Information et sens

Information et sens

L’intelligence artificielle traite de l’information, c’est à dire du quantitatif alpha numérique, comparable à ce que fait potentiellement moins bien notre cerveau, alors que nous, entités mentales, traitons du sens, du ressenti subjectif qualitatif ineffable. Vous avez sans doute entendu parler des qualia, et bien nous ne sommes rien d’autre que des êtres sémantiques qualiques et non des êtres matériels biologiques. Et d’ailleurs, que connaissons nous naturellement de ce corps ? à peu près rien, il nous est aussi étranger que le soleil et les étoiles, alors que nous pouvons tout connaître ou presque de notre nature mentale, notre conscience, notre libre arbitre et nos fonctions mentales, non cérébrales. De fait la science physicaliste commet une grave erreur à nous identifier à une intelligence informatique, nous sommes tout autre chose, et si nous ne pouvons pas rivaliser avec un robot doté d’une IA performante sur le plan physique et quantitatif, lui ne pourra jamais pénétrer notre monde, notre conscience, nos émotions, notre confiance en soi, notre modalité intuitive, et notre puissance analytique illimité si étrange pour celui qui la maîtrise. Pauvre petit mathématicien, tu ne pourras jamais nous rejoindre dans l’univers fabuleux de notre évolution mentale. Et puis manque de chance pour toi, faute d’énergie : ton beau rêve de puissance va mourir en un amas de ferrailles et de câbles inutiles…

Il y a un schisme entre deux sciences : la science physique et la science mentale, qui se méprisent et se nient l’une l’autre. L’IA et le transhumanisme sont les bastions avancés de la première, mais comment voulez-vous que la seconde leur accorde le moindre crédit ? alors qu’elles éliminent l’humain de leurs paramètres, et qu’elles nomment intelligence une chose qui n’est que mécanisme mathématique sans la moindre conscience, ni le moindre ressenti de ce dont elles parlent ! C’est de la novlangue à la manière de Georges Orwell dans 1984 au même titre que : “Slavery is Freedom”. Et comme dit mon ami Jean-Marie Quairel : “Trop de Maths et pas assez d’humanité… ça fera des problèmes dans l’avenir “… https://developpement-mental-semantique.com/medecine-culture-et-mathematiques/

Le problème, c’est que cette science se fonde sur deux positions de principe non avérées : Que nous sommes des être biologiques et qu’il n’existe rien hors du physiquement mesurable, et sur l’aliénation scientiste générale nécessaire à la croissance des profits économiques et au maintien de l’idéologie néo libérale au pouvoir politique, alors que le philosophe Markus Gabriel déclare : Je ne suis pas mon cerveau, et ce monde n’est pas notre monde !
Sinon, nous ne serions que de pauvres ordinateurs biologiques dépassables par la technologie appelée à nous remplacer à court terme pour poursuivre l’aventure de l’évolution du vivant ! Dès lors pourquoi s’inquiéter d’une évolution naturelle et inévitable de l’univers qui rangera tôt ou tard notre espèce au rang des dinosaures ? Seulement voilà : il manque conscience et expérience de ressenti subjectif aux machines qui restent des objets mobiles mais inanimés et non des êtres vivants.
Il en est de même pour le transhumanisme : Pourquoi ne pas échanger ce corps périssable pour un beau métabolisme en acier chromé, et notre sang pour des ondes électromagnétiques ? Mais là surgit un autre énormissime problème technique : l’interface physique/mental, ce tout petit rien qui existe immuable dans toutes nos cellules, depuis l’apparition du vivant il y a des milliards d’années, qui assure sa pérennité avec son architecture étonnante, et qui a besoin du biologique pour survivre, et du mental pour se développer Ad vitam æternam.

Réagir
2

Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Laisser un commentaire