Jeux finis, jeux infinis 1 (James P. Carse)

Jeux finis, jeux infinis 1 (James P. Carse)

Le jeu fini de la vie est sérieux, le jeu infini de la vie est joyeux. C’est rire avec les autres. Nous rions non pas de ce qui nous a surpris en devenant impossible aux autres, mais de ce qui nous a surpris en devenant possible aux autres…

Un jeu infini est essentiellement paradoxal, tandis qu’un jeu fini est essentiellement contradictoire. 

Alors que le joueur du fini joue pour l’immortalité, le joueur de l’infini joue en tant qu’il est mortel. 

Les joueurs de l’infini ont des règles ; mais ils n’oublient pas que ces règles sont l’expression d’un accord et non d’une exigence pour un accord. 

Si une société peut être définie par ses limites, une culture l’est par son horizon. 

Une limite est un phénomène d’opposition. C’est le point de rencontre de forces hostiles. Là où il n’y pas opposition, il ne peut y avoir de limites. On ne peut se mouvoir hors d’une limite sans se heurter à des résistances. 

C’est pourquoi le patriotisme est belliqueux. Le patriotisme est le désir de contenir en lui tous les jeux finis- c’est à dire d’embrasser tout horizon en une seule limite. 

L’horizon est un phénomène de vision. On ne peut pas regarder l’horizon : ce n’est que le point au-delà duquel nous ne voyons plus. Nous ne sommes jamais quelque part par rapport à l’horizon, puisque l’horizon se déplace avec notre vision. Or on est quelque part qu’en se détournant de l’horizon. 

Tout mouvement d’un joueur du fini est à l’intérieur de limites. Tout moment d’un jeu infini offre ainsi une nouvelle vision, un nouveau champ de possibilités. 

La renaissance n’était pas l’effort de promouvoir telle ou telle vision. C’était un effort pour découvrir des visions promettant davantage de visions. 

Un jeu fini se joue pour gagner, un jeu infini pour continuer à jouer. 

Les règles d’un jeu fini ne doivent pas être changées en cours de jeu. 

Les règles d’un jeu infini sont changées pour empêcher que quelqu’un gagne et pour intégrer dans le jeu le plus de personnes possibles. 

Les joueurs du fini jouent à l’intérieur des limites ; les joueurs de l’infini jouent avec les limites. 

Le sérieux c’est la peur de l’issue imprévisible d’une éventualité ouverte. Etre sérieux c’est exiger une conclusion déterminée. 

Etre joueur, c’est consentir au possible, quelqu’en soit le coût pour soi même. 

Une surprise provoque la fin d’un jeu fini ; elle est la raison de la poursuite du jeu infini. 

Les joueurs de l’infini se préparent à être surpris par l’avenir, ils jouent pleinement à découvert. Etre préparé contre la surprise c’est être entrainé. Etre préparé pour la surprise c’est être éduqué. 

« Nous ne percevons que les sensations que nous sommes programmé à percevoir, et notre conscience est d’autant plus limitée par le fait que nous ne reconnaissons que les sensations pour lesquelles nous possédons déjà un cadre de référence ou des catégories mentales. » (In l’univers de la possibilité de Zander& Zander)

Alors que fait-on pour élargir le cadre de la perception ? 

Voila une question essentielle qu’il serait bon de souffler à nos dirigeants pour qu’on revoie la formation des futures générations. 

Pour rentrer dans l’univers de la possibilité, une sorte de déclic doit s’opérer. Un moment de quasi révélation, ou ce qui était impossible jusqu’à hier devient soudain possible. 

Ce déclic permet d’accéder à l’épanouissement.

Jean-Louis Tripon

Je joue avec l’universel un jeu infini, je joue pour continuer à jouer ce jeu mental solitaire sans fin, qui est ma plus grande source de jouissance, et dont le but est l’évolution mentale du joueur. Les règles de ce jeu sont celles de l’universel, et il faut les découvrir pour bien Jouer. C’est un jeu très sérieux qui ne prête pas à rire, voilà pourquoi je n’ai aucun humour. Les jeux finis à l’intérieur de cet infini sont possibles. mais secondaires et futiles. Carlo Suarès, mon professeur de cabale, nommait ce jeu “Le Grand Jeu” en souvenir des surréalistes. C’est un terme que j’aime bien, auquel nous pouvons encore ajouter : “Du Vivant”

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antoine valabregue

Ancien jardinier de l'esprit à Education Nationale

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