Que sommes-nous ?
pensée holistique, image thématique de la page Révolution éducative

Que sommes-nous ?

51. LE CERVEAU EXISTE-T-IL ?
Il ne s’agit pas de remettre en cause la nature biologique, physico-chimique de notre cerveau, mais la représentation qu’on en fait, les théories qui l’entourent et les propriétés non avérées que les neuropsychologues physicalistes lui accordent, en particulier celle qu’ils nomment “l’émergence”.
J’ai choisi une image moins extravagante qu’il ne paraît, dans le sens qu’elle montre que si nous percevons notre corps, nous ne percevons rien sans autopsie de notre cerveau. Nous imaginons avec quelques raisons qu’il traite de l’information, des signes, qu’il gère le métabolisme de notre corps biologique et exécute fidèlement nos actions physiques. Il est peu probable qu’il utilise un codage de 0 et de 1 comme le montre cette image, mais qu’importe c’est secondaire. Ce sont des signes qui peuvent coder des informations et déclencher des actions dans un système de représentation du monde extérieur. Mais que ces signes puisent engendrer de la conscience et du sens, qui sont d’une toute autre nature, relèverait du miracle, et y croire de la foi. Pourquoi ne pas croire alors que nos dictionnaires papiers ou numériques soient conscients et pensent ? C’est contraire au bon sens le plus élémentaire, ce cerveau là n’existe pas.

52. HISTORIQUE DE L’EVOLUTION DE LA PENSÉE HUMAINE
Il y à quelques dizaines de milliers d’années, l’homme pensait encore comme le font tous les animaux, perceptuellement, à l’aide des percepts de ses gestes physiques, de qualia, de sèmes de ses émotions, de ses impressions et de ses intentions. Puis il s’est mis progressivement à penser conceptuellement à l’aide de signes, des phonèmes d’un langage, en associant ces signes à des significations, des représentations imaginaires, des constructions abstraites, des idées, presque toujours fausses. La différence entre ces deux modalités de penser, c’est que la pensée perceptuelle par sa construction ne peut échapper aux rails de sa réalité vécue, de ses qualia, alors que la pensée conceptuelle en sort, en jonglant librement avec des structures imaginées qui s’éloignent de plus en plus de sa réalité, avec le risque qu’elles soient de plus en plus fausses.
Cette pensée conceptuelle a favorisé l’éclosion des grands empires de l’antiquité, le développement des structures économiques, la hiérarchisation sociale, mais aussi le sectarisme et l’aliénation tribale. Cependant elle a plongé l’esprit de l’homme dans la confusion, dans des extravagances et des croyances, des traditions arbitraires emmêlées dont il ne peut plus s’affranchir. Pour s’en libérer et revenir à une sémantique saine que prône Alfred Korzybski dans Science and Sanity, il faut renouer avec la réalité de la pensée perceptuelle, et la développer par l’accès et la perception de nos fonctions mentales, de leurs structures sensibles, des nuances de leurs émergences et de la multitude de leurs produits. Ce n’est pas une pensée pauvre, comme on aurait tort de le croire. Au contraire son potentiel est immense, car c’est celui sans limite de nos fonctions mentales.

53. NOUS SOMMES DES ÊTRES DE SENS
Définir ce que nous sommes, des entités non physiques, négativement par rapport à l’une des natures, physique, matérielle, spatiotemporelle de l’univers engendré par des lois permanentes et immuables, est insuffisant. Cet univers comprend deux natures dont la dualité irréductible, d’inverses complémentaires qui s’attirent l’un, l’autre, assure son équilibre fondamental, et lui évite de sombrer dans le chaotique.
La seconde nature de cet univers c’est le sens, qui n’obéit évidemment pas aux mêmes lois qui gouvernent la première, et nous sommes des êtres de sens, des êtres purement sémantiques. Nous agissons le corps auquel nous sommes associés, grâce à du sens, des instructions infra linguistiques, transmises à son cerveau biologique, et nous dirigeons nos fonctions mentales grâce à du sens également, des sèmes infralinguistiques de gestes mentaux. Il faut mieux les diriger et réformer certaines structures archaïques bloquantes plutôt que de laisser faire des programmes automatiques inefficaces que nous avons hérités d’un lointain passé.

54. CONCEPTUEL ET PERCEPTUEL
Nous avons deux modes pour penser à notre disposition : le fonctionnement conceptuel et le perceptuel.
Le mode conceptuel est fondé sur un imaginaire qui élabore des idées en assemblant des concepts grâce à des opérateurs logiques. Tant que ces concepts sont des abstractions de nos percepts sensoriels, nous n’avons guère l’occasion de trop nous perdre, mais dès que nous en sortons nous divergeons de toute réalité pour la remplacer par des idées, d’autant plus que nous pensons alors linguistiquement en attribuant des signifiés conceptuels à des signes.
Le mode perceptuel est fondé sur la réalité de nos ressentis. C’est celui que notre pensée consciente utilise pour diriger notre corps. Nous pouvons l’enrichir en développant nos percepts mentaux. Nous pouvons accompagner cette pensée infra linguistique d’abstractions des propriétés de nos ressentis, sans les identifier à des concepts d’une part parce qu’ils sont intimement associés à nos percepts mentaux, d’autre part parce qu’aucun énoncé verbal ne peut les décrire d’une façon claire et précise.

76. NÉCESSITE DE CHANGER DE CADRE CONCEPTUEL
La plus grande partie de l’humanité et tous les monistes physicalistes se perçoivent comme un corps et un cerveau qui décide de tout. Peu m’importe, c’est leur problème, mais le cerveau est un organe biologique comme le foie et la rate. Si votre fonction motrice peut agir vos muscles, elle ne peut pas agir votre cerveau pour vous aider à résoudre des problèmes, ce n’est pas son rôle. Avec des gestes mentaux, vous pouvez déclencher quelques trucs physiques, comme un ASMR, par des moyens détournés, mais c’est bien peu de choses en définitive. Ne pas confondre informations et qualités de sens, comme le font les neurosciences, or la conscience est une qualité de sens, inutile pour le traitement de l’information physique par le cerveau. Notre cerveau est incapable de coder du sens car le sens ne se définit pas spatiotemporellement, il ne peut coder que des informations biologiques et physiques, des comportements spatiotemporels et rien d’autre.
La conséquence, c’est que si vous adressez une demande à l’image de vous-mêmes (votre cerveau) dans ce cadre conceptuel faux de vous-mêmes, eh bien… il ne se passera rien, car ni votre cerveau, ni votre mental, ne pourra la traiter, votre demande manque sa cible et s’adresse au néant, qui bien sûr ne vous répondra pas. D’où la nécessité de changer de cadre conceptuel pour une représentation conforme à votre réalité si vous voulez accéder, explorer, diriger, exploiter vos fonctions mentales et obtenir les réponses dont vous avez besoin pour résoudre vos problèmes grâce aux nombreux outils dont elles disposent. Ce nouveau cadre conceptuel approprié, c’est celui que je propose avec mon modèle de l’esprit humain. Je l’ai testé, et il est validé par le fait, entre autres choses, que grâce à lui je suis devenu ataraxique épicurien vrai, absent et libre de trouble et d’émotion, bien que les sciences actuelles déclarent cela impossible. Les propriétés et capacités de l’humain ne sont pas fixées une fois pour toute, elles sont évolutives car l’humain appartient au vivant.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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