Il y aurait de quoi avoir peur

Il y aurait de quoi avoir peur

Et pourtant, les populations sont apathiques, abruties de travail et de télévision. Elles ne font rien. On pourrait croire qu’elles attendent la mort comme une délivrance de leur mal être.
Constatant que les politiques sont structurellement incapables d’agir, nous proposons à ces populations d’agir par elles-mêmes pour sauvegarder la biodiversité. Rejoignez-nous dans la Grande Armée !

La banquise en Sibérie fond deux fois plus vite que d’ordinaire

Un article de Reporterre, le quotidien de l’écologie

Le déclin de la banquise arctique est inexorable et l’année 2020 va marquer une nouvelle étape. Selon des données satellites, la glace de mer fond à une vitesse accélérée sur les côtes sibériennes et elle est partie pour battre des records cet été.

Durant la première semaine de juillet, la banquise a diminué au rythme de 146.000 kilomètres carrés par jour, presque deux fois plus vite que la moyenne de cette période de l’année mesurée entre 1981 et 2010. Les images révèlent que toutes les côtes russes sont désormais accessibles aux navires, alors qu’elles étaient auparavant emprisonnées dans les glaces…

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Si rien n’est fait, il y aura trois fois plus de plastique dans les océans dans 20 ans

Un article de Reporterre, le quotidien de l’écologie

La quantité de plastique dans les océans devrait tripler d’ici 2040 si rien n’est fait d’ici là. C’est la conclusion du rapport «Breaking the plastic wave» réalisé par différents experts sur le sujet pour l’ONG étasunienne The Pew Charitable Trusts, révélé jeudi 23 juillet.

À la manière des travaux du Giec — le groupe d’experts des Nations unies sur le climat —, l’étude se projette dans les années à venir. En 2016, les rejets dans la mer étaient de 11 millions de tonnes par an. Ils devraient passer à près de 30 millions en 2040, avec un stock de plastique flottant quatre fois plus important qu’aujourd’hui. Cela aura des conséquences pour la pêche, la santé, l’alimentation et les émissions de gaz à effet de serre.

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Jusqu’à +7°C en 2100 : les scientifiques aggravent leur prévisions sur le réchauffement climatique

Une annonce de France Bleu du 17 septembre 2019

Si les États ne prennent pas, dès maintenant, des mesures fortes, la hausse de la température moyenne mondiale atteindra 6,5 à 7°C en 2100 selon les travaux de scientifiques français rendus publics ce mardi.

Si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique pourrait atteindre 7 °C d’ici à la fin du siècle, entraînant des conséquences désastreuses pour les espèces et les écosystèmes. C’est ce qui ressort des travaux d’une centaine de chercheurs et d’ingénieurs français, notamment du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de Météo-France. Engagés dans le programme mondial de recherche sur le climat, ils ont simulé plusieurs scénarios en vue de mieux comprendre et anticiper les changements climatiques. Leurs conclusions seront intégrées au sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), attendu en 2021.

Canicules, sécheresses, et feux de forêts : nouvelle norme en 2050

Selon ces scientifiques, quels que soient les efforts faits pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, la température moyenne du globe va augmenter de façon continue jusqu’en 2040, pour atteindre environ 2 °C, en raison de l’inertie du système climatique. 

Ensuite ? Si les États ne prennent pas, dès maintenant, des mesures fortes, la hausse de la température moyenne mondiale atteindra 6,5 à 7°C en 2100. Ce scénario, le plus pessimiste, est basé sur une croissance économique rapide alimentée par les énergies fossiles. Dans le dernier rapport du GIEC de 2014, le pire scénario prévoyait une hausse des températures de 4,8°C par rapport à la période pré-industrielle.

LIRE LA SUITE : https://www.francebleu.fr/infos/environnement/jusqu-a-7degc-en-2100-les-scientifiques-aggravent-leur-previsions-sur-le-rechauffement-climatique-1568729937

Feux de brousse de 2019-2020 en Australie

Tiré de l’encyclopédie Wikipédia

La saison 2019-2020 des feux de brousse en Australie a débuté en juin touchant surtout la Nouvelle-Galles du Sud et dans l’est et le nord-est de l’État de Victoria, avant de sortir des forêts fin décembre, justifiant plusieurs « états d’urgence » déclarés dans ces deux États1,2,3,4,5, développant les plus importants incendies de végétation de l’histoire de l’Australie, principalement dans le sud-est du continent6,7,8,9.

Au 14 janvier 2020, les rapports font état d’environ 18,6 millions d’hectares (186 000 km2) brûlés10, 5 900 bâtiments détruits (dont 2 779 habitations)11 et au moins 34 morts12,13,14,12,15. De plus, au moins 445 personnes sont tuées par inhalations de fumée, et quelque 4 000 sont hospitalisées16.
La faune et la flore seront durablement affectés17,18,19, mettant en péril la biodiversité car plusieurs espèces menacées pourraient disparaître20,17,21. La qualité de l’air a souvent atteint des niveaux dangereux22 ; les apports massifs de cendre peuvent polluer les eaux superficielles. Au 7 janvier 2020, de la fumée était visible à 11 000 kilomètres de là, au Chili et en Argentine23,24. Le 2 janvier 2020, selon la NASA, 306 millions de tonnes de CO2 avaient été émises25.

La superficie touchée est moindre que lors des incendies de 1974-1975 qui avaient brûlé 117 000 000 ha26,27, mais les dégâts sont bien plus importants en termes d’intensité de feu, de durée, de saisonnalité et d’écosystèmes touchés28. Des « mégafeux » (incendies fusionnant entre eux) ont été observés, faisant qualifier l’Anthropocène de « Pyrocène »29,30,31.

Ces feux ont mobilisé la Force de défense australienne (soutien aérien) et des renforts venus de toute l’Australie32,33 ainsi que de l’étranger (par exemple, des pompiers et équipements venus de Nouvelle-Zélande, de Singapour, du Canada et des États-Unis)34.

Au 18 janvier, le coût de cette saison de feux avait déjà dépassé d’environ 4,4 milliards de dollars celui des « incendies du samedi noir » de 200935 et les revenus du secteur du tourisme ont chuté de plus d’un milliard de dollars36.

LIRE LA SUITE : https://fr.wikipedia.org/wiki/Feux_de_brousse_de_2019-2020_en_Australie

La destruction de la biodiversité

Un article du site different.land

Jusqu’à présent, 1 750 000 d’espèces vivantes ont été identifiées sur notre planète, mais les scientifiques pensent qu’il pourrait y en avoir jusqu’à 13 millions.

La biodiversité, c’est l’ensemble de toutes ces espèces animales et végétales ainsi que des écosystèmes évoluant sur Terre. Cela va de l’éléphant au moustique, de l’arbre au champignon, de l’algue aux grands mammifères marins, en passant par les oiseaux, le krill et le corail. Les hommes aussi en font partie.

Mais depuis le 19ème siècle et l’accélération exponentielle et continue de son impact sur le monde, l’homme bouleverse dangereusement l’ensemble de la biodiversité.

Les activités de l’homme au cœur de cette destruction

Les causes de cette destruction sont multiples : Pollution, destruction des habitats par l’urbanisation ou l’exploitation des terres, surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage), déforestation et surexploitation des ressources (notamment minières), introduction d’espèces envahissantes qui modifient les équilibres des milieux naturels ou encore, plus récemment, toute la panoplie de bouleversements dus au dérèglement climatique. Malgré leur diversité, ces causes ont néanmoins toute la même origine : l’activité humaine. Une activité humaine mécaniquement amplifiée par l’explosion démographique.

Lancés dans une course effrénée vers la croissance, le profit et le futur, les hommes oublient trop souvent l’extraordinaire travail que la nature accomplit pour eux et qu’aucune technologie ne pourra jamais remplacer. Enfermés dans leur quotidien et avec des connaissances scientifiques souvent très limitées, la plupart des gens ne réalisent et ne comprennent pas que sans Biodiversité, l’homme ne pourrait tout simplement pas survivre.

Pourtant, la Biodiversité est au cœur de la mécanique du vivant où absolument tout est lié. Quand une espèce disparaît, elle entraîne d’autres extinctions en cascade. En détruisant tous les jours un peu plus les écosystèmes et la Biodiversité, c’est à terme la survie même de l’espèce humaine qui est menacée.

Quasiment toutes les espèces sont touchées

De part la démultiplication de l’espèce humaine et de son irrespect pour la nature et les écosystèmes, les animaux se retrouvent de plus en plus souvent en concurrence directe avec elle pour les ressources élémentaires tels que l’habitat, l’eau et la nourriture. Une concurrence qui est systématiquement à leur désavantage, si bien que toutes les études scientifiques convergent vers cette même conclusion : notre planète est d’ores et déjà en train de subir sa 6ème extinction de masse !

Aujourd’hui, à cause de l’homme, les espèces disparaissent 100 fois plus vite qu’auparavant – un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures, il y a 65 millions d’années. Mammifères, oiseaux, reptiles, batraciens, poissons, requins, abeilles, insectes… Presqu’aucune espèce n’est épargnée et les récentes données recueillies par les scientifiques sont toutes, sans exception, alarmantes. A titre d’exemple, en voici quelques-unes :

La liste peut s’allonger ainsi presque indéfiniment avec les grenouilles, les pangolins, les oiseaux marins, l’ours polaire, le panda géant, les hippopotames, les baleines, les thons rouges…etc car ces exemples ne sont malheureusement qu’une toute petite partie du problème. Selon l’Union Internationales de la Conservation de la Nature (UICN), 42 % des espèces d’invertébrés terrestres (papillons, vers de terre, etc.) et 25 % de celles d’invertébrés marins (comme les bivalves ou éponges) sont menacés d’extinction.

Et l’on ne parle pas ici de la surpêche qui épuisent les ressources halieutiques à une vitesse incroyable, des barrières de coraux impactées chaque année un peu plus à cause du dérèglement climatique ou encore de cette incalculable quantité d’espèces d’insectes et de plantes encore non-répertoriées et déjà décimées à cause de la déforestation de 13 millions d’hectares de forêts primaires chaque année.

Au total, ce sont actuellement près de 85 000 espèces animales ou végétales répertoriées qui sont considérées en grand danger ou menacées d’extinction.

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https://www.different.land/comprendre/les-grands-defis-du-21eme-siecle/grands-defis-ecologiques/destruction-de-biodiversite.php

Aujourd’hui l’humanité a épuisé les ressources naturelles de la planète

Un article du WWF

Ce mercredi 1er août 2018, l’humanité aura consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en un an.
Cette date, calculée par le Global Footprint Network, représente donc l’Earth Overshoot Day, ou Jour du dépassement de la Terre en français.


Si la Planète était une entreprise, elle serait aujourd’hui au bord de la faillite. Nous devons impérativement changer notre modèle de développement.

Portrait de Pascal Canfin

Pascal Canfin, Ancien directeur général du WWF France

En seulement 7 mois, l’humanité a émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts sont en mesure d’absorber chaque année, pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres, fait plus de récoltes que ce que la Terre peut nous procurer en un an. 

Alors que nos pressions sur les ressources ne cessent d’augmenter, la biocapacité de la Terre (la surface de zones terrestres et marines biologiquement productives), elle, se réduit  progressivement au niveau mondial. En raison de ce décalage entre la demande et l’offre en ressources naturelles, il nous faudrait aujourd’hui l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins.

Si le Jour du dépassement arrive moins vite dans le calendrier depuis sept ans, il continue toutefois d’avancer, passant du 30 septembre en 1998, au 1er août cette année, la date la plus précoce jamais enregistrée. Cela est en partie lié à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, et donc de notre empreinte carbone, ainsi qu’à l’augmentation des surfaces en terres cultivées.

Si toute l’humanité vivait comme les Français, cette date arriverait encore plus tôt, le 5 mai 2018, comme l’avait révélé le WWF France dans son rapport “L’autre déficit de la France”Les Français ont aujourd’hui besoin de l’équivalent de 2,8 Terre pour subvenir à leurs besoins. 

Si la France a su être au rendez-vous à travers la présentation de son Plan national pour la biodiversité, elle doit maintenant continuer à jouer un rôle moteur en matière de protection de la nature. Cela doit se traduire par des politiques ambitieuses et cohérentes au niveau national (sur les mobilités, la planification pluriannuelle de l’énergie, la déforestation importée, le renoncement au projet Montagne d’Or) et un leadership au niveau international, en vue du Congrès de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et de la conférence de la Convention sur la Diversité Biologique qui auront lieu respectivement à Marseille et Pékin en 2020, pour parvenir à un accord ambitieux pour réduire notre pression sur la nature.

LIRE LA SUITE / https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/aujourdhui-lhumanite-a-epuise-les-ressources-naturelles-de-la-planete?

Obésité et diabète : une bombe à retardement (OMS)

Un discours du Dr Margaret Chan Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé
Allocution prononcée à la 47e réunion de l’Académie nationale de médecine des États-Unis d’Amérique
Washington, États-Unis d’Amérique
17 octobre 2016

Mesdames et Messieurs les membres de l’Académie nationale de médecine, Mesdames et Messieurs les invités, Mesdames et Messieurs,

Tandis que le monde compte 800 millions de personnes qui souffrent de faim chronique, plus de 70% de la population adulte sont obèses ou en surpoids dans certains pays.

Jusqu’aux dernières années du XXe siècle, les questions alimentaires dans les pays en développement portaient surtout sur les conséquences de la sous-nutrition, en particulier le retard de croissance et l’émaciation chez les enfants et l’anémie chez les femmes en âge de procréer.

La situation a complètement changé. En quelques décennies à peine, on est passé d’un monde où la prévalence de l’insuffisance pondérale était deux fois plus importante que celle de l’obésité à un monde où les obèses sont plus nombreux que les personnes qui souffrent d’une insuffisance pondérale.

Autrefois considérés comme caractéristiques des sociétés opulentes, l’obésité et le surpoids prennent aujourd’hui de l’ampleur dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en particulier en milieu urbain, où ce phénomène va très vite.

Selon les estimations de l’OMS, la prévalence mondiale de l’obésité a plus que doublé depuis 1980 et des augmentations importantes ont été constatées dans toutes les régions. En Afrique subsaharienne, le nombre d’enfants en surpoids est passé de 4 millions en 1990 à 10 millions en 2012.

Bien que l’obésité soit en augmentation partout, l’épidémiologie diffère selon l’ancienneté de l’épidémie. En Amérique du Nord et en Europe, c’est dans les catégories de la population à revenu relativement faible, qui habitent souvent dans des zones urbaines où l’offre alimentaire est réduite et les fast-foods sont nombreux, que la prévalence de l’obésité est la plus forte.

Dans les pays touchés plus récemment par l’épidémie d’obésité, comme ceux de la région Asie-Pacifique, celle-ci a d’abord touché les personnes aisées en milieu urbain puis, dans un deuxième temps, les personnes défavorisées qui habitent en milieu rural et dans les bidonvilles.

L’extension de l’obésité à l’ensemble de la population se produit à une vitesse terrifiante. À Mexico, l’obésité, qui touchait 16% de la population en 2000, en touchait 26% en 2012. En 2012, 35% des enfants de 5 à 11 ans habitant dans cette ville étaient obèses ou en surpoids. Dans l’ensemble du pays, sept Mexicains sur dix sont en surpoids et un tiers d’entre eux sont cliniquement obèses.

En Inde, la prévalence du surpoids est passée de 9,7% au début du siècle à près de 20% selon les études publiées après 2010. Ces études montrent que le nombre de cas d’obésité et de surpoids chez les enfants et les adolescents augmente rapidement, non seulement dans les catégories aisées mais aussi parmi les pauvres en milieu rural, où la sous-nutrition et l’insuffisance pondérale restent de graves problèmes de santé.

La situation est similaire dans d’autres pays qui se développent rapidement. L’obésité et la sous-nutrition peuvent sévir en parallèle dans le même pays, la même communauté, voire le même foyer.

En Chine, des décennies de pénurie alimentaire ont fait place à l’abondance, on est passé de la famine à l’abondance en moins d’une génération et la prévalence de l’obésité et du surpoids a plus que doublé au cours des dernières décennies du XXe siècle.

En 2012, le Ministre chinois de la Santé estimait que 300 millions des 1,2 milliard de Chinois étaient obèses. S’agissant du nombre de citoyens en surpoids, la Chine, deuxième économie du monde, rivalise maintenant avec les États-Unis d’Amérique.

Cette année, la revue The Lancet a publié une analyse groupée de l’évolution de l’indice de masse corporelle dans 200 pays de 1975 à 2014. D’après cette étude, 105 millions d’adultes étaient obèses en 1974. En 2014, on en comptait 640 millions, soit plus d’un demi-milliard, ce qui représente 6 fois plus.

La conclusion générale de cette analyse est frappante: si les tendances observées après 2000 se poursuivent, la probabilité d’atteindre la cible mondiale fixée par les États Membres de l’OMS est pratiquement nulle.

Pourtant la cible n’est pas très ambitieuse: d’ici à 2025, maintenir l’augmentation de la prévalence de l’obésité à son niveau de 2010. Il s’agit donc, fondamentalement, d’éviter qu’une situation déjà mauvaise n’empire.

Et la situation est mauvaise, c’est une bombe à retardement.

L’augmentation de la masse corporelle dans l’ensemble de la population est un signe d’alerte. Il faut du temps mais les problèmes finissent par arriver, sous la forme de maladies chroniques liées au mode de vie.

Les maladies cardiovasculaires sont désormais les principales causes de décès dans le monde. Dans les pays en développement, les infarctus du myocarde provoquent des décès subits et ne représentent pas une charge durable pour les systèmes de santé.

En ce qui concerne le cancer – le diagnostic le plus terrible dans la plupart des cultures – pour 70% des patients qui vivent dans des pays ayant peu de ressources, le diagnostic est posé si tard que la seule possibilité est de soulager la douleur. Il n’y a ni radiothérapie, ni chimiothérapie, ni chirurgie, ni traitements sophistiqués dont le coût est d’environ US $150 000 par patient et par an.

L’obésité est l’un des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire et de certains cancers. Mais c’est pour le diabète que l’adiposité est le facteur de risque isolé le plus important. En outre, le diabète, dont les complications (cécité, amputations, insuffisance rénale) sont coûteuses, peut représenter une charge extrêmement lourde à long terme pour les budgets de la santé et le budget des ménages.

Dans les zones rurales de certains pays de la région Asie-Pacifique, un diabétique peut dépenser plus d’un tiers du revenu du ménage pour payer ses soins. Dans plusieurs pays, le coût de la prise en charge du diabète peut, à lui seul, représenter 20% du budget de la santé.

La Fédération internationale du diabète estime que la prise en charge du diabète a coûté au moins 673 milliards de dollars (US $) en 2015.

Compte tenu de cette situation, je voudrais faire 2 observations.

Premièrement, malgré de nombreux efforts sur plusieurs fronts, aucun pays n’a réussi à renverser la tendance en matière d’obésité dans toutes les tranches d’âge.

Deuxièmement, ces tendances nous incitent à réfléchir sur ce que signifie vraiment le progrès au XXIe siècle.

La croissance économique et la modernisation, historiquement associées à une amélioration de la santé, favorisent en réalité la commercialisation, partout dans le monde, d’aliments et de boissons mauvais pour la santé et l’abandon de l’exercice physique au profit de la sédentarité.

Pour la première fois dans l’histoire, certaines personnes qui auparavant étaient pauvres deviennent riches mais cette prospérité rapidement acquise les rend malades. C’est le cas dans des pays disposant de peu de ressources et dont le système de santé a peu de moyens.

Mesdames et Messieurs,

Le diabète constitue l’une des plus graves crises mondiales du XXIe siècle.

LIRE LA SUITE : https://www.who.int/dg/speeches/2016/obesity-diabetes-disaster/fr/

Liste 2020 de 105 médicaments plus dangereux qu’utiles selon Prescrire

Un article du site Psychomédia du 29 Novembre 2019

Pour la 8e année consécutive, la revue Prescrire a actualisé, dans son numéro de décembre 2019, sa liste des « médicaments plus dangereux qu’utiles » qui sont « à écarter des soins ».

Cette liste 2020 recense « 105 médicaments (dont 92 commercialisés en France) dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l’Union européenne ».

«L’évaluation par Prescrire de la balance bénéfices-risques d’un médicament dans une situation donnée repose sur une procédure rigoureuse : recherche documentaire méthodique et vérifiable, détermination de critères d’efficacité qui comptent pour les patients, hiérarchisation des données scientifiques selon la solidité des preuves, comparaison versus traitement de référence (s’il existe), prise en compte des effets indésirables et de leur part d’inconnues.

Ce bilan 2020 porte sur les médicaments analysés dans Prescrire de 2010 à 2019.

Par rapport au bilan de 2019, 12 médicaments ont été ajoutés :

  • Alpha-amylase (Maxilase ou autre), dans les maux de gorge
  • Ginkgo biloba (Tanakan ou autre) dans les troubles cognitifs chez les patients âgés
  • Naftidrofuryl (Praxilène ou autre) dans la claudication intermittente ischémique liée à une artériopathie des membres inférieurs
  • Pentosane polysulfate oral (Elmiron) dans le syndrome de la vessie douloureuse
  • Pentoxyvérine (Vicks sirop pectoral 0,15 % ; Clarix toux sèche pentoxyvérine 0,15 %) dans la toux
  • Ténoxicam (Tilcotil), un anti-inflammatoire non stéroïdien
  • Xylométazoline, un décongestionnant rhinopharyngé disponible en Belgique, Suisse et ailleurs

La contamination par du plomb des argiles médicamenteuses utilisées dans divers troubles intestinaux, dont les diarrhées, justifie de les écarter des soins :

  • Attapulgite (Actapulgite, ou en association dans Gastropulgite)
  • Diosmectite (Smecta ou autre)
  • Hydrotalcite (Rennieliquo)
  • Montmorillonite beidellitique alias monmectite (Bedelix, ou en association dans Gelox)
  • Kaolin (en association dans Gastropax et Neutroses)

«?Le plus souvent, quand un traitement médicamenteux apparaît souhaitable, d’autres options ont une meilleure balance bénéfices-risques que ces médicaments à écarter.

Dans un document PDFPrescrire précise, pour chacun des médicaments de la liste, les raisons de l’évaluation négative et les alternatives préférables.

Même «?en situation d’impasse thérapeutique dans une maladie grave, il n’est pas justifié d’exposer les patients à des risques graves, quand l’efficacité clinique n’est pas démontrée?», souligne Prescrire. «?L’utilisation de ces médicaments dans le cadre d’une recherche clinique est parfois acceptable, à condition d’informer les patients des inconnues sur la balance bénéfices-risques et des objectifs de l’évaluation.? »

Voici la liste de ces 105 «?médicaments plus dangereux qu’utiles?» :

LIRE LA SUITE : http://www.psychomedia.qc.ca/medicaments/2019-11-29/liste-2020-105-medicaments-plus-dangereux-qu-utiles-avis-prescrire

Raréfaction des ressources d’énergies fossiles

Un article de la commission énergie d’Europe Ecologie Les Verts

A la question du réchauffement climatique vient se superposer l’enjeu de la raréfaction des sources d’énergie fossiles. Le pétrole (34%), le charbon (27%) et le gaz naturel (21%) sont aujourd’hui les principales sources d’énergie primaire utilisées dans le monde (source : Agence Internationale de l’Energie, World Energy Outlook 2009). Le pétrole, et dans une moindre mesure les autres énergies fossiles, présentent plusieurs caractéristiques exceptionnelles :

  • multiples usages possibles et relative facilité d’utilisation (chaleur, production d’électricité, transformation en énergie mécanique, …),
  • rentabilité économique et énergétique,
  • intensité énergétique (une faible quantité de ressource contient une grande quantité d’énergie)
  • facilité à être stocké et transporté.

Ces qualités ont notamment permis le développement de nos sociétés et les révolutions industrielles des XIX et XX siècles.

Toutefois, les réserves mondiales de pétrole, de gaz et de charbon, qui ont mis plusieurs millions d’années à se former, ne sont pas inépuisables ; leur production et leur utilisation finiront donc inexorablement par décroître. Le pic de découverte de réserves de pétrole a eu lieu en 1964 et le pic de production (le fameux pic pétrolier ou peak-oil) a été atteint entre 2005 et 2010. Le Premier ministre François Fillon l’a reconnu à l’Assemblée Nationale le 5 avril 2011, bien après les premiers avertissements des experts (le géologue Hubbert l’avait démontré dès les années 50) et des écologistes.

LIRE LA SUITE : https://energie.eelv.fr/la-transition-energetique/pourquoi/rarefaction-des-ressources/

La disparition des terres agricoles

Un article de l’association AMAP Les Courgettes – Juin 2017

Pour avoir une agriculture locale, il faut des terres à cultiver. Cette évidence recèle peut-être le plus grand problème de notre agriculture aujourd’hui : la disparition des terres agricoles. Ce problème est présent partout mais particulièrement criant en France. Pendant des siècles, “Labourage et pâturage ont été (attention liaison dangereuse) les deux mamelles de la France” comme le répétait Sully, le ministre d’Henri IV. Il se pourrait bien qu’au XXIe siècle, goudronnage et bétonnage les remplacent mais que ces deux mamelles soient beaucoup moins nourricières.

Terre Agricole Et Peau De Chagrin

Depuis 2005, la France perd chaque année environ 80 000 hectares de terres agricoles. Le dessin ci-contre donne quelques équivalences pour prendre conscience de ce chiffre alarmant : 25m² toutes les secondes, 1 stade de foot toutes les 5 minutes ou un département (comme le Puy-de-Dôme ou l’Allier) tous les 7 ans.
De 2005 à 2019, c’est donc la surface de 2 départements qui a disparu : c’était de la terre agricole, ce n’en est plus et c’est devenu  le plus souvent de l’espace artificialisé. La SAU, surface agricole utile, française, a régressé de 20% entre 1960 et 2010, soit 1/5e de sa superficie.
Le problème est que ces hectares de terres agricoles perdus sont construits, bétonnés, goudronnés et ne pourront donc plus redevenir des terres agricoles. Cette perte quasi définitive entraine une raréfaction des terres cultivables et la terre laissée à l’agriculture se réduit donc comme une peau de chagrin.

De plus ce ne sont pas n’importe quelles terres agricoles qui disparaissent, ce sont les meilleures. En effet, c’est en périphérie urbaine que les terres agricoles  disparaissent le plus dévorées par la ville. Or il se trouve que les grandes villes françaises se sont développées anciennement au temps d’une société agricole et donc dans les endroits où les terres étaient les meilleures. Conséquence : les terres qui disparaissent sont celles qui ont fait la fortune agricole de notre pays et qui seraient le mieux à même de nourrir les populations

Tout ce qui est rare est cher

La France qui a longtemps bénéficié d’un espace agricole important s’engage ainsi sur la voie que nos voisins des Pays-Bas ou de Belgique ont suivi depuis longtemps et qui les amenés à des situations foncières désastreuses. On connait la lutte séculaire des Pays-Bas pour créer du sol en asséchant des marais et en construisant des polders. Pourtant, ce sol si chèrement gagné a été repris à l’agriculture. 13% de la surface des Pays-Bas est bâtie quand ce n’est que 5% de la surface française. Plus grave encore, presque 40% des terres hollandaises servent à autre chose qu’aux espaces naturels ou agricoles et sont artificialisés. En France, ce n’est que 12% du territoire qui n’est pour l’instant ni agricole ni naturel.

La conséquence pour nos voisins du Nord est que les agriculteurs ne peuvent plus accéder à la terre devenue inexistante ou trop chère. Le graphique ci-contre montre les prix moyens des terres agricoles pour quelques pays européens. Aux Pays-Bas, la pression sur la terre a entrainé une augmentation spectaculaire des prix : la terre a doublé en 20 ans pour atteindre 50 000 euros l’hectare en moyenne. Les prix belges se situent au même niveau et l’augmentation est partout très forte. En France, elle est la plus faible et l’hectare de terre agricole est un des moins chers d’Europe. Un hectare de terre agricole en France   s’achète en moyenne  aux alentours de 7000€ soit plus de 7 fois moins cher qu’aux Pays-Bas ou en Belgique, et encore cela dépend des régions et des départements.

L’avenir D’une Agriculture Sans Terre : Le Cauchemar Danois

Ce manque de terres entrainant une explosion des prix du foncier est un chemin où le Danemark a été précurseur. Jusqu’en 2008, le prix de l’hectare agricole danois connait une croissance explosive allant jusqu’à doubler par exemple en 4 ans entre 2004 et 2008. Mais en 2008, la courbe s’inverse et le graphique montre un effondrement rapide du foncier à partir de 2008. Comment expliquer cet effondrement qui pourrait être l’avenir des autres pays où la terre disparait et où son prix s’envole?

Prix du foncier et fermes-usines.
Cet effondrement s’explique par un effondrement plus global du modèle agricole danois qui est celui que beaucoup de pays choisissent devant la raréfaction des terres. Les terres étant rares et chères, les agriculteurs danois ont essayé de compenser ce prix par des modèles d’agriculture hors-sol : si la terre est chère, il faut que je produise beaucoup de valeur sur peu d’espace. En agriculture et en élevage, bovin mais surtout porcin, cela a entrainé le développement des fermes-usines plus rapidement qu’ailleurs en Europe. Ainsi, en 20 ans, entre 1987 et 2007, le nombre de porcs par élevage a été multiplié par 8 passant de 245 à 1903 en moyenne et, dans les élevages naisseurs, le nombre de truies a décuplé passant de 40 à 400 truies. Cela a entrainé une concentration de l’élevage porcin dans les grandes fermes-usines : 70% des truies du pays en 2007 étaient élevées dans des fermes de plus de 500 truies. Par comparaison, en France, une seule ferme industrielle “la maternité porcine Ker Anna de Trébrivan” en Bretagne correspond à une exploitation porcine classique danoise : une stabulation de 1000 truies produisant 23000 porcelets annuels. Les deux photographies montrent un élevage de porc et un élevage naisseur de truies pour les porcelets. Ces batiments sont leurs lieux de vie (voir l’article sur l’exemple breton).
Une pseudo-solution problématique
Ces fermes-usines concentrant beaucoup d’animaux pour produire beaucoup de valeur sur un espace restreint ont donc été la réponse danoise au problème de raréfaction des terres. Cela s’est fait grâce à de gros investissements pour construire des bâtiments, automatiser de nombreuses tâches, tout cela permis par de gros emprunts bancaires. Toutes les exploitations qui n’ont pu ou voulu se lancer dans cette course au gigantisme ont disparu, concurrencées par le porc à moindre coût de ces fermes-usines. Ainsi sur la période 1987-2007, 4 fermes d’engraissement sur 5 ont fermé et 7 fermes naisseuses sur 8. Cette concentration n’a laissé que les plus grandes exploitations, celles qui causent les principaux problèmes d’environnement, de qualité, de santé et de bien-être animal déja dénoncés dans l’exemple français de la ferme des 1000 vaches ou dans le cas de l’élevage porcin breton. Rappelons aussi qu’en terme d’occupation des terres, ces fermes-usines ne sont qu’un mensonge : la production de nourriture pour ces élevages est dévoreuse d’espaces agricoles mais cela se fait ailleurs, dans les pays du sud sous forme de production de protéagineux entrainant la faim dans ces pays. Enfin, le dernier problème d’espace pour ces élevages est lié aux lisiers. L’épandage est réglementé et on ne peut épandre autant de lisiers que l’on veut sans causer des problèmes de pollution des eaux et d’algues vertes comme dans le cas breton. La solution danoise est d’utiliser ces lisiers dans des méthaniseurs mais ceux-ci nécessitent en même temps des matériaux ligneux pour transformer les lisiers, matériaux ligneux qui viennent souvent à manquer devant la masse d’excréments à traiter.

Fermes-usines et bulle foncière.
Voyons maintenant comment ce modèle productiviste hors-sol s’est effondré entrainant la chute du prix du foncier agricole. Les causes sont multiples mais toutes liées à la finance dans laquelle cette agriculture productiviste est enracinée. Tout d’abord, les exploitations sont très endettées puisqu’elles ont emprunté pour s’agrandir et “se moderniser”. Dans le cas danois cela s’est beaucoup fait par des emprunts hypotécaires, les banques étant ravies de garantir leur prêts sur une terre dont le prix augmente. Autre solution : pour acheter des terres et s’étendre, les exploitations agricoles ont trouvé des partenaires financiers (banques, fonds d’investissement) qui se sont associés dans l’entreprise agricole qui n’a plus rien de familiale. Parfois même ce sont les investisseurs qui ont monté l’exploitation agricole en s’appuyant sur un groupe d’agriculteurs. Cet appétit de terres des agents financiers vient du fait que l’augmentation du prix des terres en fait un placement financier qui rapporte. On aboutit donc à une bulle foncière que montre bien l’augmentation du prix sur le graphique ci-dessus : elle est due à la raréfaction des terres mais aussi au modèle de  la ferme-usine.

La bulle, le réel et  la terre.
Ce renchérissement artificiel des terres a entrainé un problème pour les exploitations : comment produire assez pour compenser une telle valeur du foncier? C’est-à-dire comment produire assez en valeur pour suivre le prix du remboursement du crédit ou le taux d’intérêt exigé par les financiers qui tiennent l’exploitation? Cette équation quasi impossible est encore aggravée en 2007-8 par la hausse du prix sur le marché mondial des céréales et protéagineux dont les fermes usines dépendent pour nourrir les bêtes. Des intérêt énormes, des coûts de production qui explosent et un  prix du porc qui évolue plutôt à la baisse et ce sont les marges agricoles qui disparaissent entrainant les exploitations dans la faillite. Cette disparition d’un grand nombre d’exploitations ou encore le retrait de tous les financiers qui voient que le foncier n’est plus un placement sûr ont conduit à un effondrement du foncier agricole aussi rapide. Malgré cela, il y a eu très peu de libération de terres pour un renouveau agricole car soit les exploitations agricoles essayent de conserver au maximum le foncier qui reste leur unique capitale, soit les terres ont été hypotéquées lors des prêts et se retrouvent aux mains des banques. De toutes façons, cette agriculture hors-sol sous batiment ne libère pas de terres mais laisse seulement des friches industrielles, c’est-à-dire des bâtiments d’exploitation abandonnés.

L’exemple danois montre la pire voie à suivre pour un pays qui voit ses terres se raréfier : l’industrialisation de l’agriculture dans des fermes usines ou du hors-sol accompagnée inévitablement d’une dépendance au secteur financier. On veut produire plus sur peu d’espace en hors-sol ce qui implique de s’agrandir et de “se moderniser” à grand frais c’est-à-dire à crédit ou en s’associant avec des financiers qui ne voient dans ces entreprises agricoles que des placements comme les autres. Cela accroit encore artificiellement le prix des terres et les productions agricoles ne peuvent créer une richesse suffisante par rapport aux intérêts demandés par les investisseurs. Quand ceux-ci se retirent, les entreprises agricoles font faillite, la bulle foncière s’effondre et les friches industrielles ne libérent pas les terres que l’agriculture industrielle avait prises.
Ce cauchemar agricole danois montre bien la voie à ne pas suivre, même si les terres manquent. Alors que peut-on faire pour qu’elles ne manquent pas ou quelle agriculture faire si elles manquent. Deux questions en suspens.

Un complément sur l’élevage porcin danois.

LIRE LA SUITE : http://www.amaplescourgettes.eu/la-disparition-des-terres-agricoles.html

Ces villes qui s’enfoncent en bord de mer

Un article du magazine LA LIBERTÉ du 18/3/2016

Le problème est pire que la montée des océans: certaines cités côtières s’affaissent de plusieurs centimètres par an. Dans les deltas, l’érosion est aussi préoccupante. Face aux risques accrus d’inondations, les experts rament.

PASCAL FLEURY

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Le phénomène est largement méconnu et pourtant plus préoccupant dans certaines zones côtières que la montée des mers liée au changement climatique. De nombreuses métropoles à travers la planète, comme Thessalonique, Bangkok, Manille, Djakarta, Shanghai ou La Nouvelle-Orléans, s’enfoncent de plusieurs centimètres par an et sont ainsi toujours plus vulnérables aux inondations.

«Ces phénomènes d’affaissement, appelés «subsidence urbaine», sont observés surtout dans les mégapoles asiatiques, moins en Europe. Ils sont assez localisés, mais peuvent être largement plus importants que l’élévation actuelle du niveau de la mer. Ils sont caractéristiques des villes où il y a beaucoup d’extraction d’eaux souterraines», explique le chercheur Gonéri Le Cozannet, de la direction Risques et préventions au Bureau français de recherches géologiques et minières (BRGM).

Risques d’inondations

Cette baisse de niveau du sol urbain, cumulée à la hausse du niveau marin, augmente considérablement les risques d’inondations mais peut aussi entraîner un recul des côtes. Une étude menée par des chercheurs français* a ainsi mis le doigt sur le cas de Thessalonique. Dans cette cité grecque, le pompage d’eaux souterraines, mais aussi d’autres processus tels que des tassements de sédiments profonds sous les effets de la charge, ont entraîné des affaissements allant jusqu’à 5 cm par an dans certaines zones, mais également un recul du trait de côte atteignant 2 km par endroits dans la plaine côtière.

Haute précision

A Manille, capitale côtière des Philippines de plus de 16 millions d’habitants, des phénomènes de subsidence pouvant atteindre 6,7 cm par an ont été mesurés grâce à l’observation satellitaire. La mesure par satellite s’impose désormais, les traditionnels marégraphes enregistrant le niveau de la mer pouvant eux-mêmes être affectés par les affaissements de terrain.

«La déformation du sol à proximité des marégraphes fausse les mesures. C’est pourquoi nous faisons appel à des types de mesures complémentaires. Nous utilisons par exemple le système GPS, mais aussi l’interférométrie radar satellite qui, en fonction de la quantité des données acquises, peut mesurer des déformations proches du millimètre par an», précise Daniel Raucoules, un autre expert du BRGM.

La mégapole indonésienne de Djakarta, qui a connu un très important développement industriel et commercial ces trois dernières décennies, subit aussi sévèrement le phénomène d’affaissement de terrain. Selon une étude de 2011 de l’Institut technologique de Bandung, la subsidence s’est située en général entre 1 et 15 cm par an depuis 1982, avec des zones s’affaissant jusqu’à 28 cm par an dans des endroits extrêmes.

Là aussi, l’exploitation intensive des nappes phréatiques est en cause, mais aussi le poids des constructions, qui ont tassé des sols hautement compressibles, ou encore la consolidation naturelle des sols alluviaux. La capitale indonésienne est régulièrement sujette à des inondations dramatiques pour la population et l’économie. En 2014, elle s’est lancée dans la construction d’une «grande muraille» maritime de 35 km pour lutter contre ce fléau et reconquérir des terres sur la mer.

Le cas de Shanghai est particulièrement parlant. Dans cette métropole en pleine expansion, l’extraction d’eaux souterraines a été énorme au début du XXe siècle. Selon des études chinoises, la subsidence a eu des effets dévastateurs. «Dans certains secteurs, le sol s’est affaissé d’un mètre», souligne Gonéri Le Cozannet. «Ensuite, les extractions d’eaux souterraines ont été limitées. Mais malgré tout, le sol a continué à baisser, s’adaptant au changement de contenu hydrique dans les sédiments.»

D’autres phénomènes peuvent expliquer l’abaissement de certaines villes côtières par rapport au niveau marin. L’un d’eux, nommé scientifiquement «ajustement isostatique postglaciaire», concerne New York et une partie de la côte est des Etats-Unis. «Il faut se souvenir qu’il y a 20 000 ans, le nord de l’Amérique se trouvait sous 3 à 4 km de glace», raconte le professeur Guy Wöppelmann, de l’Université de La Rochelle. «Lorsque les glaces ont fondu, les zones allégées d’un grand poids ont rebondi, sauf en périphérie de l’ancienne calotte glaciaire, où le sol s’est abaissé.» C’est ce mouvement vers le bas qui se poursuit aujourd’hui, obligeant New York à revoir ses structures contre les inondations.

En 2012, la Grosse Pomme avait été durement touchée par l’ouragan Sandy, qui avait plongé un million d’habitants dans le noir et fait de gros dégâts. L’an dernier, des scientifiques ont averti, dans la revue «Proceedings of the National Academy of Sciences», qu’en raison du réchauffement global et de l’élévation du niveau des mers, de graves inondations auraient lieu tous les 25 ans sur le littoral des Etats-Unis dans les environs de New York et du New Jersey.

A noter qu’aux Etats-Unis, des cas de subsidence urbaine existent aussi, par exemple à La Nouvelle-Orléans. Idem sur la côte nord du golfe du Mexique. Mais là, l’affaissement n’est pas lié qu’à l’extraction d’eaux souterraines. Il dépend également de l’extraction d’hydrocarbures.

A ces phénomènes, qui fragilisent les villes portuaires face à la montée des mers, s’ajoute le problème de l’érosion des côtes. Les deltas sont particulièrement touchés, étant toujours davantage victimes d’un déficit sédimentaire, notamment en raison de l’installation de barrages le long des fleuves. «Avec l’aménagement des rivières, on limite les apports en sédiments grossiers dans les deltas, tandis que les sédiments fins continuent d’arriver», explique Gonéri Le Cozannet, du BRGM.

LIRE LA SUITE : https://www.laliberte.ch/dossiers/histoire-vivante/articles/ces-villes-qui-s-enfoncent-en-bord-de-mer-339825

L’humanité sera-t-elle anéantie par un supervolcan ?

Un article de Leia Hoarau publié par RTL le 9/10/18

La fin du monde viendra-t-elle des entrailles de la Terre ? Un supervolcan enfoui aux États-Unis pourrait bien causer l’extinction de l’humanité. Les experts de la Nasa font tout pour trouver des solutions…

Le parc national de Yellowstone, étendu sur trois États aux États-Unis (le Wyoming, le Montana et l’Idaho), dissimule une véritable bombe à retardement. Connu pour ses couleurs étonnantes, dues aux bactéries thermophiles qui colorent les geysers en bleu, orange et jaune, le parc abrite en réalité, sous des kilomètres de roche, un supervolcan endormi. 

En effet, en-dessous du parc de Yellowstone se trouve une énorme réserve de magma (de 50 km sur 70), notamment responsable des sources d’eau chaude qui apparaissent en surface et attirent des millions de touristes chaque année. Et cette imposante réserve de lave pourrait être sur le point d’exploser. Selon la BBC, les experts de la Nasa font tout pour éviter l’accomplissement de ce scénario de fin du monde.

Au nombre de 31 dans le monde, les supervolcans présentent des explosions exceptionnelles en termes de violence et de volume de substances dégagées.

Le scénario catastrophe

Plus de 1.000 km³ de cendres et de dioxyde de soufre, un “hiver volcanique” recouvrant la moitié de la planète, une grave chute des températures pendant plusieurs mois, des pluies acides… Tel est le délicieux programme qui attend l’humanité si le supervolcan de Yellowstone explose. 

Les supervolcans sont des volcans dont l’éruption est si importante qu’elle peut signer la fin de l’humanité. Ainsi, si celui-ci se réveille, l’existence de l’Homme sur Terre pourrait être éradiquée en seulement 74 jours (durée estimée par les Nations Unies), temps d’épuisement du stock alimentaire mondial.

Il y a 73.000 ans, l’explosion du volcan du Lac Toba (sur l’île de Sumatra en Indonésie) a été si violente que l’hiver volcanique qu’il a installé a réduit une partie de la population des hominidés vivant sur Terre. 

Et même si ce scénario catastrophe ne s’est pas encore réalisé, les chercheurs de l’US Geological Survey (USGS), un organisme gouvernemental américain qui se consacre aux sciences de la Terre, y voient déjà les prémices. Ils ont enregistré 569 séismes au cours du mois de février 2018. Dans une étude réalisée en mars, l’USGS précise que l’activité sismique de Yellowstone “est actuellement à un niveau plus élevé comparé à l’activité sismique classique” de la région, même si le niveau d’alerte du supervolcan reste “normal”. 

Brian Wilcox, du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa, explique à la BBC qu’une éruption de ce volcan peut survenir tous les 600.000 ans : “Le Yellowstone explose tous les 600.000 ans environ, et cela fait 640.000 ans depuis sa dernière explosion”. Une nouvelle éruption est donc possible, même si prévoir avec précision ce type d’événement extrêmement rare reste impossible. “Je suis venu à la conclusion que la menace d’un supervolcan était nettement supérieure à celle des astéroïdes ou des comètes”. 

LIRE LA SUITE : https://www.rtl.fr/actu/futur/l-humanite-sera-t-elle-aneantie-par-un-supervolcan-7795109907

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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