Soi et les autres

Soi et les autres

3. SOI ET LES AUTRES
(Soi) et les (Autres) sont deux percepts distincts, alors que l'(humanité) est un concept légal qui n’est valide que par une décentration de soi, c’est-à-dire par une abstraction de soi et en déplaçant le point de vue hors de l’humanité. C’est ce que font le politique et le sociologue. (Soi) et les (autres) est une réalité incontournable alors que l'(humanité) est virtuelle. Ce sont deux modes de penser qui sont utiles et s’appliquent à des réalisations différentes que nous ne pouvons pas amalgamer sans commettre un paradoxe et une faute de pensée. Le second s’applique essentiellement aux droits et devoirs des hommes, égaux pour tous. Le premier est cohérent avec la réalité de notre être singulier, et nous pouvons écrire la formule sémantique suivante :
PP[(Soi) et (Autres)]/distinct/CC[(humanité)]
Ceci peut paraître dérisoire, secondaire et superficiel, mais si nous écrivons et affirmons à la place la formule :
PP[(Soi)=(homme)]/inclus/CC[(humanité)]
Nous imposons à notre fonction analytique 2 avec toute la force de notre foi une grave incohérence.
Aussi quand je vous dis que je ne suis pas un homme, je ne le fais pas pour vous défier ou par manque d’humanisme, mais simplement pour préserver ma santé mentale et mon ataraxie.

18. LE MUR DE VERRE DES PERCEPTS MENTAUX
Toute la culture de notre civilisation occidentale, née à la Renaissance avec les premières avancées scientifiques, la rationalisation économique de l’ère industrielle, l’aveuglement des philosophes en particulier des existentialistes, les progrès des techniques et de la médecine somatique, plonge notre être et sa pensée dans un cadre conceptuel qui n’est pas le sien.
Tous les médias, tout ce qu’on lit, tout ce qu’on entend et en particulier à la télévision, n’est que rabâchage par des experts socialement reconnus de poncifs et de connaissances les plus crasses de cette culture inappropriée. J’entendais dire tout à l’heure dans un débat avec l’approbation de tous que nous vieillissons à partir de 20 ans et qu’il faut convaincre les vieillards qu’ils sont vieux car ils s’en porteront mieux. Et bien non ! Notre être, notre mental n’a pas d’âge, car il vit hors de l’espace temps. Moi qui civilement, légalement, socialement, aurais bientôt 70 ans et suis considéré comme un rebut par cette société, je suis 100 fois plus performant qu’à 20 ans, encore qu’il n’existe pas d’échelle qualitative pour mesurer nos capacités mentales.
Toutes ces idées et ces théories enferment notre pensée dans un cercle conceptuel ou règne la confusion et l’erreur, dont elle ne peut pas sortir. Il en résulte un mur de verre qui sépare hermétiquement l’homme de la réalité de ses percepts mentaux que ces théories rejettent au rang d’activités et de mécanismes inconscients. Pourtant au delà de ce mur de verre se trouvent des percepts consciemment accessibles au sein desquels résident des outils qui permettraient à l’homme d’acquérir une cohérence mentale et de résoudre les problèmes sociaux et de santé mentale de son espèce.

19. CADRES DE REPRÉSENTATIONS
La plus grande partie des gens n’ont qu’un seul cadre de représentations. Je ne m’avancerais pas à dire la presque totalité de peur d’être taxé d’exagération. Ce cadre c’est celui de leur corps et du monde extérieur qui les entoure, que les sciences ont prolongé dans diverses directions de l’atome aux étoiles. Il est indéniable que ce cadre est bien pratique, il permet de se nourrir, de travailler, d’acheter et de vendre, d’aller voter et même de se faire la guerre. Cependant, il ne permet pas tout. Les philosophes ont essayé d’y loger notre être (pas tous), sans aller bien loin d’ailleurs, ce qui a déclenché du paradoxal. Le cas le plus manifeste étant celui de l’existentialisme avec sa bible cul de sac “l’être et le néant”. Hé oui, comme tu n’es pas là, tu ne pouvais pas te trouver, tu aurais simplement du conclure que ce n’était pas la bonne direction de recherche et que tes concepts hors sol ne valaient rien sinon produire de la confusion. Notre être n’est pas paradoxal, ce sont les systèmes conceptuels avec lesquels on tente vainement de l’analyser qui sont mauvais, pas adaptés à cela, car ce sont des extensions hors sol de concepts qui nous sont utiles pour maîtriser notre environnement extérieur, mais à rien d’autre.
Evidemment, ce premier cadre de représentations permet encore moins de découvrir la réalité de nos fonctions mentales, de les maîtriser, de les diriger et d’améliorer leurs performances. Pour cela, il en faut un second, un cadre de représentations qui leur soit adapté : le leur. Celui-ci est totalement étranger au premier, sans aucune solution de continuité. Donc, pour pénétrer ce domaine, il faut basculer d’un cadre à l’autre sans conserver la moindre parcelle du premier. Avec mes articles et mes cartes heuristiques, j’essaie de suggérer ce que doit être ce second cadre pour être performant. Mais je constate que mes lecteurs pour la plupart, inscrivent ou essaient d’inscrire les éléments que je propose dans leur premier cadre de représentations. Evidemment cela ne marche pas, cela ne peut pas marcher comme cela.

31. LIBÉREZ VOTRE SENTIMENT DU SOI DE L’ÉGOTISME
Le sentiment du “soi” est un sous-produit stérile de notre fonction volontaire. Il n’accomplit rien, car ce n’est pas une fonction mentale mais simplement du sens. L’ “être soi” philosophique n’existe donc pas vraiment. Idéalement, il baigne en suspension dans le vide, sans aucune attache.
L’ego apparaît quand vous associez à ce sentiment des ambitions, des désirs, des avidités pour l’argent, le pouvoir et la domination des autres. Votre être vivant devient alors l’esclave de votre égotisme, et vous vivez l’enfer de cette aliénation.
La psychologie est la science des caractères et des mécanismes malsains que vous (et les autres) avez installés en vous. Mais ce sont des structures superficielles et il appartient à chacun de s’en délivrer en coupant un à un tous les liens que vous avez associés à votre sentiment du soi.

32. LE JUGEMENT ARBITRAIRE
Notre jugement arbitraire est une source principale de subjectif. Mais c’est une de nos capacités réelles indispensable pour vivre. Son existence, ses facultés et ses grilles sont authentiques donc objectives et présentes dans ses qualia. Par contre ses produits sont arbitraires, approximatifs et souvent partiaux. Il opère cinq principaux types de jugement : le jugement de vérité, le jugement d’efficacité, le jugement éthique, le jugement du beau et le jugement de sa propre efficience qui varie de l’indécision à la sureté, il est toujours accompagné d’un doute, aussi minime soit-il, constitutive de sa qualité, donc authentique.
Le jugement d’efficacité est le plus important car il peut et doit induire une remise en question de tous nos comportements, physiques et mentaux, nos savoir faire et nos convictions, et… de lui-même ! Le jugement de vérité (en dehors des tautologies qui ne nous apprennent pas grand chose) est relatif et aléatoire. Et qu’importe, ce qui compte c’est que nos connaissances et nos concepts nous servent et soient efficaces, sachons nous affranchir de l’obsession sécuritaire du vrai car c’est un objectif formellement impossible à atteindre, dangereuse car nos convictions peuvent nous entraîner à la faute sans véritable garde-fou. Le jugement éthique du bien et du mal est social, doublement subjectif car notre éthique elle-même est subjective et volontaire, sachons mettre notre éthique en harmonie avec des principes humanistes, nos interactions avec les autres seront plus gratifiantes et la société s’en portera mieux. Enfin le jugement du beau peut paraître futile, mais c’est sans doute le plus authentique et quelque part, il nous met en relation avec l’universel.
Dans ce qui précède, nous voyons que nous pouvons affiner cette fonction opérative et, sans prétendre la rendre objective, en réduire ses effets secondaires indésirables et nuisibles.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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