Pourquoi l’homme n’est-il pas un animal comme un autre ?

Pourquoi l’homme n’est-il pas un animal comme un autre ?

Entretien sur France Culture avec Alain Prochiantz, chercheur en neurobiologie, ancien professeur et administrateur du Collège de France, à l’occasion de la sortie de son livre – Singe toi même – (odile Jacob 2019)

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/pourquoi-lhomme-nest-il-pas-un-animal-comme-un-autre
https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/alain-prochiantz-scientifique-en-liberte-25-il-ny-a-pas-de-pensee-sans-risque

Dans “Singe toi-même” (Odile Jacob, 2019), le neurobiologiste Alain Prochiantz décrit la place des humains dans l’histoire des espèces animales, et ce qui nous différencie des autres primates. Une parenté, certes, mais pour une espèce pas comme les autres …

“Les animaux comptent, votre voix aussi” … C’est avec ce slogan que le Parti Animaliste a créé la surprise aux élections européennes du dimanche 26 mai avec un score de 2%. Pour Alain Prochiantz, ce succès n’est pas simplement dû au petit chien ou au chaton qui se trouvait sur l’affiche électorale. Il dit quelque chose de particulièrement alarmant sur notre époque, au même titre que la montée de certaines revendications antispécistes. Il estime en effet qu’on ne peut placer l’homme au même rang que les autres animaux :

Evidemment, il ne faut pas faire de mal aux animaux, mais ne pas comprendre la frontière entre les animaux et les humains, c’est quand même beaucoup plus alarmant.

Le neurobiologiste, administrateur et professeur au Collège de France, publie Singe toi-même. Un essai où il tente de préciser la place de l’homme au sein des autres espèces, en particulier avec ses cousins les plus proches : le bonobo et le chimpanzé, desquels ils s’est séparé il y a plus de 6 millions d’années.

Si la différence de génome entre sapiens et les deux primates ne serait que de 1,23%, Alain Prochiantz appelle à ne pas avoir avoir une approche aussi quantitative : ce 1,23% peut cacher des différences fondamentales qui font que l’homme n’est pas une espèce comme les autres.

Sapiens a en effet un cerveau bien plus volumineux que les bonobos et les chimpanzés, et qui se développe de manière bien plus rapide après la naissance. 

Notre espèce est embarrassée d’un cortex cérébral monstrueux. Il faut bien faire avec.

Ce développement postnatal du cerveau de sapiens fait de lui une espèce particulièrement sociale. Selon Alain Prochiantz, c’est même pour cette raison que notre espèce a pu subsister jusqu’à aujourd’hui.

Il y a d’autres espèces qui ont des vies sociales, mais la vie sociale chez l’homme est une nécessité pour sa survie.

Jean-Louis Tripon

Ce n’est pas dans le cerveau de l’homme, même s’il est un peu gros pour sa taille, que nous allons trouver la réponse. Ce n’est pas non plus dans nos gènes, si 1, 23 % de notre génome nous distingue du chimpanzé, c’est peu significatif. Et quelle est la variation génétique que nous observons dans l’ensemble des espèces de singes ? Car notre corps biologique appartient aux primates. Ces 1,23 % nous distingue-t-il tant des autres variétés de primates ?
Sommes nous vraiment une espèce sociale ? Plus que les singes ? Vu les guerres, les massacres, les génocides et les barbaries en tous genres qui semblent caractériser notre espèce, nous pouvons en douter. La vie sociale n’est pas une nécessité pour survivre, elle le devient dans l’organisation que les puissants imposent à notre espèce pour la dominer et l’exploiter à leur profit.

La révolution qui s’est produite dans notre espèce pour la distinguer des autres primates ne fut pas neuronale, ni biologique, elle fut mentale. Cette différence tient à deux choses : Tout d’abord l’homme est devenu conscient de son ignorance, et ensuite il y a eu un basculement de position dominante en phase de veille entre deux fonctions mentales : La volontaire n’est plus soumise, mais oppose son libre arbitre aux instincts de l’affective qui gouverne les mœurs et les actions des autres animaux. De ce fait, l’homme est devenu le premier maillon d’une autre aventure évolutive, spirituelle ou mentale. Il présente les marques d’une néoténie, un inachèvement à sa naissance, qui nécessite une acquisition progressive de maîtrise de ses capacités nouvelles, d’où le développement post natal du cortex du cerveau humain. Il en résulte aussi que l’homme est manifestement l’espèce la plus pathologique et la plus confuse, délirante et schizophrène qui ait jamais existé sur notre planète, au point de menacer de détruire ses équilibres écologiques fondamentaux.

Le signalement d’une présence mentale opérative, non physique, donc cachée aux investigations de la biologie car non mesurable, ne se situe pas dans le noyau cellulaire, ni dans les gènes qui différencient la nature physique des espèces du vivant, mais dans le diplosome, un organite immuable depuis l’apparition de la vie, et dont la structure d’une géométrie étonnante pose des questions incontournables aux biologistes.

C’est ici que nous pouvons commencer à comprendre l’interaction du physique/biologique avec notre nature mentale, une chose indispensable pour comprendre le mystère de la vie et du vivant, car sans interaction biologique – mental, il n’y a pas de vie. Cet organite se trouve être compatible par sa substance physique avec le métabolisme biologique de la cellule, et par sa structure ennéanaire à la structure ennéanaire de la substance mentale qui la dirige. C’est une interface interactive entre deux substances, un ordinateur biologique.
Un amas de molécules organiques aussi complexe qu’il puisse être, n’est pas distinct d’un cadavre et se transforme rapidement en une masse de matière inerte en décomposition. C’est qu’il ne s’y trouve pas l’aspiration vers une évolution vitale, une progression évolutive, qui se manifeste d’abord par sa reproduction qui dépasse les contingences temporelles et causales des assemblages chimiques, que la vie et les vivants sont seuls à manifester. Puis ensuite, une évolution structurelle qui transcende la simple survie pour une amélioration de ses capacités à exploiter positivement le monde qui l’entoure, ce qui suppose conscience et analyse, sinon pensée intuitive. Le hasard et la nécessité aveugle ne peuvent expliquer seuls les ruptures évolutionnaires majeurs comme le passage de l’uni au multicellulaire, du diplo au triploblastique, du cordé au vertébré, et du reptile au mammifère.

Cette aspiration à survivre pour évoluer vient d’ailleurs du biologique, car ce n’est pas une grandeur physique ni une émergence d’une réalité physique causale étrangère à sa nature intentionnelle. C’est une fonction mentale qui nous pouvons nommer transcendantale, qui manifeste une confiance péremptoire dans la capacité du vivant à survivre malgré son ignorance formelle du monde dans lequel il est né. Ensuite, une aspiration au dépassement de ses contraintes présentes et à résoudre les problèmes résultant de ses lacunes. Et enfin, une méthode de validation de ses apprentissages positifs.
Mais cette fonction n’est pas la seule à opérer le miracle du vivant, c’est tout un ensemble mental opératif résolutoire qui gère et dirige le corps biologique qu’il sert et avec lequel il vit en symbiose, comprenant jugement, intention, analyse, décision et … conscience, sans le pouvoir révélateur (des activités et mécanismes mentaux intimes) de laquelle, la vie ne peut pas fonctionner.
Jean-Louis Tripon, le 20 / 11 / 2019, 00:03

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Jean-Louis Tripon

Chercheur théoricien mentaliste, ingénieur géomètre INSA, expert en sémantique holistique, expert en sciences mentales, Harmonique de Pleine Conscience Holistique Ataraxique (HPCHA), dualiste de substance, métaphysicien athée, créateur de la méthode DMS, président fondateur de l'AFDMS.

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