Sortir de la soumission volontaire

Sortir de la soumission volontaire

Une expérience menée par Stanley Milgram, à l’université de Yale entre 1960 et 1963, a montré qu’une autorité pouvait conduire des personnes a infliger des décharges électriques mortelles à un comédien hurlant de douleur. L’autorité était à la fois académique (compétence et objectif scientifique) et économique (rémunération des participants), elle peut être également politique. Elle opère jusqu’au terme létal factice dans 65 % des cas en moyenne. On constate chez les participants, citoyens d’une démocratie ordinaire, une tension psychique manifeste entre leur éthique, leur valeurs, leurs croyances, et les ordres donnés par l’autorité. Si bien qu’ils questionnent, donnent des signes de nervosité, qu’ils demandent confirmation, un soutien ou un réconfort moral, des justifications à leurs actes, ils négocient en eux-mêmes, et il leur arrive même de tricher. Ce qui est la preuve d’une dissonance cognitive interne entre cette soumission volontaire et les valeurs fondamentales des sujets. Cet expérience montre que l’état agentide, qui caractérise la soumission volontaire, demande à la fois de la compétence et la légitimité de l’autorité. La crédibilité du donneur d’ordre est essentielle. C’est ainsi que les révoltes populaires et la désobéissance civile surgissent quand la gouvernance n’apparaît plus ni compétente, ni légitime. Cette légitimité pouvant être démocratique, mais aussi celle de la puissance et de la détermination des forces armées dans les régimes non démocratiques. Rappelons que le conflit des actions de l’état avec la morale de leur population, ne concerne pas que les régimes les plus barbares, mais aussi nos démocraties occidentales, ainsi que nous avons pu le constater lors de la guerre du Viet-Nam, des guerres d’Algérie et du proche orient, et de multiples décisions politiques.

Sur quels facteurs, un protocole mentaliste qui aurait pour but de sortir une personne de la soumission volontaire, pourrait-il jouer ? D’une façon générale et quel que soit le contexte, politique, économique, universitaire, ou scientifique, sur la crédibilité du donneur d’ordre, quelle que soit la forme de l’autorité, et en second sur sa légitimité à exercer ce pouvoir. De nombreuses personnes, physiques ou morales, prétendent exercer un pouvoir didactique académique, un pouvoir économique commercial, un pouvoir d’influence médiatique, ou un pouvoir politique, alors qu’elles n’en possèdent ni la pertinence, ni la légitimité. Rejeter purement et simplement toute autorité est souvent possible, et c’est nécessaire pour se protéger des produits, des connaissances et des informations toxiques d’autrui. Par contre, rejeter toute forme d’autorité politique, revient à adhérer au projet anarchiste, donc à se soumettre à une idéologie partisane idéaliste, particulièrement dissonante et inapplicable.

Nous pouvons donc dès à présent cerner trois principes pour sortir de la soumission volontaire :
A) Dévaloriser la pertinence de la parole de l’autre et sa compétence, quel qu’il soit : pape, président, capitaine d’industrie, auteur à succès, génie dont la notoriété est socialement reconnue quel que soit son domaine. L’autre est une entité externe dont vous ne devez a priori ne tenir aucun compte, sauf au cas par cas sur des points dont vous aurez reconnu la pertinence. Car vous êtes vous-même, responsable de vous-même, et en aucun cas responsable de l’autre. Donc vous êtes dans une situation, où par nécessité, vos opinions et décisions sont plus pertinentes que toutes autres des autres.
B) Dans tous les cas, considérer que l’autre est illégitime a exercer la fonction à laquelle il prétend. Qu’il soit camelot abusant de techniques commerciales douteuses pour vous vendre un produit au téléphone, professeur bardé de diplômes au Collège de France, ou politique parvenu au plus haut sommet de l’Etat, va-nu-pieds ou riche patron, il n’a aucune légitimité pour vous influencer ou vous suggérer d’agir en quelque domaine que ce soit.
C) Si dans tous les cas vous restez souverains et libres de vos pensées et de vos actions, vous ne devez pas remettre en cause le principe même de l’autorité politique, sous peine de tomber dans le travers d’une idéologie utopique, inapplicable et par conséquence socialement néfaste.

La mise en oeuvre des trois principes précédents, suppose un gros travail sur vous-même, ainsi que de cultiver avec assiduité votre puissance mentale. Elle s’inscrit dans le cadre plus général de la réduction de vos dissonances normatives et cognitives. Car il ne faut pas vous leurrer, c’est votre dissonance qui vous met dans des états de faiblesse propres à accepter toutes formes de soumission volontaire à l’autorité d’autrui.

Jean-Louis Tripon

Chercheur théoricien mentaliste, ingénieur géomètre INSA, expert en sémantique holistique, expert en science de la vie mentale, Harmonique de Pleine Conscience Holistique Ataraxique (HPCHA), dualiste de substance, métaphysicien athée, créateur de la méthode DMS, président fondateur de l'AFDMS.

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