Résolutions et installations de capacités

86. ACTIVITÉS CONSCIENTES ET INCONSCIENTES
Nos fonctions mentales ont des activités conscientes et inconscientes, en particulier notre fonction analytique, ce qui a conduit Freud à postuler l’existence d’un inconscient. Ce dernier terme a fait fortune et fait partie du langage des psychanalystes et de l’hypnose, mais sa réalité supposerait l’existence d’un démiurge, une sorte de gamin facétieux qui n’en ferait qu’à sa tête pour nous protéger ou pour nous nuire, ce qui fait dire à certains thérapeutes : “Ce n’est pas de votre faute, le responsable c’est votre inconscient”. Une démarche certes déculpabilisante, mais que j’estime nuisible, parce que nous sommes responsables de la totalité de ce qui constitue notre être.
L’inconscience de ces activités s’explique par la complexité des opérations mentales, entre autres celles de notre fonction analytique 2, raison pour laquelle elles ne sont pas admises au canal de notre conscience 5 comme le sont ses résultats finaux, car elles perturberaient le tableau de bord et la prise de décision de notre volontaire 7.
Cependant la frontière entre activités conscientes et non conscientes n’est pas immuable, pas plus que ne le sont les capacités mentales de l’homme, elle peut être déplacée, reculée. C’est d’ailleurs à ce que Lao-Tseu nous invite aux derniers vers sibyllins du premier chapitre de son Tao tö king : “Obscurcir l’obscurité pour accéder aux merveilles de notre esprit”. Notre fonction Concentration 6, nous permet d’accéder en méditation dynamique aux recoins les plus complexes et les plus cachés des activités non conscientes de nos fonctions mentales. Formellement il n’y à rien d’impossible à notre exploration de découverte, même s’il ne s’agit pas pour autant d’installer à demeure dans notre conscience des opérations qui n’ont pas lieu de l’être, mais seulement de les comprendre, et en particulier à l’analytique 2 de se révéler à lui-même.

87. INSTALLATION DE METAPROGRAMMES
Un métaprogramme est la structure comportementale d’une capacité mentale plus ou moins efficace, ou jugée comme telle, selon le bénéfice ou le préjudice que nous en retirons. Ici je parle d’installation (de transformation ou de désinstallation) d’apprentissages mentaux. Une fois installée, la structure comportementale agglutine des expériences qui la renforce de leur répétition, le processus d’apprentissage s’ancre de plus en plus profondément en mémoire, pour ne laisser la place qu’à un bouton qu’un geste mental volontaire à peine conscient déclenche sans effort, comme pour allumer votre écran d’ordinateur en le touchant (chez moi, en bas à droite).
Ce processus d’apprentissage commence par le désir d’un savoir faire de notre fonction volontaire, mais elle ne sait pas faire grand chose sinon demander. C’est notre fonction analytique qui fait, qui construit et installe ou non le métaprogramme, selon qu’il en possède ou non la capacité. Et quoi qu’elle fasse, ses processus d’élaboration sont tellement complexes que notre conscience ne nous les révèle pas. Mais notre fonction analytique guide notre fonction volontaire afin qu’elle apprenne le bon geste mental pour toucher le bon bouton qui n’est que le raccourci déclencheur du savoir faire. C’est ceci qui prend du temps, le temps de l’apprentissage, mais comme la nature de ces deux fonctions les porte à collaborer étroitement, notre fonction volontaire fini par y arriver.
Comme on le constate, la construction de ces métaprogrammes et l’installation de ces capacités nouvelles résultent en très grande partie des opérations non conscientes de notre analytique 2. De plus, comme c’est une fonction automatique, elle installe plus ou moins le produit désiré, elle ne juge pas, elle fait selon ses structures, et comme elle n’est pas avare de ses bons services, elle installe des choses en plus que vous ne lui avez pas demandées. C’est ainsi que nous progressons. C’est plus facile que la logique ne le voudrait, après il faut parfois corriger et installer des filtres.

91. PROCÉDURE D’INSTALLATION DE FACULTÉS NOUVELLES
Il faut savoir que l’ingénieur mentaliste ne se trouve pas du tout dans la même situation que l’ingénieur de travaux publics, qui prend sa règle à calcul, ses abaques et applique des formules de mathématiques à l’ancienne, et maintenant travaille en CAO, en conception assistée par ordinateur. C’est à la fois plus facile et plus difficile. Plus facile car il n’a pas à appliquer ces formules. Plus difficile car il ne dispose pas de ces outils pour faire, et qu’il a affaire à un monde qualitatif, non mesurable, uniquement à du sens.
Comment notre ingénieur mentaliste se débrouille-t-il ? Son principal outil est une relation de sens, une interaction de qualia entre deux fonctions mentales : la direction volontaire 7j et l’analytique 2. La première fait les demandes et la seconde les réponses. C’est une procédure de résolution de problème. Pour que cela fonctionne, des conditions doivent être remplies : d’abord qu’il n’y ait pas de blocages, donc que notre ingénieur ait nettoyé son esprit de toutes les croyances, théories et idées fausses, qui l’encombraient. Ensuite qu’il travaille dans le bon cadre conceptuel, et pas avec celui du physicien ou des neurosciences. Enfin que la demande de 7d respecte une certaine forme qui soit, d’une part intelligible de 2, et d’autre part qui n’impose pas à 2 une direction de recherche sans issue, c’est ce que dans le milieu des ingénieurs on appelle : les règles de l’art.
C’est un art plus qu’une science, qui met deux fonctions dans une interactivité harmonique, qui exige une expérience ancrée dans notre mémoire et dont le succès dépendra du niveau de raffinement des structures de résolution de l’analytique, car en fait c’est lui qui met en place ces facultés nouvelles. Il y a des choses possibles et d’autres qui ne le sont formellement pas, des choses qui sont plus difficiles que d’autres. Il faudra souvent s’y reprendre à plusieurs fois et progresser pas à pas en tâtonnant, dans l’ignorance des activités inconscientes complexes qui y travaillent.

95. DE LA CONSCIENCE 5
Ce qui importe dans la conscience ce n’est pas son contenu, ce qu’elle révèle, mais son contenant, ce qui révèle, c’est à dire le pouvoir opérateur du contenant qui révèle. C’est là où les neurosciences se trompent lourdement, car la complexité des informations appartient au contenu d’un phénomène conscient et non au contenant qui les révèle. Certes ces chercheurs ont vite fait de faire l’amalgame des deux, comme de cérébral et mental, mais rien n’y change, le contenant ne peut pas naître par miracle du contenu. Le vin ne crée pas ni son tonneau, ni sa cruche, quelle que soit sa complexité, mais sans cruche il s’écoulerait de la table au sol et serait absorbé par tapis et rainures de parquet, d’où l’utilité de la cruche comme de votre conscience pour vous révéler l’intelligible du vin et celui d’un contenu complexe qui passe.
Notre mémoire est également un contenant de sens structuré par des architectures analytiques de modèles élémentaires puisés dans une grille de formes. Mais à la différence de notre conscience, le contenant de notre mémoire est inerte, sans pouvoir de révélation (heureusement, sinon notre conscience serait noyée par la masse de ce qu’elle contient). Nous disposons d’une autre fonction mentale, la remémoration, qui possède le pouvoir opératif d’extraire du contenu de notre mémoire et de le restituer dans le contenant de notre conscience. En outre, nos souvenirs et notre champ sémantique sont tellement chargés d’énergie mentale… qu’ils diffusent faiblement dans notre conscience. Cette propriété est mise à profit par la modalité de pensée holistique pour se balader dans les milliards de milliards de données complexes contenues dans la capacité sans limite de notre mémoire sémantique ni spatiale, ni physique.
Les structures fondamentales de notre entité multipolaire non physique sont vraiment parfaites ! Normal, c’est une section de la structure universelle permanente, source et contrainte formelle de tout ce qui existe. Alors sachons bien nous en servir !… et en exploiter tous les possibles, voir mes sites et mon cours de développement mental sémantique DMS.


Réagir
1

Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Laisser un commentaire

Article suivantRead more articles