Il n’y a pas de réseau social sans dialogue interactif

Il n’y a pas de réseau social sans dialogue interactif

Nous avons essentiellement besoin de dialogue

Pour confronter des idées, nous connaître et nouer des amitiés, et au delà, construire des projets concrets ou conceptuels ensemble.
Facebook malgré ses tares, son despotisme, ses sollicitations, ses tracasseries intempestives, ses publicités, sa censure et la revente de nos données, a incontestablement réussit une chose = créer du dialogue entre nous, et pour cette raison, on y retourne en oubliant tout ce qui nous déplaît et nous chagrine dans les turpitudes de ce leader mondial.

La complexité n’est pas favorable au dialogue

La complexité de fonctionnement d’un réseau ajoutant sans cesse des possibles aux possibles comme par exemple “Communecter” n’est pas favorable au dialogue de ses membres. L’UX des concepteurs, l’idéale des webmasters et des ingénieurs informatiques à l’aise dans tout leur baragouin anglo-phonologique n’est pas celle de leurs utilisateurs qui vont la fuir plutôt que de l’appendre. La sacro sainte ergonomie des logiciels qui prime dans ce métier n’est pas toujours du goût de tous, de ceux qui n’ont pas été formés à cette culture.
La plateforme des Colibris est plus simple et plus efficace à utiliser, mais le dialogue y reste difficile.

Tweeter et ses personnalités charismatiques

Tweeter et ses semblables, c’est très bien pour les artistes de cinéma et les stars du football qui abreuvent leurs millions de fans de leurs humeurs et de leurs aphorismes imbéciles du moment, qu’on se plaira de partager avec gourmandise. Mais ce n’est pas du dialogue.

LinkedIn et ses promotions professionnelles

LinkedIn est un réseau exclusivement professionnel, plutôt moins despote que son propriétaire actuel Facebook. J’y ai près de 6 000 relations, et j’y suis plutôt bien lu (ma dernière vidéo : La fonction conscience y a reçu 186 vues en quelques jours), ce qui démontre que ces professionnels ont aussi une dimension spirituelle.
Le fonctionnement de la plateforme est assez simple, sa messagerie est une opportunité de contact, de promotion, et d’un peu de dialogue. Le climat y est plus détendu et plus aimable que dans Facebook. entre cadres on se respecte. LinkedIn est la seconde source de nos lecteurs et de nos membres après Facebook.

Diaspora, Framasphère, leurs artistes et leurs délirants

Framasphère est le refuge de nombreux artistes et délirants déçus ou chassés des turpitudes de Facebook, 53 000 membres dont 6 000 actifs. J’y ai 1000 relations. C’est une très belle plateforme avec tout pour plaire, sauf du dialogue entre ces anonymes et leurs profils de marginaux souvent décalés, qui ne sont là que pour s’exprimer et présenter leurs œuvres sans se soucier des autres. C’est donc un réseau bien pauvre car sans interactivité, où je ne fais plus que de la promotion une fois le mois à l’occasion de fêter les anniversaires de mes relations qui se sont inscrites à cette éventualité.

L’open source francophone c’est Framasoft

Framasoft est le champion du logiciel libre et de l’open source francophone, c’est à dire qu’il promeut un certain système économique auquel beaucoup de gens n’adhèrent pas. Nous pouvons donc devenir partenaires pour inviter nos membres à en profiter sans jamais devoir obliger nos auteurs à s’y soumettre. Je ne suis pas d’avis favorable qu’une plateforme sociale doive autant s’impliquer dans l’open source et se couper ainsi d’une partie de son public disponible en perdant de ce fait son caractère généraliste.

Les réseaux Eco Sociaux Solidaires ne sont pas généralistes

Les plateformes sociales du genre “Communecter” sont dédiées à l’économie sociale solidaire de proximité ESS. C’est bien joli, mais c’est au service de producteurs dans un cadre économique particulier qui ne se soucie guère des consommateurs, tant qu’il ne dispose pas d’un réseau de distribution proche de ceux-ci. Je ne vais pas chercher un panier de légume à un endroit, et mes œufs, mon fromage, mon lait, mon pain et ma viande à d’autres à des kilomètres de part et d’autre de mon domicile, ce serait anti économique et anti écologique.
De fait ces communautés et ces associations ont une vie réelle importante sur le terrain, ne s’intéressent qu’à leur modèle économique de survie, et ne se servent de leurs plateformes que comme d’une vitrine internet et pour communiquer les événements qu’elles organisent. Nous sommes donc là entre soi, et il n’y a donc guère besoin de dialogue sur le net.

Comme tous, nous souffrons de l’attractivité de Facebook ! Comment faire ?

Avec 5 500 membres inscrits et bientôt 140 000 visiteurs en onze mois d’exercice, notre social networking service Sic Itur n’a pas trop à se plaindre. Nous enregistrons un bon succès de magazine. Par contre, notre activité interne de publication et de dialogue reste le fait d’un petit groupe de passionnés, et n’atteint donc pas son but.
Nous venons de créer une nouvelle rubrique : Débats citoyens pour améliorer notre activité de dialogue. C’est en partie ce qu’il faut faire : créer des activités interactives. Mais comme le souligne le texte de l’image mise en avant, il faudrait que nos auteurs puissent convaincre leurs amis et leurs proches de les rejoindre sur une plateforme indépendante des GAFAM, pour que son activité interactive puisse véritablement décoller à l’image de celle de Facebook.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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