Une science matérialiste toxique

Une science matérialiste toxique

De la place des sciences dans la pandémie globale

Par Alain Supiot dans le site de la fondation du Collège de France
https://www.fondation-cdf.fr/2020/04/13/de-la-place-des-sciences-dans-la-pandemie-globale/

Alain Supiot

Faire retour sur soi, s’interroger sur ses limites et ses responsabilités n’est pas un exercice facile pour les chercheurs, habitués à occuper une position en surplomb des faits qu’ils observent. Cette pente naturelle s’est accentuée depuis que les dirigeants politiques ou économiques, ne pouvant plus fonder le gouvernement des hommes sur une autorité religieuse, prétendent les administrer scientifiquement comme des choses. Diverses sciences, au premier rang desquelles la biologie et l’économie, ont ainsi été promues depuis le XIXème siècle en références normatives, ayant vocation à guider le pouvoir politique, et à s’imposer à l’ordre juridique. L’actuel régime d’exception offre une illustration caricaturale de ce jeu de vases communicants : le gouvernement se réfère aux consignes de son Conseil scientifique pour restreindre drastiquement des libertés élémentaires, tandis que le Conseil constitutionnel se dispense jusqu’à nouvel ordre de censurer les atteintes à la Constitution (Décision n° 2020-799 DC du 26 mars 2020).
Cette inversion des rôles met en péril non seulement la démocratie, mais aussi les sciences elles-mêmes. Elles ont en effet besoin de temps et de controverses méthodiques pour appréhender un phénomène inédit car leur contribution au progrès des connaissances suppose qu’elles renoncent à la Vérité avec un grand V. Le mieux qu’elles puissent assurer est un service de « phares et balises », en signalant aux gouvernants les écueils et périls dont ils doivent se garder. Celui qui gouverne, c’est-à-dire au sens étymologique du mot celui qui tient la barre, ne peut attendre des sciences qu’elles fixent le cap et lui permettent ainsi de se défausser des responsabilités qui sont les siennes. Elles peuvent éclairer le pouvoir politique, mais non le fonder. Une fois propulsées à la place dogmatique d’instance du Vrai jadis occupée par la religion, la Science fétichisée dégénère en scientisme, qui est le pire ennemi des sciences, de même que le biologisme ou l’économisme sont les pires ennemis de la biologie ou de l’économie.
Depuis le XVIIIème siècle un puissant mouvement d’idées a conduit à se représenter les hommes et la société comme des objets mesurables et gérables, dont on pourrait découvrir les « vraies lois » de fonctionnement, indépendamment de la (présumée fausse) conscience qu’ils en ont. C’est cet imaginaire qui a inspiré « l’organisation scientifique du travail » propre à l’ère industrielle. On connait la célèbre réponse qu’aurait donnée Taylor à un ouvrier l’interrogeant sur la définition de sa tâche : « On ne te demande pas de penser. Il y a des gens payés pour cela, alors mets-toi au travail ». Avec la globalisation, cette « organisation scientifique » a pris la forme d’une division mondiale du travail entre « manipulateurs de symboles » et « travailleurs routiniers ». Due à Robert Reich cette distinction aide à saisir les racines de la crise actuelle. Dans l’univers des symboles, les nombres occupent une place d’exception. Échappant à la polysémie et à la diversité des langues, ils se présentent d’emblée depuis Pythagore comme un langage divin, intemporel et universel, propre à exprimer les lois dernières de l’univers. L’expérience du communisme réel a marqué une étape importante dans cette tendance à fonder les institutions sur la science au lieu de fonder la liberté scientifique sur les institutions. Depuis une quarantaine d’années, un tel renversement procède de la conjugaison de l’imaginaire cybernétique (qui se représente les hommes et les sociétés comme des êtres programmables) et de la foi en un « ordre spontané » du Marché (que le Droit aurait pour fonction de mettre en œuvre et jamais d’entraver). Toutes les formes de résistance à l’extension de cette gouvernance par les nombres se trouvent alors d’avance disqualifiées. Et d’abord les formes démocratiques, qui visent à accorder le Droit à l’expérience infiniment variée des gens ordinaires. La démocratie sociale et économique est devenue la cible privilégiée de cette disqualification, évidente en France dans la déconsidération des syndicats et le traitement des conflits sociaux. Briser la résistance de ceux qui excipent de leur expérience des faits sociaux pour s’opposer à l’avènement de l’harmonie par le calcul, est devenue une priorité politique en soi, qu’il s’agisse de réformes du droit du travail, de la sécurité sociale, ou des services publics. Tel fut notamment le sort de ceux qui objectaient qu’un hôpital public n’est pas une entreprise et dénonçaient les effets désastreux d’une gestion consistant, selon la formule d’André Grimaldi, à « soigner les indicateurs plutôt que les personnes ».

Une culture profondément toxique pour l’esprit humain

Jean-Louis Tripon

Les sciences, et en particulier la physique, sont responsables de l’essor de technologies, elles-mêmes coupables du progrès économique et des délires d’une croissance éternelle fondée sur le travail de machines et de robots reléguant l’homme à la portion congrue d’un serviteur, causes des catastrophes écologiques et climatiques dans lesquels nous nous trouvons. Mais il y a pire, c’est le cadre conceptuel et culturel dominant qu’elles cherchent à imposer aux esprits des hommes.
Eh oui, pour les sciences, mêmes sociales, et une bonne partie des philosophes, nous sommes des choses (physiques et biologiques). Elles et ils nient ce que nous sommes (doués de conscience et de raison, affirme la DUDH). Il y aurait de quoi traîner le Collège de France devant le Conseil des droits de l’homme et la Cour de Justice de l’Union européenne pour racisme et non respect de notre dignité d’entités mentales qui n’existent pas comme des choses, mais vivent comme des êtres.
La science s’est plantée en affirmant des pétitions de principe non avérées (rien n’existe hors du physiquement mesurable). Elle est devenue une religion scientiste avec ses églises, ses prêtres et ses évêques remplaçant la catholique romaine. C’est définitivement sans espoir, irrécupérable, et plus que probablement nuisible à la santé de l’espèce humaine. Tout est à jeter avec l’eau du bain, même la physique de M. Aurélien B. qui ne conçoit pas qu’il est co-responsable de l’extinction de masse qu’il déplore du fait du cadre conceptuel incompétent qu’il promeut à tous vents.
Pourquoi la physique est elle fausse ? et pourquoi on en rira dans 1000 ans comme on rit de la théorie de la terre plate ? Tout simplement parce que la physique n’étudie pas la réalité mais une abstraction dont l’être conscient subjectif (y compris le physicien) est exclu. Une idée extra-personnelle du monde qui n’existe pas, car sans nous pour révéler ce monde et lui donner un présent, ce monde (comme dit Markus Gabriel) n(existe pas.
Ce qui est toxique dans cette religion, et qui conduit les hommes aux pires des barbaries et à l’auto destruction par incapacité de penser le possible, c’est que dans cette science là, tout est figé par des lois déterministes, y compris ces choses niées que nous sommes, sans aucune liberté de penser et de faire, même pas la peine d’essayer : les lois de la physique l’interdisent. Ni le passé, ni le futur n’existent, tout est d’un bloc immuable sans présent. Donc tout ce qui arrive, la destruction de la biodiversité et de notre espèce, ne dépend pas de nous mais des lois de la physique. Monsieur Aurélien B. aurait une grande masse de dissonances normatives et cognitives à résoudre avant de pouvoir se permettre de nous chanter son couplet de jérémiades sur ce que nous devrions faire, alors que sa Science Souveraine nous l’interdit.
Un physicien est par définition un borné, et un prosélyte religieux qui essaie de nous vendre sa mauvaise soupe.
Lire la suite (car nous avons aussi des débiles profonds au CNRS, comme ce T. Damour membre de l’Académie des sciences, bardé de médailles)
https://developpement-mental-semantique.com/science…/

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Ennéa Almeshin

Ennéa Almeshin est l'avatar féminin de Jean-Louis Tripon. Elle est Pei Jing, Première ministre de la RP de Chine dans le roman ATARAX. Elle prétend venir de la troisième planète invisible de l'étoile Aldébaran dans le Taurus, et que Jean-Louis Tripon est son avatar Frawen favori.

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