Atteinte à l’intégrité et à la dignité des patients en psychiatrie

Atteinte à l’intégrité et à la dignité des patients en psychiatrie

Imaginez : Vous vivez dans un [nouveau] monde. Dans ce monde, tout ce que vous dites, toutes vos paroles sont vues et entendues comme invraisemblables. Vos paroles, quelles qu’elles soient, n’ont plus aucune crédibilité envers autrui. Vous pouvez souffrir d’une paralysie buccale (ou autre), avoir été violé(e), être harcelé(e), vouloir exprimer un avis sur un milieu ou sur une personne, vouloir exprimer un savoir, une connaissance, etc. : personne ne vous croit.

Ce monde existe : c’est celui de la psychiatrie pour les personnes atteintes de schizophrénie, mais aussi pour toutes les personnes atteintes d’une pathologie psychique. Sont donc aussi concernées les personnes ayant fait un AVC et autres pathologies neurologiques.

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Il s’agit là de toute-puissance et pouvoirs acquis par les psychiatres. Il s’agit d’abus de pouvoir par certains soignants, de maltraitance physique ET psychologique, d’atteinte à l’intégrité et à la dignité des personnes.

Tous les psychiatres ne fonctionnent pas forcément comme cela. Mais de nombreux témoignages m’ont été rapportés et je vais vous livrer le contenu sidérant d’un témoignage recueilli auprès d’une jeune femme.

Témoignage

Interview de Sylvie

Les schizophrénies : Comment est apparu le phénomène physique vous handicapant ? Comme cela s’est manifesté ? Cela est-il apparût en même temps que la prise de médicaments ?

Sylvie : Ma dysarthrie (trouble de l’élocution), est apparue progressivement après 3 ans de traitement à 24 ans. Au début, ce phénomène se présentait à une fréquence irrégulière, c’est-à-dire que ça disparaissait un jour ou deux. Ce trouble s’est manifesté à cause de mon traitement qui à l’époque était administré à une dose élevée. Chaque fois que je prenais mes médicaments, ces troubles semblaient plus intenses encore au fil du temps.

Les schizophrénies : Comment l’avez-vous exprimé au psychiatre ? Comment a-t-il réagi ? Comment vous sentiez-vous à ce moment-là ?

Sylvie : J’en ai parlé une première fois puis une deuxième fois à mon psychiatre. J’ai dit au psychiatre que j’étais privée de mon usage de la parole à cause de mon traitement. J’avais une très bonne élocution mais j’ai tout perdu à cause de ces médicaments. Mon psychiatre m’a répondu : « Ça doit être le stress, l’anxiété. » Or, pas du tout. J’ai déjà éprouvé du stress ou de l’anxiété. Ça ne se manifestait pas par une dysarthrie. J’ai apporté la notice de mon médicament avec les effets indésirables et j’ai souligné : Dysarthrie. Le psychiatre m’a supprimé ce traitement après une année et m’en a prescrit un autre mais tous les traitements expérimentés m’ont causé les mêmes désagréments. Je me sentais impuissante face à ce fléau, je ne pouvais même pas envisager de reprendre mes études.

Les schizophrénies : Pendant combien de temps êtes-vous restée sans être écoutée dans votre souffrance physique ? Comment avez-vous vécu intérieurement cette situation ? Avez-vous tenté des poursuites judiciaires ?


Sylvie : Je suis restée 4 ans sans être écoutée, à supporter les moqueries d’autres infirmiers, de reproches et de remontrances. Je n’ai pas poursuivi en justice l’institution psychiatrique car quand vous êtes schizophrène, votre parole est remise en question, on ne vous accorde pas le bénéfice du doute. Je n’ai engagé aucune poursuite aussi car les psychiatres ont noté dans mon dossier médical que la dysarthrie était causée non pas par le traitement mais à cause de la pathologie. Ce sont des sornettes car avant d’être diagnostiquée, je m’exprimais très bien.
Le patient n’est pas respecté, je me souviens alors que j’avais été mise en isolement pour péril imminent, j’ai failli tomber dans le coma, ma température était anormalement élevée. Les infirmières m’ont limite agressée, elles craignaient de perdre leur place. Elles m’ont obligée à ingurgiter des quantités d’eau énormes.

Les schizophrénies : Selon vous, quelles pourraient être les solutions à cette situation dramatique concernant les prises en charge des patients psychiques ?

Sylvie : Selon moi, on devrait proposer à chaque patient ce qu’il voudrait… que l’on change dans le milieu de la psychiatrie pour que chacun soit écouté et pris en charge plus dignement. Faire confiance au patient et ne pas lui coller une étiquette de « fou » sur le front.


Je remercie Sylvie d’avoir pris le temps de répondre à l’interview ; la communication de témoignage permet la dénonciation des mauvaises actions dans notre milieu souvent insidieux.

Sylvie est un pseudonyme utilisé afin de préserver l’anonymat.

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Vous pensez que vous n’êtes pas concerné par la problématique de la maladie psychique et que vous êtes trop « normal » pour pouvoir être concerné. Détrompez-vous. En 2014, le nombre de patients suivis en établissement psychiatrique est plus de 2,3 millions en France pour environ 67 millions de personnes vivant en France. Une maladie psychique peut se déclarer à n’importe quel moment de la vie, pour peu qu’il y ait des événements stressants, un choc émotif ou une surcharge de travail, par exemple. Vous serez aussi concerné si une personne de votre entourage proche est directement touchée. Autant dire qu’une personne sur cinq est concernée par la maladie psychique, de près ou de loin.

Ce type de maltraitance n’est évidemment pas le seul abus exercé en psychiatrie sur des personnes. Nous pouvons citer les contentions (le fait d’attacher au lit une personne), la mise en isolement capitonné, l’administration de force de « médicaments » qui sont en réalité de fortes drogues (dans le sens où la structure du cerveau se modifie en fonction de cette prise chimique et devient donc dépendante de cette substance pour fonctionner de façon plus ou moins « correcte », selon la vision des psychiatres et du monde de la psychiatrie ; les effets secondaires des neuroleptiques et anxiolytiques sont souvent graves, sur le long terme) légalisées rendant les patients souvent légumes, mais aussi la mise de la camisole de force dès l’entrée dans les urgences psychiatriques.

Pour les personnes concernées, ou celles qui veulent en apprendre plus, nous vous conseillons l’ouvrage Pour en finir avec la psychiatrie : Des patients témoignent. Dans ce livre, la commission Alternatives thérapeutiques du G.I.A. (Groupe Information Asiles) a rassemblé des témoignages qui décrivent les maltraitances institutionnelles psychiatriques et les ravages des psychotropes, mais qui racontent aussi des chemins possibles de guérison. Ces chemins sont aussi variés que les personnes qui témoignent sont diverses. Ce livre prend, en effet, le contre-pied des allégations répétitives et confortables de nombreux médecins psychiatres qui prétendent que maladie mentale et chronicité vont de pair. Non, même la schizophrénie n’est pas incurable ! Des membres du G.I.A. attestent ici que l’espoir est légitime, que sortir de la dépendance aux institutions psychiatriques et aux médicaments psychotropes est possible. Il présente aussi en annexe un historique du G.I.A. de ses débuts, en 1972, jusqu’en 1992, sous la forme d’un long entretien avec Philippe Bernardet (1950-2007), militant dévoué à la cause des patients en psychiatrie et devenu, par la force des choses, le meilleur juriste national et européen en matière de droit français de l’internement psychiatrique.

Sources

Cet article est tiré du site https://www.les-schizophrenies.fr/

Lien de l’article :
https://www.les-schizophrenies.fr/definitions-et-point-de-vues/le-monde-de-la-psychiatrie/article/ca-se-passe-en-psychiatrie-atteinte-a-l-integrite-et-a-la-dignite-des-patients

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Spiritum Pirata Véronique R

"Ce n'est pas en regardant la lumière qu'on devient lumineux, c'est en prenant conscience de l'obscur. Mais ce travail est souvent désagréable donc impopulaire" Carl Gustav Jung

Cet article a 2 commentaires

  1. Jean-Louis Tripon

    Presque tous les patients témoignent, malades mentaux, schizophrènes, autistes, Aspergers, TDAH, TOP, les médicaments nous rendent malades, assomment chimiquement et perturbent nos cerveaux, sont addictifs et chers, servent avant tout aux profits de l’industrie pharmaceutique qui cherche à exploiter ses brevets et non à nous aider.
    La psychiatrie a malheureusement pour but de protéger la société des bien pensants des soi-disant “fous”, en les enfermant dans des camisoles chimiques, et non pour but de les soigner, ou de soulager leurs douleurs. Dans les CHS, les psychiatres tiennent le rôle, non de médecins, mais de juges suprêmes de l’être de personnes présumées délirantes, ayant donc perdu dans le cadre de cette institution toute responsabilité d’elles-mêmes. Leur savoir et leur jugements sont réputés indubitables quoiqu’il arrive aux patients internés.

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  2. Sylvain Chiron

    J’ai modifié ce superbe article pour corriger l’orthographe et la frappe.

    De façon générale, la vie en société n’est pas facile ; la plupart des gens sont très bêtes, et j’ai beaucoup souffert même avant de connaitre de près la dictature des psychiatres. Un grand nombre de nos concitoyens sont complices de la situation, en suggérant qu’il existe un milieu pour aider les gens en difficulté, pour mieux se déresponsabiliser de leurs fautes à notre égard.

    Mais, disons-le : les psychiatres sont des enculés. Ils sont une incarnation de ce mal qui habite notre planète. Ce sont les plus cons des médecins, unis dans une communauté, avec une soi-disant réflexion sur l’esprit, pour nous faire croire qu’ils auraient une déontologie du tonnerre… alors que les meilleurs médecins sont aussi ceux qui se foutent le plus des règles médicales !

    Une grande idée de la psychiatrie, c’est de nous faire croire qu’il y aurait une intermédiaire entre la faute et la droiture. Mais quand met-on les gens en prison dans cette société ? Voyons, il n’y a pas d’intermédiaire : soit il y a faute et alors il faut être puni·e, soit il n’y a pas faute et alors on est libre de toute obligation ! Quand on est en prison, on sait pourquoi on y est et quand on en sort, les choses sont beaucoup plus claires (même si c’est assez terrible à vivre, car une fois que vous avez été condamné·e, l’État a beaucoup moins de mal à vous faire condamner une nouvelle fois ; c’est ce drame des récidivistes voulus par l’État). En psychiatrie, tout est laissé à la discrétion de ces enculés de psychiatres : les psychiatres font volontairement du mal aux gens les plus honnêtes, par pure jalousie, et ils libèrent les gens dangereux.

    Il est de toute façon naïf de croire qu’il existe quelque part un service public connu de tout le monde qui viendrait vous sauver quand vous êtes en difficulté. Le service de la justice ne nous aide pas, et la psychiatrie non plus. La vie se construit avec les gens autour de nous, des groupes comme Sic Itur, rencontrés par hasard, et liés à nous grâce à notre bon discernement. Le pouvoir de choisir avec qui on fait sa vie, ça, on devrait pouvoir nous l’accorder (ça demande un consentement bilatéral, par contre). La psychiatrie est un leurre, un instrument pour les mauvaises politiques.

    Quand on nous dit qu’on est incorrect ou qu’on est malade, c’est pour qu’on se remette en question, pour qu’on prenne du recul, pour qu’on se ressource davantage sur soi-même et non sur les autres, c’est une incitation à l’humilité qui ne demande rien de plus que l’acte immédiat. Le but n’est pas de nous envoyer nous emmerder des mois ou des années en hôpital, avec des médicaments incompréhensibles et inutiles ! Qu’on nous mette un caillou dans le corps et qu’on nous demande de le garder à sa place, ça reviendra au même ! Personne n’a besoin de ça ! Certes, nombre de nos concitoyens manquent de discernement à ce sujet, mais au moins, ils ne prétendent pas détenir la raison. Les psychiatres sont inexcusables et surtout lorsqu’il s’agit des femmes !

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