Vers l’homme ? A l’attention de Vanessa Lemm

Vers l’homme ? A l’attention de Vanessa Lemm

Ce qui distingue l’homme de l’animal, ce n’est ni de disposer d’une conscience révélatrice, ni de penser, mais c’est la conscience de son ignorance et rien de plus, ce que les autres animaux ne possèdent pas. C’est peu de chose en plus, mais c’est un aiguillon, qui le fait terriblement souffrir en le plaçant face à son incertitude, donc face à son insécurité ontologique, car il constate qu’il sait encore moins de lui-même que de la réalité physique qui l’entoure. Cette situation dramatique le pousse à combler le gouffre sans fond de son ignorance avec ce dont il dispose au départ quand il a franchi cette porte vers un autre monde. Malheureusement pour lui, il ne possède ni les clés, ni les bases, ni les règles à suivre, il est tout nu, avec son imagination, qui ne sait pas faire grand-chose de bon. Donc il va combler d’une masse de plus en plus importante de sottises et d’idées fausses, ce vide immense, car sa nature a plus encore horreur du vide, qu’horreur de son incompétence. Il va quand même apprendre à faire quelques bricoles (des ponts, des centrales nucléaires, des objets dans l’espace lointain, etc.) pour dominer et exploiter son environnement physique, ce dont il est très fier, sans parvenir à ce stade, à résoudre son problème fondamental : lui-même, sa propre néoténie mentale, son inachèvement, car cette porte ouverte n’est que l’accès d’une évolution infinie de l’être vivant, et non son aboutissement. Il en résulte la situation pathologique désastreuse que nous constatons, aussi bien chez l’individu que collectivement, dans la façon dont la société humaine et toutes ses divisions se gouvernent. D’autres l’on dit avant moi : c’est le règne d’une paranoïa délirante et d’une schizophrénie confusionnelle. Il y a beaucoup à faire pour que l’espèce s’en sorte, compte tenu que l’accumulation de ses erreurs passées l’ont menée tout droit à une menace écologique et climatique, avec un risque d’extinction de masse. Eh oui ! la nature et les lois universelles nous rappellent que la réalité est incontournable : vous avez trop tardé, et vous vous êtes trop fourvoyés, donc c’est maintenant : évolue dans le bon sens ou crève !

Frédéric Nietzsche dans son Zarathoustra nous parle de surhomme, qu’il imagine, alors qu’il n’a pas lui-même vécu ce stade, tels que sa vie, sa mort et sa folie, en témoignent. Ou devons-nous parler d’un devenir de l’homme ? dans la confusion actuelle de la démarche transhumaniste ? de son homme augmenté, de l’intelligence artificielle et de toutes les élucubrations des sciences physicalistes ? De la place de ce devenir de l’homme, toute l’espèce, y compris les académiciens les plus renommés, ne comprend que des larves humaines, pataugeant aveugles dans les sables mouvants de leur méconnaissance de la réalité des choses. Car si surhomme, il y a soushommes à peine sortis des grands singes qu’ils furent, et leur parler de soushommes, blesse leur fierté, leur amour propre et leur égotisme. Donc il vaut mieux leur parler d’un homme inachevé, de la première étape dans laquelle ils se trouvent, et du chemin qui mène vers l’homme jouissant d’un équilibre et d’une harmonie mentale véritable.

Le problème, c’est qu’il y a dix ou vingt mille ans, notre espèce encore très primitive, s’est engagée dans une mauvaise voie, comme dit l’image qui illustre cet article : << Somewhere , something went terribly wrong >>. Une voie conceptuelle, et c’est devenu pire avec l’exploitation du langage de communication entre les hommes, pour dominer, donner des ordres, compter des biens matériels, et s’en servir aux besoins et aux stratégies économiques, et politiques, les plus perverses. En gros, l’espèce s’est enfermée dans un bocal sans issue. Elle en a pris conscience, et elle sait bien exprimer ce qui ne marche pas, sans entrevoir de solution, ses problèmes, tout en persévérant dans cette marche en avant aveugle. Cette démarche n’est pas étonnante car l’imaginaire était la voie la plus facile, même pour les mystiques.
Il y a bien une démarche résolutoire de la néoténie de cet homme évolutionnaire. Elle passe par la réduction de ses dissonances cognitives et normatives, par la perception sensible intuitive de qualités mentales auxquelles aucune théorie et aucun concept ne peut mener, par la découverte intime de nos fonctions mentales, et de leurs facultés ignorées de nos cultures, autant orientales qu’occidentales. La plénitude paisible de l’homme achevé, pour ne pas dire le surhomme, ne peut être atteinte que quand ses savoir-faire intuitifs mentaux rendent inutile et caduque toute l’obsession informative et cognitive antérieure de savoir-connaître, quand l’illusion de l’imaginaire de l’humain embryonnaire tombe, et la puissance de son avidité de domination de la nature cesse, et en définitive quand tout croire et donc toute poursuite de connaissance à l’ancienne manière conceptuelle, toute cette quête formellement impossible, est perçue comme totalement inutile. Quand l’étendue de son faire spontané sans vouloir faire, sans penser ni réfléchir, épuise la dernière trace de son ignorance. L’homme est alors passé au-delà d’une nouvelle porte, vers une autre aventure évolutionnaire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9ot%C3%A9nie

Jean-Louis Tripon

Chercheur théoricien mentaliste, ingénieur géomètre INSA, expert en sémantique holistique, expert en science de la vie mentale, Harmonique de Pleine Conscience Holistique Ataraxique (HPCHA), dualiste de substance, métaphysicien athée, créateur de la méthode DMS, président fondateur de l'AFDMS.

Cet article a 1 commentaire

  1. Jean-Louis Tripon

    Le commun des hommes inachevés, aussi philomathe qu’il puisse être, cherche à résoudre ses problèmes à l’aide de sa modalité de pensée conceptuelle, sa mouvance spéculative imaginaire. Ce n’est guère efficace, mais c’est la seule que notre civilisation occidentale à développé depuis les Grecs, et que l’on enseigne dans nos écoles et nos universités. Cette culture, qui prétend être une culture d’une civilisation technologique avancée, ignore totalement, et même est incapable et de concevoir et d’imaginer, la modalité de pensée perceptuelle mentale intuitive spontanée, qui elle est véritablement efficace, et dont je parle dans cet article quand j’évoque la démarche résolutoire de cet homme évolutionnaire. Comme il n’y a aucun cheminement mental continu de la première modalité à la seconde, il n’est pas possible d’y accéder sans changer de cadre conceptuel. D’une certaine façon, et parce que c’est un mauvais choix commis par l’espèce humaine depuis quelques dizaines de milliers d’années, il faut repartir du mode de pensée animale et de la façon dont vous dirigez votre corps, qui elle, est restée perceptuelle sensible, mais dans une fenêtre physique étroite, et non pas dans l’amplitude de toutes nos facultés mentales.

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