L’espèce Humaine est-elle sociale ?

L’espèce Humaine est-elle sociale ?

Nous définissons une espèce sociale, une espèce au sein de laquelle les individus sont soumis, consciemment ou non, volontairement ou non, à la survie de leur ensemble ou de leur espèce.

L’espèce humaine déchirée de ses multiples divisions, de ses contradictions et de ses conflits sanglants millénaires, n’est évidemment pas une espèce sociale. Et pour préciser ce qu’est une espèce sociale, nous allons fournir l’exemple de l’ensemble des cellules biologique du corps d’un animal métazoaire qui pourrait être celui d’un homme.

L’espèce sociale des cellules du corps d’un métazoaire

Les métazoaires sont des organismes biologiques multicellulaires constitués d’une multitude de cellules eucaryotes qui se nourrissent de matière organique, qui ont perdu leur indépendance et qui vivent dans la soumission à la survie de leur ensemble.
La durée de vie de ces cellules est très variable, de 2 semaines pour l’épiderme, quatre mois pour les globules rouges, quelques heures pour certaines cellules des intestins alors que d’autres auraient une durée de vie moyenne de 16 ans, que la cornée de l’œil se renouvelle tous les sept jours, et que les neurones du cerveau atteindraient l’âge de la mort de l’animal. Ce qui nous montre une très forte disparité de destin de toutes ces cellules qui sont pourtant toutes issues de la même cellule unique nommée zygote après la fusion des gamètes mâle et femelle des parents reproducteurs.
Ces cellules se sont différenciées en plus de 300 sortes différentes, et cette disparité de devenir a été rendue possible par leur aliénation à la structure de leur ensemble, c’est-à-dire à la soumission de toutes leurs tâches à la survie de l’entité animale qu’elles constituent.
En comparaison, nous pouvons donner l’exemple des cellules cancéreuses tumorales qui se sont libérées de ces contraintes, régressent et se dédifférencient vers la forme des cellules souches embryonnaires, qui prolifèrent dans une croissance sans limite, et qui bénéficient d’une forme d’immortalité agressive au détriment du corps de l’animal qu’elles finissent par tuer quand elles deviennent trop nombreuses.

L’espèce humaine n’est pas une espèce sociale

En comparaison de la référence précédente, l’espèce humaine n’est pas une espèce sociale. Nous pouvons la définir comme une espèce où les rivalités individuelles, caractérisent les relations pour exercer une domination sur les hommes et les richesses. Les infidélités, les divorces et les meurtres dans les couples, nous montrent que cette espèce ne possède même pas de stabilité familiale.
L’espèce humaine est de plus marqué par une multitude de de divisions et d’oppositions conflictuelles, superposées, empilées et imbriquées en castes, classes, appartenances sociales, ethnies, langues, nations, cultures, croyances, communauté diverses, religieuses, politiques et philosophiques, qui constituent autant de sous espèces rivales, qui ne sont pas prêtes à se ranger dans la soumission, consciente ou non, volontaire ou non, à la survie de l’espèce humaine.

Mentalement les hommes ne constituent pas une espèce

Si nous pouvons parler et définir une espèce humaine par ses caractères biologiques et génétiques, comme toute autre espèce animale, nous ne pouvons pas définir une espèce quelconque d’entités mentales compte tenu de l’altérité qui caractérise les êtres singuliers que nous sommes. Il existe trop de différences de comportements, de manière de penser et d’agir, de structures cognitives et normatives, d’apprentissages et de croyances, de pathologies individuelles et sociales, pour que nous puissions caractériser à ce niveau une espèce. Or c’est bien à ce niveau, spirituel et mental, qu’existent et vivent les hommes, qui ne sont pas, et ne s’estiment pas, sauf aliénation physique, des entités biologiques.
Nous avons donc besoin de deux concepts, et non d’un seul, pour appréhender ces êtres vivants singuliers : les humains biologiques qui constituent une espèce animale, et les entités spirituelles qui vivent en symbiose et font vivre les précédents, que nous ne pouvons pas définir comme une espèce animale.

Problème de la conscience et de l’acceptation de la soumission à la survie de l’espèce humaine

Jusqu’à ce jour, toutes les turpitudes des hommes n’ont eu que peu d’impact sur la survie de leur espèce, donc peu importaient les échecs, les barbaries et les erreurs successives des sociétés humaines, mais avec le réchauffement climatique qui pourrait atteindre + 6 à +7 °C à la fin du vingt-et-unième siècle et l’extinction massive de la biodiversité par la faute des industries humaines, les choses ont changé.
Pour survivre l’espèce aurait besoin de devenir sociale, de dépasser ses turpitudes, et donc que la grande majorité des individus soit soumise, consciemment ou non, volontairement ou non, à la survie de l’espèce humaine, c’est à dire qu’elle soit déterminée par une aliénation générale régissant tous les comportements des hommes.
Le problème c’est que selon les lois et les principes qui gouvernent les esprits des hommes, il y a contradiction entre cette aliénation et sa conscience qui implique de la combattre, que personne ne peut interdire à l’esprit de l’homme d’évoluer mentalement, que cette évolution mène à la conscience de toute aliénation, et que pour l’accepter volontairement, il faut d’abord en prendre conscience. Il y a donc contradiction entre la soumission nécessaire des individus à la survie de l’espèce, de préférence inconsciemment, et leur évolution mentale consciente.

Faute de pouvoir se réguler, l’humanité sera régulée par la nature

Faute de pouvoir soumettre les individus consciemment ou non, volontairement ou non, à la survie de l’espèce humaine, l’humanité ne dispose pas véritablement du pouvoir de se réguler. C’est ce que nous constatons dans les sempiternels échecs des conférences internationales sous le patronage des Nations Unies. En général, il y a un accord sur les objectifs à atteindre (diminution des pollutions, des émissions de gaz à effet de serre, et ralentissement de la hausse des températures), mais pas d’accords sur les moyens d’y parvenir compte tenu des intérêts divergents des différentes parties conflictuelles qui composent l’humanité.
En fait, ce que nous pouvons considérer comme notre seul système de régulation humain est néolibéral, qu’il vise à augmenter l’activité et des profits économiques, plutôt que de résoudre les problèmes, et qu’il rentre en contradiction directe avec les systèmes de régulation naturels qui eux, visent à réduire la population et les activités humaines. Donc de toutes façons, l’espèce humaine se trouve dans un corner écologique, comme un cheval qui se débat dans les sables mouvants, qui plus il se débat, et plus il coule, en provoquant des réactions de plus en plus drastiques des régulations naturelles, qui sont au nombre de quatre (énergie, température, biologique, alimentaire). Pour bien faire, il faudrait commencer par révoquer notre système de régulation néolibéral !
Par ailleurs, nous savons que l’activité humaine, les droits sociaux et le confort de vie, sont étroitement dépendants de la consommation d’énergies fossiles, que ces ressources ne sont pas infinies mais limitées et que leur extraction passe par un pic puis diminue pour tendre ensuite vers zéro, que ce pic est déjà franchi au début du vingt-et-unième siècle, et donc que le PNB mondial est condamné à se réduire à une peau de chagrin limité à guère plus que la production de la force physique des hommes dans un environnement de plus en plus pollué, stérile et vide de biodiversité.
Les énergies éoliennes et photovoltaïques sont des impostures écologiques, l’investissement en énergie nécessaire à la construction et à l’entretien de ces machines étant supérieure à l’énergie qu’elles sont capable de fournir avant leur obsolescence. La seule énergie renouvelable significativement disponible restera l’hydroélectricité, mais ses rendements seront affectés par l’accroissement des sécheresses et de la raréfaction des sources d’eau. En résumé, l’humanité ne disposera pas à terme de plus d’énergie qu’avant le commencement de l’ère industrielle et de l’exploitation massive du charbon. En conséquence, l’énergie sera réservé aux activités d’une élite, et les nations exportatrices de céréales distilleront de l’éthanol plutôt que de continuer à les exporter, provoquant un accroissement de la faim dans le monde et des famines dans les pays les moins bien pourvus.
En résumé :
1. La première régulation de l’espèce humaine sera énergétique,
en réduisant à terme le PNB mondial en volume à quelques 5% de ce qu’il était au début du vingt-et-unième siècle, en une longue succession de récessions et de crises financières, impactant les transports et tout les secteurs économiques.
2. La deuxième sera climatique,
avec des températures de + 6 à + 7 °C à la fin de ce siècle, du fait du dégazage des hydrates de méthane instables, en particulier dans le Grand Nord. Avec pour conséquences la diminution des précipitations, la progressions des déserts et l’assèchement des zones tempérées actuelles, la montée des océans, et la réduction de l’habitat humainement viable sur terre.
3. La troisième sera agricole,
suite aux conséquences des deux régulations naturelles précédentes, la surface mondiale des terres cultivables se verra réduite et d’une qualité médiocre vu l’effondrement de la biodiversité, et faute d’énergie l’exploitation agricole sera plus difficile car elle devra recourir comme par le passé aux forces animales et humaines. Il en résultera des famines à grande échelle dans toutes les régions de la planète.
4. la quatrième sera biologique,
du fait d’un usage inconsidéré des médicaments en particulier des antibiotiques et des antiviraux, ainsi que de la destruction de la biodiversité, nous pouvons craindre un accroissement des résistances à tout traitement et une explosion des mutations génétiques entraînant de vastes pandémies mondiales.
En conclusion :

L’effondrement de l’économie mondiale entraînera celle des banques et des systèmes monétaires. Les structures politiques nationales, ne pouvant plus se financer disparaîtront. Le manque d’énergie provoquera une extinction presque totale des transports à longues distances, et une suppression de toute technologie gourmande d’énergie dont l’informatique, internet et la téléphonie. Tous ces facteurs contribueront à la naissance d’une organisation sociale de survie de proximité constitué de petits groupes d’hommes et de femmes. La population humaine se verra réduite à moins d’un milliard de personnes, éteignant les causes de cette crise écologique dramatique, cependant les conséquences négatives accumulées au cours de la période antérieure mettront des siècles à se résorber.

Seul, loin des hommes, sans rien faire

Je vis seul dans un petit village au sud de la France, sans autre besoin que de me nourrir et je dispose de réserves financières pour des siècles sans rien faire.
Sans compagne, ni enfant, je vis frugalement loin de cette société humaine pathologique et paranoïaque, sans divertissement ni informations inutiles, et éloigné de cette culture matérialiste qui n’est pas mienne. Je n’appartient pas à ce monde, je ne suis pas physique, mais une entité purement mentale qui vit exclusivement dans une méditation spirituelle sans rien faire, donc en participant le moins possible à ce gaspillage généralisé d’énergies fossiles et à ces émissions de gaz à effet de serre.
Il faut savoir que la majorité des hommes, qui vit en s’identifiant à un corps biologique en ignorant sa nature spirituelle, se verra, après son décès, rejoindre, se confondre et s’anéantir dans la source de vie qui lui a donné naissance. Alors que les quelques hommes qui auront élaboré un ensemble de structures mentales cohérentes survivront comme des entités individuelles séparées jusqu’à la fin des temps, dans l’outre monde, pour accomplir leur évolution spirituelle. Ceci ne peut évidement pas être démontré à ceux qui, ne vivant pas dans cette démarche, ne peuvent pas l’éprouver. Nous sommes responsables de notre devenir, certains prétendent réussir par le sport, l’argent ou le pouvoir sur les hommes, d’autres se construisent spirituellement. Tout, se mérite.

Après l’effondrement général du système libéral les agriculteurs accepteront-ils la gestion commune de leurs terres ?

Il est certain que quand toute cette civilisation toxique s’effondrera, ma banque fera faillite, qu’il n’y aura plus d’électricité, et que l’argent même aura disparu. Mais il y a assez de terres autour de mon village pour nourrir tout le monde en s’organisant un peu d’une façon pertinente.
Est-ce que les agriculteurs accepteront sans broncher que nous travaillions tous sur leurs terres pour nous nourrir en commun ? Sinon la majorité non paysanne se verra contrainte de les éliminer pour survivre, ce qui serait dommage, car ce serait une perte de l’intelligence agricole.
Nous pouvons penser que la dernière chose qui s’effondrera sera le système bancaire, le cœur de l’empire néolibéral. Tout s’effondrera dans des tumultes, barbaries, pandémies, cannibalisme dans les grandes villes abandonnées à elles mêmes, et bains de sang, faute d’énergie et de matières premières, dans une pollution extrême et une biodiversité réduite à sa partie congrue, en gros, des rats et des cafards.
Il faudra sans concertation se réfugier dans les campagnes les moins polluées, les plus fraîches, les mieux pourvues en eau potable, loin des industries mourantes des hommes. La population occidentale se sera beaucoup réduite d’elle même, comme elle le fut en Europe lors de la grande peste de 1348 -1351. Beaucoup d’immeubles seront vides et de nombreuses terres seront laissées en jachère, la propriété n’aura sans doute plus aucun sens pour les survivants, et il faudra gérer tout ça en commun. La majorité des survivants décidera de la manière commune de survivre et il est peu probable que des concept tels que le libéralisme et la propriété individuelle, qui ont mené l’espèce humaine à sa perte, trouvent grâce à leur yeux. Ainsi pourra émerger le nouveau paradigme qui remplacera celui de notre civilisation technique, industrielle, matérialiste, néo libérale, arrivée en fin de son propre cycle, dans un échec total à assurer la pérennité de l’espèce humaine.

Jean-Louis Tripon, le 12 février 2020

Références :

Yves Cochet :
https://www.lepoint.fr/societe/il-faudra-s-entraider-ou-s-entretuer-interview-apocalyptique-avec-yves-cochet-27-09-2019-2338175_23.php
Jean-Marc Jancovici : https://jancovici.com/
Pablo Servigne : https://pabloservigne.com/
Portail de collapsologie : http://www.collapsologie.fr/
Construire un déclin : http://cud.reseautransition.be/

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 6 commentaires

  1. antoine valabregue

    je pense qu’on ne peut pas répondre de façon aussi simple à une telle question. Dans certaines circonstances l”espèce humaine est sociale dans d’autres non ( exemple la solidarité qui se manifeste après des catastrophes naturelles). Globalement elle a plutôt suivi un chemin non social depuis la sédentarisation et accéléré depuis quelques siècles. Mais la conscience de la coopération existe. Notre travail est de trouver les meilleurs arguments pour l’amplifier ( l’article sur l’humus est un bon exemple) .

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  2. Jean-Marie Quairel

    Pour répondre à Jean Louis je m’inscrit dans les pas d’Antoine …..Il me semble qu’un mentaliste/Spiritualiste , ne doit pas sombrer dans un pessimisme mortifère . Je propose un petit exercice de stimulation de notre imaginaire …..
    Bonjour , Je vous propose de faire fonctionner notre imaginaire pour après la pandémie……

    L’approche ( du Sociologue B.Latour entendu ce jeudi matin sur France Inter ) qui consiste à demander à
    chacun(e) les activités qui seraient à abandonner et celles qui seraient
    à conserver, après la pandémie, risque d’être stigmatisante et de
    perpétuer les germes de la division sociale. Elle relève surtout d’un
    niveau “décisionnaire” qui n’est pas, pour l’instant, celui du(de la)
    Citoyen(ne).
    Il me semble qu’il serait préférable de proposer à chacun(e) d’imaginer
    les 3 fonctions ( à classer par ordre de préférence ) qu’il désirerait
    occuper dans une société et une économie à reconstruire sur des bases
    nouvelles . On pourrait voir ainsi se dégager les fonctions prioritaires
    les plus choisies et celles non retenues . C’est un processus plus
    impliquant et plus constructif, que j’ai utilisé (comme beaucoup
    d’autres Conseillers en orientation-formation) pendant des années avec
    les jeunes collégiens et lycéens pour activer leur réflexion sur leur
    projet d’avenir . Aujourd’hui la finalité initiale de cette méthode
    subsiste, mais devrait être complétée par une exploitation statistique
    des résultats afin d’en tirer des directions pour demain : Possible au
    niveau de vos réseaux familiaux, professionnels, associatifs et amicaux
    et synthétisables dans des “Cahiers pour un avenir différent”
    A vous de voir quelle approche vous convient le mieux, sachant qu’elles
    ne sont pas exclusives …. mais ça vaut le coup d’essayer .

    Amitiés Jeanmarie A suivre un texte qui refuse l’idée d’une disparition de la pensée

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    1. Jean-Louis Tripon

      Chaque être singulier doit rester souverain de servir ou non, de son propre chef, l’intérêt et la sécurité collective, c’est un principe que je considère de la plus haute importance. Je n’ai donc pas à répondre aux appels patriotiques d’un chef d’état, aux suggestions d’un sociologue, ni aux conseils et aux petits jeux de quiconque. Je considère également que tout altruisme est une forme d’aliénation qui peut nous nuire dans notre devenir et notre rapport à l’universel, dont les enjeux sont formellement plus importants pour un être singulier, que la survie d’une espèce ou d’une planète, et même que la totalité de l’univers physique, qui s’effondreront un jour selon les lois universelles.

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      1. Emile Thyeff

        Bonsoir à toutes et à tous

        il est certain que le petit jeu des 3 fonctions proposé par Monsieur Quairel, que je remercie au passage pour son implication, est un tantinet risqué.
        Il pourrait y avoir beaucoup plus de demandes de postes de chefaillons que d’exécutants.
        Il pourrait surtout y avoir une recrudescence des demandes genre Zorba le grec, Alexandre le bienheureux ou Gaston Lagaffe … Pour certains nihilistes indécrottables le modèle à suivre pourrait s’appeler Gros Dégueulasse …
        Mais bon pourquoi pas … mais plus tard car après 7000 ans d’asservissement ( j’ai lu ce chiffre balancé par quelqu’un sur ce site ) , il serait un poil normal de se la couler douce un petit instant, n’est il pas ?
        Quant à la proposition de Monsieur Latour sur les activités à abandonner, cela revient au même que de conserver des fonctions, c’est l’ordre qui change c’est tout.

        Pour vraiment faire quelque chose d’utile pour cette planète il faudrait pour bien faire abandonner toutes les activités et ne conserver aucune fonction…

        Alors certes, c’est mortifère mais c’est pas pessimiste hihi !!

        Pour finir un petit clin d’oeil à mon ami Jean Louis qui évoque dans son commentaire les appels au patriotisme, par ce passage de Michel Houellebecq :

        La traditionnelle lucidité des dépressifs, souvent décrite comme un désinvestissement radical à l’égard des préoccupations humaines, se manifeste en tout premier lieu par un manque d’intérêt pour les questions effectivement peu intéressantes. Ainsi peut-on, à la rigueur, imaginer un dépressif amoureux, tandis qu’un dépressif patriote paraît franchement inconcevable.

        bonne nuit douce et conseillère !! hihi !

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  3. Jean-Marie Quairel

    Responsable du Secours Populaire dans une ville moyenne du Sud , j’observe un élan de Solidarité notable de la part de nombreux et nombreuses citoyens et citoyennes….Supérieur en tous cas aux comportement anti-sociaux de quelques uns. Mais cela ne veut rien dire pour l’Après…Ces manifestations de Solidarité sont observées dans toutes les catastrophes et sont des réflexes primitifs inscrits chez la plupart des humains, très proches de ceux de nombreuses espèces animales ( CF Frans DE WAAL dans l’Age de l’empathie) . Il reste que pour que l’avenir s’écrive autrement il serait nécessaire que la Solidarité devienne Structurelle et Systémique . C’est à dire qu’elle structure l’individu à travers une éducation revue entièrement ( Pédagogies actives et coopératives indispensables ) y compris dans la formation des “élites” et que , en mème temps, la solidarité soit le paradigme central, systémique, de l’ensemble des politiques publiques et des initiatives privées ….. Sans cela nous continuerons à nous payer de mots . Fraternellement Jeanmarie

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  4. Emile Thyeff

    Bonjour

    La première analyse à faire serait de cerner la sociologie des personnes qui ont cet élan de solidarité.
    Il est fort à parier que l’on s’apercevrait que la grande majorité provient des classes du milieu et du bas de tableau sociétal. Il pourra y avoir bien sûr quelques riches humanistes et empathiques, des joseph d’ Arimathie, mais ils sont , pour paraphraser ce cher Audiard, comme les poissons volants, ils ne constituent pas la majorité du genre.
    Le riche ne donne pas, ou il ne prête qu’aux autres riches, ou s’il donne c’est par le biais de sa fondation qui lui aura permis d’engranger de confortables crédits d’impôts. Le riche veut bien sauver Notre Dame, ou faire vacciner des millions de petits noirs en Afrique, mais apporter un caddie plein de pâtes et de boites de sardines aux restos du cœur, quelle idée saugrenue !!
    Donc cette solidarité pragmatique ne concerne en fait que les classes populaires et moyennes.

    Ainsi il serait utopique de croire que les ” élites ” pourraient être éduquées en ce sens tant que l’appartenance à une élite sera synonyme de suprématie financière sur le reste de la population, ce qui est le cas dans nos sociétés ultra capitalistes qui nous gouvernent depuis des lustres.
    En outre il faut relire Tocqueville qui explique parfaitement que l’ homme est ainsi fait que l’acquisition de sa sécurité matérielle par la technologie sans cesse renouvelée lui enlève toute velléité de solidarité collective, en même temps que grandit son individualisme. Or pour connaître cette félicité matérielle individuelle technologique, il faut avoir les moyens, donc devenir riche, se donner les moyens de le devenir et de le rester, moyens qui passent forcément par l’abandon volontaire de cette solidarité basique qui permet la vie en société quand elle est fragile et peu pérenne, et par l’érection systématique de l’ambition démesurée et de l’exploitation sans vergogne de la force de travail de l’autre.

    Nous en avons déjà discuté avec Jean Louis, une société vraiment solidaire ne peut être que “fragile” et sobre. et sans ” élites”. L’abondance et le confort technologique à outrance entraînent l’individualisme mortifère.
    C’est la raison pour laquelle nous essayons de penser à toutes les activités actuelles, culturelles, ludiques ou commerciales, qui devront dans un plus ou moins court délai être supprimées
    Néanmoins il ne faut surtout pas tuer cet individualisme au profit d’un collectivisme hystérique et total car l’ humain a besoin des deux pour vivre sa vie et son expérience d’être humain. Il suffit de placer le curseur au bon endroit.
    Discussion à poursuivre merci de votre attention bonne soirée à tous .

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