Mes manières de vivre

Mes manières de vivre

Si je parle ici de mes manières de vivre, et non pas de ce que je suis, c’est pour montrer qu’il est possible de vivre d’une façon très agréable, très loin des normes sociales ordinaires, jusqu’à l’étrangeté, et d’autre part pour vous montrer que nos manières de vivre conditionnent et impliquent les réalités sociales, économiques et politiques qui font l’objet de nos critiques et de nos indignations les plus virulentes. Il ne nous sert donc à rien de râler dans les réseaux sociaux, ni de défiler en manifestant dans les rues avec forces slogans contre le gouvernement, les médias, les patrons, l’absence de démocratie, l’injustice, les incohérences, les incompétences, les scandales et les méfaits du néolibéralisme mondialisé. Il ne faut rien attendre des décideurs supposés qui ont bien moins de pouvoir que nous ne l’imaginons, il nous suffirait de changer nos manières de vivre pour changer notre société et le monde, tout en sachant que le majorité est déterminante et que le point de bascule est bien inférieur à 50%, compte tenu du poids des influenceurs, et de l’importance médiatique des personnes.

Je mène une vie frugale, non par obligation, par conviction politique, par discipline écologique, ou par souci de pureté spirituelle, mais simplement parce que ce monde physique, concret, matériel, et tout ce qui s’y passe, ne m’intéresse pas du tout, et ceci depuis ma plus petite enfance. Je ne suis attiré et ne vit vraiment que par et pour ma réalité mentale non cérébrale, tout le reste étant pour moi tout à fait secondaire. En conséquence, je suis classable dans les anti consommateurs, anti économiques, et anti néolibéraux.
Je vis par accident dans un petit pavillon d’une petite ville de province proche de la frontière espagnole, relativement spacieux pour une personne seule, avec petit jardin sauvage, dont je ne m’occupe que très peu. Il faut comprendre que j’ai besoin d’un environnement de vie des plus banals, ni beau, ni laid, sans style, ni décoration élégante, neutre, rien qui puisse attirer mon regard ou créer une atmosphère particulière, c’est à dire rien qui puisse perturber ma pensée.

Je n’ai ni télévision, ni carte bancaire, ni téléphone portable, je n’écoute pas les informations, je ne lis pas les journaux, je n’assiste à aucun spectacle, je méprise le sport et la musique, je me déplace peu, je ne fais pas de tourisme et ne prend aucune vacance. Je suis par contre très présent dans le net et en particulier dans ce réseau AFDMS que j’ai créé. Je porte la même paire de mocassins depuis trente-cinq ans, j’ai acheté une paire de double il y a quinze ans restée inutilisé dans sa boite. Je n’achète pratiquement pas de vêtement, sinon des sous-vêtements, j’utilise un stock d’habits accumulé il y a plus de trente ans quand j’étais ingénieur conseil. Mon poste de dépenses le plus important concerne des subventions pour la réussite de projets, je ne fais aucun autre investissement financier.

Je vis en paix avec mon corps du fait d’un vieux pacte d’indifférence réciproque. Je me lave peu pour conserver la flore bactérienne superficielle. Je ne coûte rien à la sécurité sociale car je ne suis pas malade. A 71 ans, je vis seul depuis plus de dix ans. D’un naturel solitaire, je n’ai jamais voulu avoir d’enfant. Je suis masculin, hétérosexuel, du genre neutre, je considère que le sexe est un jeu de plaisir qui perd son sens quand nos hormones ne sont plus suffisantes pour assurer nos performances. Je n’ai pas de besoin affectif, ni familial, ni relationnel. Je suis en rupture sociale depuis mon plus jeune âge, dans cette société malade à laquelle je n’accorde aucune vertu, aucune sagesse, aucune connaissance, et aucun exemple à suivre. Je peux vivre indéfiniment seul.

Depuis que je suis devenu ataraxique à la fin de l’été 2015, je ne ressens plus aucune émotion, plus aucun stress, ni joie, ni colère, ni amour, ni haine. La pleine conscience harmonique holistique hors de la pensée verbale me protège pratiquement de toute dissonance cognitive. Je n’ai donc plus besoin de me détendre, de me distraire, je méprise tout divertissement et tout humour, mais je conserve le rire. J’écris et je médite beaucoup sans considérer cela comme un travail puisque je vis dans une sérénité et un plaisir permanent. Je mange quand j’ai faim, je dors quand ce corps me le réclame. Je pense tout le temps même quand je rêve. Je fais à chaque instant ce que j’ai à faire, sans y réfléchir et sans me soucier de l’avenir. Je sais pouvoir mourir dans la satisfaction de la maîtrise de soi.

Réagir
1

Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 1 commentaire

Laisser un commentaire

Article suivantRead more articles