les espèces animales et végétales qui nous entourent. Mais les mesures préconisées pour enrayer ces phénomènes sont jugées trop contraignantes pour être appliquées : réduire drastiquement la consommation de produits animaux, arrêter de prendre les transports polluants comme l’avion, se passer de climatisation dans les pays chauds par exemple… Cela reste impensable pour une majeure partie de la population aisée. Ceci n’est pas sans conséquence sur notre moral et notre équilibre psychique, qui repose sur un besoin de cohérence. Même si nous sommes aujourd’hui de plus en plus sensibilisés à la nécessaire défense du vivant, nous n’agissons pas à la hauteur des enjeux. Entre la connaissance du problème et la reconnaissance du besoin d’agir, notre réflexe est de refouler ces informations pour éviter d’y penser. Ces contradictions intérieures entraînent un malaise profond. 
Cet état de tension inconfortable appelé dissonance, peut être réduit si l’on fait l’effort de modifier ses croyances et son attitude. Remettre en question des habitudes et des croyances ancrées dans l’inconscient collectif relève de la gageure. Pourtant, aurons-nous le choix ?
Il y aurait un lien étroit entre la dissonance cognitive et la mémoire de nos actions passées. C’est ce que montre une étude parue le 23 janvier 2017 dans la revue internationale Scientific Reports du groupe Nature (Mariam Chammat, Lionel Naccache). Ces travaux suggèrent un rôle potentiellement délétère des comportements de compromission (compromission sociale, politique, professionnelle, affective, morale…) au cours desquels nous acceptons de commettre des actes qui entrent pourtant en opposition avec nos valeurs. Ces actions dont nous pouvons croire, – à tort -, qu’elles ne laissent aucune trace sur notre système de valeur une fois commises, sont susceptibles de le transformer insidieusement de manière plus ou moins profonde.

Faire tomber les barrières
Alors comment amener autrui à modifier ses idées et ses comportements ? Comme l’explique Fabien Girandola, Professeur de Psychologie Sociale à Aix-Marseille Université, de nombreuses recherches montrent tout l’intérêt qu’il y a à obtenir des engagements précis de la part de celles et de ceux dont on souhaite modifier durablement les comportements. 
Par exemple, une expérience a mis en évidence que la communication dite « engageante » peut s’avérer efficace pour promouvoir des comportements éco-citoyens chez les élèves de 9-10 ans et même chez leurs parents. Les familles qui ont été invités à s’engager par écrit, par le biais d’un « bulletin d’engagement » à modifier une habitude, comme par exemple prendre une douche plutôt qu’un bain, ou ne plus prendre la voiture pour les très courts trajets, ont réussi à modifier leurs comportements, davantage que ceux qui ne s’étaient pas engagés par écrit. Mêmes constats pour œuvrer à la protection du littoral méditerranéen auprès de plaisanciers (Joule, Masclef et Jarmasson, 2006), ou à la propreté des plages auprès de baigneurs (Joule, Bernard, Lagane et Girandola, 2007).
Cela montre bien l’importance de la décision dans le passage des idées (en l’occurrence des bonnes idées) aux actes. La communication engageante s’avère plus efficace que la communication classique pour obtenir des changements d’intentions comportementales et de comportements effectifs. Cela ne signifie pas qu’informer ou qu’argumenter ne sert à rien. L’information et l’argumentation servent au fil du temps à modifier les savoirs, les idées, les attitudes et, certainement, à provoquer des prises de conscience. 

Et si nous apprenions à changer nos habitudes ?
Pour Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, « notre mental possède, dès la naissance, un talent que les meilleurs logiciels d’intelligence artificielle ne parviennent pas encore à imiter : la faculté d’apprendre ».
Stanislas Dehaene évoque 4 piliers : le premier est que l’attention est indispensable. Il s’agit d’une orientation volontaire de notre esprit sur un point particulier nécessitant de mobiliser la concentration. Cela implique une notion d’effort nécessairement soutenu par une forte motivation. 
Le 2e pilier concerne l’engagement actif, qui assure les processus mentaux. Pour bien apprendre, notre mental doit en effet réajuster ses modèles. L’apprenant assimile de nouvelles notions en les reformulant en mots ou en pensées qui font sens pour lui.
3e pilier : l’apprentissage s’effectue par essai/erreur. La mise en pratique met en avant d’éventuelles erreurs ou insuffisances de compréhension. Des allers/retours entre la mémoire et l’action sont donc indispensables pour affiner l’apprentissage et le réajuster si nécessaire.
Enfin, 4e pilier, garder à l’esprit que pour changer une pratique, il ne suffit pas de le vouloir. Il est important de mettre en œuvre la nouvelle posture au moment où on l’apprend, puis de programmer des répétitions régulières, par espacement croissant, pour ancrer la trace mémorielle. Les structures mentales pilotant l’ancienne pratique sont en effet très solides car ils ont été générés et renforcés de nombreuses fois.
Enfin, n’oublions pas que l’apprentissage est également lié à la charge émotionnelle. Depuis l’origine, l’émotion a constitué un signal d’alerte relatif au danger ou aux ressources à traiter en priorité. Cela explique qu’une information émotionnelle soit mieux assimilée que toute autre.
Ces pistes montrent qu’il est aujourd’hui possible « d’apprendre à apprendre », pourquoi pas à modifier nos (mauvaises) habitudes afin d’évoluer mentalement. 

Jean-Louis Tripon

Chercheur théoricien mentaliste, ingénieur géomètre INSA, expert en sémantique holistique, expert en science de la vie mentale, Harmonique de Pleine Conscience Holistique Ataraxique (HPCHA), dualiste de substance, métaphysicien athée, créateur de la méthode DMS, président fondateur de l'AFDMS.

Cet article a 1 commentaire

  1. Jean-Louis Tripon

    Ce pastiche montre que l’original est une suite d’affirmations sans arguments, accordant au cerveau des facultés qui pourraient tout aussi bien appartenir au mental non cérébral. Et même que le seul argument apporté au 3 ème paragraphe par Sébastien Bohler (texte inchangé) : “Le cerveau n’a qu’un objectif : produire de la dopamine…”, montrerait au contraire que le cerveau n’est concerné que par sa chimie intime et ne spécule pas sur les conséquences de nos comportements ni les contraintes écologiques externes. Le cerveau ne réfléchit pas, il exécute des programmes déterminants, comme un ordinateur biologique, c’est à notre mental que revient le rôle de penser consciemment. Le Docteur Bohler prouve ici sa propre dissonance cognitive en affirmant un peu plus loin une conclusion contradictoire, donc son présupposé sur le cerveau, en négligeant le premier fait qu’il a constaté.
    Entant qu’organe biologique, le cerveau ne peut pas être dissonant, il ne peut admettre des programmes contradictoires au niveau biologique, pour fonctionner. Ce sont les structures et les croyances de notre mental sémantique qui sont dissonantes. C’est donc à lui et non au cerveau de résoudre sa propre dissonance, ce qui bien évidemment, lui répugne. Le cerveau ne pourrait d’ailleurs pas modifier ses structures intimes qui exigent pour cela une mutation génétique. Heureusement, notre mental en est lui capable, même si cela lui est difficile et rentre dans le cadre de ses décisions complexes, et qu’il peut les imposer au cerveau qu’il domine.
    Nous rencontrons le même phénomène quand nous voulons cesser de fumer : Le cerveau adore la dopamine que lui apporte la nicotine, mais il fini par en accepter le sevrage au bout de quelques jours. Le problème est alors uniquement du ressort de notre mental, et comme dit S. Dehaene : “Vouloir ne suffit pas”, mais comme c’est un moniste niant et ne comprenant rien au fonctionnement de notre mental, ses quatre piliers sont inefficaces : afin de parvenir à réussir, il faut qu’il opère une restructuration mentale qu’il est seul capable de faire car ce ne sont pas des structures biologiques. Ce qui se passe alors est un autre argument en faveur de la thèse du dualisme de substance : les deux organes, cerveau et mental, sont indépendants et interactifs, ne procèdent pas de la même nature et sont naturellement conflictuels, l’un dominant cependant l’autre.

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