Science physique et science mentale

Science physique et science mentale

La science physique est l’étude de la la substance physique du monde (au sens le plus large) dans lequel nous vivons, et la science mentale l’étude de la nature mentale, non physique (quel que soit le nom qu’on lui donne) de notre être dans ce même monde.

Dès lors que la communauté scientifique admet d’observer des manifestations de phénomènes dont les propriétés sont clairement incompatibles et irréductibles, comme la matière et la conscience, l’étendue et l’aspatialité, le mesurable et le qualitatif sensible, le déterminé et l’intentionnel, l’inerte et le vivant, il faut en conclure la distinction de deux substances, aucune des deux ne pouvant être l’origine causale de l’autre. Vouloir qu’une propriété de l’une, la conscience, émerge de la nature de l’autre, la matière biologique du cerveau, est donc non seulement une faute conceptuelle majeure, mais aussi une croyance et une pétition de principe contraire à l’esprit scientifique.

Ce ne peut évidemment pas être avec les moyens techniques de l’une, la science physique, que nous pouvons prétendre étudier les phénomènes de l’autre, la science mentale, pas plus que nous ne pouvons prétendre étudier la nature intime de la matière grâce à l’introspection. Compte tenu que ces deux sciences étudient des phénomènes de nature et de structure radicalement différentes, elle doivent opérer leurs investigations avec des méthodes, des techniques et une instrumentation propres. Ce n’est donc pas par le biais illusoire de l’imagination analysant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle que l’on va pouvoir conclure quoi que ce soit au delà de la biologie de notre cerveau, l’étude de notre nature mentale doit recourir à des moyens appropriés qui ne peuvent être que des techniques directes de perception, donc d’introspection.

Si les sciences sociales se caractérisent aujourd’hui par leur monisme physicaliste, et leur présupposé qui veut que le cerveau fasse tout, de la conscience à l’intention, de s’émouvoir à se donner confiance, de penser à analyser et à juger toutes choses, ce qui leur vaut nombre d’erreurs et de lacunes, je demeure persuadé qu’au cours de ce vingt-et-unième siècle, la science mentale sera enseignée dans toutes les université comme une discipline majeure, et que des diplômes d’ingénieurs mentalistes y seront délivrés.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

Cet article a 3 commentaires

  1. Jane-Hannah Tripon

    L’obsession des scientistes à prétendre que leur science étudie toutes choses existantes les amène à nier l’existence de ce que leurs instruments ne leur permettent pas de mesurer, dont à nier tout ce qui n’est pas physique, notre conscience, nos qualia, et toutes nos expériences intimes. Le physicalisme est donc non seulement une erreur conceptuelle, un outrage à la raison, mais aussi le vice d’une arrogance niant sa propre ignorance des choses, affirmant que ce qu’il ne m’est pas donné de connaître n’existe pas.
    Le même biais est présent en physique quantique, quand l’indétermination formelle attaché à la mesure de deux grandeurs associées telle que la position et la quantité de mouvement, qui devrait conduire à dire que la mesure est mauvaise, conduit à l’inverse à affirmer que c’est la réalité qui est incertaine

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  2. Jean-Louis Tripon

    Des scientistes comme Stanislas Dehaene du collège de France ont l’outrecuidance d’affirmer que leur science peut appréhender toutes choses, avec pour conséquence de nier et de combattre tout ce que leur science est incapable de mesurer, comme nos expériences mentales non physiques intimes, nos qualia. Ce qui explique leur acharnement à détruire la philosophie, nulle autre que ma science n’a le droit de cité au royaume de la connaissance, on se croirait revenu en plein Moyen-Age. C’est dans cette avidité de pouvoir et dans cette arrogance, qu’il faut comprendre l’essor du physicalisme au cours du vingtième siècle.

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  3. Jean-Louis Tripon

    La recherche dans les sciences mentales peut aboutir à un gain intrinsèque pour soi, alors que la recherche dans les sciences physiques ne peut au mieux qu’apporter de la notoriété au chercheur, d’où une inévitable déception.

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