Structures mentales

Structures mentales

89. NOS STRUCTURES UNIVERSELLES ET SUPERFICIELLES
Je suis convaincu que les structures fondamentales de notre être, c’est à dire celles de nos fonctions mentales, sont universelles, partagées par tous les êtres vivants, tout simplement parce qu’elles sont conformes à un modèle immuable d’existence du vivant, tout comme le modèle de l’atome et des particules est le modèle d’existence de la matière, dans le cadre métaphysique des principes qui régissent tout ce qui existe.
Pour exploiter ce fondement du vivant nous disposons de structures d’exploitation, que je nomme superficielles, car celles-ci sont infiniment variables, modulables, transformables et réformables. Elles constituent un ensemble de degrés hiérarchiques comme dans une pyramide inversée. De ce fait, il est inapproprié et faux de considérer l’homme et son esprit comme un objet immuable à étudier, ainsi que le font de nombreux philosophes. Ces structures sont évolutives, et même régressives (ce que nous apprend la maladie mentale). Ces transformations résultent d’interactions en partie inconscientes de nos fonctions mentales. La volontaire 7, l’analytique 2 et le joker 9, y jouent le plus grand rôle, et elles peuvent être parfaitement volontaires.
Ces transformations visent une amélioration de l’efficacité de nos fonctions mentales. Le potentiel de ces dernières, dans le cadre des lois universelles qui les régissent, fait que dans ce domaine il y a une infinité de possibles, c’est ce que montre l’altérité des hommes. Au delà d’un plan relativement horizontal des multiples variations de nos structures les plus superficielles, les transformations de nos structures les plus profondes, celles qui sont en prise directe avec les fondamentales, dessinent un axe d’évolution mentale bien au delà de ce que je suis moi-même capable d’imaginer. Ce qui signifie que ce qui peut nous paraître le plus stable et définitif comme le soi, la relation à notre corps, nos diverses facultés naturelles et la frontière entre ce qui peut être conscient et ce qui demeure inconscient et inaccessible, peuvent changer.

90. VALIDITÉ DES CADRES CONCEPTUELS
Un cadre conceptuel est un système général d’idées et de représentations organisé pour servir un projet de recherche, dans le sens le plus large, puisqu’il convient à tous type d’objectifs : scientifiques, économiques, spirituels, vivre en société ou tout simplement vivre. Notre culture ordinaire véhicule, sans que nous n’en prenions conscience, le cadre conceptuel pour vivre en nous intégrant dans notre société actuelle. L’ingénieur utilise le cadre conceptuel de sa spécialité intégré à celui plus général de la physique classique. Le chercheur en physique quantique a besoin du cadre conceptuel propre à cette science. La valeur d’un cadre conceptuel ne réside pas dans les connaissances qu’il peut contenir, mais dans les réalisations qu’il permet d’accomplir. En résumé, un cadre conceptuel qui ne permet rien d’accomplir, ne vaut rien.
Pour mener à bien mes recherches mentalistes, explorer et exploiter mes fonctions mentales, découvrir de nouvelles techniques et accéder à de nouvelles capacités ou savoir-faire, j’utilise un cadre conceptuel particulier. Je sais qu’il est valide, puisqu’il m’a mené avec succès là où je suis, jusqu’à l’ataraxie. Mais il faut bien comprendre que l’intérêt de ce cadre est purement pratique, ce qui ne préjuge pas que les représentations et connaissances qu’il contient soient vraies ou fausses, elles sont d’ailleurs formellement fausses. Je suis ingénieur mentaliste, avec un goût pour la sémantique et la métaphysique, ce ne sont pas les connaissances qui m’intéressent mais uniquement les savoir-faire.
Aussi, quand des personnes viennent me présenter un système philosophique sophistiqué de compréhension de l’univers, quantique où je ne sais quoi, très éloigné du mien, en affirmant que j’ai tout faux, il me paraît seulement très exotique et rien de plus. J’ai le regret de vous dire que ça ne m’intéresse pas. Si c’est votre conviction, tant mieux pour vous, j’espère qu’il vous a permis d’avancer dans la maîtrise de vous-même et dans la connaissance de soi, sinon tant pis pour vous, ce n’est pas mon problème mais le vôtre. Pire, quand quelqu’un vient me dire qu’il serait temps que je me remette en question, je ne dis mot bien sûr, mais en mon fort intérieur… je rigole.

97. PHILOSOPHIE SPÉCULATIVE ET PHILOSOPHIE OPÉRATIVE
La philosophie spéculative se définit comme la recherche de la vérité au moyen de verbe, du langage. C’est un exercice purement intellectuel, c’est à dire de l’imagination guidée par des principes logiques et un souci de cohérence. De Platon à Heidegger, en passant par Aristote, Spinoza et Kant, c’est le monde des idées, des concepts, plus ou moins validés par la réalité de nos qualia. L’amour du savoir y a remplacé l’amour de la sagesse, même si certains essaient de mettre en pratique leurs connaissances dans leurs vies et accompagnent leurs cogitations théoriques d’un art de vivre. La phénoménologie même, que Husserl définit comme la science du vécu de la conscience, ne dépasse pas cet objectif du savoir. Pour tous ces courants contradictoires, sans exception et souvent d’une façon implicite, sans même se poser la question, l’esprit humain est quelque chose d’immuable, plus ou moins dégrossi, la tâche de la philosophie consistant à le raffiner conceptuellement, et rien de plus.
La philosophie opérative se définit comme l’inverse de la précédente. Le savoir n’y a que peu ou pas de place, ainsi Lao-Tseu se compare à un ignorant, mais… qui sait presque tout faire spontanément dans un état harmonique. Cette démarche ne perçoit pas l’esprit humain comme une chose immuable mais comme une structure évolutive en une multitude de degrés. Donc qu’importe le savoir, ce qui compte c’est de gravir ces marches en une sorte d’alchimie mentale intime. Le seul savoir qui conserve de la valeur se réduit au fondement conceptuel sur lequel s’appuie le savoir faire, le reste est non seulement inutile mais risque d’être nuisible s’il est embourbé d’idées fausses. Cette recherche philosophique qui vise le dépassement de soi s’oriente donc vers la découverte et la pratique de techniques mentales propres à accomplir cette évolution. Elle est présente dans les écoles orientales indiennes et chinoises et aussi dans l’école d’Épicure qui vise l’ataraxie.

98. STRUCTURES MENTALES
Beaucoup d’hommes vivent dans la succession des implications de leurs apprentissages, de leurs structures comportementales superficielles et des croyances de leurs structures cognitives sans avoir une grande conscience de leurs origines, et en ne faisant preuve que rarement de leur libre arbitre. Il leur arrive d’en souffrir, mais quand ils se posent pour faire de la méditation ou suivre un stage de développement personnel, ils n’en retirent guère de profit car il leur manque les techniques de bases pour agir sur leurs structures d’exploitation. Ce n’est pas cela maîtriser son être, ça c’est laisser faire les choses au fil de l’eau.
Maîtriser ses fonctions mentales c’est d’abord connaître leurs structures fondamentales puis disposer des moyens de transformer leurs structures d’exploitation. C’est avoir à chaque instant la pleine conscience des processus mentaux en cours, les avoir enclenchés volontairement et non subis en permanence. Cela demande que notre fonction volontaire assure pleinement son rôle de coordination et d’organe de commande de notre vie mentale en utilisant son libre arbitre. Et ceci n’est pas un don de naissance mais lui exige d’en acquérir les capacités par un profond travail sur elle-même; C’est ce travail que proposent les cours de l’Académie Sémantique et Fonctions Mentales.

99. CROYANCES NUISIBLES ET CROYANCES INOFFENSIVES (1)
Nous ne sommes pas des êtres du savoir mais des êtres du faire. Force est de constater que nous n’avons de tangible que nos qualia et notre faire. Ce qui signifie que la réalité ultime du monde physique, comme celle des activités inconscientes au sein de notre monde mental, nous sont à jamais inaccessibles. Que la complexité de l’infiniment petit, de l’infiniment grand, et de l’infiniment obscur est telle, que nous ne pouvons nous en faire que des représentations formellement fausses. Que la science moniste aura beau toujours confondre et faire l’amalgame entre réel et imaginaire, faire et implication, geste et mouvement, ceci n’y changera rien.
Cependant pour prendre des décisions et pouvoir faire, nous avons besoin d’un socle de représentations, d’un fondement sur lequel nous appuyer pour agir et, compte tenu de notre ignorance formelle, de croyances dans tous les domaines de la connaissance, faute de mieux. Telle est notre condition ontologique.
Or il est des croyances nuisibles et d’autres, inoffensives et utiles. En premier lieu sur le plan philosophique et métaphysique. Ce n’est pas par la spéculation intellectuelle, qui reste de l’imaginaire conceptuel, que nous pouvons les distinguer, mais en examinant leurs conséquences en nous et dans la société. Concernant les croyances nuisibles nous avons au premier rang : celles de la science matérialiste qui n’est qu’un dogme métaphysique niant notre être et entravant notre évolution spirituelle, et celles de toutes les religions ou sectes collectives dont les malfaisances et barbaries sanglantes pendant des siècles ne sont plus à démontrer. Au second rang, tous nos apprentissages inappropriés, opinions subjectives, et représentations fausses de l’homme et de nous-mêmes, qui foisonnent dans les sciences dites humaines, de la linguistique aux sciences politiques, au vu des souffrances et des désordres sociaux, économiques, politiques, et personnels dans nos êtres, qu’ils entraînent.

100. CROYANCES : COMMENT DISTINGUER LE BON DU MAUVAIS ? (2)
Il est certain que plus vos capacités mentales seront élevées, mieux vous percevrez vos structures et vos réactions subconscientes, plus vous aurez de données et de moyens d’analyse pour en juger, cependant le problème reste le même.
La cohérence des idées, d’une théorie, d’une philosophie, d’une idéologie ne permet pas de penser que cela soit bon. Par exemple : il n’y a pas de théorie plus cohérente que les mathématiques, qui sont bien utiles à l’ingénieur pour construire des ponts et envoyer des hommes dans l’espace, mais qui ont mené la philosophie analytique à l’échec et ne permettent pas de préserver la santé mentale. Par ailleurs, il n’est pas prouvé que des idées apparemment incohérentes dans un système de pensée ne vous soient pas très utiles.
Le seul véritable moyen de juger de la valeur de nos croyances et de nos apprentissages est d’analyser leur conséquences, et ce qu’elles ou ils nous rapportent au sens le plus large, de notre sécurité ontologique à nos savoir-faire et dans nos interactions sociales. Ce qui ne nous rapporte rien, au mieux nous est inutile, et au pire nuisible, dans l’incertitude parce nous ne percevons pas tout, il est préférable de nous en débarrasser, en sachant qu’en ce qui concerne les structures superficielles qui peuvent nous encombrer l’esprit, il est plus favorable de voyager léger. Pour ce faire, nous disposons d’une technique de restructuration mentale.
Nous pouvons aussi observer les autres, leurs croyances, leur état de confusion, et les souffrances quelles peuvent leur entraîner, mais il vaut mieux ne pas trop en abuser car la paille peut aussi cacher la poutre. Nous pouvons toujours distinguer nos croyances de nos qualia, qui elles sont irréfutables par notre jugement arbitraire, et nous servir de ces derniers comme références pour analyser ces premières. Nos croyances ne sont pas irrévocables et notre aspiration à se dépasser nous pousse à les transformer. Enfin, si nous développons nos qualia et notre capacité de distinction et de perception mentale, nos besoins de croire se réduisent d’autant.

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Jean-Louis Tripon

Ingénieur géomètre INSA Strasbourg, Chercheur théoricien en sciences mentales, Créateur de la méthode DMS, Président fondateur de l'AFDMS. Directeur du social networking service Sic Itur

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