L’urgence de changer de paradigme

L’urgence de changer de paradigme

Tout animal vivant depuis la plus petite bactérie est bisubstantiel, son physique ne le différencie pas d’un cadavre, d’un corps inerte et mort. C’est sa nature mentale qui lui permet de vivre. Les machines sont, comme les planètes et la poussière que le vent entraîne dans le ciel, des corps inertes que les lois mécaniques de la physique, ou les vivants, mettent en mouvement. Tout est en mouvement dans cet univers, il n’y a rien de fixe, la fixité d’un corps n’est que relative à un autre corps qui lui-même est en mouvement.L’homme est un animal, un grand singe qui a perdu ses poils, à la petite différence près qu’il est conscient de son ignorance. Ce qui le met dans un état d’insécurité ontologique insupportable. Face à ce gouffre insondable, il tente et se presse de le combler avec tout ce qu’il a de disponible et en premier lieu avec les délires de son imaginaire. Mais son ignorance est formelle et, comme le tonneau sans fond des Danaïdes, ne peut être comblée, même avec des sottises. Et comme l’œil de Caïn, son ignorance le regarde tel un miroir de lui-même, jusque dans sa tombe. La solution de ce problème est ailleurs.Ainsi, depuis l’aube de son histoire, l’humanité est agitée de troubles et de tumultes, de barbaries et de massacres, les uns tentant de dominer les autres par tous les moyens, dont la force et le pouvoir manipulateur des idées sur autrui. La technologie a fait des progrès depuis le premier outil de pierre jusqu’à l’ordinateur, et c’est bien la seule chose qui lui paraît tangible dans cet océan d’ignorance. En augmentant la puissance de son faire, il rêve de dominer l’univers, et d’abord ses semblables. Tout ceci n’aurait guère d’importance si le progrès ininterrompu, économique et technologique, ne le menait pas à la destruction de la planète où il vit et à l’extinction de son espèce. Il faut donc que l’homme change de paradigme, mais ce n’est pas facile quand on tient quelque chose qui fonctionne à merveille, et quand de plus l’humanité souffrante de pathologies multiples, d’avidités pour le pouvoir et les richesses, est engluée dans sa confusion et ses délires. Pour ce faire, il n’a que deux solutions : évoluer mentalement vers plus de sagesse en se débarrassant de ses pathologies, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et parallèlement se contraindre à la source du problème écologique, en réglementant sa liberté d’agir à sa guise, et en particulier de fabriquer, de transporter et de vendre les produits les plus inutiles et les plus nuisibles à lui-même et à sa planète, donc le libre échange. 

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 1 commentaire

  1. Jean-Louis Tripon

    La philosophie des lumières au XVIIIe c’était : la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Mai 68 c’était : il est interdit d’interdire. Tant que ni la planète, ni l’espèce sont en danger, pas de problèmes, vous pouvez faire ce que vous voulez, y compris vous détruire, c’est votre responsabilité. Par contre, quand la planète et l’espèce sont en danger du fait d’un exercice nuisible de votre liberté, il faut réviser ce principe et imposer un nouveau paradigme : La liberté de tous s’arrête là où elle constitue une menace pour la planète, la biodiversité et l’espèce humaine.
    Cette révision nécessaire de votre liberté, n’est pas si drastique qu’elle peut vous paraître, car elle ne concerne que quelques uns de vos comportements physiques. Par contre elle n’entame en rien votre liberté de penser, d’être, et de vous construire mentalement pour atteindre les plus hauts degrés de la sagesse et de la maîtrise de vous-mêmes.
    Délires et confusions : Dans mon texte, délires se réfère à la paranoïa ambiante, le déni de réalité, selon la thèse de Luigi Zoja et confusions à la schizophrénie selon la thèse du sociologue Georges Devereux, ce sont des termes employés en psychiatrie. https://secession.fr/schizophrenie-sociologie

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