Le trauma familial

Le trauma familial

Introduction

Si l’enfer c’est les autres, les familles c’est pire ! Evidemment pas toutes, il y a beaucoup de simplement vulgaires, incultes, médiocres, aliénés dans tous les sens, sans être vraiment méchantes, du moins sans être consciemment perverses. Et puis il y a des Folcoches, comme dans “Vipère au poing” d’Hervé Bazin. Ah ! la jubilation de Brasse-Bouillon au bruit du crane de Folcoche qui racle le fond de la barque qui passe sur son corps après qu’elle soit malencontreusement tombée à l’eau toute seule. Et puis il y a pire : les mal-traitements, les viols, les meurtres ! et ceci jusque dans les meilleures familles de la haute noblesse française.

La famille pathologique

Si votre famille est pathologique vous ne pourrez pas en changer, même en déménageant de l’autre coté du monde, et vous ne pourrez pas la changer car nous n’avons pratiquement aucun moyen direct de modifier les personnalités d’autrui.
Si vous disposez d’un esprit puissant, vous pouvez manipuler, dominer, vous imposer à un parent faible (j’ai connu une femme qui petite fille avait transformé son père en toutou et sa mère en bonniche), mais en général vous n’avez rien à craindre de ces personnes. Pour les autres vous n’avez pas d’autre solution que de rompre, d’abord émotionnellement et affectivement, puis dès que c’est possible, physiquement. Il est encore possible qu’ils vous pourchassent de leurs assiduités et de leurs nuisances, il vous faudra alors faire appel à un juge, constituer un dossier, et obtenir une mise à distance.

Le triangle émotionnel concerné

Le triangle émotionnel concerné comprend l’amour, la colère et l’angoisse. Il vous faut traiter et transformer successivement les manifestations de ces trois émotions, associées à des souvenirs pénibles tout au fond de votre mémoire, qui bloquent et font perdurer le traumatisme et ses séquelles dans l’actuel, bien au delà de la période de leur occurrence.

L’amour

Il vous faut savoir que l’amour naturel que vous portez et que vous recherchez auprès de vos géniteurs est le point d’appui de leurs turpitudes funestes contre votre personne. Aussi vous n’avez pas d’autre choix que d’éteindre ce sentiment inapproprié à cette gente parentale, et de le reporter vers d’autres choses et d’autres êtres. Mais attention de ne pas transformer votre amour en haine car cela serait pire : vous vous fabriqueriez une sorte de kyste douloureux, imbriqué dans votre psyché, et d’autant plus difficile à déloger.
Le plus normalement du monde, l’image de votre relation à vos parents toxiques doit tendre vers l’indifférence pour ne plus exister que comme l’ombre d’un lointain souvenir ordinaire au fond de votre mémoire.

la colère

Quand nous subissons, jour après jour, brimades après brimades, dépréciations après dépréciations, humiliations après humiliations, il est normal qu’un jour la colère s’empare de vous, et devienne une émotion chronique pathologique qui vous mine du matin jusqu’au soir. Il vous faut savoir que la colère est une émotion négative active par laquelle nous donnons à l’autre (personne, objet, événement passé) le pouvoir de nous nuire, il faut donc s’en libérer au plus vite, ce qui ne demande pas une maîtrise particulière de nos fonctions mentales. Pour cela il suffit de la transformer en mépris, l’émotion passive qui lui correspond. Le mieux c’est de vous coucher et de pratiquer en méditation, les yeux fermés. Revivez la cause de la colère, en l’occurrence cette personne malfaisante, et méprisez-la pour ses actes indignes de votre confiance, elle ne mérite pas l’honneur de votre colère mais seulement votre plus grand mépris. Votre colère envers cette personne ne tardera pas à laisser la place au mépris pour elle, une émotion passive qui se transformera en indifférence avant de vite s’effacer de votre conscience sans laisser de séquelles à long terme dans votre mémoire. Au besoin, recommencez cette pratique méditative à plusieurs heures d’intervalle, vous constaterez une baisse d’intensité émotionnelle à mesure de l’installation du mépris et de la disparition de la colère.

L’angoisse

Pour cette troisième phase, nous vous conseillons d’utiliser des techniques de résilience pour vous libérer de toutes les pensées et de toutes les angoisses qui vous hantent.
L’angoisse vient du fait que l’enfant et l’adolescent que vous étiez a subit presque continuellement, pendant des années, tellement de choses insupportables de votre famille pathologique, qu’il ne peut faire autrement, qu’en craindre toujours de nouvelles. Cette angoisse peut perdurer au fond de vos structures psychiques bien après que les faits qui en furent à l’origine soient totalement révolus, de même d’un traumatisme de guerre subsiste bien après que cette guerre soit achevée, c’est le propre des trauma de pouvoir perdurer indéfiniment tant qu’ils n’ont pas été traités.
La technique de résilience consiste dans un premier temps à construire une bonne image de votre situation actuelle, montrant tout ce qu’elle a d’agréable, de richesses et de performances, votre liberté, votre sécurité, votre confort physique et votre bien être spirituel. Tout ceci fait, vous emportez cette image de vous avec vous, en méditation vers les les zones de votre mémoire les plus traumatisantes et les plus profondes. Et pour chacune d’elles, vous allez confronter les deux images, celle de votre actuel et celle de votre passé. Il va en résulter une dissociation temporelle avec pour conséquence la dissolution des énergies malfaisantes logées dans votre mémoire passée, et une protection de votre vie présente des pollutions débordantes et des séquelles de ce lointain passé toxique. Il vous faudra recommencer ce protocole autant de fois que nécessaire, et autant de fois qu’il y aura de nids toxiques dans vos structures mémorielles.

Conclusion

Nos êtres sont susceptibles de se fourvoyer comme de se construire, de se libérer comme de se détruire. Une famille perverse est une épreuve, qui peut être l’occasion de vous y anéantir, comme de trouver en vous les ressources intérieures par nécessité, qui vous permettrons de vous réaliser et de vous dépasser. Ce genre de famille n’est que l’expression d’une société ambiante tout aussi malfaisante et toxique. C’est donc aussi le moyen de vous aguerrir contre un environnement des plus durs et malfaisant. Vous apprendrez vite que pour vous construire en toute liberté et échapper à l’aliénation et à l’exploitation régnant dans ce pauvre monde, il vous faudra rompre avec tous les jeux de rôle toxiques qu’on vous propose pour vous abuser et partir seul à l’aventure vers un autre possible.

Réagir
2

Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Laisser un commentaire

Article suivantRead more articles