Réchauffement climatique et enjeux sécuritaires

Réchauffement climatique et enjeux sécuritaires

Conférence par Jean-Marc Jancovici – Toulon 5 mars 2020

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=j5-zoSxCsZw

Jean-Marc Jancovici était invité à la FMES (Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques) de Toulon le 5 mars 2020 sur le thème : Réchauffement climatique et enjeux sécuritaires
Diaporama à télécharger : https://fr.slideshare.net/JoelleLecon…
Audio : https://soundcloud.com/effondrement-i…
Vidéo originale : https://www.youtube.com/watch?v=MbbwW…
Site de Jancovici : https://jancovici.com
Page Facebook : https://www.facebook.com/jeanmarc.jan…

Qui est Jean-Marc Jancovici ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Jancovici
The Shift Project : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Shift_Project
Site officiel : https://theshiftproject.org/

En résumé pour les renouvelables

  • De toutes les sources renouvelables de chaleur – solaire thermique , biomasse, géothermie – seule la géothermie, la biomasse (les premières forges étaient alimentées au bois) et le solaire à concentration offrent une ressource suffisamment concentrée pour alimenter une usine en chaleur. L’exploitation de la géothermie pour refroidir lentement l’écorce terrestre (sans grand dommage pour nous) reste, aujourd’hui, une solution sur le papier, mais le potentiel réel, quoi que probablement significatif, n’est pas bien connu.. Quant à la biomasse, l’utiliser intensivement à la place du charbon, du pétrole et du gaz qui font aujourd’hui tourner l’industrie conduirait peut-être à la déforestation rapide de l’Europe : c’est le charbon qui a sauvé nos forêts ; le début de l’industrialisation s’était accompagné d’une exploitation pas renouvelable du tout du bois en Europe !
  • Enfin pour le solaire à concentration, il faut alors installer les usines dans les endroits insolés quasiment toute l’année : pas impossible, mais sauf à construire d’énormes réseaux THT allant du Maghreb ou du Sahara à l’Europe, il faudrait délocaliser toutes les industries qui consomment de l’électricité dans ces mêmes endroits !
  • Les renouvelables ne peuvent non plus pas grand chose pour la sidérurgie, qui consomme à elle seule 15% de l’énergie de l’industrie, car cela représente pour l’essentiel du charbon nécessaire à la réduction du minerai de fer (la réduction est la réaction chimique inverse de l’oxydation : c’est celle qui consiste à « enlever » l’oxygène d’un composé chimique ; ici il s’agira d’enlever l’oxydène des oxydes de fer qui composent le minerai, pour obtenir du fer sous forme de fonte, c’est à dire encore mélangé à quelques impuretés dont du carbone).
    Il existe certes des solutions sur le papier, à savoir la réduction à base d’hydrogène ou le remplacement du charbon par du bois, mais là encore les quantités disponibles de manière réellement renouvelable ne permettraient probablement pas de maintenir la production d’acier au niveau d’aujourd’hui. Peut-être que le solaire à concentration permettrait de produire assez d’hydrogène, mais là encore il faudrait déplacer toutes les aciéries sous les tropiques, et cela ne se ferait pas en une semaine !
  • L’hydroélectricité peut délivrer de fortes puissances (jusqu’à plusieurs GW). L’hydroélectrcité, qui fournit « à la demande », permet d’alimenter une usine sans problème (raison pour laquelle la fonderie d’aluminium, très gourmande en électricité, s’est historiquement installée dans les vallées de montagne ou près des grands lacs du Canada ou des pays nordiques, où il était possible de mettre des barrages). Mais l’industrie française consommant un tiers de l’électricité française, et les barrages produisant actuellement 15% de cette même électricité, il faudrait les doubler pour faire fonctionner l’industrie à l’électricité entièrement renouvelable, avec vraisemblablement des problèmes de saisonnalité, et bien entendu nous n’aurions plus la possibilité de recourir à cette source d’énergie renouvelable pour les autres usages examinés ici.
  • L’éolien peut certes délivrer des puissances respectables quand le dispositif fonctionne (plusieurs dizaines à plusieurs centaines de MW) mais la production est intermittente, ce qui le met « hors course » pour l’industrie (qui réclame une alimentation constante) tant que le stockage en masse de l’électricité n’est pas possible.

Jean-Marc Jancovici répond aux questions économiques en pleine crise du coronavirus

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=CXA2BA9in30

Catégorie Science et technologie

Lettre à Jean-Marc Jancovici

Lettre à Jean-Marc Jancovici, Président de The Shift Project

Bonjour Jean-Marc,

Je suis d’avis qu’il vous manque un expert en Sciences mentales et sociales dans votre think tank : The shift Project, en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone. Car les structures de l’esprit humain et les pathologies sociales sont des contraintes tout aussi implacables que la raréfaction des ressources pétrolières. Aussi je crains qu’un raisonnement purement technique, aussi habile soit-il, ait du mal à convaincre l’esprit encombré de travers et de dissonances cognitives de nos compatriotes.

Effectivement, nous ne devons pas supposer changer préalablement la nature humaine pour pouvoir transformer notre monde, mais nous pouvons espérer améliorer ses pertinences. Toujours d’accord avec vous, le capitalisme est un moyen qui peut être mis au service de projets et d’accomplissements des plus sains pour notre espèce. Par contre, le libéralisme nous impose un système de régulation maximalisant les profits, en contradiction avec les régulations naturelles qui sont : l’énergie, le climat, la biologie et les ressources alimentaires.

Notre seul système de régulation humain est néolibéral, il vise à augmenter les profits et l’activité économique par tous les moyens, l’offre dominant la demande, en contradiction directe avec les systèmes de régulation naturelle qui visent à réduire la population et les activités humaines. Aussi je ne vois pas comment nous pourrions mieux nous adapter à la transition climatique en continuant à accepter de produire et de vendre en toute liberté, tout et n’importe quoi, avec tous les moyens disponibles. Une réglementation des plus sévères s’impose pour éviter les gaspillages.

Sur un plan plus intime ensuite, il faut redonner à l’homme d’autres espoirs d’enrichissement que l’accumulation de l’argent et des pouvoirs sur les autres, dans un monde où les disponibilités physiques se verront de plus en plus limitées. Ce qui suppose un changement de paradigme culturel et une sortie du matérialisme vers une évolution spirituelle de découverte de la réalité mentale de son esprit. Ce qui constituera pour l’homme à venir une compensation qui lui permettra de mieux supporter les contraintes d’un monde moins facile à vivre, comme vous l’avez démontré par la diminution des ressources des énergies fossiles.

Enfin, je vous prie de lire un petit texte que vous jugerez bon de publier ou non, dans une des revues ou des sites que vos dirigez : https://developpement-mental-semantique.com/lespece-humaine-est-elle-sociale/

Bien cordialement,

Jean-Louis Tripon,

Ingénieur INSA Strasbourg, Président de l’association 1901 AFDMS, Directeur du Social Networking Service Sic Itur.

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vernon sullivan

Web master, trésorier, cheville ouvrière, bref le technicien de l'association!

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