Rien n’est nécessaire

Rien n’est nécessaire

Rien n’est nécessaire.

Regarder sa vie sans commentaire, sans jugement, provoque automatiquement une réduction de l’activité mentale.

C’est le résultat d’une compréhension : que ce que vous recherchez profondément n’est pas une nouvelle situation.

Vivre de cette compréhension, sans la penser, crée l’espace.

Du fait que vous ne bâillonnez plus la sensation corporelle par la peur, par l’attente, c’est un peu comme un ressort compressé sur lequel vous cessez d’appuyer.

Son redéploiement ne nécessite aucune activité.

L’exploration du corps et du mental se présente dans une sensibilité en éveil.

Ce n’est plus une exploration dans un but d’accumulation, mais véritablement un état d’admiration.

Cette admiration de la sensibilité et des impensables possibilités sensorielles va peu à peu laisser la place à une admiration sans objet.

Vous oubliez ce que vous admirez.

Plus de place pour un admirateur. La lumière de l’admiration brûle toute forme.

Nous ne sommes que cela.

Eric Baret

Intuition ou illusion ?

Si nous nous considérons comme sujet observateur d’un monde objet, le temps n’a pas une existence réelle mais seulement une existence positive.

C’est une « intuition ou rien », une « illusion tenace ».

Si, au contraire, nous nous considérons comme un objet dans le monde, il n’est pas nécessaire de réduire le temps à une illusion.

Toute conception du temps renvoie à d’autres options philosophiques, positivisme ou réalisme, déterminisme ou indéterminisme.

Ce qui ouvre la voie à la croyance.

Au-delà de ces abstractions où l’on se demande si l’esprit ne joue pas qu’avec lui-même, une écologie du temps a émergé, fondée sur une éthique de la connaissance.

Mais le temps est un tzigane, un être mystérieux, étranger et poétique.

Peut-être parce qu’il est lié à celui de la mort, le mystère du temps a toujours fasciné les hommes.

L’esprit religieux s’accompagne souvent d’une eschatologie dans laquelle le temps est rendu à l’homme par la vie éternelle.

Et les écrivains qui rêvent d’immortalité une plume à la main ne défient-ils pas vainement l’éternité ?

Chateaubriand, qui, d’outre-tombe, ramasse des miettes de temps perdu, Proust et sa madeleine, qui ouvre une brèche dans le temps par la magie de la réminiscence,

Tchekhov, toujours Tchekhov, qui colle à la terre des personnages sans temps, égarés dans leur propre impuissance à le gouverner, Paul Valéry, pour qui « le temps des hommes est de l’éternité pliée », Épicure, qui proposait d’atteindre l’ataraxie en se remémorant les souvenirs les plus doux et qui, l’âge venu, supporta avec philosophie de longues et cruelles souffrances…

Autant de morts pour nous initier au temps de la vie.

Bruno Jarrosson

Dans la lumière de la conscience

Tout apparaît dans la lumière de la conscience. Le pressentiment de la joie n’est ni empêché ni activé par une quelconque activité.

Vous arrêtez de suivre les lois morales à la mode.

Vous ne vivez plus selon les idéologies de nos sociétés. Vous ne vivez plus selon les schémas en vigueur.

Chaque être humain a sa propre créativité, ses propres capacités et caractéristiques, qui doivent être utilisées en société.

Quand on commence à s’intéresser profondément à la vie, quand on arrête de prétendre être quelque chose de spécial, on commence à découvrir ce que l’on peut faire ou non.

Vous commencez à découvrir comment la nourriture s’intègre dans votre corps, comment l’environnement vous affecte ou non. De plus en plus, vous vivez dans la découverte du ressenti.

Toutes ces choses viennent naturellement. On ne devient vraiment actif que lorsque l’on cesse de se prendre pour le centre des choses.

On ne fait plus ce que l’on préfère, on fait ce qui doit être fait et, sur un certain plan, on aime ce qui doit être fait. On trouve une activité bénéfique pour l’environnement. Elle peut ne pas être élégante ou lucrative, mais elle sera appropriée. L’action juste, l’activité juste vient toujours d’une écoute.

Eric Baret

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Jesse James

Vivons dans nos illusions, acceptons nos limites.

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