Lettre ouverte au président de la république française, Monsieur Emmanuel Macron

Lettre ouverte au président de la république française, Monsieur Emmanuel Macron

Fait à Cotonou le 12 Mai 2019

FADONOUGBO Zinsou Jérôme

Tel : ( +229 ) 97785807
64062048

Email : jeromezinsou@gmail.com

À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Monsieur le Président de la République Française, il m’a plu ce jour dimanche 12 mai 2019, de saisir ma plume pour vous faire parvenir un message qui, après lecture minutieuse vous aidera sur plusieurs plans. À cet effet, deux points seront abordés à travers cette lettre ouverte que je me fais le devoir de vous adresser. Il s’agit du point relatif à l’enlèvement de deux de vos compatriotes et celui relatif au retour dans le patrimoine national du Bénin, des biens historiques pillés au Dahomey à l’époque coloniale. Monsieur le Président, avant tout propos, je me dois de rendre un vibrant hommage au guide du Parc de la Pendjari qui a perdu la vie au début du scénario de l’enlèvement de vos compatriotes. Je m’en voudrais de ne pas rendre également hommage aux deux soldats Français qui ont été tués au cours de l’opération de libération. En effet, à l’instar de la crise post électorale qui secoue le Bénin au lendemain de la proclamation des résultats issus du scrutin du dimanche 28 avril 2019, notre pays le Bénin a appris avec consternation le 1er Mai 2019 la disparition inhabituelle sur le Parc de la Pendjari ( situé au Nord du Bénin ) de trois hommes : deux enseignants français et un guide béninois. Après une recherche minutieuse et sans relâche, le corps sans vie du guide qui conduisait les deux français a été retrouvé non loin de la frontière Bénin-Burkina. Après dix jours d’angoisse, d’inquiétude et de peur, soit le vendredi 10 Mai 2019, l’Élysée annonce à travers les médias la libération de quatre (04) otages au Sahel, dont les deux Français enlevés le 1er mai au Bénin. Il s’agit de Patrick Picque et Laurent Lassimouillas. Une bonne nouvelle pour les deux États à savoir le Bénin et la France qui sont les deux pays stressés par cet événement inédit qui s’est produit pour la toute première fois au Bénin. « Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso. Au cours de celle-ci, deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales. Les deux autres otages libérés sont une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne » avait indiqué l’Élysée. Monsieur le Président, ce passage de l’annonce de la libération des deux otages français nous a permis de conclure que la France a plus perdu dans cette affaire car deux de ses soldats ont trouvé la mort sur le champ de la bataille. C’est le moment pour moi de présenter mes sincères condoléances à la République Française en général et aux familles des soldats tués en particulier.

Monsieur le Président, mon inquiétude et mon amertume se situent au niveau de la campagne de dénigrement et de sabotage lancée par la ministre française des armées et certains de vos médias juste pour ternir l’image de notre pays, le Bénin à l’international. Pour eux et selon le Quai d’Orsay, le Bénin n’est plus une zone touristique favorable aux touristes mais plutôt une zone dangereuse déconseillée aux touristes. Si c’est à cause de vos deux compatriotes que la ministre et vos médias ont déclaré le Bénin comme étant une destination touristique risquée alors ils manquent d’esprit de discernement à mon humble avis. Primo, notre pays le Bénin n’a jamais enregistré un tel enlèvement si ce n’est le cas de vos compatriotes qui, à première vue laisse transparaitre l’idée de ce que les Français auraient des problèmes antérieurs avec les djihadistes. Sinon comment comprendre que ce parc qui est l’un des plus visités en Afrique de l’Ouest n’a jamais eu ce problème et c’est en présence des touristes Français que l’enlèvement survient. Un fait qui apparaît comme une équation à plusieurs inconnus. L’on se demande même si cette scène n’est pas un jeu bien planifié entre les Français et les djihadistes juste pour peindre en noir les valeurs touristiques dont dispose notre pays, le Bénin. Monsieur le Président, que vos compatriotes arrêtent ce lynchage médiatique.

Monsieur le Président, qu’il vous souvienne qu’entre 2013 et 2018, votre pays, la France a connu plus de dix attentats faisant ainsi plus de 245 morts et de centaines de blessés graves. Malgré ces événements malheureux qu’a connus la France pendant cette période énumérée supra, aucun pays du monde ne s’est lancé dans une campagne de dénigrement ou de sabotage visant à ternir l’image de votre pays comme vos compatriotes en collaboration avec vos chaînes de télévision le font actuellement suite à la libération des deux otages Français. Malgré ces événements, les autres pays continuent de visiter vos sites touristiques et vos patrimoines culturels. Votre pays est allé jusqu’à modifier la carte sécuritaire du Bénin toujours dans l’intention de détourner les regards des touristes de ce centre touristique envié par plusieurs pays du monde. Monsieur le Président, de vous à moi, est-il normal qu’un pays comme le vôtre ( dont le niveau de la civilisation n’est plus à douter ) puisse se lancer dans une telle campagne de dénigrement et de sabotage pour noyer les efforts inlassables du Gouvernement du Bénin que vous aviez pourtant promis aider sur le plan culturel et touristique ? ? ?
Monsieur le Président de la République Française, ce mauvais rôle que jouent certains de vos collaborateurs ne sied pas à cette grande nation que vous avez le privilège de diriger. Il me plaît de vous demander votre réaction si c’était notre pays le Bénin qui s’était lancé dans une telle campagne de sabotage à l’endroit de votre pays. Il est temps que la France, à défaut d’aider les pays Africains à se relever, les laisse tranquillement se relever seuls au lieu se chercher à les enliser davantage. Ce comportement que la France développe est à l’antipode de sa volonté d’aider les pays Africains qu’elle annonce partout surtout ses promesses faites à la nation béninoise lors de la dernière visite du Chef de l’État Béninois, Son Excellence Patrice TALON à l’Élysée. Monsieur le Président, il est temps que la France laisse de côté l’hypocrisie afin de permettre aux pays Africains d’œuvrer pour leur véritable indépendance mentale, financière et politique. Votre pays doit mettre impérativement fin à l’hégémonie qu’il a tout le temps exercée sur les pays africains. Au fur et à mesure que le monde évolue, les mentalités changent et changeront pour la libération du peuple noir. D’ailleurs vos deux compatriotes doivent des explications au peuple béninois en général et à la famille du guide tué car ils auront sûrement des informations sur comment il a été assassiné. Peut-être qu’il a été tué en voulant défendre vos compatriotes, qui le sait ??? Voilà pourquoi ils doivent nous éclairer beaucoup plus sur les évènements qui ont abouti à leur enlèvement qui est d’ailleurs le premier cas que le Bénin vient d’enregistrer depuis des décennies. Ne pas éclairer les béninois sur la mort tragique de leur frère est une erreur très grave que la France doit éviter de commettre. C’est difficilement vous avez rendu hommage à ce pauvre guide depuis que son corps a été découvert. Et vous l’avez fait après la libération de vos deux frères. Il mérite les mêmes hommages que vos deux soldats.

Monsieur le Président de la République Française, l’importance du second point de ma lettre m’amène à vous faire un bref historique du processus enclenché par le Gouvernement Béninois conduit par le Président Patrice Talon afin de ramener dans le patrimoine culturel Béninois les biens historiques pillés au Dahomey. En effet, en avril 2016, le ministre Agbénonci sur instruction du Chef de l’Etat avait déjà pris ses marques dans ce dossier. Le 27 juillet 2016, le ministre Aurélien Agbénonci avait adressé un courrier à son homologue français Jean-Marc Ayrault pour réclamer au nom du gouvernement béninois, le retour dans le patrimoine culturel béninois, des biens historiques pillés au Dahomey à l’époque coloniale par les troupes du général Dodds. A cette demande légitime, c’est une fin de non-recevoir catégorique que la partie française a opposée au gouvernement béninois en mars 2017. Mais cela n’a aucunement émoussé la détermination du gouvernement béninois et de son Chef, le Président Patrice Talon qui a instruit son ministre des affaires étrangères à poursuivre l’offensive. Ainsi, grâce au leadership éclairé, l’offensive diplomatique clairvoyante et le sens de négociation du ministre Aurélien Agbénonci, de notables avancées ont été enregistrées notamment au cours de la séance de négociation du lundi 3 avril 2017 à l’issue duquel le Chef de la diplomatie béninoise a affirmé que, “l’espoir est permis”. De l’espoir à la réalité, la ténacité et l’engagement du gouvernement béninois ont payé car depuis la mise sur pied le 5 mars de la mission confiée à Bénédicte Savoy et Felwine Sarr suite au passage du Chef de l’État béninois en France, l’homme n’a ménagé aucun effort pour que le Bénin recouvre ce patrimoine “exilé”. Pendant ce temps et jusqu’à l’heure où nous vous adressons cette note, le peuple béninois note un silence plat de votre coté plongeant ainsi dans le doute les milliers d’Africains qui avaient cru en vos paroles et actions qui étaient favorables au retour de ces biens culturels emportés. Monsieur le Président, ceci est un cri de cœur des milliers de béninois d’une part et des Africains attachés aux valeurs africaines d’autre part. L’on ne vous demande pas l’impossible, Monsieur le Président. Avec un peu de volonté et d’engagements sincères, vous pouvez retourner au Bénin ses biens culturels qui lui étaient jadis dérobés par les citoyens français.

Pour finir, nous vous prions de prendre en compte ce cri de cœur de l’ensemble des africains qui sont totalement fatigués des manigances de la France qui a tout le temps exercé une hégémonie sans relâche sur leur continent depuis des décennies. Nous vous adressons d’avance nos vives et sincères reconnaissances pour votre acceptation du cri de détresse de la République Béninoise pour votre prise de décision en faveur de cette dernière pour le rayonnement de ses projets culturels et touristiques. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre profonde déférence.

questions au gouvernement : intervention de André Villiers
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Thibaut A. GBAGUIDI

Nationalité : Béninoise Né le 08 Juillet 1995 Professeur Certifié de Philosophie, Expert mentaliste, Président-Fondateur de DMS-BENIN, Écrivain, Coach en Développement Mental Sémantique.

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