Quelle éducation pour quel monde ?

Quelle éducation pour quel monde ?

Pour qu’un pays ne soit pas divisé et fracturé, il faut que la grande majorité de ses enfants, devenus citoyen(es), puissent avoir été au contact de sa culture et de la richesse des pensées qui le constituent depuis des siècles. En France, des dizaines de milliers de jeunes, depuis 50 ans, issus de la diversité ou des milieux populaires, ont été privés de cette connaissance, par un interdit d’accès au Lycée général : Nous payons aujourd’hui cette erreur historique. La fréquentation de la beauté, sous toutes ses formes artistiques (la pensée en fait partie), provoque des vibrations internes positives, génératrices de connexions entre les émotions et la réflexion. Ce processus est indispensable à la cohérence psychique qui permet le sentiment de reconnaissance et d’appartenance. En priver, institutionnellement trop de jeunes, est une grande violence, qui nous est aujourd’hui retournée … De ce fait, l’appel à un retour de “l’autorité” des professeurs  est insignifiant, car celle-ci s’exerce déjà et depuis longtemps, à travers le système de notation des élèves avec ses conséquences sur leur devenir scolaire. 

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Jean-Marie Quairel

J’ai travaillé pendant 41 ans dans le Service d’Orientation de l’Éducation Nationale ( Conseiller en Orientation pendant 27 ans puis Directeur de CIO ) à l’écoute des désirs d’avenirs des jeunes , en essayant de limiter les dégâts d’un système éducatif inique.

Cet article a 7 commentaires

    1. Jean-Louis Tripon

      Bonjour Emile,
      je crois que : “La fréquentation de la beauté, sous toutes ses formes artistiques (la pensée en fait partie), provoque des vibrations internes positives, génératrices de connexions entre les émotions et la réflexion.” est la phase clé de ce texte, qui à partir d’une propriété de la beauté va définir ce qu’est la culture d’un pays.
      Dans ce sens, il y a-t-il une culture française, européenne ou occidentale ? Toutes prenant racine dans la même antiquité ! Cette culture se distingue-t-elle de la culture judéo chrétienne ? Nécessaire à l’intégration d’un jeune étranger, comme elle le fut d’un jeune provincial ou d’un jeune sans éducation, est elle indispensable au développement de son esprit, ou ne sert-elle qu’à son aliénation ?
      Cette fameuse culture est elle relative ou absolue ? Constitue-elle une marche d’une évolution spirituelle, ou un blocage pour son possible devenir ? Et dans ce cas, doit-on la jeter avec l’eau du bain (l’école), ou la conserver au sous sol d’un musée (encore l’école).

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  1. Jean-Marie Quairel

    Je pense que la fréquentation des penseurs et des philosophes essentiels ( de Montaigne à Camus, en passant par Bachelard , Sartre et de nombreux autres, ) constitue un des paradigmes essentiels à la construction d’un sentiment d’appartenance à notre pays et permet l’exercice de la conscience réflexive….Bien plus que les sciences “dures” que l’on a voulu privilégier, au Lycée , au prétexte qu’elles seraient socialement moins marquées . Par ailleurs, dans la mesure où notre système éducatif est structuré sur un modèle “élitiste” qui réclame la maitrise de ces deux pôles ( Littéraire et/ou scientifique ) et où cette structuration se prolonge dans notre organisation sociale et économique , j’estime que celles et ceux qui en sont privés , sont lourdement pénalisés…..D’autant plus que l’école et la société , en France, continuent d’ignorer et de mépriser d’autres formes de cultures ( ouvrière par exemple ou ethniques ) et se refusent à reconnaitre la valeur des expériences individuelles ou collectives , qui se constituent hors des sentiers battus et des parcours classiques . Je crois que l’éducation devrait permettre la synthèse de ces deux paradigmes : La connaissance et l’expérience . Jusqu à présent , elle les oppose .

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    1. Jean-Louis Tripon

      Jusqu’à présent, elle (l’éducation) oppose et même nie l’une d’elle (l’expérience) comme saugrenue, anticonformiste et antifrançaise. L’individuation se construit non avec, mais en révolte et en rupture d’une culture patriotique qui nie ce que nous sommes : Sartre est un monceau de sottises, et de Bachelard à Camus, en passant par Molière, c’est bien vide ! Quant aux sciences dures, c’est un bourrage de crâne matérialiste, un scientisme dont le crédo imaginaire a remplacé la théologie catholique. Comme hier, l’individu se construit contre le repoussoir d’une culture désuète et fausse. J’aurais aimé avoir un précepteur au service de mon esprit et non des professeurs au service des leurs ! Si l’éducation a un sens, voilà le nouveau paradigme !

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  2. Jean-Marie Quairel

    Jean Louis , je fais le mème constat que toi concernant le refus de prise en compte de l’expérience dans l’éducation ….Mais je m’intéresse aux conséquences de ce déni sur les personnes, exclues du système, qui sont des millions depuis des dizaines d’années et n’arrivent pas à trouver leur place . Conséquences qui expliquent aussi l’état général déprimé et hystérique, du Pays, que je ne peux pas ignorer …..Il existe des pédagogies, actives et coopératives, qui sont au service du développement de l’esprit de chaque enfants et ce n’est pas un hasard si elles sont restées confidentielles . Le recours au préceptorat existe ( le coaching ) et alimente une vision élitiste de l’éducation : Ce n’est pas la mienne et je ne crois pas que l’approche mentaliste puisse se développer dans un contexte “élitiste” qui exclue les 3/4 des citoyens , car cette exclusion laisse des traces négatives indélébiles . Donc, comme les “mentalistes” sont encore très loin du pouvoir dans l’éducation, je préférerai d’abord une généralisation des pédagogies actives et coopératives . Sur ces basses , l’approche DMS aurait plus de chances d’être comprise et reconnue .

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  3. Emile Thyeff

    L’enseignement dispensé dans une école qu’elle qu’elle soit n’a pour seul but que de propager la doxa politique et idéologique de celui qui la finance.

    Le modèle de l’éducation nationale est et reste celui de la 3ème république bourgeoise et ne sert qu’à colporter l’idéologie du pouvoir en place.

    L’école dite républicaine n’est pas faite, malgré les beaux programmes bourrés d’intentions généreuses, tous basés sur la novlangue et la dissimulation, pour combattre les inégalités, elle est faite pour les justifier voire les renforcer.

    Il y a évidemment des niches, des écoles où l’on enseigne différemment, mais elles sont peu fréquentes, pour les raisons évoquées ci dessus et servent de justificatif au régime démocratique républicain. Elles sont comme les poissons volants de Michel Audiard, elles existent mais ne constituent pas la majorité du genre.

    Il est voulu qu’un jeune adulte arrive sur le marché du travail sans expérience sociale, politique et philosophique car il sera ainsi beaucoup plus malléable et obéissant aux normes strictes de soumission à la hiérarchie de l’entreprise libérale bourgeoise, surtout s’il est issu de milieux non bourgeois, car ceux des milieux bourgeois sont déjà soumis, pour la simple et bonne raison qu’ils ont intérêt à les défendre puisqu’ils y appartiennent.

    Mais il y a maintenant ce damné Internet …
    Internet ce n’est pas que des jeux vidéos, de la pornographie et du commerce en ligne … certains jeunes des milieux populaires tombent parfois sur des blogueurs qui dénoncent avec des codes de communication adaptés aux jeunes et des arguments à l’appui, le système bourgeois, qui parlent de la sempiternelle lutte des classes, mise sous le tapis et remplacée par des luttes sociétales communautaires qui divisent plutôt qu’elles ne réunissent,
    ça capte, ça fait sens, ça incite à aller voir les références à des penseurs sérieux … puis ça réfléchit entre deux clips de rap, dont certains aussi font du travail de sape à leur manière, une fois débarrassés des oripeaux clinquants, des grosses bagnoles allemandes et des filles lascives…
    Certains jeunes issus de l’immigration tombent sur des blogueurs qui parlent de la partie immergée de l’iceberg de la colonisation sur laquelle la troisième république bourgeoise est fondée et donc nous l’avons vu l’éducation nationale…

    Certes ils ne sont pas encore légion,le système mercantile propagandiste publicitaire sait encore les retenir dans ses filets, les vieilles ficelles de Edward Barney,dont Goebbels possédait un ouvrage dans sa bibliothèque, ont de beaux jours devant elles mais le ver est dans le fruit .

    Le défaut de l’éducation nationale c’est d’avoir finalement voulu jouer sur les deux tableaux… larbiner pour le système bourgeois et vouloir en même temps avoir de bons sentiments humanistes d’égalité et de fraternité, victime de la devise de la nation, gravée aux frontispices des établissements scolaires, qui ne fut jamais qu’un vœu pieux, naïf mais surtout hypocrite,etsurtout pas une réalité.

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