Avant-projet de thèse
L'esprit d'Omar Khayyam planera toujours...

Avant-projet de thèse

Avant projet de thèse de doctorat en philosophie présenté par Jean-Louis Tripon
ÉLABORATION D’UN MODÈLE DE L’ESPRIT HUMAIN DANS LE CADRE DU DUALISME CARTÉSIEN

Thèse dirigée par …

Avant projet de Thèse

          Peut-être l’immobilité des choses autour de nous leur est-elle imposée par notre certitude que ce sont elles et non pas d’autres, par l’immobilité de notre pensée en face d’elles. Toujours est-il que, quand je me réveillais ainsi, mon esprit s’agitant pour chercher, sans y réussir, à savoir où j’étais, tout tournait autour de moi dans l’obscurité, les choses, les pays, les années. Mon corps, trop engourdi pour remuer, cherchait, d’après la forme de sa fatigue, à repérer la position de ses membres pour en introduire la direction du mur, la place des meubles, pour reconstruire et pour nommer la demeure où il se trouvait. Sa mémoire, la mémoire de ses côtes, de ses genoux, de ses épaules, lui présentait successivement plusieurs des chambres où il avait dormi, tandis qu’autour de lui les murs invisibles, changeant de place selon la forme de la pièce imaginée, tourbillonnaient dans les ténèbres.

                                                             Marcel Proust – A la recherche du temps perdu

SOMMAIRE

1. INTRODUCTION GÉNÉRALE

1.1. Introduction
1.2. Caractères généraux de la représentation de l’homme en philosophie
1.3. Position des problèmes
1.4. Objectifs poursuivis par la thèse
1.5. Des parties de la thèse

2. LE DUALISME DE SUBSTANCE CARTÉSIEN

2.1. Historique
2.2. Polémiques
2.3. Insuffisances et lacunes
2.4. Propositions résolutoires

3. LA PHILOSOPHIE DE L’ESPRIT

3.1. Les différentes écoles
3.2. Critique du physicalisme
3.3. Arguments en faveur du dualisme cartésien

4. VERS UN NOUVEAU MODÈLE DE L’ESPRIT HUMAIN

4.1. Lacunes et incohérences du modèle dominant
4.2. Conception et perception du mental humain
4.3. L’introspection différentielle
4.4. Construction d’un nouveau modèle de l’esprit humain

5. UN MODÈLE MULTIPOLAIRE

5.1. Neuf fonctions mentales
5.2. La question du monde
5.3. La question du soi

6. UN MODÈLE ÉVOLUTIONNAIRE

6.1. La néoténie mentale de l’espèce humaine
6.2. L’évolution mentale

6.3. L’ataraxie

7. CONCLUSION

ANNEXES

A.1. Applications aux sciences sociales
A.2. Applications thérapeutiques
A.3. Vers une science mentale

BIBLIOGRAPHIE

Note explicative concernant l’image mise en avant :
Carte heuristique de l’environnement de la fonction analytique 2

L’analytique 2 possède trois modalités opératives, la première STRU crée du sens structuré p2 des activités mentales qui lui sont accessibles et des activités sensorielles, et le livre à la conscience 5 où il devient conscient p2e. La seconde PROP propose du sens structuré plus complexe suite aux demandes de service des fonctions 4 6 7 9 et le livre à la conscience. La troisième GEST gère en mémoire m (non consciente) les ensembles d’ensembles de sens structuré p2 dont une partie post-consciente s’est écoulée de la conscience, et peut être remémoré par 1. La fonction motrice 4 exerce son action sur le monde extérieur. Les fonctions mentales (1 à 9) dont les activités restent partiellement inaccessibles à STRU réagissent, et exploitent selon leurs capacités, le sens structuré conscient p2e qu’elles intègrent en 5. Il est fait abstraction de la charge énergétique A (p8) présente dans tous les éléments de cet ensemble.

1. INTRODUCTION GÉNÉRALE

1.1. Introduction
Une des choses qui nous distingue, humains, des animaux, c’est que nous sommes conscients de notre ignorance, une intuition qu’ils ne semblent pas posséder, et encore, nous n’avons aucun moyen de l’affirmer avec certitude, puisque pour cela il nous faudrait pouvoir pénétrer et vivre dans leur intimité mentale consciente, ce qui nous est rigoureusement impossible même en ayant développé des pouvoirs empathiques hors du commun des hommes.
Nous sommes des êtres du faire et non des êtres du savoir, ce qui pose d’emblée la difficulté de la démarche philosophique. Le problème de cette discipline de l’être à la découverte de sa propre nature, c’est qu’elle est à la fois fondamentale et ineffable. Si nous pouvons facilement échanger des choses physiques comme des signifiants de nos langages de signes et des mesures qui ne sont que des rapports de grandeurs géométriques d’objets physiques comme les règles et les mouvements des horloges, nous ne pouvons pas échanger, ni communiquer, ni comparer du sens, bien que le sens soit notre nature la plus intime. Celle avec laquelle nous vivons, avec laquelle nous appréhendons toutes choses, en nous et hors de nous, et sans laquelle nous ne serions que des cadavres comparables à de la matière inerte sans vie, ou à des machines, incapables de révéler la moindre existence et la moindre qualité de nous-même et du monde.
Nous vivons et ressentons ce que nous définissons comme notre réalité car nous n’en disposons pas d’autre, mais nous sommes formellement incapables de communiquer fidèlement et exactement cette réalité à autrui. Alors, nous sommes tentés de nier cette réalité intime, tentés de ne juger pour vrai que la réalité physique, mesurable des choses d’un monde extérieur qui n’est pas de notre substance. Mais notre curiosité pour la connaissance de ce monde extérieur est un peu vaine, étant donné que nos besoins corporels sont peu de chose à satisfaire et que la douceur des relations avec nos compagnons des deux sexes n’en dépend pas. Alors qu’au contraire, notre monde mental intime ineffable regorge d’une multitudes d’outils extraordinaires et de trésors de savoir faire sans limite dans une évolution inépuisable jusqu’à la fin des temps. La philosophie ne doit pas alors être envisagée comme une recherche de la vérité, du sens de la vie, ou du bonheur, mais comme un cheminement intuitif d’appropriation et de maîtrise de cette évolution mentale pertinente et gratifiante, tout le reste venant en sus.
1.2. Caractères généraux de la représentation de l’homme en philosophie

La plupart des doctrines philosophiques souffrent malheureusement de représentations de l’homme limitantes hérités de mythes et de théologies diverses dont elles n’ont pas su s’affranchir. Il en est ainsi de l’idée que l’homme est un bon sauvage fait à l’image de son dieu créateur, immuable car il ne conviendrait pas qu’il dépasse la constitution ordonnée par son dieu. Le plus étrange, c’est que cette idée d’une entité humaine non évolutive planant en maître souverain au dessus de la condition animale corvéable à merci, c’est répandue jusque dans les idéologies les plus agnostiques.
1.3. Position des problèmes

Les découvertes des sciences de la nature et de la matière, donc la physique, nous ont montré depuis longtemps que nous ne percevons pas la réalité intime de la matière physique, mais que nous percevons des images mentales intimes utiles aux succès de nos entreprises et à notre suivie. Nous ne percevons ni les atomes, ni les particules, ni les fréquences vibratoires, mais des qualia de couleurs et de formes macroscopiques, qui sont des créations de notre être. Ce monde est non seulement étranger à notre nature, mais sa réalité est très éloigné de nous et inaccessible par nos moyens naturels de perception et d’appréhension des choses. La physique quantique nous apprend encore que la réalité microscopique de cette substance est non seulement non finement mesurable compte tenu des deux principes d’incertitude d’Heisenberg, mais encore que sa structure ultime lui sera toujours inaccessible du fait des limites formelles de résolution spatiales actuellement de l’ordre de 10 puissance moins 21 mètre et des énormes quantités d’énergie nécessaires à mettre en place pour les dépasser.
Il nous faut distinguer le monde extérieur du monde de nous-même, car ces deux domaines obéissent à d’autres lois, présentent d’autres propriétés, et sont accessibles par des moyens étrangers l’un à l’autre, notre système biologique sensoriel d’une part, notre pouvoir d’introspection dans notre intimité mentale d’autre part. Il ne conviendrait donc pas de rejeter notre faculté d’introspection, qui de tout temps fut l’outil le plus naturel de la démarche philosophique, comme certains adeptes de la psychologie cognitive qui estiment que ce n’est pas un moyen suffisamment fiable pour explorer notre être, mais au contraire de développer des techniques particulières d’introspection plus adaptées et plus pertinentes pour cette recherche.
1.4. Objectifs poursuivis par la thèse

Comme l’écrit Luigi Zoja : Faute de connaître sa réalité mentale, l’être humain vit dans un imaginaire du monde, de la société et de lui même. Et comme il est plus difficile de décortiquer des incohérences d’une thèse que d’énoncer les principes qui nous permettent de sortir de nos dissonances normatives et cognitives, et donc de la néoténie de notre naissance, nous ne nous efforcerons pas d’examiner les courants multiples des théories conceptuelles imaginaires qui étirent la philosophie en tous sens, mais nous nous contenterons de souligner les fondements qui nous assurent une voie évolutionnaire, dont la conception de notre entité mentale indépendante dirigeant notre cerveau biologique et par lui notre corps physique, et l’aperception des structures mentales interagissantes créant l’authenticité de notre être.
1.5. Des parties de la thèse

Cette thèse se développe à partir de l’examen du dualisme de substance, de ses critiques concernant en particulier l’interface physique/mental, et par nos propositions résolutoires. Puis par une revue des différentes écoles en conflit dans le cadre de la philosophie de l’esprit, une brève présentation de la phénoménologie, une critique du matérialisme scientifique et une liste d’argument en faveur du dualisme cartésien. Puis, après avoir décrypté les lacunes et les incohérences des représentations de la nature humaine, défini la différence des percepts et des concepts pour assoir une thèse sur une base pertinente, montré le principe de la technique originale de l’introspection différentielle, et présenté un modèle innovant de l’esprit humain construit grâce à cette technique, nous aborderons la question du monde et la question du soi, pour achever cette thèse par une évocation de la néoténie mentale humaine, de la démarche opérative évolutive,  de l’ataraxie en l’absence de tout trouble, émotion et stress qui est une de ses étapes importante, pour conclure enfin par ce que cette technique peut apporter à la philosophie, ses implications pour les sciences sociales, ses applications thérapeutiques et l’opportunité qu’elle nous offre de créer une nouvelle science mentale dans la ligne de la phénoménologie d’Edmond Husserl.

2. LE DUALISME DE SUBSTANCE CARTÉSIEN

René Descartes , le père du dualisme de substance

2.1. Historique
René Descartes 1596 – 1650, fondateur du dualisme moderne en Occident.
Le père du dualisme moderne est René Descartes qui l’a formulé en 1641 dans son ouvrage : “Les méditations métaphysiques”, en soutenant que l’esprit était une substance immatérielle distincte et indépendante du cerveau. Il a été le premier a formuler le problème de la relation du corps et de l’esprit tel qu’il est encore débattu aujourd’hui, en affirmant qu’il existe deux substances dans l’univers : la substance mentale ou sémique (de la nature de la conscience et du sens) et la substance matérielle ou physique. Cette thèse s’oppose radicalement au physicalisme.
2.2. Polémiques

À partir du xxe siècle la pensée de Descartes fut vivement critiquée par le développement du positivisme et de l’empirisme logique en philosophie, et surtout par le physicalisme en science (Cercle de Vienne, matérialisme réductionniste et éliminativiste, béhaviorisme, puis les sciences cognitives en particulier la psychologie cognitive expérimentale et tous les monistes qui prétendent étudier et interpréter les phénomènes mentaux en observant l’imagerie IRMf et l’EEG. En fait, ils n’étudient que la vie cérébrale, et tout n’est ici qu’interprétations fondées sur leur position de principe que le cerveau fait tout), la principale critique portant sur la localisation de l’interface physique/mental dans la glande pinéale par Descartes. Cependant à son époque les connaissances en biologie ne pouvaient pas lui permettre de la localiser correctement. Il en est tout autre aujourd’hui, et nul doute qu’il la localiserait dans le diplosome, un organite cellulaire composé de deux centrioles de 27 tubules réunis en neuf groupes de trois dans une géométrie ennéanaire parfaite, compatible par sa nature biologique avec la substance physique et par sa structure avec la substance mentale.
Près de 400 ans plus tard Descartes reste un pilier incontournable de la philosophie de l’esprit, et des auteurs contemporains, comme Antonio Damasio et Stanislas Dehaene du Collège de France, ne cessent de le citer dans leurs livres.
2.3. Insuffisances et lacunes

2.3.1. Le problème de l’interface physique/mental
L’existence de deux substances, l’une physique et l’autre mentale, pose immédiatement le problème de l’explication du comment de leur interaction, parce que notre expérience ordinaire et quotidienne nous montre que notre mental dirige notre corps et qu’à l’inverse il reçoit des informations de celui-ci. Certains disent que compte tenu du fossé qui sépare ces deux substances, c’est impossible. Mais c’est ne pas faire preuve d’esprit scientifique, car pour un scientifique face à son ignorance de la réalité ultime des choses, tout reste possible dans cette réalité, et qu’il ne peut se permettre aucun a priori de ce genre s’il veut accroître ses connaissances des choses. Puisque que cette interaction est manifeste, il faut bien qu’il existe une interface physique/mental compatible avec leurs deux natures, un traducteur réciproque entre le codage biologique des informations et la structuration du sens au sein de notre mental. Descartes à beaucoup hésité avant de choisir pour interface la glande pinéale. Ce fut une erreur, cependant à son époque la biologie était pratiquement inexistante, et il ne pouvait donc pas la déterminer faute de pouvoir visualiser au microscope électronique avec un grossissement de 150 000 l’intimité des cellules et étudier leurs organites comme nous pouvons le faire aujourd’hui. Or toutes ces cellules que ce soit celles des bactéries eucaryotes ou celles de notre corps sont vivantes, elles interagissent avec leur milieu, sont conscientes et pensent. Certes pas comme nous, mais elles pensent néanmoins car c’est nécessaire à leur survie. Pour penser, il leur faut une nature mentale en sus de leur nature physique, et pour que ces deux substances interagissent il leur faut une interface physique/mental. C’est donc là, et nulle par ailleurs, dans l’intimité de ces cellules microscopiques qu’il faut trouver la mystérieuse interface.
2.3.2. L’absence d’un véritable modèle fonctionnel de l’esprit humain
La thèse cartésienne ne va pas plus loin que de concevoir notre être comme une entité intentionnelle consciente non évolutive, de même que plus tard la thèse psychologique de la psychanalyse freudienne d’un moi conscient. Or on ne peut pas faire l’amalgame de facultés contradictoires, soumises l’une à l’autre, inversant leur dominance, en une seule entité dirigeante sans aboutir à des incohérences majeures comme dans la transe hypnotique où le conscient cesse de l’être et où l’inconscient le devient pour proposer des solutions. Distinguer des parties collaboratives devient indispensable pour comprendre et décrire le comportement et les mécanismes qui régissent l’esprit humain. Il en va de même pour analyser les facteurs qui concourent à l’évolution mentale de notre esprit.
2.4. Propositions résolutoires

Les deux centrioles du diplosome

2.4.1. Le diplosome : L’interface physique/mental
La pétition de principe des monistes, qui consiste à identifier notre être mental à un organe biologique : le cerveau, alors que les bactéries unicellulaires qui pensent et qui sont nécessairement conscientes pour se déplacer, se nourrir et vivre, n’en possèdent pas, est devenu fragile. Ce qui distingue les organismes vivants de la matière inerte c’est d’être capables de se mouvoir par eux-mêmes dans leur environnement. Or pour se mouvoir il leur faut disposer d’une fonction motrice, d’une fonction qui la dirige et d’une fonction qui décide. Pour décider cette dernière a besoin d’une fonction analytique et d’une autre qui juge ce qu’elle fait et la guide. Ce qui nécessite aussi une fonction qui lui révèle et qui partage ce que toutes ces fonctions font, cette fonction c’est la conscience.
Tous les rôles du diplosome n’ont pas encore été clairement établis en biologie. Il fut longtemps uniquement identifié comme le déclencheur de la reproduction cellulaire, car avant toute division cellulaire chacun des deux centrioles se reproduit simultanément donnant naissance à deux couples de centrioles, qui se déplacent dans le cytoplasme et qu’apparaissent les fibres de l’aster et ceux du fuseau de division. Le centrosome est maintenant considéré comme un centre cinétique, autant pour les mouvements internes de la division, que pour les mouvements externes des cellules car l’ensemble de son appareil moteur constitué de cils ou de flagelles en dérive. Cette structure de neuf groupes de tubules se retrouve dans les cils, les flagelles et le point basal, d’où leur intérêt. Comme nous n’ignorons pas que ces éléments sont aussi des organes sensoriels de l’environnement extérieur de la cellule ainsi que l’attestent les cônes et les bâtonnets de la rétine qui en dérivent, le diplosome recevrait aussi les informations qui en proviennent. Le pas supplémentaire qui consisterait à admettre que le diplosome est un organe de commande comparable à un cerveau au sein de la cellule, n’est pas encore franchi.
Ce que nous montre la connaissance biologique du diplosome c’est qu’il est, entre autres choses, un organe intermédiaire d’analyse et de codage d’informations en provenance de l’environnement physique extérieur au monde biologique de l’entité unicellulaire. Cet organite nous permet de poser quelques prémisses fondamentales avec une certaine assurance :
a) Il existe un univers extérieur à la cellule biologique, et il a le caractère d’une étendue géométrique.
b) Le diplosome élabore des représentations de ce monde, dont il fait lui-même partie. Ces représentations sont fonction de ses propriétés structurelles, à savoir : des relations géométriques et des nombres, chacun des vingt-sept tubules pouvant être affecté à un nombre et lui-même à une catégorie ou une qualité de sens distinctif propre, comme des couleurs, des sons et des saveurs, etc., qui n’ont qu’un lointain rapport avec la réalité du monde physique. De ce fait, ces représentations ne traduisent pas la réalité physique, mais sont essentiellement fondées sur les caractéristiques du centriole. D’où l’existence d’un second monde, le seul auquel nous avons accès : celui des représentations limitées, formatées et parallèles du diplosome.
c) Ces constituants étant propres au diplosome, nous ne pouvons donc rien en inférer concernant la réalité physique, sinon qu’elle existe et qu’il en fait partie. Que dans cette image du monde et de lui-même que nous livre le diplosome rien ne laisse supposer l’existence d’une conscience, ni d’autres fonctions mentales telles que l’intention, le jugement, les émotions, la confiance, etc. qui ne sont pas géométrico-numériques.
d) Que ces dernières qualités étant éprouvées par tout vivant, c’est une autre entité ailleurs du diplosome et du monde biologique qui les éprouve, une entité que nous nommons mentale. Que cette entité mentale délivre nécessairement une nouvelle réalité représentative de sa nature propre. Que tout être vivant éprouve ce sens en tant que qualia ineffables, indubitables, personnels et intransmissible.
2.4.2. La distinction de fonctions opératives au sein du l’esprit humain
Pour véritablement comprendre le fonctionnement de notre esprit, il nous est nécessaire de distinguer ses parties en autant de fonctions indépendantes et complémentaires. C’est ce que font déjà sur un autre plan comportemental les sciences cognitives en distinguant dans notre cerveau différentes aires affectées au langage, aux différentes perceptions visuelles et auditives, a l’attention et aux régulations biologiques de notre corps, etc. Nous devons faire de même pour notre être mental non cérébral en distinguant nos pouvoirs opératifs comme émotion et analyse, décision et jugement subjectifs, conscience et intention ou désir, remémoration et imagination, intuition créatrice et éthique, direction de notre corps et confiance en soi. Toutes ces facultés étant distinctes, parfois elles dialoguent comme dans l’hypnose, parfis elles s’opposent comme pulsion affective et libre arbitre, le plus souvent elles s’ignorent comme dans le sommeil et le rêve, où notre conscience révélatrice n’est clairement pas directive du déroulement du processus du film des rêves, qu’elle reste passive et ne manifeste aucune intention concernant le message qu’elle reçoit dans cet état mental particulier où nous sommes complètement isolés de notre corps et du monde physique qui l’entoure.

3. LA PHILOSOPHIE DE L’ESPRIT

3.1. Les différentes écoles
3.1.1. Le monisme physicalisme
Pour le physicalisme toutes les connaissances, y compris celles des sciences humaines et sociales sont réductibles à la physique, ses grandeurs et son langage. De ce fait, il ne peut pas exister de thèses philosophiques propres et indépendantes des thèses scientifiques matérialistes. Toute connaissance est fondée sur des mesures, ne peut donc exister que ce qui est physiquement quantifiable. Il en résulte que l’homme est réduit à sa consistance biologique et à son cerveau. Sa pensée, sa conscience et son libre arbitre sont des illusions.
3.1.2. Le monisme idéaliste
Etant donné que nous ne vivons que des expériences mentales intimes, des qualia comme le quale rouge, et des combinaisons complexes de qualia, nous pouvons douter de la réalité physique des choses et affirmer avec les idéalistes que tout est conscience.
3.1.3. Le dualisme de substance cartésien
Notre esprit est une entité indépendante de notre corps et de notre cerveau qu’il dirige. Nous vivons consciemment notre réalité psychique et nous admettons l’hypothèse de l’existence d’une réalité physique comme cohérente et raisonnable compte tenu de nos observations.
3.1.4. La phénoménologie
De Edmond Husserl (1859 – 1938) qui se fonde sur l’étude des phénomènes de l’expérience vécue de notre conscience, avec l’ambition de se constituer en une science en renonçant à toute abstraction et toute théorie préalable de nature à troubler la pureté du phénomène.  Elle reprend et poursuit la démarche cartésienne. Cependant, elle ignore encore l’étude de nos qualia qui n’apparait qu’en 1929 dans le livre « Mind and the world order » de Clarence Irving Lewis, et elle s’attarde trop sur nos sensations physiques, allant jusqu’à renier l’introspection dans la phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponti. Elle ne parvient pas à élaborer des techniques mentales pertinentes nécessaires à l’étude des structures de notre esprit, et elle perd son originalité créatrice dans l’obsession de l’étant de l’existentialisme de Martin Heidegger et de Jean-Paul Sartre, qui finit curieusement par aboutir à l’anéantissement de l’être, à l’échec d’une nouvelle voie sans issue.
3.2. Critique du physicalisme

— Incohérences du physicalisme. Nous pouvons citer :
° Affirmer que toute réalité est mesurable et nier la réalité du non mesurable bien que perceptible.
° Nier la réalité de ce que nous pouvons éprouver mentalement, nos qualia. C’est donc affirmer que nous sommes des zombies, vides d’expérience intime.
° Avoir créé une condition de non réfutabilité en exigeant une preuve physique de l’existence de ce qui n’est pas physique.
° Assumer une contradiction fondamentale entre ce que l’homme doit être pour qu’une machine lui soit assimilable : physique, et ce qu’il doit être pour jouir de ses facultés tant jalousées : non physique, ou sémantique, de la nature du sens.
° Assumer le miracle de l’émergence du non physique à partir du physique, hard problem, rupture de la chaîne logique pour la conscience, l’intention et le sens.
° Confondre cérébral et mental. Information et sens, contenu conscient et conscience de contenu.
— Non conscience du cerveau de lui-même. Ce qui est logique si nous ne sommes pas notre cerveau, mais ce qui ne l’est pas si non étions notre cerveau et que nous disposions d’une conscience des choses. 
— Notre cerveau et notre corps ont déjà des propriétaires prioritaires : ces milliards de cellules biologiques qui le font vivre d’une façon dont nous n’avons aucune conscience naturelle. Or il ne peut y avoir deux propriétaires d’une même chose.  Si nous dirigeons notre corps par des instructions données à notre cerveau, nous ne sommes pas notre corps, de même que le conducteur d’un véhicule ou d’une machine n’est pas cette machine.
— Le computationnalisme de Jerry Fodor est une hypothèse relativement raisonnable qui affirme qu’un ordinateur est assimilable à un cerveau et réciproquement. Dans ce cas il y a aucune raison qu’un ordinateur, une intelligence artificielle, ne soit pas consciente, ni ne dispose d’émotion, de désirs, d’intention et de confiance en soi. Puisque ce n’est pas le cas au bout de dizaines d’années d’efforts, i l nous faut bien admettre que nous ne sommes pas notre cerveau, mais autre chose, non physique.
— De l’aveu des psychologues cognitifs expérimentaux eux-mêmes, comme Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, notre cerveau est incapable de coder nos qualia qui n’ont pas la même structure que des informations et seraient donc dépourvus de tout rôle dans le traitement neuronal de l’information.  Or nous ne pouvons pas nier nos qualia sans nier notre existence même, de plus nous pensons et dirigeons notre corps grâce à ces mêmes qualia.
— L’imagerie IRMf prouve qu’il y a une activité cérébrale, ce dont personne ne doute, mais laquelle ? Car tout ici est question d’interprétation imaginée fondée sur une thèse rationnelle, non empirique puisque le physicalisme rejette par pétition de principe l’introspection comme une méthode non fiable et le dualisme de substance comme une voie sans issue. Alors que l’expérimentation empirique par des techniques appropriées montrent que le cerveau n’est qu’un intermédiaire qui transmet des informations à notre esprit et reçoit de lui des instructions qu’il exécute fidèlement.
3.3. Arguments en faveur du dualisme cartésien
— L’expérience immédiate naturelle de notre être conscient qui présente du sens qualique intime comme celui du cogito, en l’absence de toute perception d’une réalité physique, biologique et neurologique. Or nous ne pouvons pas raisonnablement prétendre être ce que nous ne percevons pas de nous-mêmes et ne pas être ce que nous percevons de nous-mêmes.
— Un récepteur est nécessairement distinct de l’émetteur qui s’adresse à lui. Or le ressenti d’une douleur est un message que notre cerveau envoie à notre entité mentale afin que celle-ci se préoccupe de régler un problème pour lequel il a besoin d’une aide. Ce qui nous montre que non seulement il ne sait pas faire seul, mais encore qu’il s’adresse à autre chose que lui-même. Cela n’aurait aucun sens ni aucune utilité que le cerveau s’envoie des messages à lui-même pour régler un problème, à moins qu’il s’adresse à Dieu, et dans ce cas il est plus que probable que nous soyons son Dieu compagnon d’infortune fidèle et responsable de sa survie, et non un mythe illusoire.
— Notre cerveau est sexué par le génome XX ou XY présent dans tous ses neurones. Or nous avons un genre qui peut être différent de notre sexe car c’est un choix mental d’identité féminine ou masculine. Il serait incohérent que le cerveau se dote d’un genre contradictoire à son sexe, c’est donc que nous ne sommes pas notre cerveau mais autre chose, de non physique.
— L’expérience de mort imminente est un rêve d’une grande intensité de plusieurs heures qui survient quand la personne est dans un état de coma après un accident grave ou une opération chirurgicale, alors que son cerveau peut être gravement endommagé, en hypoxie ou même en situation de mort clinique, électroencéphalogramme plat, dans cet état de déconfiture, notre cerveau serait incapable d’élaborer ce rêve, c’est donc autre chose non physique qui le produit.
— Si nous tombons de sommeil c’est que notre cerveau a besoin de se régénérer en éliminant les toxines accumulées en période de veille, il nous oblige à lui obéir alors que parfois nous lui refusons. Or il ne peut pas émettre deux ordres contradictoires de demande et son refus. De plus dans mon sommeil et dès que j’ai conscience de rêver, je ne ressent aucune fatigue, ce n’est donc pas mon cerveau qui rêve, mais autre chose.
— Problème paradoxal de la mesure quantique qui fait nécessairement valider la réalité d’une mesure par la conscience du physicien distinguant des états superposés intriqués, comme par exemple dans l’expérience de pensée de l’ouverture de la boite contenant le chat mort-vivant de Schrödinguer. Toute mesure, et donc toute réalité physique, suppose sa révélation par une conscience, sans laquelle rien n’existe. Or la conscience n’est pas un phénomène ni une grandeur physique, bien qu’elle soit une condition préalable à toute mesure physique.
— L’avantage explicatif du dualisme de substance, augmenté du modèle des neuf fonctions mentales de l’esprit humain, sur le physicalisme pour aborder de nombreux phénomènes mentaux  tels que l’expérience de mort imminente, les qualia, la paralysie du sommeil, les sorties du corps chamaniques, l’état d’hypnose, et même les rêves ordinaires ou lucides.
— Le succès des thérapies et des techniques de Développement Mental Sémantique DMS que nous proposons, qui vont de simples gestes mentaux sur notre cerveau pour provoquer un ASMR (Autonomous Sensory Meridian Response) ou sortir de la paralysie du sommeil au traitement de désordres psychiques  comme une colère pathologique, une timidité obsessionnelle, ou l’angoisse des  enseignants face aux apprenants, et d’une façon générale tous les avantages que cette méthode fondée sur le dualisme de substance apporte à ses étudiants. Nous pouvons ajouter à ce paragraphe une éducation saine pour les enfants invités à découvrir, à exploiter consciemment et à maîtriser leurs neuf fonctions mentales.
— L’évolution mentale et plus encore l’ataraxie, un état mental de félicité permanente au-delà du bonheur que le cerveau ne pourrait pas opérer sur lui-même sans mutation génétique. Il faut donc que cette évolution manifeste, et pertinente par le développement des facultés nouvelles qu’elle nous apporte, soit celle de notre esprit qui peut agir sur ses propres structures et non celle de notre cerveau qui en est incapable.

4. VERS UN NOUVEAU MODÈLE DE L’ESPRIT HUMAIN

4.1. Lacunes et incohérences du modèle dominant
Le modèle de l’être qui prévaut en philosophie, en particulier dans la phénoménologie d’Edmond Husserl, est celui d’un égo transcendantal unipolaire rassemblé autour de la conscience observatrice neutre du philosophe « être du monde ». Cette conception de notre être montre encore l’influence des représentations religieuses mythiques d’une création divine de l’homme. Elle n’est pas construite à partir d’une analyse empirique des phénomènes. Nous pouvons en conclure qu’elle n’a pas remis cette vielle image théologique en question comme elle a pu le faire dans de nombreux autres domaines dès les philosophes grecs et plus encore à la renaissance avec les révolutions copernicienne et galiléenne en physique, et plus proche de nous avec la révolution darwinienne en sciences naturelles. Une évolution de cette représentation de notre esprit a cependant été accomplie par la psychanalyse par Sigmund Freud et Carl Gustav Jung. Le premier divise notre être en moi, en ça et en surmoi, le second dégouline notre être en tranches successives qui vont du moi à l’inconscient insondable en passant par les hiérarchies des conscients et des inconscients emboités l’un dans l’autre. Ces représentations sont des imaginaires illusoires qui ont le mérite de commencer à déconstruire les vieux mythes des images conceptuelles religieuses de notre être.
Il va sans dire que ces représentations illusoires de nous-mêmes ne sont pas fondées sur une démarche empirique expérimentale de nos phénomènes mentaux, et  qu’elles induisent des erreurs fondamentales de deux sortes. En premier lieu, nous sommes constitués de parties qui interagissent les unes sur les autres, ainsi que nous le montre la transe hypnotique. Deuxièmement, notre entité spirituelle ou mentale est évolutionnaire comme le prouvent les cheminements offerts et suivis par les adeptes des écoles initiatiques de dépassement de soi, de l’Egypte ancienne au zoroastrisme, des pythagoriciens aux épicuriens, et des taoïstes au bouddhistes en Orient.   
Il est donc nécessaire de proposer un nouveau modèle de l’esprit humain plus conforme à la réalité des choses. Ce modèle devra résulter d’une démarche d’observation empirique de notre réalité mentale. Ce qui nécessite la mise en place de techniques d’introspection appropriées qui devront être validées pragmatiquement, et non seulement par des raisonnements inductifs, mais par des applications pratiques qui apportent des améliorations sans conteste à la vie et au bonheur des hommes. Nos savoir-faire ne deviennent véritablement valides dans le domaine mental  comme dans le domaine physique, que quand ils suppriment la nécessité de toutes croyances.
4.2. Conception et perception

4.2.1. Définitions
Un concept est une construction mentale analytique donc imaginaire, constituée d’un ensemble de parties et de relations explicatives entre ces parties, se rapportant à un élément que notre esprit a singularisé et distingué de l’ensemble des choses qui s’offrent à notre conscience. De ce fait un concept fait nécessairement l’objet d’un jugement de vérité dans un cadre conceptuel plus ou moins approprié à la chose jugé. Il suppose l’existence d’une thèse vraie ou fausse soutenant une certaine représentation des mondes dans lesquels nous vivons. Les mathématiques sont un bon exemple d’une thèse utilisée pour la représentation du monde étudié par la physique.
Un percept est un ressenti, une donnée immédiate de notre conscience dans le langage d’Henri Bergson, un phénomène issu d’une réduction phénoménologique dans le langage d’Edmond Husserl. Il est vrai que nos ressentis sont le plus souvent encombrés d’abstractions et de concepts, d’où le souci de Husserl de mener une lutte radicale contre tout ce qui viendrai fausser notre perception phénoménologique pure. Il nous revient de distinguer dans notre vécu ce qui relève de nos percepts et ce qui appartient à nos concepts par une faculté que nous développons au cours de notre évolution mentale.
4.2.2. De la valeur des concepts et des percepts
Comme les concepts sont des idées imaginées du monde, des représentations humaines des choses, des abstractions théoriques fondées sur des pétitions de principe, ils n’ont aucune valeur en soi, quand bien même ils résulteraient d’un raisonnement inductif logique Les percepts par contre nous confrontent à la réalité des choses. Les concepts doivent donc s’appuyer sur des percepts et les expliciter pour être dignes de notre considération afin d’améliorer nos savoir-faire, en particulier dans le domaine intime de notre être où par faute de connaitre notre réalité mentale nous manquons cruellement de bases solides et vivons dans l’imaginaire de notre monde.
Il nous faut souligner que cette question a opposé les rationalistes affirmant l’existence d’une connaissance indubitable indépendante de l’expérience, et les empiristes jugeant que l’expérience sensible était nécessaire à toute connaissance. A l’épistémologie qui juge de la validité d’un savoir scientifique, il conviendrait d’ajouter une science de la valeur du savoir pour l’homme et pour l’espèce humaine, une science de l’efficacité sociale du savoir, car tous les savoirs ne se valent pas, certains sont moins utiles que d’autres et même sont totalement inutiles à une hygiène de vie saine.
4.3. L’introspection différentielle

4.3.1. Nos ressentis sont des qualia
Quelles que soient leurs origines premières physique ou mentale, quels que soient les mondes dont ils nous parlent, tous nos ressentis, tout ce que nous vivons sont des qualia, des expériences intimes, ineffables, incommunicables, non comparables entre deux personnes. Les sens de nos concepts sont également des qualia. Ce qui signifie que nous ne pouvons pas plus communiquer nos signifiés personnels que notre réalité mentale intime. Ce qui signifie aussi que comme il n’existe aucun démiurge d’un plan supérieur ni aucun despote humain pouvant définir, nous communiquer et nous imposer le sens d’un terme, il ne peut exister de signifié collectif, et par conséquence le « mot » n’existe pas, son concept est paradoxal et incohérent.
Notre empathie cognitive du sens de l’autre est de l’imaginaire dirigée par notre intention de le comprendre, et quoi que croient et disent les plus grands médiums nous n’avons aucune preuve scientifique de la transmission de pensée. Nous opérons notre communication par la suggestion avec des gestes, des mimiques et des signes vides de sens. Même en utilisant un langage formel comme les mathématiques il existe un résidu personnel du sens des signes. Mon zéro, mon sens de l’absence, mon infini, mon négatif n’est pas le même que le vôtre, ma vision topologique n’est pas la même que la vôtre, et vous ne pourrez pas m’obliger à donner du sens à des théories logiques que vous adorez mais dont je refuse toute pertinence, même seul contre tous je reste le seul souverain absolu de mon propre sens.
Bien sûr, vous pouvez poser la main sur une chose physique et me dire : « ça, c’est un chien, ou un fauteuil Louis XV », mais vous ne m’aurez pas pour autant communiqué votre sens du « chien » ou du « fauteuil Louis XV » surtout si nous n’avons pas la même familiarité et la même empathie avec les animaux et si vous êtes ébéniste et moi pas. Un Mongol des steppes d’Asie Centrale qui n’a jamais vu l’océan ne donnera pas le même sens à « mer » qu’un marin au long cours dont le sens sera infiniment plus riche de son expérience multiple de la chose. Notre langage n’est constitué que signes matériels, des signifiants vides de sens, auxquels nous donnons chacun notre sens et nous tentons d’imaginer votre sens pour communiquer entre nous. Un ordinateur ne pense pas, il ne traite que des signes et des mesures physiques qui sont des informations quantitatives et non du sens, d’où les limites de l’intelligence artificielle et l’impossibilité de traduire exactement l’énoncé d’une langue dans une autre, avec un résultat parfois des plus risibles. Il va de soi que vous ne pouvez pas poser votre main sur votre « conscience » comme vous avez fait pour le « chien », d’où le rôle de réflexion critique questionnante de la philosophie. Il en résulte aussi que « l’eidos », l’essence des choses chère à la phénoménologie, n’existe pas, c’est une idée, une théorie, contradictoire au principe même de la phénoménologie. Une connaissance n’a de valeur que si elle est empirique, validée par une accumulation expérimentale. Nous devons alors admettre qu’il n’existe que le sens que nous donnons aux choses, la preuve en est de la variance évolutive de notre sens qui ne peut être confondu avec l’invariance d’une connaissance eidétique transcendantale mythique.  
4.3.2. La technique de l’introspection différentielle
L’introspection est une communion immédiate et naturelle à chaque instant avec l’intimité de notre propre sens, encore faut-il savoir distinguer les multiples nuances des qualités de ce sens qualique pour l’exploiter au mieux de nos possibles, d’où la nécessité de dépasser notre faculté naturelle par un entraînement et un apprentissage de techniques mentales de différentiation.   Chacune de nos fonctions mentales possède une saveur particulière propre, mais leurs ressentis sont imbriqués dans un amalgame d’interactions, d’émergences et de produits qui se révèle à notre conscience. Nous allons donc apprendre à les distinguer en commençant par les saveurs les plus fortes qui sont celles de nos émotions, de notre conscience, de notre volontaire, de notre analytique, etc., et les localiser en les associant aux symboles d’une carte heuristique. Nous allons faire autant de dénombrements nécessaires pour n’en oublier aucune, même de la saveur la plus subtile. C’est un processus empirique qui se fonde uniquement sur nos ressentis, tout en s’alignant sur une démarche rationnelle de catégorisation. Cette catégorisation elle-même est le produit d’une de nos fonctions mentales et de son pouvoir opératif de distinction, que nous avons nommé la fonction analytique 2. Nous aboutissons ainsi à neuf fonctions, huit simples et une double (voir leur description sommaire au chapitre 5) et à une grille ennéanaire.


Les noms, les formes et les symboles que nous allons faire figurer dans cette grille n’ont aucune importance puisque seul compte le sens de leurs ressentis, que ces ressentis sont des qualia, et qu’ils sont donc en conséquence ineffables, indubitables et incommunicables. Il nous faut cependant choisir une forme générale mnémotechnique comme celle d’un triangle équilatéral, facile à visualiser en méditation, et veiller à prendre des symboles les plus neutres possibles pour représenter ces fonctions comme des nombres d’ordre sans qu’il ne se présente aucune relation de sens entre ces chiffres et les propriétés de ces fonctions afin d’éviter toute pollution de sens dans notre carte heuristique. Il en va de même, et plus encore, avec les noms que nous serons bien obligés de leur donner pour en parler, en gardant bien à l’esprit que ces noms puisés dans notre langue vernaculaire portent des significations polysémiques confusionnelles dans leur emploi ordinaire commun pour communiquer entre hommes.   
Tous ces ressentis vont donc s’accumuler dans l’architecture des contenants de cette grille, qui va s’ancrer dans notre mémoire. Cette opération initialement consciente va rapidement devenir automatique, et c’est ainsi que nous allons observer et comprendre le fonctionnement de notre fonction analytique 2, qui classe et range tous les éléments de nos expériences et tous nos phénomènes mentaux  dans la multitude des architectures de sens de notre mémoire. Nous allons alors avoir le loisir d’étudier progressivement toutes les qualités et les propriétés de ces fonctions dont les nuances de saveurs des qualia qui s’y rapportent vont se « dégouliner » en une abondance de tableaux, de grilles et de rosaces de sens, tandis que notre esprit va affiner sa sensibilité et son acuité de distinction. C’est un processus intuitif qui se met en place, et de fait ce n’est pas nous, notre « moi », notre « je », ou notre « ego transcendantal » qui l’opère, mais notre fonction analytique 2 qui se révèle à elle-même ses propres structures et leurs propriétés formelles dans l’écoulement du contenant de notre conscience qui découvre la virginité d’un monde mental en l’absence de toute abstraction et représentations préalables, au cours d’une évolution de ses capacités et du développement de facultés nouvelles qui se répercute au profit de l’ensemble de nos fonctions mentales en une transfiguration globale de leurs interactions. Et c’est ainsi que nous devenons multipolaires, et que notre raisonnement et notre pensée cessent d’être verbaux et linéaires pour devenir holistiques.
4.4. Construction d’un nouveau modèle de l’esprit humain

4.4.1. De la thèse cartésienne à l’expérience ontologique
4.4.1.1. L’expérience de penser
La déjà vénérable thèse cartésienne qui, quatre siècles plus tard, reste la hantise des matérialistes de l’école moniste physicaliste, au vu de leurs ouvrages, affirme le dualisme de substance de nos êtres vivants, d’une entité mentale (quelque soit le nom qu’on lui donne : âme, esprit, psychisme) dirigeant un cerveau et un corps biologique exécutant ses instructions. Soit deux entités indépendantes vivant en symbiose et reliés par une interface physique/mental.
D’un point de vue philosophique cette thèse reste une construction conceptuelle imaginaire argumentée par des analyses pertinentes, auxquelles il nous est demandé d’adhérer et de croire. C’est ainsi que le philosophe allemand Markus Gabriel souligne les incohérences des thèses adverses, et aligne un suite d’arguments rationnels lui permettant d’affirmer qu’il n’est pas son cerveau. Nous somme ici dans l’argumentaire du discours philosophique conceptuel classique de la philosophie de l’esprit. On trouvera un résumé de ces arguments dans le chapitre 3 de cet avant projet de thèse.
Au delà, le cogito cartésien est une expérience ontologique indubitable d’une pensée qui implique l’existence d’une origine, notre être qui la crée. Mais cela reste l’expérience confusionnelle d’une pensée, dans l’indistinction de la conscience de penser et des pensées conscientes.
Au delà encore, l’expérience auto réflexive de la conscience s’appréhendant elle-même dans la conscience d’être consciente, et non seulement dans la conscience d’une pensée verbale formulée au travers d’un langage et des phonèmes, qui reste la représentation virtuelle d’un comportement physique communiquant à autrui, mais encore par la conscience de ressentis, de qualia de diverses natures, émotions, plaisirs, jugements, impressions, physiques ou mentaux, qui peut aller jusqu’à l’extrême d’une conscience qui réfléchit sa propre nature dans la vacuité de toute autre impression immédiate. Nous sommes alors parvenus ici dans une expérience phénoménologique pure, qui n’a rien de commun avec une pensée conceptuelle.
4.4.1.2. De la valeur d’une expérience mentale
Si une telle expérience phénoménologique est un fait mental de même valeur qu’un fait physique, si elle est partageable par la suggestion, elle n’est ni communicable ni comparable, car c’est un quale, par nature ineffable. Elle n’est pas non plus mesurable, car sa nature n’est pas physique, constituée de grandeurs quantitatives, mais de nuances qualitatives. Cependant, elle n’en est pas moins réelle qu’une donnée physique, et même plus réelle peut-être car nous savons que nos perceptions physiques sont des représentations macrocosmiques reconstruites par notre esprit pour être directement exploitables.
De telles expériences mentales prouvent l’existence d’un monde et d’une nature qui ne sont pas physiques. Cependant, elles ne nous livrent pas leurs origines, ne nous permettent pas de percevoir nos structures mentales intimes, et nous pouvons continuer d’élaborer et croire toutes sortes de théories conceptuelles imaginaires, plus ou moins rationnelles, y compris celles faisant intervenir notre cerveau biologique, pour en expliciter les causes. Ces théories étant fondées sur notre imaginaire et non pas sur l’aperception de la réalité, ont donc toutes les chances d’être fausses.
4.4.2. De l’expérience ontologique à la perception multipolaire
4.4.2.1. La conception des fonctions cognitives
Les concepts des fonctions cognitives telles que la mémoire, le langage, le raisonnement, l’apprentissage, l’intelligence, la résolution de problème, la prise de décision, la perception ou l’attention, furent élaborés par un petit groupe de psychologues de Harvard dans les années 1955-1960, notamment autour de Jerome Bruner et de George Miller dans ce qui a été désigné comme la « révolution cognitive ». Elles se rapportent à la connaissance du monde physique externe à l’être vivant, dans une tentative de modéliser le fonctionnement de la pensée en termes de régulation permanente entre perceptions, actions et apprentissages. Cette démarche reste une analyse conceptuelle des intentions et des comportements humains en vue de satisfaire leur besoins et leurs objectifs matériels.
Nous comprenons bien que cette démarche qui analyse les effets des actions humaines sur la matière, ne remonte pas aux sources. Elle juge d’ailleurs l’introspection impropre, non pertinente, pour comprendre le fonctionnement de l’esprit humain, toujours pour la même et unique raison, que nous ne pouvons pas mesurer les résultats des expériences menées en introspection. Il en résulte donc que ces analyses ne sont encore fondées que sur un imaginaire, et non sur la perception d’une réalité mentale.
4.4.2.2. La perception de nos fonction mentales
Au contraire de la démarche précédente, nous pouvons explorer et non inventer notre réalité mentale grâce à des techniques appropriées d’introspection. Ce sont ces techniques éprouvées que je propose après plus de trente années de recherches avec la méthode de Développement Mental Sémantique DMS. Cette méthode originale consiste à développer notre sensibilité mentale, à distinguer, analyser et classer nos qualia d’une façon rationnelle et intuitive afin de parvenir d’une façon surprenante à la perception de nos structures mentales les plus intimes. Ce que nous explorons en ce faisant, ce n’est pas notre cerveau et ses neurones, mais un autre monde, avec ses dimensions, ses lois et ses principes, étrangers à ceux du monde physique, et qui réclame un autre cadre conceptuel, plus adapté à sa nature.
Nous découvrons alors que nous ne sommes pas une conscience créatrice, ni une volonté consciente, les représentations ordinaires d’un être unitaire monocentré que nous présentent la philosophie, la psychologie et les sciences sociales, mais neuf fonctions mentales en interaction. Plus encore, une fois que nous y accédons d’une façon pérenne, nous pouvons apprendre à les diriger et à les maîtriser, à exploiter tout leur potentiel et tous leurs outils intuitifs. Nous apprenons non seulement à penser d’une façon holistique non verbale, mais aussi à faire et à restructurer ce monde mental qui est le nôtre, jusqu’à parvenir a en supprimer les dissonances normatives et cognitives et renaître à la félicité permanente de l’ataraxie, un état modifié de conscience que nul ne peut imaginer tant qu’il ne l’a pas vécu lui-même.
Plus encore que la perception de notre réalité mentale intime, c’est cette capacité nouvelle à faire, agir et transformer nos structures, à atteindre un état harmonique absent de stress et d’émotion, qui change notre rapport à notre corps et à notre esprit, qui améliore nos perspectives vitales et notre santé, qui constitue par ses réalisations pratiques, dont notre cerveau et ses lois biologiques sont incapables, la plus grande preuve du dualisme de substance face aux incohérences et aux dénégations du physicalisme.
4.4.3. Conclusion
Il est important de noter que dans cette démarche à l’origine conceptuelle, c’est à dire d’une imagination rationnelle, puis d’une expérience philosophique ontologique, c’est à dire phénoménologique d’une conscience s’apercevant d’elle-même qui se nomme habituellement : la conscience d’être conscient, au delà du Cogito cartésien du constat d’une pensée qui suppose un être qui pense, notre être finit par découvrir par une technique appropriée d’introspection de ses ressentis, donc en développant sa pensée perceptuelle intuitive, sa réalité mentale constituée de neuf fonctions complémentaires en interaction et donc, de sortir ainsi de la confusion de sa représentation monopolaire conceptuelle d’une conscience volontaire, pour passer à la perception de sa multipolarité fonctionnelle.
La thèse dualiste n’est pas seulement le résultat d’une argumentation conceptuelle rationnelle comme y aboutit Markus Gabriel, mais qu’elle s’accompagne d’une démarche perceptuelle évolutionnaire, sensible et analytique de nos ressentis d’une réalité mentale, qui achève de la valider. Il y a donc deux étapes successives pour aboutir à cette conclusion : une argumentation rationnelle suivie d’une expérimentation phénoménologique mentale. Ces choses qui fondent le nouveau paradigme scientifique, et sont de nature à transformer notre société et sa civilisation par une autre représentation de l’homme et du monde, plus conformes à leur réalité que la conception dominante du matérialisme neurobiocentriste

5. UN MODÈLE MULTIPOLAIRE

5.1. Neuf fonctions mentales
Evidemment, ni les noms, ni les descriptions linguistiques de ces fonctions ne peuvent les définir. Ces nombres sont des numéros d’ordre arbitraires auxquels je les ai associées. La grille ennéanaire est une carte heuristique mnémotechnique. Ce qui signifie que leur réalité doit être perçue au travers de l’expérience intime de leurs qualia, et que toutes formes signifiantes et tous assemblages de concepts ne peuvent être au mieux que des suggestion d’accès à leur réalité et non leur réalité elle-même.

CONSCIENCE 5 : La conscience est un contenant révélateur de sens présent dans les trois métacontextes mentaux, de veille, de rêve et l’intermédiaire propre au rêve lucide dirigé. Le flux de sens qu’elle révèle glisse rapidement dans notre mémoire. C’est une fonction relativement monotone. Elle se réfléchit, c’est-à-dire devient consciente d’elle-même, par un bref geste mental de la concentration 6. Une concentration appuyée par une charge d’énergie mentale p8. Elle n’est clairement pas le siège du moi comme certains le prétendent. 

REMÉMORATION 1 : La remémoration a le pouvoir d’extraire des éléments de notre mémoire et de les restituer à notre conscience. La mémoire elle-même n’étant pas une fonction mentale. Cette fonction peut être déclenchée par notre direction volontaire 7d, dirigée par notre concentration 6 et opérée par notre analytique 2. Elle peut aussi manifester une activité involontaire et se déclencher seule quand la logique cognitive l’exige. Les charges d’énergie de nos souvenirs sont très variable, des ordinaires aux structurants. Les affects qui les ont accompagnés jouent aussi un grand rôle, car ils sont très puissants. 

CONCENTRATION 6 : La concentration duplique du sens dans la durée, avec pour effet immédiat de fixer du sens dans le flux qui traverse notre conscience. Elle est comparable à un zoom en mouvement qui peut se fixer sur du sens, dirigé par notre direction volontaire 7d. Elle nous permet de voyager dans notre mémoire et dans notre champ sémantique, mais aussi de nous concentrer sur une analyse, un jugement, un produit ou une émergence opérative, voire une interaction dans une expérience mentale globale. 

VOLONTAIRE 7 : Elle comprend deux sous-fonctions : La direction volontaire 7d et le jugement arbitraire 7j :
La direction volontaire dirige mais ne juge pas, c’est l’organe de commande de notre être multipolaire.
Le jugement arbitraire juge mais ne dirige pas.
Ces deux sous-fonctions sont très interactives. Dans notre phase de veille, cette fonction est le plus souvent dominante et responsable de notre survie. Ses valeurs fondamentales sont la survie, la liberté et l’efficacité. Elle gère ses objectifs dans son tableau de bord. Comme elle ne dispose pas de moyens résolutoires elle fait appel à l’analytique 2. 

MOTRICE 4 : La motrice assure le lien entre notre vie mentale et notre corps physique. C’est grâce à elle que nous dirigeons notre corps par son interface d’information et d’instruction avec le cerveau. Cette fonction utilise peu d’énergie mentale ainsi que montre la trace de nos souvenirs en mémoire. Elle est déclenchée par un mouvement de bascule de la volontaire 7d qui lui cède sa dominance sans que la cohérence entre l’intention initiale et l’action ne cesse. Elle opère grâce à des structures comportementales qui mettent d’autres fonctions en service. Elle s’efface et même s’éloigne dans le sommeil et le rêve. 

ANALYTIQUE 2 : L’analytique possède trois modalités opératives. La première STRU structure le sens, la deuxième PROP propose des solutions aux fonctions qui lui en font la demande, la troisième GEST range et gère le sens en mémoire. Cette fonction est essentielle puisqu’elle opère des résolutions de problèmes, de l’analyse logique, de l’imaginaire et du rêve. En phase de veille elle est soumise à la fonction volontaire dominante et c’est en phase de rêve qu’elle devient à son tour dominante au sommet de sa puissance et de son efficacité. L’analytique est une fonction automatique qui produit au mieux, sur la base de l’ensemble immense de ses données, mais ses résultats ne sont pas toujours exploitables. 

JOKER (FOI) 9 : Le Joker affirme péremptoirement sa foi en nous-même qu’il accompagne d’une aspiration au dépassement de soi. Il valide nos structures comportementales et intervient quand nos autres fonctions se déclarent incompétentes face à un problème. Cette fonction joue un grand rôle pour valider toutes nos structures comportementales qui ne doivent pas souffrir d’un doute, et donc aussi dans leurs restructurations qui peuvent être opérées consciemment (voir dans la section Techniques : restructuration consciente), sa validation de notre transcendant et de nos convictions métaphysiques n’étant somme toute qu’une de ses activités secondaires. 

AFFECTIVE 3 : L’affective produit des émotions, des sentiments et du stress positif ou négatif. C’est un organe de contrôle de la liberté sans limite de la volontaire. Ataraxique, ses émissions ne sont plus que cognitives. Les émotions fondamentales sont peu nombreuses et s’inscrivent dans un schéma logique (positif-négatif, actif-passif, passé-futur). Elles peuvent cependant se combiner et produire un grand nombre de variantes secondaires selon les produits mentaux auxquelles elles s’associent. Elles peuvent être maîtrisées et transformées consciemment afin d’en réduire l’intensité négative. 

ENERGIE 8 : Toute activité mentale nécessite une énergie non matérielle. Cette charge d’énergie mentale assure la pérennité du sens en mémoire. Nous pouvons percevoir mentalement cette énergie dans les émergences opératives de nos fonctions mentales et remarquer qu’elles n’emploient pas la même quantité d’énergie, dans leurs produits émergents et dans les souvenirs que nous avons d’eux dans notre mémoire. Nous ressentons cette énergie comme du sens quantitatif objectif. Par contre, notre estimation de sa quantité par notre jugement 7j, est imprécise et subjective.

5.2. La question du monde
Comme mentionné dans l’Introduction générale (1.3. Position des problèmes) la réalité du monde physique extérieur à notre être nous est inaccessible. Il en va de même pour le corps biologique avec lequel nous vivons en symbiose, dont nous n’avons qu’une image kinesthésique superficielle nous permettant de diriger ses membres. Les connaissances que nous retirons de nos perceptions sensorielles naturelles sont donc fausses et illusoires, mais nous sont bien utiles pour satisfaire nos besoins fondamentaux organiques tels que nous nourrir, nous vêtir, et nous abriter des conditions climatiques immédiates. Nos représentations objectales macroscopiques ne sont donc pas du domaine de la connaissance, mais du domaine de nos savoir-faire, de nos apprentissages et de nos aliénations. Leurs qualia ne nous apprennent rien de leurs origines et nous aurions tort d’en faire un problème philosophique qui sera nécessairement paradoxal et confus puisque portant sur de l’illusoire. Nous aurions tort également de fonder nos raisonnements sur les objets faux de ce plan tels que le quale rouge ou l’image d’un cube, qui nous détournent de notre réalité mentale, la seule qui nous soit véritablement accessible et dont la connaissance nous soit véritablement utile pour mener à bien notre évolution spirituelle. En résumé, si nous admettons l’existence de ce monde physique comme une hypothèse raisonnable, son étude réclame l’utilisation de machines et d’appareillages de mesures complexes et colossaux, abandonnons donc la à la physique car elle n’appartient pas au domaine de la philosophie, qui se limitera à l’épistémologie des sciences.
5.3. La question du soi
Dans le cogito il y a un amalgame de concepts et de percepts ce qui laisse croire en l’existence d’un soi transcendantal phénoménologique intentionnel gouvernant l’être. La perception différentielle de nos fonctions mentales ramène ce problème philosophique à des éléments plus simples. C’est à dire deux fonctions opératives, la conscience 5 et la direction volontaire 7d , et un produit inerte, le sentiment du soi, qui n’est qu’un résidu sans fonctionnalité de l’opératif intentionnel volontaire.
Se vivre comme neuf fonctions mentales et leurs interactions dans le cadre conceptuel non physique qui leur est approprié change radicalement la perception du soi et la relation du soi au corps. Il se vit alors des qualia, des contenus de sens intimes, donc des phénomènes mentaux indubitables, des émergences et des produits de fonctions mentales (dont une seule, la volontaire exprime une intentionnalité et le résidu d’un soi), des contenus révélés par le contenant d’une conscience non intentionnelle, vide ce ce résidu de sentiment du soi, qui ne les crée pas, et qui ne sélectionne pas elle-même les grilles limitant le volume de son contenu.
Cette perception de l’être est possible, elle est tout aussi réelle que tout autre phénomène mental vécu par la conscience, vide de conceptualisation donc opérant une réduction phénoménologique, même si elle n’est pas ordinaire au commun des hommes, elle peut être partagée par ceux qui ont entrepris le chemin de découverte de leur réalité mentale. Et enfin, elle est validée empiriquement par tous les accomplissements et les savoir-faire que l’aboutissement que cette démarche apporte à l’expérimentateur, sans même parler de l’ataraxie qui en est un résultat majeur. Il nous faut admettre que l’expérience du cogito cartésien va varier selon l’évolution mentale des hommes et l’état mental dans lequel ils se trouvent. Les perceptions méditatives d’un philosophe occidental ne seront pas celles d’un yogi âstika en transe, ni celle de l’expérience mystique du satori d’un moine zen japonais. Cependant, toutes ces expériences qualiques vécues seront toutes aussi valables pour témoigner d’une réalité phénoménologique, quoique différente de la relation de l’esprit à soi-même.

6. UN MODÈLE ÉVOLUTIONNAIRE

6.1. La néoténie mentale de l’espèce humaine
Ce qui distingue l’homme de l’animal, ce n’est ni de disposer d’une Conscience révélatrice, ni de penser, mais c’est la conscience de son ignorance et rien de plus, ce que les autres animaux ne possèdent pas. C’est peu de chose en plus, mais c’est un aiguillon, qui le fait terriblement souffrir en le plaçant face à son incertitude, donc face à son insécurité ontologique, car il constate qu’il sait encore moins de lui-même que de la réalité physique qui l’entoure. Cette situation dramatique le pousse à combler le gouffre sans fond de son ignorance avec ce dont il dispose au départ quand il a franchi cette porte vers un autre monde. Malheureusement pour lui, il ne possède ni les clés, ni les bases, ni les règles à suivre, il est tout nu, avec son imagination, qui ne sait pas faire grand-chose de bon. Donc il va combler d’une masse de plus en plus importante de sottises et d’idées fausses, ce vide immense, car sa nature a plus encore horreur du vide, qu’horreur de son incompétence. Il va quand même apprendre à faire quelques bricoles (des ponts, des centrales nucléaires, des objets dans l’espace lointain, etc.) pour dominer et exploiter son environnement physique, ce dont il est très fier, sans parvenir à ce stade, à résoudre son problème fondamental : lui-même, sa propre néoténie mentale, son inachèvement, car cette porte ouverte n’est que l’accès d’une évolution infinie de l’être vivant, et non son aboutissement. Il en résulte la situation pathologique désastreuse que nous constatons, aussi bien chez l’individu que collectivement, dans la façon dont la société humaine et toutes ses divisions se gouvernent. D’autres l’ont dit avant moi : c’est le règne d’une paranoïa délirante et d’une schizophrénie confusionnelle. Il y a beaucoup à faire pour que l’espèce s’en sorte, compte tenu que l’accumulation de ses erreurs passées l’a menée tout droit à une menace écologique et climatique, avec un risque d’extinction de masse. Eh oui ! la nature et les lois universelles nous rappellent que la réalité est incontournable : vous avez trop tardé, et vous vous êtes trop fourvoyés, donc c’est maintenant : évolue dans le bon sens ou crève !
Friedrich Nietzsche dans son Zarathoustra nous parle de surhomme, qu’il imagine, alors qu’il n’a pas lui-même vécu ce stade, tels que sa vie, sa mort et sa folie, en témoignent. Ou devons-nous parler d’un devenir de l’homme ? dans la confusion actuelle de la démarche transhumaniste ? de son homme augmenté, de l’intelligence artificielle et de toutes les élucubrations des sciences physicalistes ? De la place de ce devenir de l’homme, toute l’espèce, y compris les académiciens les plus renommés, ne comprend que des larves humaines, pataugeant aveugles dans les sables mouvants de leur méconnaissance de la réalité des choses. Car si surhomme, il y a soushommes à peine sortis des grands singes qu’ils furent, et leur parler de soushommes, blesse leur fierté, leur amour propre et leur égotisme. Donc il vaut mieux leur parler d’un homme inachevé, de la première étape dans laquelle ils se trouvent, et du chemin qui mène vers l’homme jouissant d’un équilibre et d’une harmonie mentale véritable.
Le problème, c’est qu’il y a dix ou vingt mille ans, notre espèce encore très primitive, s’est engagée dans une mauvaise voie, si on en croit l’adage : << Somewhere , something went terribly wrong >>. Une voie conceptuelle, et c’est devenu pire avec l’exploitation du langage de communication entre les hommes, pour dominer, donner des ordres, compter des biens matériels, et s’en servir aux besoins et aux stratégies économiques, et politiques, les plus perverses. En gros, l’espèce s’est enfermée dans un bocal sans issue. Elle en a pris conscience, et elle sait bien exprimer ce qui ne marche pas, sans entrevoir de solution, ses problèmes, tout en persévérant dans cette marche en avant aveugle. Cette démarche n’est pas étonnante car l’imaginaire était la voie la plus facile, même pour les mystiques.
Il y a bien une démarche résolutoire de la néoténie de cet homme évolutionnaire. Elle passe par la réduction de ses dissonances cognitives et normatives, par la perception sensible intuitive de qualités mentales auxquelles aucune théorie et aucun concept ne peut mener, par la découverte intime de nos fonctions mentales, et de leurs facultés ignorées de nos cultures, autant orientales qu’occidentales. La plénitude paisible de l’homme achevé, pour ne pas dire le surhomme, ne peut être atteinte que quand ses savoir-faire intuitifs mentaux rendent inutile et caduque toute l’obsession informative et cognitive antérieure de savoir-connaître, quand l’illusion de l’imaginaire de l’humain embryonnaire tombe, et la puissance de son avidité de domination de la nature cesse, et en définitive quand tout croire et donc toute poursuite de connaissance à l’ancienne manière conceptuelle, toute cette quête formellement impossible, est perçue comme totalement inutile. Quand l’étendue de son faire spontané sans vouloir faire, sans penser ni réfléchir, épuise la dernière trace de son ignorance. L’homme est alors passé au-delà d’une nouvelle porte, vers une autre aventure évolutionnaire.
6.2. L’évolution mentale
6.2.1. De l’animal qui nous précède
L’animal est gouverné par l’inné, ce que nous appelons ses instincts. Ses désirs naissent de l’émotionnel et son libre arbitre est limité. De ce fait, ses pensées ne sont pas agitées de tendances contradictoires, il n’est pas amené à spéculer sempiternellement avant de prendre des décisions, il agit d’une façon spontanée qui peut nous paraître fluide et harmonique. Des raisons pour lesquelles certaines traditions spirituelles est-asiatiques, en particulier le taoïsme, le montre en exemple d’un idéal à atteindre, prônent un “agir, sans agir” imitant la passivité féconde de la nature animale.
6.2.2. De l’homme néoténique
Chez l’homme la fonction volontaire est devenue dominante en phase de veille, l’évolution biologique a cédé la place à une évolution mentale, d’autres relations et interactions règnent dans la synergie de ses fonctions mentales. L’homme reste un animal. Deux choses principales le distinguent des autres espèces : d’abord il est conscient de son ignorance que son imaginaire ne peut pas parvenir à combler d’une façon satisfaisante, ensuite l’immaturité de cette jeune souveraineté ne permet pas à sa fonction volontaire, qu’il confond avec un moi, d’être efficace. L’homme se trouve au premier stade d’une nouvelle grande aventure du vivant, et à ce stade il est néoténique, c’est à dire inachevé mentalement, et à construire sans disposer de la moindre base, ni de la moindre règle. Ses actions sont donc inefficaces, plus encore mentalement que physiquement, et sa fonction volontaire n’a pu que commettre qu’une suite d’erreurs fondamentales : le mode de pensée conceptuelle plutôt que perceptuelle, l’imaginaire plutôt que la réalité, l’avoir plutôt que l’être, la croyance religieuse plutôt que l’esprit critique, le matérialisme plutôt que le mentalisme, la domination de l’autre et de la nature plutôt que le respect de chacun, le conformisme productiviste plutôt que la créativité hors du connu. Il a emprunté logiquement les voies les plus faciles sans soupçonner qu’elles le mèneraient à sa perte.
L’homme est un être au mental potentiellement évolutionnaire, qui n’en a pas conscience, pas plus qu’il a conscience de sa réalité spirituelle. Il vit dans la confusion de ses dissonances normatives (ses cadres conceptuels non avérés) et de ses dissonances cognitives (ses croyances et ses présupposés incohérents et contradictoires). Ses rêves, quand son cerveau est au repos et que sa fonction analytique est devenue dominante, témoignent par leurs messages à sa fonction volontaire, de ses difficultés et des souffrances qui résultent de son incomplétude, qui se manifeste par son immaturité ontologique et psychologique.
6.2.3. La civilisation industrielle occidentale
La civilisation industrielle est né du mariage du charbon, de l’acier et de la machine à vapeur. C’est une civilisation machiniste, qui a besoin de réunir de gros moyens financiers et d’en tirer le maximum de profits, auxquels elle sacrifie naturellement toute autre considération éthique ou didactique, et toute valeur qui ne servirait pas ses objectifs, y compris les valeurs humaines les plus élémentaires. Elle est donc capitaliste (d’état ou privé, mais c’est ce dernier qui fonctionne le mieux) afin de réunir ces grandes masses de moyens, et libérale pour manipuler les hommes, prolétaires comme consommateurs, à mettre au service de ses profits. Elle est darwinienne et eugéniste par souci d’efficacité et de productivité : Que le meilleur, le plus puissant et le plus riche gagne, que les faibles soient exploités sans retenue, et que les inutiles et les inadaptés à son système soient éliminés. Elle n’est compatissante dans ses œuvres caritatives que pour mieux se faire accepter socialement, alors qu’elle est fondamentalement cruelle, violente, et barbare. Enfin, elle divise nécessairement l’humanité en deux castes : ceux qui possèdent les machines et ceux que les machinent exploitent, avec des conséquences relationnelles et un impact différent de ces machines pour chacune de ces deux classes d’hommes.
Tant que l’homme a construit des outils inertes manœuvrés par sa propre énergie, voire une énergie mécanique telle qu’hydraulique ou éolienne, il reste maître de ses outils qui restent adaptés à ce qu’il est. Par contre, dès qu’il exploite des énergies thermique, électrique ou nucléaire, il peut construire des grandes machines à mouvements complexes, des automates très productifs dont il devient le serveur, l’esclave dont le comportement se doit d’être adapté à la machine pour être efficace et non l’inverse. L’informatique et la robotique, n’ont fait qu’augmenter encore un peu plus, et jusqu’à l’extrême limite, l’impact des machines sur l’ensemble des comportements humains.
Nous pouvons nous demander si cette révolution industrielle fut vraiment utile à l’humanité, ou si elle ne fut qu’une imposture au bénéfice de quelques profiteurs. Tous ces produits en grand nombre d’une qualité médiocre ont réduit des millions d’artisans habiles de leurs mains à la misère. Avions-nous besoin de toutes ces fournitures, de toutes ces manufactures d’objets à obsolescence programmée, de toutes ces nourritures industrielles nuisibles à notre santé, d’aller plus loin toujours plus vite, par les airs, mers et terre ? En tous cas, nous en payons aujourd’hui le prix fort, après avoir détruit une grande partie de la biodiversité et exploité les ressources de notre planète au delà du raisonnable, c’est à présent notre espèce qui est en danger. Mais le pire de tout cela, c’est que l’aliénation des esprits et le formatage des actions volontaires, qui a rendu cette entreprise délirante et gigantesque possible, a aveuglé notre espèce au point d’avoir constitué un blocage de son évolution mentale lui interdisant le chemin de la découverte de l’action harmonique.
6.2.4. De l’action volontaire
Ce terme d’action volontaire recouvre à la fois tous les comportements physiques, mentaux, et de communication entre les hommes, impliqués par une intention volontaire des personnes. La volonté d’agir devient nécessaire quand la motivation émotionnelle est absente ou contraire, quand l’homme dans la confusion de ses dissonances cognitives doit prendre des décisions pour assurer ses besoins, quand il lui manque l’intuition créatrice propre à résoudre les problèmes qui l’accablent. Ce passage à l’action est difficile tant qu’il reste dans la mouvance spéculative d’une pensée qui tente de trouver des solutions. Mais l’action volontaire est facilitée quand on lui propose des comportements formatés qu’il ne lui reste plus qu’à suivre. C’est le cas dans lequel se trouve le prolétaire, le producteur engagé par le système économique pour servir des machines, ou tout autre rouage industriel ou commercial, dans l’échange de sa servitude comportementale contre une rémunération qui lui servira à assurer la satisfaction de ses besoins élémentaires par la consommation des produits de ces mêmes machines. Son univers culturel, social et politique, le conditionne de telle manière, depuis l’enfance et l’école, les médias, les divertissements et le marché du travail qu’on lui offre, qu’il ne puisse pas en sortir et soit contraint d’accepter des contrats inégaux. Il est prisonnier d’une représentation exclusivement biologique de la nature humaine qui sert la civilisation industrielle libérale.
6.2.5. De l’action harmonique
L’action harmonique et la pensée harmonique ne procèdent d’aucune volonté, d’aucun objectif à atteindre, car elles découlent de l’harmonie de l’être à la situation présente à chaque instant, et déploient sans désir de faire leur spontanéité intuitive. L’ignorant, le sage, cher au taoïsme, qui sait tout faire car il tête le lait du sein de sa mère l’universelle, est la conséquence logique d’une absence de dissonance, tant cognitive que normative. Nul n’est besoin pour lui d’être mystique, il lui suffit d’une pensée fluide, libérée de la syntaxe du langage, qui exprime la cohérence d’une synergie harmonique de nos fonctions mentales non cérébrales, dépassant la néoténie originale de l’humain dans la perception omnisciente de ses structures fondamentales, pour vivre dans une félicité permanence absente de passion, de trouble, de stress et d’émotion. Ses rêves ne sont plus alors le témoignage de ses inaptitudes psychologiques, mais l’élaboration de projets et des processus résolutoires de problèmes dans des échanges en conscience lucide entre ses fonctions analytique et volontaire.
6.3. L’ataraxie
La dissonance cognitive est une tension intime propre à un système personnel de pensée et de croyances, du fait de leur incohérence globale, et des contradictions internes présentes entre tous les éléments du système.
Ce terme de dissonance cognitive s’applique aussi pour la tension que ressent une personne lorsque le comportement de l’autre entre en contradiction avec son système de croyance. 
Quand cette contradiction ressentie par une personne est du niveau du cadre conceptuel général de représentation de toutes choses, on parle alors de dissonance normative. C’est le cas entre un dualiste de substance et un moniste physicaliste. C’est aussi le cas de nombreuses personnes avec le système économique dominant, et/ou le système politique en place. Ce qui explique le dialogue de sourds et le mépris réciproque que l’on constate.
La dissonance cognitive diminue à mesure de la progression évolutionnaire d’une personne, et réciproquement. Par exemple, quand celle-ci cesse de s’identifier à une communauté ou une patrie illusoire, ou qu’elle abandonne une croyance ou une théorie dissonante. Il en résulte que la dissonance interindividuelle diminue également à mesure de l’évolution mentale des individus, pour disparaître complètement entre deux ataraxiques. Si les dissonances cognitive et normative, sont contraires à l’ataraxie, c’est que l’ataraxie est une harmonique qui ne peut présenter aucune incohérence interne. Et si de plus, deux ataraxiques ne peuvent être dissonants, c’est qu’il n’y a qu’une solution de cohérence interne, et donc de cohérence tout court.
Au niveau ataraxique de l’évolution, les personnes partagent la même cohérence, et donc , la même consonance. Ce qui ne veut pas nécessairement dire qu’elles partagent les mêmes connaissances, mais qu’elles ne partagent pas de croyances dissonantes. Les ataraxiques ne possédant guère de croyances mais des savoir-faire, deux ataraxiques partagent un potentiel commun de facultés mentales et de faire. L’ensemble de ces possibles cohérents constituerait alors un nouveau paradigme culturel, politique et sociétal.
Cela signifie qu’à mesure de l’évolution mentale de l’espèce humaine, les croyances et les comportements disparates, et les normes des traditions et des cultures qui divisent les hommes, se rejoindraient dans un trésor commun, et donc aussi que disparaîtraient leurs divisions conflictuelles.

7. CONCLUSION

Il nous semble de la plus haute importance pour la philosophie :

D’une part, d’apporter le diplosome comme interface manquante à la thèse cartésienne du dualisme de substance.

D’autre part, de compléter la phénoménologie de Hedmund Husserl par un modèle de l’esprit humain et une technique d’introspection originale propres à fonder une véritable science des phénomènes ou science mentale des vécus de la conscience, qui bien qu’être une science mentale, c’est à dire la science de nos qualia intimes ineffables, soit néanmoins partageable par des protocoles, des techniques, des expériences de pensée et un langage commun.

Et enfin, de valider l’état ataraxique comme une étape importante de l’évolution mentale humaine, déjà visée par les écoles philosophiques grecques épicurienne et stoïcienne, qui rejoint par certains aspects les états mentaux supérieurs de conscience du nirvana des écoles indiennes vedântiques, de la voie de la cessation de la souffrance du bouddhisme, et de la voie harmonique du taoïsme, permettant un nouveau syncrétisme entre les courants philosophiques occidentaux et orientaux.

ANNEXES

A.1. Applications aux sciences sociales
Ce modèle de l’esprit humain, à la fois dualiste de substance, fonctionnellement multipolaire et évolutionnaire remet en cause de nombreux présupposés dans les fondements des sciences sociales, de la linguistique du fait de l’inexistence du signifiant, le sens étant un quale subjectif ineffable, à la psychologie en invalidant le modèle actuel moi-ça-surmoi, pour le remplacer par neuf fonctions opératives, et enfin à la sociologie, l’économie et les sciences politiques en proposant une toute autre réalité de l’homme aux représentations actuelles le réduisant à un simple comportement physique en l’absence de tous objectifs autre que matériels, et donc de toutes opportunités spirituelles ou philosophiques, certains scientistes prétendant même que la philosophie est une démarche pré-scientifique devant céder la place à leurs “connaissances”.
A.2. Applications thérapeutiques

Nous avons élaboré un cours de développement personnel par correspondance, des centres de formation ont commencé à se créer en Afrique et en France, des thérapie brèves en pleine conscience, donc distinctes de l’hypnose Ericksonienne, furent mises au point pour traiter avec succès des pathologies simples comme la colère, la timidité obsessionnelle ou l’angoisse des enseignants face aux apprenants. Ce développement ouvre des applications prometteuses de nature à valider par ses succès la méthode, les techniques et le modèle de l’esprit humain que nous proposons
A.3. Vers une science mentale
Enseignée à l’université et dès le cycle primaire pour les enfants des écoles
Voir le livre de vulgarisation “A la découverte de notre vie mentale”, le manuel scolaire “L’extraordinaire voyage de Léa”, le cours annuel de DMS en 52 monographies.
Les sciences mentales ont pour objet l’étude et l’exploitation, des structures, de la réalité, et des manifestations mentales des êtres vivants, principalement de l’homme, la réalité mentale des animaux n’étant déductible que par analogie avec la nôtre, étant donné que nos qualia, qui nous servent à percevoir puis analyser notre réalité sont ineffables et intransmissibles.
Ces sciences se fondent sur notre perception intramentale c’est à dire sur la réalité de nos qualia, et non sur des perception extrasensorielles qui appartiennent au domaine de la parapsychologie. Elles se distinguent des disciplines purement discursives comme la philosophie spéculative et la psychologie, des neurosciences qui n’étudient en principe que la biologie du cerveau, des différents courants des recherches cognitives qui, soit infèrent des processus mentaux à partir des comportements, tout en refusant l’introspection, soit analysent le traitement symbolique de l’information mesurable en assimilant l’esprit à un ordinateur, de la psychologie expérimentale qui cherche des sources cognitives à partir de l’imagerie cérébrale.
Les sciences mentales sont les seules qui privilégient clairement l’introspection à tout autre moyen d’investigation de l’esprit, qui font de la perception des qualia leur matière première expérimentale, et qui rejettent tous les moyens indirects utilisés par les sciences précédentes comme peu fiables pour explorer notre mental.

BIBLIOGRAPHIE

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Aristote. L’analytique. La métaphysique. PUF 1968.
Blanché Robert. L’axiomatique. PUF 1955.
Bergson Henri. Essai sur les Données Immédiates de la Conscience. Paris 1889.
Bergson Henri. Matière et Mémoire. Paris 1896. PUF 1959.
Confucius. Les Entretiens. De Bonnot 1981.
Descartes René. Discours de la Méthode. UGE 1953.
Freud Sigmund. Introduction à la psychanalyse. Payot 1968.
Husserl Edmont. L’idée de la phénoménologie.1907. Traduction d’Alexandre Lowit. PUF 2010.
Husserl Edmond. Les méditations cartésiennes. 1929. traduction d’Emmanuel Levinas. Armand Colin 1931.
Kant Emmanuel. Les Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra bien se présenter comme science. 1783. Traduction de Joseph Tissot. 1865.
Kazantzaki Nikos. L’Odyssée. Richelieu 1968.
Kipling Rudyard. If (Les Cinq Nations). Londres 1903.
Korzybski Alfred. Science and Sanity. The colonial press inc. 1933.
Lao-Tseu. Tao-tö-king. Gallimard 1967.
Meng-Tseu. Les Œuvres. De Bonnot 1981.
Montesquieu, Charles de Secondat, Baron de la Brède et de. De l’Esprit des Lois. Paris 1748. Gallimard 1967.
Nietzsche Frédéric. Ainsi parlait Zarathoustra. Gallimard 1950.
ONU. Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Service de l’information de l’Organisation des Nations Unies. New-York 1948.
Proust Marcel. A la Recherche du Temps Perdu. De Bonnot 1989.
Sun-Tsu. L’Art de la Guerre ; Flammarion 1972.
Susuki Daisetz Teitaro. Essais sur le bouddhisme Zen. Albin Michel 1972.
Wittgenstein Ludwig. Tractacus Logico-Philosophicus. Gallimard 1961.
Zoroastre. Les Gâthâ (Yasna). Anquetil-Duperron 1771.

          Qui sont des textes que j’ai lus (à part les Gâthâ) et qui font partie de ma culture générale, mais que je ne citerai guère dans la thèse. Par contre il y a beaucoup de littérature scientifique sur l’introspection et les qualia qu’il sera nécessaire de citer, ne serait-ce que pour montrer les confusions et les lacunes de leurs auteurs, une cinquantaine peut-être, que je rajouterai à mesure que la thèse abordera les sujets qu’ils évoquent.

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Jean-Louis Tripon

Chercheur théoricien mentaliste, ingénieur géomètre INSA, expert en sémantique holistique, expert en sciences mentales, Harmonique de Pleine Conscience Holistique Ataraxique (HPCHA), dualiste de substance, métaphysicien athée, créateur de la méthode DMS, président fondateur de l'AFDMS.

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  1. Jean-Louis Tripon

    Pour information :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_national_des_sciences_appliqu%C3%A9es_de_Strasbourg
    http://www.insa-strasbourg.fr/fr/insa-strasbourg/
    Après leurs études d’ingénieurs ou d’architectes, les étudiants ont la possibilité de poursuivre leur formation par une thèse de doctorat.
    j’ai retrouvé toutes mes notes, Moyenne générale de la Scolarité : 14,39/20 dont pour l’étude spéciale : 16/20. Mon diplôme correspond à un Master M2. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tudes_sup%C3%A9rieures_en_France
    Le candidat à la préparation d’un doctorat doit être titulaire d’un diplôme national de master ou d’un autre diplôme conférant le grade de master. Selon l’arrêté du 7 août 2006, la politique de choix des doctorants est définie et mise en œuvre par chaque école doctorale, après avis des directeurs de thèses et directeurs d’unité de recherche potentiels, et après examen de la candidature et de la délibération du conseil de l’école doctorale. L’arrêté du 25 mai 2016 semble laisser une assez grande liberté et des dérogations à ce conseil et au directeur d’établissement. CAMPUS FRANCE réaffirme un Master préalable, et que chaque école doctorale (à Perpignan il n’y a que ED 544 qui couvre toutes les Sc Soc. Gestionnaire Suzanne Gilardot 04 68 66 20 05) et chaque dir thè a ses propres critères qui se résumerait à l’estimation de la capacité à mener à bien des recherches, aptitude à trouver de l’information seul, Un CV est à fournir pour mettre en avant ses travaux antérieurs. Mais on ne parle pas de notes.
    Pour s’inscrire en doctorat, 2 étapes : 1) trouver un Dir Thè, 2) Validation par une école doctorale + 391€ inscription et Mme Gilardot m’a confirmé ce matin que si j’avais un directeur de thèse, il n’y avait aucun souci pour l’école doctorale ED 544 de Perpignan Via Domicia.
    https://www.univ-perp.fr/fr/menu/recherche/ecoles-doctorales/informations-a-l-usage-des-doctorants/

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