Perspectives résolutoires du collapse

Perspectives résolutoires du collapse

Bruno Latour dans la revue “L’Esprit” :
https://esprit.presse.fr/actualites/bruno-latour/le-surplus-de-subsistance-42765
Otto Scharmer dans la revue “l’esprit” :
https://medium.com/@opalinelysiak/une-nouvelle-superpuissance-en-devenir-laction-collective-bas%C3%A9e-sur-l-attention-665200caeaed

Concernant l’application nécessaire des facteurs généraux pour résoudre le problème écologique qui menace l’Espèce humaine, je me suis intéressé aux deux textes de Latour et de Scharmer.
Pour Latour, ni l’état, ni la société civile, ne sont capables d’apporter la moindre des solutions, car ces systèmes n’ont été conçus que pour réguler et améliorer la répartition des richesses, et ne disposent ni des connaissances, ni de la pertinence, ni des moyens en effectifs et en outils, pour prendre en charge un tel problème. En gros et pour résumer d’une métaphore, ils consistent en un couple conflictuel d’aveugles sourds muets pilotant un trimaran dans les quarantièmes rugissants menant tout droit vers une tempête de force 12. N’est-il donc pas possible qu’un clairvoyant parachuté du ciel, s’empare de leur navire et leur impose d’une façon autoritaire la sagesse salvatrice, qui permettra de sauver le bateau et ses occupants ?
Scharmer pose le problème de l’espoir en l’amélioration de la lucidité, de la créativité et de la pertinence de l’intelligence collective naissante surgissant ici où là de la planète sociale pour devenir apte à comprendre, maîtriser et résoudre cette funeste équation écologique. Je dois dire que je préférerais la convergence sans concertation des intelligences individuelles pertinentes, comme l’évoque le Monde des Non-A de A E van Voght, que la construction aléatoire d’une intelligence collective qu’un grand leader ne tardera pas de s’emparer pour le meilleur et le pire, comme nous l’avons souvent vu dans l’histoire humaine ! Pour moi, le problème se pose de savoir comment augmenter la pertinence et la sagesse individuelle de tous les hommes.

La solution 2 serait idéale, mais elle exigerait que toute la population soit à un haut niveau de pensée holistique intégrative du problème écologique impliquant de savoir agir sans concertation avec les autres à chaque instant de la façon la plus pertinente qui soit (Ce que montre Van Voght dans La reconquête d’une planète soumise à des envahisseurs aliens barbares par les Non-A formés aux jeux de la machine). C’est un idéal hyper individualiste qui me parait plus conforme à la nature profonde de l’homme (tous des superman), qu’une société solidaire mue par une intelligence collective (la somme vaut mieux que l’ensemble des parties). Une réalisation impossible, cependant un nombre suffisant de super mentalement évolués pourraient fournir les cadres opératifs du système de contrôle “orwellien”de la solution 1, en évitant les dérives drastiques les plus barbares que l’on peut craindre dans un monde où l’espace habitable et l’énergie fossile se réduisent à une peau de chagrin, et en conservant une certaine humanité malgré tout dans un collapse systémique.
Je ne pense pas que nous allions vers une société régulée par des robots, car ces robots sont des machines gourmandes en énergie, or l’énergie sera la chose qui manquera de plus en plus à la société humaine, aussi je crois avec JM Jancovici que c’est l’énergie fossile disponible qui déterminera la forme de société dont héritera l’humanité, qui sera contrainte de devenir de plus en plus pastorale, agricole et locale.
Le problème essentiel d’une telle société sera effectivement la contestation délétère de certaines communautés sociales atypiques contre les mesures collectivement nécessaires, avec un risque de troubles, de dérives et de révoltes sanglantes pour imposer un autre ordre que celui indispensable en construction. Ce que craignent la plupart des intellectuels : un monde chaotique, pire encore qu’une contrainte autoritaire !

Jean-Marc Jancovici était invité à nouveau par Guillaume Erner sur France Culture le 14 mai 2020 sur le thème : Le grand soir est-il arrivé pour l’écologie ?…

Dans un contexte de baisse de production des énergies fossiles tendant vers zéro, les éoliennes et le photovoltaïque étant des leurres, l’alimentation en énergie des machines de production diminue et par conséquent la production elle-même. Il faudra donc faire des sacrifices de plus en plus drastiques dans un monde de moins en moins habitable.
Soit les responsables politiques parviendront à réguler leurs sociétés frugales en choisissant de privilégier des populations, riches ou pauvres, jeunes ou âgées, bien portantes ou malades, cultivées ou incultes, en réduisant les libertés comportementales tout en maintenant un certain équilibre vital pour tous, soit ils abandonneront cette tâche au système économique libéral.
Or nous savons que la régulation libérale vise à privilégier les profits, et non à assurer les besoins fondamentaux des hommes, en particulier des ressources suffisantes en nourritures saines. Nous pouvons donc craindre le paradoxe qu’elle maintienne des productions inutiles mais rentables au détriment des nécessités de survie des hommes. Avec pour conséquence des famines, des émeutes de la faim, du sacrifice des populations jugées inutiles et celles des pays sous développés de certaines latitudes peu privilégiées par la nature, avec pour corollaire qu’elle cherche à pérenniser un ordre inique par un usage accru de la force dans des régimes de plus en plus policiers et autoritaires, qui aboutiront en définitive à la prise de pouvoir de ceux les plus capables de l’assurer : les forces de l’ordre elles-mêmes dans des systèmes idéologiques militaires et fascistes, car nul n’est mieux servi que par soi-même.Modifier ou supprimer

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Ennéa Almeshin

Ennéa Almeshin est l'avatar féminin de Jean-Louis Tripon. Elle est Pei Jing, Première ministre de la RP de Chine dans le roman ATARAX. Elle prétend venir de la troisième planète invisible de l'étoile Aldébaran dans le Taurus, et que Jean-Louis Tripon est son avatar Frawen favori.

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