Je devrais être différent …

Je devrais être différent …

« Je devrais être différent et le monde aussi. Quand je serai différent, que j’aurai moins de peur, de regret, d’amertume, d’attente, je serai libre. Quand j’aurai suivi une voie spirituelle, que je me serai purifié, que j’aurai changé, divorcé, me serai remarié, que je serai plus riche, en meilleure santé, bouddhiste, chrétien, que je méditerai, ferai du yoga, serai moins violent, quand j’arrêterai de battre ma femme… »

Je vois le mécanisme : je suis toujours en train de dire non à la réalité, de m’embarquer dans un projet spirituel.

Clairement, je m’en rends compte.

Je ne peux rien faire contre.

Il n’est pas en mon pouvoir de m’empêcher de penser que le bouddhisme, le taoïsme, l’enseignement de Gurdjieff, la méditation solitaire ou le mariage avec cinq femmes est la solution pour moi.

Mais je peux voir que tout mon dynamisme vient uniquement de cette peur d’écouter.

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Un lâcher prise volontaire est impossible.

Cela vient lorsque vous arrêtez de vouloir lâcher prise.

Alors, le oui se vit en moi.

Je suis constamment dans le projet, dans l’intention…Et maintenant : ce n’est rien ?

J’exclus maintenant de la réalité de la vie.

Or, c’est maintenant que je dois être heureux, maintenant, dans l’instant.

Si je ne suis pas heureux maintenant, demain je vivrai la même misère : il faut découvrir le mécanisme.

Réalisez à quel point vous dites non chaque fois que vous vous imaginez heureux ou malheureux demain…

Vous avez observé de plus en plus consciemment le mécanisme qui vous fait aller toujours vers quelque chose.

Vous ne pouvez rien faire contre : seulement le constater.

Cette vision – « Je suis toujours en train de quitter l’essence, la présence » –crée une sorte de fissure ; on ne peut pas dire dans quoi, car c’est une image.

Dans cette fissure, malgré vous, vont s’insinuer des moments de joie libres de cause.

Ils vont vous permettre de vérifier que la joie n’est pas liée à la situation, qu’elle ne dépend de rien.

Vous allez intégrer davantage le fait que vous n’avez besoin de rien dans la vie, parce qu’elle se finit dans l’instant.

Vous allez vous surprendre, avec amusement parfois, à vous projeter sur cette femme, cet homme, ce chien, cette voiture, ce maître spirituel ; à avoir un espoir dans l’acquisition d’une technique, la danse ou la musique…Il n’y a rien à changer.

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Une espèce de culture de l’écoute, de la présence, va se développer naturellement en vous. Ce n’est pas entre vos mains, vous ne pouvez pas en décider.

De nouveau, vous allez voir une très belle femme, une belle voiture, un maître avec une grande barbe, et vous allez vous laisser embarquer dans un futur.

La vie est ce qu’elle est : il y a des femmes, des maîtres, des chiens, mais vous n’allez plus rien leur demander.

Alors, si c’est le bouddhisme qui vous a pris, vous allez devenir un vrai bouddhiste : vous étudierez le bouddhisme pour la joie de l’étude, sans rien en attendre.

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Donc, se contenter de voir à quel point le vouloir faire éloigne. Vous êtes condamné à cette révélation.

Tant que vous la demandez, que vous la cherchez, elle vous est étrangère. Dans votre non-demande, elle se révèle comme vous-même. Ce n’est pas quelque chose qui vient de l’extérieur : c’est votre propre cœur qui s’éveille.

Eric Baret

La sensualité m’a quittée…

La sensualité m’a quittée pendant une longue période dans ma vie..

Le passé douloureux était renié et enfouit dans la crypte de mon esprit, fermé à double tour.. je me persuadais que le sexe était secondaire.. je me disais que j’avais vécu mon temps et que la page était tournée..

Mon égo ne faisait que construire un système me permettant de me protéger de mes peurs.. peur des femmes.. peur de la sexualité en général..

Après une adolescence vide, où ma timidité me bloquait totalement, physiquement et où mon mental avait verrouillé toute possibilité d’expérience en la matière.. quelques expériences insipides, timorées.. puis la rencontre avec ma 1ère femme qui fût une explosion, une découverte débridée de ce qui m’était inconnu.. j’étais tellement pris dans cette relation que plus rien d’autre ne comptait.. et je me foutais de tout à l’époque.. j’ai même quitté mon job de fonctionnaire (insipide) pour m’installer à l’étranger..

Mais notre relation était excessive, passionnée, destructrice et la séparation consommée par son instabilité psychiatrique.. elle rentre en France.. je reste sur place..

Suivent des mois d’excès et de consommation que je vis tout en réalisant intérieurement que je suis dans une impasse..

Alors je lâche, je commence peu à peu à m’investir puis me surinvestir professionnellement tout en refoulant toute idée de sexualité.. ma nouvelle compagne m’a beaucoup soutenu.. et je lui ai laissé certaines libertés car l’excès s’est transformé en blocage chez moi.. peur.. anxiété..

Aujourd’hui je réalise tout ça, le chemin à venir est une inconnue et après tout c’est cette non connaissance qui est pétillante..

L’importance du corps

Je ressens de plus en plus nettement l’importance du corps dans mon équilibre interne et dans le ressenti de cette présence, source de paix..

Le mental balance, en continu ou par saccades, des pensées, certaines ayant une résonance et se mettant à faire vibrer négativement ou positivement le corps..

Le corps a une certaine capacité d’absorption de ces pensées mais au-delà d’un certain seuil c’est l’explosion, pour moi je deviens agressif, aigri, etc..

Mais lorsque je me mets à écouter mon corps, les pensées s’estompent, je ressens une “chaleur” dans les jambes et le sexe.. ce que j’appelle présence..

Ce moment est comme une purge des émotions, je ressens également dans la journée comment les émotions s’emparent de moi, c’est intéressant et apaisant..

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Jesse James

Vivons dans nos illusions, acceptons nos limites.

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