La Phytothérapie jusqu’au bout

La Phytothérapie jusqu’au bout

Parler de phytothérapie, c’est partir en voyage pour une science qui remonte à la préhistoire. En effet, déjà les hommes utilisaient les plantes pour se nourrir et se soigner.
Leur expérience venait essentiellement d’une capacité d’observation que nous avons malheureusement perdue. C’est en effet en observant les animaux, en testant en petite quantité que les chamanes-guérisseurs des clans déterminaient dans quelles conditions et à quelles occasions utiliser telle ou telle plante.

Bien avant l’histoire officielle, c’est donc par instinct, que les hommes se soignaient avec les plantes. Observations des animaux et simple curiosité leur permirent de découvrir les premiers secrets des “Simples” à une époque où la médecine et la pharmacopée étaient loin de faire leurs premiers pas.

Ce qui plus tard deviendra la phytothérapie était la science des “Sorcières”, des merveilleuses “Femmes des sources” guérisseuses aux pouvoirs mystérieux pour le commun des mortels et dont Paracelse disait : “Tout ce que je connais des plantes c’est aux sorcières que je le dois”.
Ces sorcières l’église les mettra au bûcher pour détruire un savoir qu’elle ne possédait pas et qui la dérangeait.

Le vingtième siècle, sous prétexte de sciences a voulu, à travers la toute puissante industrie pharmaceutique, isoler les principes actifs des plantes, ou, pire, les copier. C’était oublier que ce que fait la nature, elle le fait bien !

Isoler un principe actif, c’est détruire un équilibre, une synergie, et, lorsqu’on ne perd pas en efficacité, on gagne malheureusement, bien souvent, en nocivité.
Copier la nature a amené à des erreurs souvent dramatiques, il n’est besoin que de citer l’aspirine chimique copiée en “effet miroir” sur celle du saule, du bouleau ou de la rose trémière.

Mais là n’est pas le propos. Notre but et notre ambition est de redonner à chacun l’envie de se soigner naturellement, de se préserver en préservant la nature et les milliers de plantes qui l’habitent et dont nous sommes loin d’avoir découvert tous les secrets.

Les vieux écrits

En découvrant de vieux livres et parchemins, les chercheurs ont pu reconstituer les connaissances que les anciens avaient de ce que l’on appelle les “simples”. (Les simples ou simples médecines – simplicis medicinae ou simplicis herbae – selon les appellations latines) était le nom donné au Moyen Age aux plantes médicinales. Il faut noter que le savoir-faire concernant les connaissances, la culture et le ramassage des simples est reconnu par l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.

On constate qu’au fil des millénaires les connaissances acquises sont colossales. En Chine dès 2900 avant JC paraissait un ouvrage dans lequel sont décrites plus de 350 plantes. En Egypte, c’est vers 1500 avant notre ère que le Papyrus Ebers a vu le jour avec plus de 900 formules phyto-thérapeutiques.

Au cours des siècles de nombreux savants et chercheurs se sont intéressés aux plantes et à leurs applications. Le médecin grec Hippocrate (460-370 av. JC) s’imposa d’ailleurs grâce aux nombreux ouvrages et thèses sur les remèdes naturels. Aristote (384-322 av. JC) était également un remarquable phytothérapeute.

Depuis l’an zéro de notre ère nous pouvons citer : le médecin grec Dioscoride (40-90) qui rédigea le “De materia medica” lequel joua un rôle important pendant plusieurs siècles, cet ouvrage décrivant plus de 700 plantes médicinales et leur usage. Pline l’Ancien (Caius Plinus Secondus) qui à Rome écrit vers la même époque sa “Naturalis Historia” (Histoire naturelle) qui consacre ses 37 tomes aux plantes médicinales. Plus tard, Claudius Galenus, le célèbre Galien, consacra une partie de sa vie à réactualiser les connaissances des anciens et les écrits du médecin personnel de l’empereur Marc Aurèle serviront de référence jusqu’au Moyen-Age. Nous pourrions continuer ainsi pendant de nombreuses pages. Religion et médecine

Comme la plupart des connaissances, celle des simples a été transmise par les religieux de différents ordres monastiques. Si à l’origine les recettes étaient transmises oralement de génération en génération, elles étaient également souvent associées à des légendes, des mythes remontant souvent jusqu’aux rites dit païens.
L’Egise a traditionnellement recueillit ces différentes recettes et a trié le vrai du faux au sein des monastères, les moines copistes participant à sauver de l’oubli les ouvrages anciens et autres manuscrits.

De plus dans l’esprit comme dans la lettre de la religion chrétienne, les religieux devaient s’occuper des malades, et ce sont eux qui créèrent les premiers hôpitaux et hospices et les premières herboristeries.

En 529 Saint Benoit de Nursie, considéré par beaucoup comme le fondateur de la médecine monastique, fonde un cloître sur le mont Cassin.
Dès 550, l’un des moines de l’ordre, Cassiodore établira au monastère Vivarium en Italie la première académie d’utilisation des simples, que l’on peut considérer comme l’ancêtre de nos facultés de pharmacies. L’emploi du temps au Vivarium incluait l’étude des Grands Anciens, Hippocrate, Dioscoride et Galien pour ne citer qu’eux.

Les jardins monastiques

L’empereur Charlemagne n’a pas fait qu’inventer l’école, il rendit également le programme de Cassiodore obligatoire dans les écoles monastiques et canoniales et confirma lors de la promulgation en 812 du “Capitulare de villis” qui réglait la vie des monastère.

Ne laissant rien au hasard, l’empereur à la barbe fleurie, détermina quels végétaux devaient être cultivés dans les jardins monastiques, qu’il s’agisse de plantes médicinales, de fruits ou de légumes.

Ainis, le souci officinal, notre calendula, l’ail, la petite centaurée, la sauge faisait obligatoirement partie des cultures des jardins carolingiens aux côtés des plantes étrangères que les moines ramenaient de leurs nombreux déplacements.

Dans les herbiers constitués par les congrégations on consigna les connaissances acquises sur les plantes médicinales, on procédé à leur description botanique, on nota les effets et l’utilisation des simples, et on rédigea des recettes.

Auteur du célèbre “Hortulus” le moine Stravo y décrit 23 plantes sous forme de poêmes.

Sainte Hildegarde Von Bingen (1198-1179) fondatrice du monastère bénédictin de Bingen, sera la seule femme reconnue à cette époque en médecine. Elle rédigea le “Physica” et “Causae et curare” dans lequel elle rajoute aux connaissances acquises ses propres découvertes.

Un tournant dans l’histoire de la médecine de de la pharmacie

La médecine était déjà au douzième siècle étudiée dans les facultés au cours d’un cursus de plusieurs années. Au quinzième siècle, l’invention de l’imprimerie permettra à un plus grand nombre de personnes d’accéder aux écrits sur les simples. Les temps modernes verront la perception de la médecine et de la chimie se modifier et l’extraction d’un composant spécifique d’une plante devient traditionnelle.

Cependant cette manière de faire entraînera au cours des années l’oubli des connaissances sur les simples, en se concentrant sur la molécule “sois-disant” active nous avons très souvent oublié les autres composants de la synergie botanique.

Ce n’est que vers la fin du dix-neuvième siècle que Kneipp (1821-1897) se pencha à nouveau sur les connaissances des anciens et les réactualisa.

La science après avoir fait longtemps l’apologie du composant isolé, reconnait aujourd’hui que le principe actif de la plante est souvent la résultante de la synergie de différents composants que seule l’intelligence de la nature pouvait assembler.

Jean-Claude Thimoleon

Thérapeute depuis plus de 30 ans et président fondateur du Collège Francophone de Médecines Quantique et Alternative.

Cet article a 3 commentaires

  1. Jean-Louis Tripon

    Excellent article que tu pourrais poursuivre car on espère en apprendre plus sur ces plantes guérisseuses.
    CONCERNANT LES IMPLANTATION D’IMAGES :
    — L’image mise en avant c’est celle qui s’installe comme une bannière en haut du texte. Pour la mettre en place on clique dans la dernière rubrique (image mise en avant) du bandeau de droite, on la choisit, puis on valide. Elle doit avoir une bonne définition pour ne pas paraître trouble, raison pour laquelle je l’ai remplacée par une autre que tu peux modifier.
    — Pour insérer d’autres images dans le texte, comme j’ai fait avec ta première image que j’ai placée en fin du premier paragraphe : Après avoir cliqué sur (Modifier l’article), remarquer que quand on glisse la souris entre les paragraphes apparaissent les lignes d’un cadre bleu, et au centre une (+ cerclée de noir). Cliquer sur cette croix pour insérer un nouveau bloc, en général une image, un titre ou une galerie. Mais ici cette image peut être centrée, déplacée, agrandie, comme dans un Word. Toutes les tailles et les définitions sont donc adaptables pour un meilleur effet.

  2. Jane-Hannah Tripon

    En bas à droite dans le bandeau vertical de l’outil de publication des articles , il y a plusieurs intitulés (avec des flèches qu’i faut parfois ouvrir = catégories (si besoin me demander d’en créer davantage), étiquettes (mots clés facultatifs), image (à mettre en avant). D’autres outils sont disponibles par la (+ cerclée de noir) situé en haut à gauche de la fenêtre

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