Le scandale de la diabolisation de la nicotine
classement des préjudices de la drogue d'après une enquête de 2011 auprès de 292 experts cliniques en Écosse.

Le scandale de la diabolisation de la nicotine

Un faux syllogisme

Par un curieux syllogisme, d’une thèse ancienne qui fait toujours foi, son auteur Karl Fegerström affirme que : 1. Le tabac cause une puissance dépendance, et 2. Le tabac contient de la nicotine, donc Conclusion. La nicotine est responsable de la dépendance du tabac
Ce qui est le seul argument qui existe pour affirmer que la nicotine est dangereuse et addictive. Et pourtant l’OMS l’a classée comme drogue, et sa prescription est interdite aux médecins pour tout autre usage que l’aide au sevrage de la consommation de tabac.

Un tableau incohérent d’un collège de 292 experts cliniques

https://bmjopen.bmj.com/content/bmjopen/2/4/e000774.full.pdf#T1
Ce graphique qui figure comme image mise en avant montre le classement des préjudices de la drogue d’après une enquête de 2011 auprès de 292 experts cliniques en Écosse. Il fait partie d’une conclusion de sept pages destiné à établir un consensus général auprès des spécialistes, accessible par le lien présenté ci-dessus. c’est donc quelque chose de très sérieux.
Bizarrement, nous y voyons le terme de nicotine au sixième rang des drogues les plus dangereuses pour l’homme et la société, et pas celui de tabac ! En ouvrant le pdf nous commençons à comprendre la manipulation grossière dont la nicotine a fait les frais. On y trouve plusieurs tableaux : dans le premier la nicotine est associée au tabac sous le terme (nicotine – tabac), et dans les suivants, notre pauvre nicotine se trouve seule, et le tabac à disparu. Dans le questionnaire remis aux experts, une seule case réunit Tobacco / Nicotine, donc la conclusion était déjà préconçue, et dans le texte on trouve confusément l’un ou l’autre des termes au gré du rédacteur de l’article ! Nous admettrions bien, que ces sages experts estimaient que la nicotine présente un préjudice et un danger, mais il eut fallu que ces deux substances soient évaluées séparément, la nicotine n’étant pas cancérigène on ne peut pas les juger d’une position équivalente sur un graphique, sans faire preuve du comble de la mauvaise foi. Et si on demande des explications à ces doctes experts, on nous répondra : “Ah ! c’est un oubli… bénin”. Et qui a financé cette étude ? “Oh, nous ne savons plus… ce n’est pas très grave”. Et voila comment, un collège de 292 experts renommés font la substitution sémantique entre deux termes et produisent un faux éhonté, sans que personne n’ait rien à y redire. Le plus grave, c’est que ce graphique faux circule partout aux yeux de tous, et accomplit tranquillement son oeuvre délétère et aliénante auprès des populations crédules. Qu’on se le dise : La nicotine est le principe actif de la dépendance au tabac, et la sixième drogue la plus dangereuse au monde.

La nicotine n’est pas une drogue

Il n’y a pas de dealer de nicotine, ni de drogué prêt à se prostituer pour en acheter. La nicotine est en vente libre en pharmacie pour un prix très modique, essentiellement défini par son conditionnement. Et personne ne va défoncer les vitrines des pharmacies la nuit pour se procurer son enfer. J’ai vu des SDF ramasser des mégots dans la merde en pleine période de Covid-19 pour se les rouler, ça c’est une drogue ! La nicotine n’est pas une drogue. On a beau marteler sans preuve que la nicotine est le principe actif addictif du tabac, le tabac est bien une drogue très toxique, mais la nicotine n’est pas une drogue.

La nicotine n’est pas addictive

De nombreuses études faites avec des rats montrent que la nicotine n’est pas cancérigènes. Le professeur Robert Molimard fondateur de la tabacologie en France montre également que la nicotine n’est pas addictive. On ne peux pas plus parler d’accoutumance à la nicotine que d’accoutumance à l’eau potable. Si vous cessez de boire de l’eau pendant trois jours, vous allez vous trouver mal, vous aurez soif comme pas possible, et vous allez vous jeter sur la moindre goutte d’eau. Portant, il ne viendrait à l’idée de personne de dire que l’eau est une substance addictive.
Les expériences montrent que le rat sevré de tabac et alimenté en nicotine, dès qu’on lui donne le choix se précipite sur le tabac en abandonnant sa source de nicotine. Il en est de même pour l’ancien fumeur qui se précipitera sur une cigarette plutôt que vers son substitut nicotinique en cas de fringale tabagique, car la nicotine n’est pas un substitut des 4 000 substances toxiques du tabac, elle n’est qu’un stimulant cérébral évitant la recapture des neurotransmetteurs. Ce qui nous montre bien que la nicotine n’est pas responsable, ou le principal responsable, de l’accoutumance au tabac.

La nicotine est une molécule indispensable à la santé humaine

La nicotine se révèle pratiquement être le seul traitement vraiment efficace contre la spasmophilie et la rectocolite hémorragique. Et actuellement selon des études chinoises à protéger au moins partiellement du Covid-19.
Par ailleurs, dans le cadre de nombreuse maladies, en particulier pulmonaires et cardiaques, le fonctionnement du cerveau va être victime d’un affaiblissement de son métabolisme et aura besoin de l’appoint d’un stimulant nicotinique pour que malade puisse échapper aux anomalies et aux souffrances du déséquilibre de ses neurotransmetteurs.
Enfin, la nicotine est un outil indispensable dans la lutte contre le tabagisme, tout en sachant qu’il n’y a pas transfert de l’addiction du tabac vers la nicotine. Si fait que le risque de rechute est élevée en cas de fringale de tabac chez l’ancien fumeur sevré, qui aura naturellement plus tendance à revenir à sa cigarette qu’à son substitut nicotinique. D’une façon générale, fumeur, ancien fumeur ou non fumeur, notre organisme aura besoin d’un appoint d’un stimulant comme la nicotine en cas de défaillance, de déséquilibre ou de manque au niveau des neurotransmetteurs, dopamine, sérotonine et noradrénaline. Pour toutes ces raisons et parce que nous ne disposons pas de molécules véritablement équivalentes, les médecins doivent de nouveau avoir l’opportunité de prescrire de la nicotine pour soigner leurs patients. Ceci soulève la question éthique de la liberté thérapeutique du médecin face aux contraintes de l’environnement pharmaceutique et administratif dans lequel il exerce son art.

A qui profite cette diabolisation de la nicotine ?

Le plus grand défaut de la nicotine, c’est son très faible coût de fabrication et le fait qu’elle ne soit pas brevetable, ce qui pose la difficulté de la rentabilité de sa commercialisation pour un laboratoire pharmaceutique. Une libre prescription de la nicotine menacerait les ventes juteuses de nombreux médicaments brevetés de l’industrie pharmaceutique, mais les laboratoires fabriquent aussi des nicotiniques pour cesser de fumer (certains fort chers, comme la Varénicline : 100 € pour un traitement de 12 semaines, et qui fait l’objet d’une surveillance par les autorités sanitaires compte tenus de ses effets secondaires). Il fallait donc à la fois autoriser la nicotine pour lutter contre le tabagisme et l’interdire à tout autre usage, ce qui fut fait.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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