Petite réponse au paradoxe sémantique ou “Ouroboros, quand tu nous tiens !”

Petite réponse au paradoxe sémantique ou “Ouroboros, quand tu nous tiens !”

Effectivement il y a le monde et il y a moi.

Comme disait le fils d’un charpentier : je suis certes dans ce monde mais je ne suis pas de ce monde.

Pour être dans ce monde, il faut jouer de son savoir faire.

Pour ne pas être de ce monde il faut jouer de son savoir non faire.

L’homme libre jongle constamment entre faire et non faire.

Tantôt il se laisse allégrement porter par le courant.

Tantôt il est comme un solide pieu au milieu de la rivière.

Quand il entend le grondement de la cascade, il regagne prudemment la rive. Ou bien il se prépare avec extase au grand saut.

Relisons les aventures du mullah Nasrudin, ou celles de Carlos Castaneda et de son mentor Don Juan Matus. Un peu d’ Épictète, ce qui dépend de nous ( notre sens) et ce qui ne dépend pas de nous ( le sens du monde), un peu d’ Épicure et de Marc Aurèle.

Bref cultiver le “bon sens” et sa compagne éternelle, la simplicité.

Car l’espèce humaine est particulièrement fragile du point de vue physiologique.

Elle a donc dû développer des stratégies collectives pour s’en sortir et évoluer.

Cependant chacun d’entre nous est un être foncièrement individualiste.

D’où ce dilemme profond qui crée la plupart des dissonances cognitives chez les humains et tous les drames qui en résultent.

Les philosophes de la raison n’ont fait que rappeler cet état de fait et donner quelques recettes pour tenter de supporter cette condition humaine.

La première leçon est de ne pas tomber dans l’hubris, la démesure, qu’elle soit collective ou individuelle.

Il y a donc un équilibre à trouver. Trop de collectivisme tue l’individualité créatrice qui est en nous.

Trop d’individualisme est une menace pour l’espèce et pour soi même par voie de conséquence.

Nous sommes actuellement dans une phase extrêmement individualiste où le désir fugace et délirant de chacun est porté au pinacle et assouvi immédiatement par le biais de la consommation facile de n’importe quel produit imaginé et désiré, donc de sa fabrication immédiate rendue possible par la technologie exponentielle complètement dévoyée de son but premier qui est de faciliter les échanges et relations collectives puisqu’elle n’est qu’au service de ceux qui veulent s’enrichir brutalement ( une forme de désir fugace) sur le dos de ceux qui veulent posséder l’objet de leurs désirs irrationnels.

Un implacable ourobouros dont il est difficile de sortir, à moins de retrouver la mesure.
La mesure c’est d’abord une forme de frugalité qui passe par une fermeté impavide pour éliminer tout désir inutile et macabre, même si la technologie le permet ainsi que la fortune sur le compte en banque.
Rappelons cette phrase clé :
il est plus difficile à un riche d’accéder au royaume des cieux ( que l’on remplacera par le bonheur simple de la sobriété heureuse, le fameux jardin d’ Eden qui n’est pas autre chose que cela puisqu’il suffit de tendre la main pour cueillir de beaux fruits, à condition d’en laisser sur l’arbre pour le lendemain ) qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille…

Il est aussi très difficile à un pauvre consommateur prisonnier de ses désirs qui s’est laissé hypnotiser par le riche d’y accéder.

Créons d’urgence sur ce site des cours d’auto déshypnose !

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Cet article a 2 commentaires

  1. Jean-Louis Tripon

    Salut Emile ! J’ai mis ton magnifique article dans la catégorie Sémantique auquel il répond et ton image Ouroboros en avant pour qu’elle soit cliquable (à définir dans les paramètres de la colonne de droite de l’onglet de création des articles), et j’ai placé le terme (Promeneur) dans ta présentation afin que ton article soit signé de ton icône.

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