Introspection

Introspection

26. INTROSPECTION : DÉFINITION
Pourquoi cette image et que veux-je évoquer grâce à elle ? La richesse et la diversité de ces fonds marins m’évoquent ceux de mon monde mental et j’espère aussi ceux des vôtres. Et cette tortue évoque l’exercice de mon libre arbitre pour explorer ce monde immense et merveilleux. L’introspection est une méthode exploratoire de notre monde mental, qui vise à introduire tous ses aspects dans le contenant de notre conscience, afin de les étudier et de les comprendre. L’introspection est le seul moyen dont nous disposons de révélation et de connaissance de soi par soi. Elle a fait l’objet des critiques les plus violentes des courants physicalistes et comportementalistes car l’évidence d’une réalité mentale non physique indépendante heurte les convictions métaphysiques matérialistes.
Notre mental est constitué de milliards de percepts mentaux avec toutes leurs nuances qualitatives, des fonctions opératives, leurs interactions et leurs produits. C’est un monde d’une grande complexité ce qui explique le relatif échec de la psychologie introspective faute des techniques appropriées et de modèles efficaces. De plus, les propriétés de notre monde mental sont complètement étrangères de celles du monde physique, et de ce fait peuvent paraître paradoxales. C’est un monde non spatial présent qui contient en lui tout son passé. Sa non spatialité lui offre un contenant non limité, de sens structuré et d’espaces virtuels, qui déjoue les règles des mathématiques et de la logique bijective.

27. DUALISME CERVEAU MENTAL (1)
Certains monistes (unicité de la nature de tout ce qui est) croient que tout est physique, d’autres que tout est esprit (mental). Alors que les dualistes comme René Descartes jugent plus rationnel d’admettre que ces deux natures étrangères l’une à l’autre coexistent.
Le raisonnement métaphysique pur rejette le monisme car l’unicité de nature correspond à l’état chaotique, hors du champ d’action des principes du permanent. La solution la plus simple suivante, c’est le dualisme des natures, Ces deux doivent être totalement étrangères et maintenues disjointes par les principes du permanent, sous peine de retomber dans le chaotique. Dans notre cas : Un inerte, spatial, temporel, causal, unique = le physique, et : un opératif, non spatial, présent, acausal, multiple = nos chers petits mentals non physiques. Comme chacun sait, la cohérence du raisonnement métaphysique ne constitue pas une preuve de ce qui est, mais une forte présomption pour ce qui ne peut être (le monisme). Quant à l’interface (physique — mental) = (cerveau — mental), elle ne constituerait pas une troisième nature, mais résulterait de la propension au retour à l’état chaotique, retour interdit par le permanent. Donc une attraction forte, inaccessible à la science physique, comme aux investigations de celle des mentalistes fussent-il très expérimentés et au sommet de leur art.
La propriété interactive de l’interface des deux natures (cerveau physique — mental), est un mystère formel absolu qui doit logiquement dépendre des propriétés du chaotique : indistinction et indifférenciation de l’être et du non être et de tous les possibles possibles, leurs inverses et leurs contraires des champs ultimes de toutes les logiques possibles. Formellement hors de notre intelligible. Cependant, nous la vivons à chaque instant (ou presque) donc elle existe telle qu’elle est.

28. DUALISME CERVEAU MENTAL (2)
Les expériences et observations introspectives ordinaires montrent clairement les propriétés générales de cette interface cerveau — mental :
1) L’interaction cerveau — mental n’est pas symétrique : Le cerveau envoie des informations au mental (même quand elles lui proposent ou impliquent son intervention immédiate), alors que notre mental envoie des instructions impératives de faire au cerveau.
2) Ces informations et instructions sont très partielles relativement à l’ensemble des opérations que le cerveau et le mental gèrent. Cette interface est donc aussi un filtre étanche entre les deux natures physique et non physique en dehors de leurs modalités particulières d’interaction.
3) Le cerveau ignore le détail du fonctionnement mental autant que notre mental ignore le fonctionnement physico-chimique du cerveau et du corps. On peut même parler d’une cécité fonctionnelle de l’autre.
4) En ce qui concerne notre mental, les interactions passent nécessairement par la fonction mentale 4 que j’ai appelé la motrice qui fait donc office de lien direct et privilégié avec le cerveau et qui sert de relai au autres fonctions.
5) Cette interface permet cependant une collaboration étroite entre les deux natures, qui vivent en quelque sorte en symbiose et partagent certains objectifs communs tels que la survie et l’efficacité, mais qui vaquent à des tâches essentiellement différentes : organique et physico-chimique du corps pour l’un et cohérence mentale du sens pour l’autre.

29. L’INTROSPECTION ET LES QUALIA
La science de la vie mentale est la science du fondement de toutes les sciences humaines, de la sémantique à la science politique. Son objet est notre vie mentale, nos fonctions opératives, leurs émergences, leurs produits, leurs interactions et leurs structures. Son moyen d’exploration, d’investigations et de connaissance est l’introspection et l’étude des qualia qu’elle révèle. Une introspection riche de techniques, comme des outils scientifiques très élaborés mais mentaux qui s’acquièrent grâce à des exercices (voir mon site sefome-académie section 5), sans lesquelles on ne pourrait pas faire grand chose. Une science qui exige la plus grande rigueur, et en particulier la distinction des faits objectifs du caractère subjectif et arbitraire des jugements et des spéculations, pire des croyances. Son protocole de validation est l’évidence partagée fondée sur l’expression linguistique de propositions dans un langage qui lui est propre, purgé de polysémie et aussi proche que possible d’un langage formel.
Un quale (pluriel qualia) est le contenu de toutes nos expériences mentales conscientes. Nous ne vivons qu’une succession enchaînée de qualia. Leurs qualités sensibles immédiates sont irréductibles et incommunicables.

46. L’INTROSPECTION : UN ETAT NATUREL
L’introspection est notre état naturel grâce et par lequel nous prenons connaissance de nous-même et du monde qui nous entoure. La perception sensorielle n’étant qu’un cas particulier qui ne diffère pas par sa nature, mais uniquement par son objet, de l’introspection méditative.
L’introspection est une méthode de connaissance de soi par soi, la seule que nous disposons, chère aux romanciers, aux philosophes, aux mystiques et aux poètes. Les plus grands sages : Épicure, Lao-Tseu, Bouddha, Confucius et beaucoup d’autres, nous ont prouvé sa valeur.
Si les neurosciences, et en particulier les neuropsychologues physicalistes, la rejettent abusivement d’un a priori négatif et non sérieusement argumenté comme non pertinente, ce n’est pas tant qu’elle ne produit pas de résultats, mais qu’admettre ne serait-ce que sa réalité comme un fait, serait renier ipso facto leurs convictions métaphysiques non avérées. Il en va de même des qualia, les produits de l’introspection, dont certains vont jusqu’à nier l’existence en dépit de ce que chacun de nous éprouve et contre l’évidence du bon sens, tout simplement parce que les qualia ne sont pas accessibles à leurs mesures, et que selon leurs théories ce qui n’est pas accessible à leurs mesures n’existe pas, faute de preuves scientifiques et du principe qu’il n’existe rien hors du physique, les qualia étant des phénomènes irréductibles, non physiques, non réfutables, qui n’appartiennent qu’à notre conscience.
En conclusion, ne nous laissons pas abuser par une pseudoscience qui rêve de dominer notre culture et notre langage, qui vise à éteindre toute trace de philosophie dans les pensées des hommes, et qui n’a pas grand chose à nous apprendre sinon ses propres convictions simplistes et leur aliénation.

Réagir
1

Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Laisser un commentaire

Article suivantRead more articles